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La hausse des prix des produits de base continue d’alimenter les prévisions d’inflation, tandis que les chaînes d’approvisionnement sont toujours exposées aux perturbations

La Réserve fédérale américaine (la « Fed ») et la Banque du Canada (la « BdC ») mettent rapidement fin à leurs mesures de relance monétaire pour contrer les pressions inflationnistes excessives. La hausse des taux devrait peser sur les perspectives de croissance et les valorisations boursières, mais nous ne nous attendons pas à une récession au cours des 12 prochains mois.
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mai 2022
  • La hausse des prix des produits de base continue d’alimenter les prévisions d’inflation, tandis que les chaînes d’approvisionnement sont toujours exposées aux perturbations, notamment en Chine, et devraient continuer de fausser les données sur la croissance mondiale et les perspectives d’inflation, laissant les investisseurs composer avec une incertitude macroéconomique supérieure à la normale.

  • La Réserve fédérale américaine (la « Fed ») et la Banque du Canada (la « BdC ») mettent rapidement fin à leurs mesures de relance monétaire pour contrer les pressions inflationnistes excessives. La hausse des taux devrait peser sur les perspectives de croissance et les valorisations boursières, mais nous ne nous attendons pas à une récession au cours des 12 prochains mois.

  • Nous avons révisé à la baisse la pondération des actions, en position neutre, tout en maintenant la sous-pondération des titres à revenu fixe et en augmentant la pondération des liquidités. Sur le plan régional, nous avons augmenté la pondération des actions américaines de façon à les surpondérer légèrement. Nous continuons de surpondérer les actions canadiennes et de sous-pondérer les actions de l’Europe, de l’Australasie, de l’Extrême-Orient (EAEO) et des marchés émergents. Nous avons réduit notre sous-pondération de la duration des obligations, en position neutre, en raison de la hausse des taux. Dans l’ensemble, nous nous attendons toujours à une volatilité des marchés à court terme.

  • Sur le plan sectoriel, nous avons récemment ajouté une surpondération du secteur américain des technologies pour miser sur la qualité. Ailleurs, nous surpondérons toujours les secteurs des services financiers américains, de l’énergie, ainsi que celui des compagnies aériennes internationales.

Les pêcheurs savent que la mer est dangereuse et les tempêtes terribles, mais ils n’ont jamais trouvé que ces dangers étaient une raison suffisante pour rester à terre. ” — Vincent Van Gogh

La Fed navigue dans une trajectoire étroite entre croissance et inflation

La Fed a procédé à sa plus importante hausse de taux depuis mai 2000 en relevant son taux directeur de 50 pdb pour le porter à 1 %. Les marchés s’attendaient généralement à cette décision, tandis que le président de la banque centrale, Jerome Powell, a laissé entendre qu’il était nécessaire d’adopter rapidement une politique plus neutre pour faire baisser un taux d’inflation « trop élevé ». À compter de juin, la Fed commencera à réduire son bilan en augmentant le rythme de cette réduction jusqu’en septembre, date à laquelle elle compte réduire son bilan de 9 000 milliards de dollars de 95 milliards de dollars par mois. Les grandes banques centrales, y compris la BdC, ont déjà amorcé un resserrement quantitatif qui devrait s’accélérer au cours de l’année (graphique 1).

Graphique 1 : Les principales banques centrales commencent à réduire leur bilan

Source : Bloomberg et BMO Gestion mondiale d’actifs, au 5 mai 2022.

La saison des bénéfices a produit des résultats supérieurs aux attentes en matière de revenus et de bénéfices, en particulier aux États-Unis, grâce à l’excellent rendement des secteurs de l’énergie, des matières premières, de l’industrie et des soins de santé. Les actions se sont néanmoins mal comportées en avril en raison i) de la hausse des taux et de la contraction des multiples de capitalisation et ii) des inquiétudes grandissantes entourant la capacité de la Fed à faire atterrir l’économie en douceur. Pendant ce temps, la Chine continue d’être secouée par la pandémie et les confinements perturbateurs imposés dans plusieurs grandes villes, y compris Shanghai. Les craintes que Beijing puisse se retrouver dans la même situation s’intensifient. La politique zéro COVID-19 du pays laisse l’économie déjà fragile exposée à d’autres contrecoups si le virus s’avère plus difficile à éradiquer que prévu par les autorités chinoises.

Les pressions de la Fed et de la BdC se sont accentuées, les deux banques centrales insistant sur la nécessité de hausser les taux et procédant à une hausse de 50 pdb. Les taux des obligations ont encore augmenté en avril, ajoutant d’autres pertes pour les titres à revenu fixe, qui connaissent déjà une année difficile. Le taux de l’obligation du Canada à 10 ans est passé de 2,40 % à 2,87 % en raison de l’intensification des pressions inflationnistes. Les prix du pétrole ont grimpé en avril, passant de 100,28 $ le baril à 104,69 $ le baril, malgré les efforts déployés par les États-Unis pour assurer l’approvisionnement en pétrole à court terme en mettant sur le marché du pétrole provenant de leurs propres réserves stratégiques. Entre la poussée d’aversion pour le risque des investisseurs et un ton de plus en plus ferme de la Fed, le dollar américain (indice DXY Dollar, +4,7 %) a bondi en avril par rapport à toutes les grandes monnaies. Bien que le huard ait perdu du terrain par rapport au billet vert (-2,8 %), il s’est apprécié par rapport aux grandes monnaies de la région EAEO, comme le yen (+3,8 %), l’euro (+2,1 %) et la livre sterling (+1,7 %). Enfin, l’indice de volatilité VIX est passé de 20,6 % à 33,4 %, l’anxiété des investisseurs s’étant accentuée à la fin du mois. Bien qu’un indice VIX supérieur à 30 % indique un marché boursier inquiet, il faudrait qu’un indice VIX dépasse 40 % pendant quelques jours avant d’interpréter un indice VIX élevé comme une forme de capitulation des investisseurs et une occasion d’achat technique.

Banque du Canada : le cours du pétrole entraîne un durcissement de ton

Bien que la plupart des économies développées ressentent les contrecoups d’une inflation élevée, ce ne sont pas toutes les grandes banques centrales qui sont prêtes à s’attaquer énergiquement aux pressions inflationnistes. Par exemple, la Banque du Japon ne montre aucun signe de relèvement de son taux, tandis que la Banque d’Angleterre, qui a récemment relevé son taux directeur, est de plus en plus préoccupée par le ralentissement de la croissance économique. Au Canada, nous nous attendons toujours à une croissance supérieure à la tendance en 2023, soutenue par de solides perspectives à l’égard des prix des matières premières et par les attentes selon lesquelles le marché de l’habitation se refroidira à la suite de la hausse des taux hypothécaires. Ses conditions demeureront toutefois serrées, en particulier en raison de la hausse des niveaux d’immigration. Nous estimons que la trajectoire de hausses de taux de la BdC sera moins ponctuée de difficultés que celle de la Fed, ce qui devrait favoriser le huard. Après une hausse de 50 points de base (pdb) en avril, les marchés s’attendent à un autre resserrement de 200 pdb par la banque centrale d’ici la fin de l’année, ce qui ramènerait le taux directeur à 3 %, son plus haut niveau depuis 2008 (graphique 2).

Graphique 2 : Probabilité de hausse de la BdC selon le marché pour 2022

Source : Bloomberg et BMO Gestion mondiale d’actifs, au 5 mai 2022.

Volatilité des actions : un parcours difficile, mais pas hors norme, depuis le début de l’année

Le NASDAQ est bien ancré dans un marché baissier cette année et, au moment d’écrire ces lignes, l’indice S&P 500 était en baisse de près de 15 %. Si nous examinons l’histoire depuis 1950, les investisseurs en actions ont été exceptionnellement chanceux au cours des dernières années, ayant connu des épisodes de volatilité et de replis très légers et de courte durée, à l’exception de la période de grands confinements découlant de la pandémie en 2020 (graphique 3). Bien que les obligations et les actions aient causé beaucoup de difficultés aux investisseurs cette année, les taux de rendement beaucoup plus élevés permettent aux titres à revenu fixe d’être en bien meilleure posture pour l’avenir. Nous estimons que les investisseurs devraient commencer à se tourner vers les obligations au cours des prochains mois, à mesure que les taux obligataires monteront. Dans le cas des actions, la baisse de 20 % des valorisations (c’est-à-dire la baisse du ratio cours-bénéfice [C/B]) place les actions en position plus attrayante pour les investisseurs à long terme.

Graphique 3 : Baisses historiques de l’indice S&P 500

Source : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, en date du 6 mai 2022.

Même s’il n’est pas facile d’anticiper les creux du marché, la combinaison d’un pessimisme excessif des investisseurs et de valorisations plus attrayantes à la suite de fortes corrections comme celle que nous observons actuellement a tendance à offrir des occasions de placement intéressantes. Si nous examinons les baisses les plus importantes (c.-à-d. supérieures à 10 %) de l’indice S&P 500 depuis 1950, nous constatons que, même si les investisseurs ne devraient pas s’attendre à récupérer entièrement leurs pertes actuelles au cours de la prochaine année, les difficultés persistantes que connaissent les actions nous permettent de prédire plus facilement des rendements positifs pour les actions au cours de la prochaine année (graphique 4). À tout le moins, les investisseurs devraient favoriser les actions pendant que la tempête émerge et établir des plans pour rééquilibrer leur exposition aux actions au cours de l’été.

Graphique 4 : Les rendements positifs tendent à suivre les périodes de turbulences de l’indice S&P 500*

Source : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, en date du 6 mai 2022.
* Remarque : Le rendement prospectif sur un an est calculé en fonction du rendement total quotidien à compter du jour où l’indice S&P 500 atteint son creux.

Perspectives et positionnement : retour de la pondération des actions au point neutre, augmentation de la pondération des actions américaines, prévision de nouvelles difficultés pour les obligations

Nous nous attendons toujours à ce que les marchés soient volatils à mesure que la Fed relève les taux pour contrer l’inflation en 2022. Même si elle vise le fameux atterrissage en douceur de l’économie, nous sommes d’avis que la trajectoire entre la croissance et l’inflation se rétrécit, ce qui alimente le discours pessimiste des marchés concernant la peur croissante qu’une récession survienne. Bien que la probabilité d’une récession soit inférieure à 30 % au cours des douze prochains mois, en raison du marché du travail tendu et de la santé du bilan des ménages et des entreprises, nous nous attendons à ce que la confiance des investisseurs demeure terne, malgré les signes de résilience de l’économie américaine et de solides bénéfices.

Dans ce contexte, nous avons abaissé la pondération des actions de façon à ce qu’elle soit au point neutre, mais avons conservé notre sous-pondération des obligations, ce qui a eu pour effet d’accroître notre pondération de liquidités. Sur le plan régional, nous avons augmenté la pondération des actions américaines de façon à les surpondérer légèrement, tout en maintenant la surpondération des actions canadiennes et la sous-pondération des actions de la région EAEO et des marchés émergents. Sur le plan sectoriel, nous surpondérons toujours les secteurs des services financiers et de l’énergie américains, ainsi que celui des compagnies aériennes internationales. Nous avons récemment ajouté une surpondération du secteur américain des technologies à grande capitalisation (iShares US Technology ETF, symbole boursier : IYW). Dans la composante des titres à revenu fixe, nous avons adopté une duration neutre.

Avis juridique :

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Déclarations prospectives

Certains énoncés contenus dans le présent communiqué peuvent constituer des déclarations prospectives, notamment ceux où l’on trouve les expressions « s’attendre à », « prévoir » et des mots et locutions semblables. Les déclarations prospectives ne sont pas des données historiques; elles correspondent plutôt aux prévisions ou aux attentes actuelles de BMO Gestion d’actifs en ce qui a trait à des résultats ou à des événements futurs. Ces déclarations prospectives sont assujetties à un certain nombre de risques et d’incertitudes qui pourraient faire en sorte que les résultats ou les événements réels différeraient sensiblement des prévisions ou des attentes actuelles. Même si BMO Gestion d’actifs estime que les hypothèses inhérentes aux déclarations prospectives sont raisonnables, ces dernières ne garantissent en rien les résultats futurs. Nous mettons donc en garde le lecteur de ne pas se fier indûment à ces déclarations en raison du caractère incertain qui leur est inhérent. BMO Gestion d’actifs ne s’engage d’aucune façon à mettre à jour ou à réviser publiquement ses déclarations ou données prospectives, que ce soit par suite de nouvelles données, d’événements futurs ou d’autres facteurs qui auraient une incidence sur ces données, sauf dans la mesure requise par la loi.

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