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La tueuse d’inflation : la Fed « gardera le cap »

22 septembre 2022
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  • Les données économiques américaines envoient des signaux contrastés. Le marché du travail demeure robuste et les pressions salariales sont intenses. Par ailleurs, l’activité du marché de l’habitation est en mode correction à cause de la hausse des taux d’intérêt et les sondages auprès des entreprises montrent un essoufflement rapide. Nous nous attendons à ce que le rythme de la croissance économique au Canada perde de la vitesse vers la fin de l’année. L’économie nord-américaine ralentit sans s’effondrer.
  • En raison de nos préoccupations à l’égard des perspectives économiques sur trois à douze mois, nos portefeuilles restent défensifs et nous continuons de sous-pondérer les actions et les titres à revenu fixe, tout en réduisant aussi légèrement la pondération de la duration, de sorte que notre répartition de l’actif surpondère les liquidités.
  • Concernant l’ensemble des marchés boursiers régionaux, nous surpondérons les actions canadiennes et nous restons neutres à l’égard des actions américaines et des marchés émergents, mais nous sous-pondérons l’Europe, l’Australasie et l’Extrême-Orient (EAEO), qui, selon nous, restent les régions les plus vulnérables au contexte macroéconomique actuel, la crise énergétique s’accentuant en Europe. Nous avons baissé la cote des titres de créance à rendement élevé au profit des titres de créance de catégorie investissement.
  • Sur le plan sectoriel dans le marché boursier américain, nous continuons de surpondérer les secteurs de l’énergie, de la santé et des technologies. Nous avons une couverture de change par rapport au dollar américain. Nos portefeuilles composés principalement de titres à revenu fixe sous-pondèrent les titres de créance afin de refléter notre point de vue plus défensif sur les marchés.

Pour rétablir la stabilité des prix, il faudra probablement maintenir une politique restrictive pendant un certain temps. Les données historiques mettent fortement en garde contre un assouplissement prématuré de la politique.

Jackson Hole
Président de la Fed Jerome Powell
26 août 2022

La tueuse d’inflation : la Fed « gardera le cap »

Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine (la « Fed »), a prononcé un puissant discours à Jackson Hole, au Wyoming (Source : CNN), où il a insisté sur le fait que la Fed s’est engagée à juguler l’inflation avec des taux d’intérêt élevés. Son discours a été bref, mais il était très clair et faisait même allusion à ce que les investisseurs croyaient depuis un certain temps, à savoir que la lutte contre l’inflation causerait des « difficultés » à l’économie : « La réduction de l’inflation nécessitera probablement une période prolongée de croissance inférieure à la tendance ».
En juillet, les investisseurs ont commencé à se dire que la Fed s’apprêtait à abandonner son attitude ferme pour adopter une politique conciliante. Étant donné que cette conjecture du marché a largement alimenté la remontée boursière au début du mois d’août, la réaction des marchés à l’aversion pour le risque a été importante, car M. Powell a sonné l’alarme sur les marchés. Les taux obligataires et le dollar américain ont augmenté, tandis que les actions ont subi de fortes ventes pendant le reste du mois d’août. La Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre se sont également jointes à la campagne de resserrement en augmentant leurs taux au cours des dernières semaines, ce qui a mené les obligations mondiales à une déroute historique, en baisse de plus de 20 % par rapport à leur sommet de janvier 2021 (graphique 1). Même si nous pensons que le marché des titres à revenu fixe sous-estime probablement le degré de resserrement que la Fed et les autres grandes banques centrales devront mettre en œuvre pour contrer l’inflation, nous approchons néanmoins de la fin du cycle de relèvement, les taux des obligations à 10 ans ont donc moins de potentiel de hausse lorsqu’ils dépassent 3 %. Dans l’ensemble, nous pensons que les risques restent liés à la hausse des taux à long terme, jusqu’à ce que l’économie se heurte à un obstacle majeur qui déclenche une vague de mises à pied.

Graphique 1 : Le resserrement de la politique monétaire mondiale entraîne une incroyable déroute pour les obligations

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Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, en date du 8 septembre 2022.

Par ailleurs, les indicateurs économiques aux États-Unis ont conservé un ton contrasté, puisque le marché de l’emploi demeure robuste. Comme on pouvait s’y attendre, au cœur de la tempête des hausses de taux se trouve le marché de l’habitation, qui a commencé sa correction alors que les ventes de logements chutaient au cours des derniers mois. 

Ailleurs, l’économie canadienne a clôturé le deuxième trimestre sur une bonne note, le produit intérieur brut (PIB) réel ayant progressé de 3,3 % (rythme annualisé), stimulé par la forte demande des consommateurs et les investissements des entreprises. Mais ici aussi, le ralentissement du marché de l’habitation a commencé à nuire à la croissance économique et nous nous attendons à ce que l’activité économique liée au marché de l’habitation (p. ex., construction, reventes, rénovations et articles connexes coûteux) freine encore la croissance jusqu’à la fin de l’année, les acheteurs potentiels d’une maison restant sur la touche.

Les marchés mondiaux en août : Les actions et les obligations partagent la douleur de M. Powell

Les actions mondiales (indice MSCI Monde tous pays, -3,6 %) ont reculé en août, les taux d’intérêt mondiaux continuant de grimper. Les actions américaines ont été à la traîne, l’indice Nasdaq 100, à forte teneur technologique (-5,1 %), cédant une partie de ses solides gains de juillet. L’indice S&P 500 (-4,1 %) a également reculé, les prévisions de bénéfices commençant à rattraper la baisse des perspectives économiques et la hausse du dollar. Les actions américaines à faible capitalisation (indice Russell 2000, -2,0 %) ont reculé plus modérément, car la résilience du marché du travail pourrait protéger un peu plus longtemps l’économie américaine. Les actions européennes (indice Euro Stoxx 50, 5,1 %) ont régressé en raison des tensions financières croissantes en Europe à cause de la crise énergétique. Les banques sont conscientes de l’anxiété des investisseurs du fait de la hausse de leurs swaps sur défaillance, les investisseurs achetant une protection contre les risques de défaut. Dans l’ensemble, l’Europe, l’Australasie et l’Extrême-Orient (indice MSCI EAEO, -4,7 %) ont perdu du terrain malgré le rendement positif des actions japonaises (indice Topix, +1,2 %) et une légère perte au Royaume-Uni (-1,1 %), mais les monnaies de la région EAEO ont globalement reculé. Au Canada, le TSX (-1,5 %) a reculé, mais a surpassé les actions mondiales malgré la baisse des prix du pétrole. Enfin, les marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, +0,4 %) ont fait du surplace pour un deuxième mois consécutif, car les investisseurs ne comprennent pas clairement les perspectives économiques de la Chine à cause de la persistance de la COVID-19 et d’un secteur immobilier malmené.
La déroute des obligations s’est poursuivie en août, la plupart des grandes banques centrales signalant la nécessité d’une hausse des taux directeurs pendant les prochains mois. Au Canada, le taux de l’obligation fédérale à 10 ans a rebondi, passant de 2,61 % à 3,12 %, en partie grâce à un resserrement de la politique monétaire de la Banque du Canada, qui a également relevé son taux directeur du financement à un jour à 3,25 % au début de septembre, son plus haut niveau depuis 2008. Les prix du pétrole ont continué de chuter en août, passant de 98,62 $ le baril à 89,5 $ le baril, car les États-Unis ont utilisé des réserves de pétrole d’urgence pour alléger temporairement les préoccupations liées à l’offre (voir ci-dessous). Le billet vert a poursuivi son ascension (graphique 2) pour atteindre un nouveau sommet cyclique (indice du dollar DXY, +2,8 %), ce qui en fait un des meilleurs actifs depuis le début de l’année. Le huard a également souffert du fort appétit pour le billet vert (-2,6 %), même si la Banque du Canada a été la banque centrale la plus ferme cette année. Les écarts de taux des obligations de sociétés à rendement élevé (par rapport aux obligations d’État) n’ont que légèrement augmenté au cours du mois (de 4,69 % à 4,84 %), car les données économiques américaines laissent entrevoir une croissance en ralentissement, mais positive au troisième trimestre, ce qui a atténué la crainte d’une récession imminente et d’un défaut de paiement des sociétés. Enfin, alors que l’indice S&P 500 a chuté, l’indice de volatilité VIX a légèrement augmenté pour s’établir à 25,87 %, ce qui montre que les investisseurs ne sont pas trop préoccupés par les actions.

Graphique 2 : Le billet vert inarrêtable

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Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, en date du 8 septembre 2022.

Perspectives pour l’Europe : Risques croissants de froid hivernal

L’approvisionnement en gaz naturel de l’Europe est de plus en plus menacé, car la Russie se sert de l’énergie comme d’une arme et se tourne vers la guerre économique en guise de représailles contre les sanctions (Source : Reuters). Les pays européens ont convenu d’un programme d’épargne-gaz de 15 % (source : SP Global) et cherchent à protéger leurs industries contre les perturbations de l’offre d’énergie; nous nous attendons néanmoins à ce que l’activité économique subisse des effets négatifs au-delà de l’hiver prochain, à moins qu’un accord de paix soit conclu au sujet de l’Ukraine, mais ce scénario optimiste semble improbable à ce stade. Pour éviter que les ménages et les entreprises payent des prix de l’énergie au comptant stratosphériques dans la région (graphique 3), les pays européens mettent en place des subventions extraordinaires (Source : Bloomberg). Ces subventions protégeront en partie les consommateurs d’énergie contre des factures d’énergie choquantes, mais le véritable coût économique devrait être évalué à au-delà de 1 000 milliards de dollars, ce qui contribuera à la dynamique inflationniste et obligera les gouvernements à augmenter leurs déficits prévus et leurs émissions d’obligations.

Graphique 3 : La flambée des prix du gaz naturel est plus douloureuse pour l’Allemagne que pour les États-Unis

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Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, au 8 septembre 2022 * mmbtu : par million d’unités thermiques britanniques.

Perspectives du pétrole : Que se passera-t-il lorsque les États-Unis auront épuisé leurs réserves stratégiques de pétrole?

Les prix du pétrole ont rencontré des difficultés au cours des dernières semaines, car le risque de récession augmente parallèlement à la politique chinoise hésitante dite de « zéro COVID-19 », et alors que les investisseurs débattent des perspectives de l’offre et de la demande de pétrole. Même si les stocks de pétrole commercial aux États-Unis se sont récemment stabilisés, l’épuisement des réserves stratégiques de pétrole américaines est en grande partie responsable de la prévention de l’effondrement des stocks de pétrole, selon nous (graphique 4). En avril, l’administration Biden a annoncé son intention de libérer jusqu’à 260 millions de barils de pétrole (soit plus d’un million de barils par jour pendant six mois, jusqu’en octobre) des réserves stratégiques du pays afin de réduire l’inflation avant les élections de mi-mandat. Comme le plan d’urgence de libération est sur le point d’arriver à son terme et que le prix du pétrole devrait atteindre le creux du début des années 1980, nous pensons que le marché reportera bientôt son attention sur l’offre, ce qui devrait faire grimper le prix du pétrole. Enfin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a fait part de ses préoccupations quant à la chute des prix sous la barre des 100 $, et l’Arabie saoudite a récemment commencé à réduire sa production pour stimuler les marchés pétroliers.

Graphique 4 : Les stocks de pétrole seront-ils prêts pour l’automne une fois que les libérations des réserves stratégiques de pétrole arriveront à échéance?

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Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, données au 2 septembre 2022.

Perspectives et positionnement : Mise en place de mesures de sécurité, car les marchés restent turbulents

Selon nous, les perspectives des actions et des obligations exigent de la prudence à court terme. Nous continuons de sous-pondérer les deux catégories d’actif, tout en maintenant une forte surpondération des liquidités. Les perspectives économiques, bien qu’elles ne souffrent pas d’un arrêt brutal, continuent de se calmer, car les banques centrales sont prêtes à faire monter les taux d’intérêt, ce qui devrait ralentir le rythme de la croissance économique et, au bout du compte, peser sur les bénéfices des sociétés et sur les marges bénéficiaires à l’approche de 2023.
Sur l’ensemble des marchés boursiers régionaux, nous continuons de surpondérer les actions canadiennes, car nous nous attendons toujours à ce que les prix du pétrole restent fermes jusqu’à la fin de l’année et pensons que le ralentissement du marché de l’habitation aura une incidence minime sur le rendement relatif des actions canadiennes. Nous demeurons neutres à l’égard des actions américaines et des marchés émergents et sous-pondérons les actions de la région EAEO. Nos perspectives pour l’Europe restent assombries par l’offre d’énergie, qui devrait peser sur les bénéfices et les devises européennes.
Sur le plan sectoriel dans le marché boursier américain, nous continuons de surpondérer les secteurs de l’énergie, de la santé et des technologies. Nous maintenons une couverture de change par rapport au dollar américain. Dans la composante des titres à revenu fixe, nous sous-pondérons légèrement la duration des taux d’intérêt, tandis que nous réduisons notre exposition aux obligations de sociétés les plus risquées au profit des titres de créance de catégorie investissement. Enfin, nos portefeuilles composés principalement de titres à revenu fixe sous-pondèrent les titres de créance afin de refléter notre point de vue plus défensif sur les marchés.

Avis juridique

BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc. et BMO Investissements Inc. Les opinions exprimées par le directeur de portefeuille représentent son évaluation des marchés au moment de la publication. Ces opinions peuvent changer en tout temps et sans préavis. Les renseignements fournis dans le présent document ne constituent pas une sollicitation ni une offre relative à l’achat ou à la vente de titres, et ils ne doivent pas non plus être considérés comme des conseils de placement. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs. Cette communication est fournie à titre informatif seulement. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements particuliers ou les stratégies de négociation doivent être évalués en fonction de la situation de l’investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels. Les titres du portefeuille peuvent changer sans préavis et ne représentent qu’un faible pourcentage des titres en portefeuille. Ces renseignements ne constituent pas une recommandation d’achat ou de vente d’un titre particulier. Déclarations prospectives Certains énoncés contenus dans le présent communiqué peuvent constituer des déclarations prospectives, notamment ceux où l’on trouve les expressions « s’attendre à », « prévoir » et des mots et locutions semblables. Les déclarations prospectives ne sont pas des données historiques; elles correspondent plutôt aux prévisions ou aux attentes actuelles de BMO Gestion mondiale d’actifs en ce qui a trait à des résultats ou à des événements futurs. Ces déclarations prospectives sont assujetties à un certain nombre de risques et d’incertitudes qui pourraient faire en sorte que les résultats ou les événements réels différeraient sensiblement des prévisions ou des attentes actuelles. Même si BMO Gestion mondiale d’actifs estime que les hypothèses inhérentes aux déclarations prospectives sont raisonnables, ces dernières ne garantissent en rien les résultats futurs. Nous mettons donc en garde le lecteur de ne pas se fier indûment à ces déclarations en raison du caractère incertain qui leur est inhérent. BMO Gestion mondiale d’actifs ne s’engage d’aucune façon à mettre à jour ou à réviser publiquement ses déclarations ou données prospectives, que ce soit par suite de nouvelles données, d’événements futurs ou d’autres facteurs qui auraient une incidence sur ces données, sauf dans la mesure requise par la loi. MC/MD Marque de commerce/marque de commerce déposée de la Banque de Montréal, utilisée sous licence.
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