Investissement responsable

Facteurs ESG – Acquérir un avantage sur les marchés émergents

Alors que les actions des marchés émergents gagnent en popularité auprès des investisseurs institutionnels, Juan Salazar, directeur général, Investissement responsable, et spécialiste des marchés émergents à BMO Gestion mondiale d’actifs (EMOA), explique l’importance d’intégrer l’analyse des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) aux décisions de placement et propose le moyen de le faire efficacement pour procurer une longueur d’avance aux portefeuilles des marchés émergents.
Novembre 2019

Juan Salazar

Vice-président, Équipe d’investissement responsable

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Alors que les actions des marchés émergents gagnent en popularité auprès des investisseurs institutionnels, Juan Salazar, directeur général, Investissement responsable, et spécialiste des marchés émergents à BMO Gestion mondiale d’actifs (EMOA), explique l’importance d’intégrer l’analyse des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) aux décisions de placement et propose le moyen de le faire efficacement pour procurer une longueur d’avance aux portefeuilles des marchés émergents.

Les leaders ESG se démarquent sur les marchés émergents

Il ne faut pas s’étonner du fait que, au cours de la dernière décennie, l’indice MSCI Marchés émergents – leaders ESG – qui suit les entreprises performantes en matière de facteurs ESG par rapport à leurs pairs – a surpassé l’indice MSCI Marchés émergents en affichant un rendement brut annualisé de 6,98 % (contre 3,73 %)1. Comme il est indiqué ci-dessous, cet écart de 3,3 % aurait une incidence notable sur le portefeuille de n’importe quel investisseur institutionnel. Les résultats font état d’un rendement systématiquement supérieur, avec un écart remarquable de 6,7 % en 2010, pour un rendement annualisé de 25,88 % de l’indice MSCI Marchés émergents – leaders ESG2. À tout le moins, les données appuient la reconnaissance générale du principe selon lequel il faut analyser les antécédents en matière de facteurs ESG d’une entreprise afin de bien évaluer le potentiel global de réussite à long terme du portefeuille. Cela vaut particulièrement pour les entreprises établies dans les marchés émergents, qui sont souvent caractérisées par un manque de transparence ou de volonté de respecter les normes mondiales en matière de facteurs ESG. En fait, l’investisseur type sur les marchés émergents court un risque lié au manque de gestion des facteurs ESG supérieur d’environ 14 % à celui d’un investisseur en actions des marchés développés, l’écart au titre de la sécurité et de la confidentialité des données étant le plus important3.

L’un des principes fondamentaux de notre philosophie à BMO Gestion mondiale d’actifs est que nous investissons à long terme. Ce principe est omniprésent dans l’ensemble de nos stratégies de placement et explique fondamentalement pourquoi les facteurs ESG sont intégrés à la totalité de notre processus de placement, de la génération d’idées jusqu’à la participation active, en passant par la construction du portefeuille. Dans le cadre de la stratégie de BMO LGM Global Emerging Markets, l’objectif est de trouver des entreprises de qualité qui ont un modèle d’affaires durable, un bilan solide et une équipe de gestion chevronnée, et qui peuvent démontrer que les intérêts des actionnaires majoritaires et minoritaires concordent. Dans cette optique, notre évaluation de la qualité repose sur la mesure dans laquelle les entreprises sont bien placées pour relever les défis en matière de durabilité, que ce soit du point de vue des produits ou des services, ou de la gestion des risques. Cela s’harmonise avec notre engagement inébranlable à l’égard d’une économie florissante et d’un avenir durable, tout en permettant aux entreprises de tirer parti des occasions de croissance et, de ce fait, de générer directement de l’alpha et de créer de la valeur pour les actionnaires.

Intégration des facteurs ESG : amélioration de la qualité

Grâce au soutien de notre équipe Investissement responsable (IR) composée de 17 membres, les gestionnaires de portefeuille (GP) et les analystes de LGM – le centre d’expertise des actions des marchés émergents de BMO Gestion mondiale d’actifs – sont responsables de déterminer les facteurs ESG qui sont importants pour le rendement des placements à long terme. Par l’intermédiaire de voies de communication constante, nous fournissons nos propres recherches qui orientent ce processus d’analyse des placements. Si, par exemple, un GP considère une compagnie de navigation à Hong Kong, nous analysons le dossier dans son ensemble, des récentes innovations touchant les facteurs ESG dans le secteur mondial du transport maritime jusqu’aux répercussions sur les voies de trafic maritime en Asie. Nous cernons ensuite les secteurs de risque ou les occasions qui, selon nous, pourraient être améliorés et nous appuyons nos activités de participation active dans l’avenir. Lorsque nous examinons les activités d’octroi de crédit d’une banque, par exemple, nous nous demandons si des facteurs importants de risque environnemental et social sont pris en compte dans l’évaluation des risques de crédit, et de quelle manière. Nous croyons que cela peut fournir de précieux renseignements sur le véritable profil de risque de crédit d’un portefeuille de prêts.

Cette analyse peut être déterminante pour une décision de placement : dans un cas récent au sein de la stratégie mondiale de BMO LGM Global Emerging Markets, nous détenions une participation dans une banque indienne aux prises avec plusieurs problèmes de gouvernance qu’elle n’avait pas suffisamment pris en compte pour protéger nos intérêts en tant qu’actionnaires minoritaires, ce qui a entraîné la liquidation soudaine de cette participation. Il s’agissait d’ailleurs d’un des fleurons de la stratégie. Lorsque les investisseurs tournent le dos à une entreprise comme celle-ci, la baisse du cours de son action peut constituer une bonne occasion d’achat; à notre avis, par contre, les graves préoccupations à long terme – que ce soit du point de vue de la direction ou des facteurs ESG – l’emportent toujours sur les occasions à court terme. Toutefois, si le GP croit que les risques sont gérables ou faibles, l’équipe IR collabore avec l’entreprise concernée au moyen d’un dialogue soutenu visant à améliorer les stratégies et le rendement. Quelle que soit la décision, l’analyse des facteurs ESG fait partie intégrante du processus rigoureux de diligence raisonnable de notre stratégie concernant les marchés émergents et renforce dès le départ notre mentalité de placements de qualité. L’intégration des facteurs ESG ne se limite pas à faire ce qui est bien; elle enrichit aussi la qualité de notre analyse et nous permet d’inscrire des rendements solides au fil du temps, peu importe si les marchés sont haussiers, baissiers ou stables.

Stratégie mondiale d’investissement en actions de marchés émergents de BMO : les facteurs ESG et les marchés émergents vont de pair
Walmart de Mexico – le plus important employeur privé au Mexique, avec plus de 230 000 employés L’entreprise a déployé d’importants efforts pour améliorer l’ensemble de ses conditions de travail : majoration des salaires et bonification des avantages sociaux, initiatives visant à promouvoir la diversité et l’inclusion, investissements dans la formation et le perfectionnement, et renforcement des pratiques de mobilisation des employés.
ITC – l’un des plus importants acheteurs et exportateurs de produits agricoles en Inde ITC a adopté une approche stratégique de la gestion des risques liés aux changements climatiques pour l’ensemble de ses activités agricoles. Par exemple, elle a schématisé les risques climatiques dans ses principaux secteurs d’approvisionnement, investi dans des innovations technologiques (semences résistantes à la sécheresse, systèmes de micro-irrigation, etc.), adopté une approche de bassin hydrologique pour la gestion des ressources en eau, collaboré étroitement avec les agriculteurs pour mettre à l’essai des pratiques agricoles adaptées au climat et déployer des programmes de foresterie en territoire habité, et développé (de concert avec des spécialistes) des pratiques de conservation des sols et de l’humidité.
Bank Mandiri – la plus grande banque d’Indonésie pour les actifs, les prêts et les dépôts La banque a pris des mesures récemment pour améliorer ses pratiques de gestion des facteurs ESG dans plusieurs domaines, y compris le risque de crédit et le risque TI. Bank Mandiri a élaboré un plan d’action durable quinquennal axé sur les transactions de prêt à des entreprises de quatre secteurs (dont l’huile de palme et l’énergie) présentant des risques élevés sur le plan de la durabilité, ce qui rehausse la qualité du portefeuille de prêts. En ce qui concerne les problèmes de cybersécurité, elle a amélioré son approche de la gestion des risques liés à la sécurité des données, ainsi que la transparence et la communication de l’information dans ses rapports annuels.
Discovery (Afrique du Sud) – Société sud-africaine d’assurance vie et d’assurance maladie qui exerce ses activités dans sept marchés La plateforme client Vitality de Discovery, laquelle récompense les membres qui adoptent des modes de vie plus sains pouvant mener à une diminution des réclamations et à la prévention de maladies non transmissibles, a créé un outil qui fournit des renseignements utiles sur les habitudes des clients et leurs conséquences sur la santé. Au bout du compte, la plateforme peut contribuer à améliorer la capacité à prévoir la rentabilité et la production de flux de trésorerie. Elle a également contribué à la création d’un outil actuariel lié au prix de l’assurance, qui permet aux membres d’économiser en demeurant actifs et en mangeant sainement.

L’avantage de la présence mondiale et de l’expertise locale

Dans le contexte des facteurs ESG, les marchés émergents sont différents des marchés développés à de nombreux égards, ce qui peut être un avantage pour les GP chevronnés qui savent exercer leurs activités dans la région. De nombreuses entreprises de la région sont des sociétés familiales ou d’État, ce qui peut compliquer l’obtention de renseignements, d’autant plus qu’on hésite encore à parler aux investisseurs étrangers dans certaines économies en développement. LGM se spécialise exclusivement dans les marchés émergents, frontières et asiatiques et tient à établir des relations à long terme – sur le terrain – avec les entreprises qu’elle cible, à faciliter l’accès à l’information et à donner aux GP une idée claire des activités des entreprises dans leur propre contexte. Nous utilisons cette connaissance directe, de même que le fruit des recherches exclusives de l’équipe IR (qui sont éclairées par des normes et conventions internationales comme les objectifs de développement durable des Nations Unies) et les données de fournisseurs de services ESG externes, pour nous concentrer sur les pratiques exemplaires applicables aux entreprises au cas par cas. Par conséquent, l’équipe IR est en mesure de tirer, des pratiques exemplaires dans le cadre des facteurs ESG, ce qui est pertinent pour une entreprise des marchés émergents et ce que nous, en tant qu’investisseurs, pensons devoir faire pour réussir à long terme. Les mesures les plus appropriées sur le plan environnemental pour une entreprise occidentale peuvent être très difficiles, voire impossibles, à atteindre dans le contexte de marchés émergents. Il est donc nécessaire d’avoir une connaissance approfondie de l’entreprise, de ses paramètres fondamentaux et du secteur.

Notre équipe IR fournit les outils indispensables pour poser les bonnes questions. Les entreprises des marchés émergents doivent comprendre qu’il ne s’agit pas d’une dictature ou d’une imposition, mais plutôt d’un partenariat. C’est pourquoi l’approche d’analyse fondamentale ascendante et l’expertise locale de BMO LGM Global Emerging Markets sont essentielles à ses méthodes. Notre processus est défini par une équipe de placement diversifiée et chevronnée dont les membres parlent les langues locales, rendent visite en personne aux équipes de direction et recueillent des renseignements pour prendre des décisions de répartition de l’actif raisonnées et intelligentes. À Hong Kong, par exemple, nous avons quatre analystes de placement locaux qui peuvent rencontrer personnellement les dirigeants d’entreprise de la région – propriétaires exploitants, fournisseurs et autres parties prenantes – afin de créer l’assise solide d’une relation future. Étant donné le nombre peu élevé d’entreprises des marchés émergents qui rédigent des rapports trimestriels bilingues, la stratégie de BMO Global Emerging Markets a pour but de découvrir des occasions de placement qui ajoutent de la véritable variété – et de la valeur en matière de facteurs ESG – à votre portefeuille de placement.

Marchés émergents : pleins feux sur les facteurs ESG

Bien que la gouvernance soit depuis longtemps un enjeu de premier plan pour les marchés émergents (compte tenu du grand nombre de sociétés familiales ou d’État, de la prévalence des transactions entre apparentés et, dans certains cas, de la faible protection des droits des actionnaires minoritaires), les défis environnementaux et sociaux n’ont que tout récemment commencé à passer à l’avant-plan pour les investisseurs institutionnels, car les gestionnaires d’actifs comprennent mieux ces enjeux et leur rôle dans les placements à long terme.

Fait important, les populations dans l’ensemble des marchés émergents ont commencé à être touchées par les répercussions des enjeux ESG. De nouveaux rapports scientifiques prouvent presque toutes les semaines à quel point des pays comme l’Inde, les Philippines et le Vietnam sont vulnérables aux changements climatiques – et bon nombre de ces économies plutôt pauvres n’ont pas assez de ressources pour lutter contre ces problèmes. De Hong Kong à la Malaisie, les gestionnaires d’actifs et les investisseurs commencent à prendre conscience de la situation; c’est pourquoi les fonds des marchés émergents axés sur l’intégration des facteurs ESG suscitent un vif intérêt. Même les données empiriques permettent de constater comment le contexte a évolué au cours de la dernière décennie. Il y a à peine 10 ans, nous pouvions rarement avoir une conversation éclairée ou constructive avec une entreprise des marchés émergents au sujet de la pollution de l’eau, alors qu’aujourd’hui, on comprend très bien qu’une solide gestion des facteurs ESG est en fait une stratégie d’affaires saine qui peut créer de la valeur à long terme.

Néanmoins, il reste un obstacle à surmonter pour certaines entreprises des marchés émergents : les convaincre que leurs dons énormes à des organismes de bienfaisance ou à la construction d’écoles dans des régions sous-développées – si valables que soient ces efforts – ne nous intéressent nullement. Nous mettons plutôt l’accent sur les enjeux qui sont importants pour le modèle d’affaires. Par exemple, lors de la modélisation des flux de trésorerie futurs des sociétés d’exploitation pétrolière et gazière, les facteurs ESG ne doivent pas être pris en compte à titre accessoire dans une analyse de placement, surtout à un moment où la tarification du carbone et d’autres efforts réglementaires prennent de l’ampleur partout dans le monde.

Intégration des facteurs ESG : une question que nous ne pouvons pas nous permettre de passer sous silence

Malgré l’intensification des différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine au cours des dernières années, les entrées de capitaux de non-résidents sur les marchés émergents devraient atteindre 1,26 milliard de dollars en 2019, comparativement à 1,14 milliard de dollars en 2018, et une autre augmentation modeste est prévue l’an prochain, selon l’Institut de finances internationales4. Alors que les capitaux migrent de plus en plus vers les marchés émergents, un nombre croissant d’investisseurs institutionnels admettent qu’une exposition insuffisante à ces marchés risque de leur faire manquer des occasions de surperformance. De toute évidence, comme on l’a vu plus haut, il en va de même pour les chefs de file ESG en tant que source d’alpha.

Il nous semble logique que les entreprises des marchés émergents qui font une gestion proactive des principaux risques liés aux facteurs ESG aient un modèle d’affaires plus résilient, courent un plus faible risque et affichent une volatilité moindre. Fondamentalement, les facteurs ESG représentent un outil essentiel d’évaluation des risques et des occasions qui nous ouvre une fenêtre sur les pratiques opérationnelles et le rendement des entreprises – et qui nous aide directement à dégager des rendements à long terme plus solides.

Également dans le numéro de l’automne 2019 du Bulletin trimestriel institutionnel :

Un style de placement pour prospérer en fin de cycle

L’immobilier au Royaume-Uni, source de VRAIS placements non traditionnels

1 MSCI Emerging Markets ESG Leaders Index, 30 septembre 2019.

2 Idem.

3 Sustainalytics, ESG Spotlight :Emerging Markets Equities :Key Sources of ESG Risk, août 2019.

4 Reuters, avril 2019.

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