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La machine de guerre russe déclenche une liquidation d’actions

Nous pensons que les inquiétudes persistantes du marché à propos de l’Ukraine et de la Russie se répercuteront en définitive surtout sur l’humeur des investisseurs à court terme.
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février 2022

Les tensions géopolitiques, surtout lorsqu’elles impliquent des superpuissances nucléaires comme la Russie, sont toujours effrayantes, mais l’histoire des dernières décennies montre que les répercussions des conflits locaux et régionaux sur l’économie mondiale et les marchés financiers ont tendance à être limitées et de courte durée. Nous pensons que les inquiétudes persistantes du marché à propos de l’Ukraine et de la Russie se répercuteront en définitive surtout sur l’humeur des investisseurs à court terme, lorsque la crainte d’une escalade importante se sera dissipée.

Nos perspectives du marché plus anodines quant à la manœuvre géopolitique de la Russie s’appuient sur le fait que l’économie russe ne représente que 3 % de l’économie mondiale (Source : Statistia). Pour mettre les choses en perspective, l’Italie, dont la population est deux moins nombreuse que celle de la Russie, a une économie deux fois plus importante. Par ailleurs, le marché boursier russe représente un peu moins de 3 % de l’indice MSCI Marchés émergents (ME) et même pas 1 % de l’indice MSCI Actions mondiales (ACWI) (Source : iShares). Dans le cas d’un fonds équilibré typique qui ne détient pas plus de 10 % d’actions des marchés émergents (ME), cela se traduit par une exposition directe aux actions russes inférieure à 0,3 %, alors que les actions ukrainiennes sont pratiquement inexistantes dans les portefeuilles mondiaux. Les titres de créance russes, dans le cadre des placements en obligations des marchés émergents, peuvent compter pour une part légèrement plus importante, surtout dans les portefeuilles axés sur les titres à revenu fixe, mais ce pourcentage est aussi généralement inférieur à 0,3 % pour la plupart des solutions de fonds.

Compte tenu de cette très faible pondération économique et financière, les principales répercussions pour les investisseurs sont donc davantage liées au risque de contagion à l’échelle mondiale. À notre avis, ce qui importe le plus est peut-être l’impact que cette guerre aura sur l’humeur des investisseurs, qui a été médiocre ces dernières semaines, malgré une saison des bénéfices et des données économiques encourageantes.

Même si l’invasion de l’Ukraine par la Russie a été surprenante et que la fin de match du président Putin reste difficile à prévoir, nous ne nous attendons pas à ce que le conflit s’étende au-delà de l’Ukraine pour le moment, à cause de la surenchère de la Russie dans les négociations politiques avec les pays de l’OTAN. Enfin, nous ne pensons pas que la Chine, une alliée politique proche et influente de la Russie, approuverait une escalade militaire qui perturberait l’économie dans la région, puisqu’elle cherche à relancer son économie qui est en difficulté après une année 2021 compliquée. Tout ce qui pourrait avoir une incidence négative sur l’activité économique mondiale nuirait aux efforts de relance de la Chine.

Europe : La plus exposée aux tensions persistantes

Que ce soit à cause des sanctions économiques qui ciblent la Russie ou de la hausse des prix de l’énergie et des autres produits de base, qui nuiront aux consommateurs, nous pensons que l’Europe subira la plus grande partie des coûts économiques découlant des tensions actuelles entre l’Ukraine et la Russie. Les deux principaux circuits où l’Europe est la plus exposée à la Russie sont l’énergie et les services bancaires. L’approvisionnement énergétique russe en Europe est essentiel, puisque la Russie est à l’origine de 40 % de l’approvisionnement en gaz naturel (source : The Guardian) et d’environ 25 % de ses importations de pétrole. Compte tenu de la montée en flèche des prix de l’énergie et d’un réseau d’approvisionnement en énergie plus fragile, l’Europe fait déjà face à un marché de l’énergie plus difficile. L’autre circuit clé est le secteur bancaire, puisque les institutions financières européennes entretiennent des liens plus étroits avec les entités russes. Par conséquent, les actions européennes sont celles qui ont le plus souffert après l’invasion, surtout celles des banques européennes, qui ont reculé de 17 % entre le 10 et le 24 février (Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, rendement de l’indice Bloomberg SX7E).

Canada : Bien positionné pour profiter des perspectives robustes aux États-Unis et de la hausse des prix du pétrole

Pour le Canada, un pétrole à 100 $ est une bonne nouvelle (sauf lorsqu’on fait le plein d’essence) pour l’économie et la Bourse de Toronto, ce qui explique en grande partie pourquoi les actions canadiennes ont surpassé la plupart des marchés boursiers régionaux depuis le début de l’année. Nos portefeuilles profitent de la hausse des prix du pétrole en raison de nos surpondérations tactiques des actions canadiennes et du secteur pétrolier américain. Puisque les perspectives de l’économie américaine restent robustes, même si elles ralentissent, les perspectives des actions nord-américaines demeurent moins incertaines que celles d’autres régions où les obstacles à la croissance se sont avérés plus persistants que prévu.

Perspectives des actions et positionnement du portefeuille : Les perspectives en matière de bénéfices restent bien soutenues par des projections de croissance supérieures à la tendance

Le rendement du S&P 500 depuis le début de l’année a été décevant. Cependant, nous pensons que la réaction négative vis-à-vis des actions est exagérée parce que ce rendement est entièrement attribuable à la baisse du ratio cours-bénéfice (C/B) prévisionnel, qui est passé de 22,7 à 19,0 au moment de la rédaction, soit une baisse de 19 % du ratio C/B. Par ailleurs, le bénéfice par action (BPA) a continué de progresser ces derniers mois, et nous nous attendons à ce qu’il augmente d’au moins 10 % en 2022. Enfin, puisque les taux d’intérêt devraient continuer d’augmenter, les perspectives des actions sur 12 à 18 mois restent beaucoup plus attrayantes que celles des obligations.

Pour les investisseurs à long terme, de telles turbulences géopolitiques et boursières, même si elles sont très désagréables, font partie du parcours de placement. Selon nous, et malgré les répercussions humanitaires démoralisantes subies par les populations locales, les investisseurs ne devraient pas trop s’inquiéter ni modifier leurs perspectives de placement en fonction des développements récents.

Nous croyons que les investisseurs sont trop pessimistes à l’égard des perspectives géopolitiques et économiques; nous sommes donc prêts à acheter des actions en cas de baisses supplémentaires dans les prochaines semaines. Même si nous nous attendons à ce que les l’humeur des investisseurs reste trop hésitante pour rebondir à cause de l’absence de cessez-le-feu à court terme, nous pensons qu’elle approche d’un creux. Nous nous attendons à ce que l’anxiété à l’égard de l’Ukraine finisse par diminuer face à une économie américaine qui fonctionne à un niveau de plein emploi.

Avis jurisdique

Les opinions exprimées par le directeur de portefeuille représentent son évaluation des marchés au moment de la publication. Ces opinions peuvent changer en tout temps et sans préavis. Les renseignements fournis dans le présent document ne constituent pas une sollicitation ni une offre relative à l’achat ou à la vente de titres, et ils ne doivent pas non plus être considérés comme des conseils de placement. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs. Cette communication est fournie à titre informatif seulement.

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