Marchés émergents

Le point sur la croissance de qualité en Chine

Dans ce numéro de Perspectives, June Lui, directrice de portefeuille, BMO Global Asset Management (Asia) Limited, va au-delà de la polémique sur le commerce international, des manchettes et des tensions géopolitiques et oriente les conseillers vers les meilleures occasions de placement en Chine.
March 2019

June Lui

Gestionnaire de portefeuille (Asie)

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Dans ce numéro de Perspectives, June Lui, directrice de portefeuille, BMO Global Asset Management (Asia) Limited, va au-delà de la polémique sur le commerce international, des manchettes et des tensions géopolitiques et oriente les conseillers vers les meilleures occasions de placement en Chine.

 

En l’espace de quelques mois, la discussion à intensité variable autour des tarifs douaniers entre les États-Unis et la Chine a pris une tournure pour le moins intéressante. Ce qui a commencé comme une joute verbale, le président Donald Trump annonçant des plans pour relever les tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars US de produits chinois si aucune entente n’était conclue d’ici le 1er mars, s’est récemment transformé, selon les représentants commerciaux américains, en progrès importants dans les négociations à Washington.

Or, cette guerre commerciale ne concerne pas le déficit commercial américain proprement dit. Dans l’ensemble, il s’agit d’une rivalité politique qui s’est installée, sur le plan non seulement du pouvoir commercial et économique, mais aussi du statut technologique et politique à l’échelle mondiale.

Pourtant, l’économie de la Chine ralentit depuis quelques années et l’empressement du pays à préserver la stabilité de son produit intérieur brut (PIB) a donné aux États-Unis un pouvoir de négociation supplémentaire.

 

Désendettement et ralentissement

En fait, le ralentissement de l’économie chinoise est dû en partie aux erreurs de la Chine. Depuis 2008, l’État a injecté des milliers de milliards de renminbis dans l’économie, mais une bonne partie de l’argent a servi à des projets à faible rendement financés par les deniers publics, créant une faible valeur économique et semant le doute sur la qualité des prêts consentis à ces projets. Lorsque les représentants de l’État ont pris conscience du besoin de régler ces mauvaises créances, ils ont lancé une campagne de désendettement qui est entrée en vigueur il y a trois ans environ.

C’était la direction à prendre, mais il faut souligner qu’en freinant le crédit, on a ralenti la croissance macroéconomique. Quand la guerre commerciale a éclaté, les chocs externes provoqués par les nouveaux tarifs douaniers et l’incertitude liée aux négociations ont intensifié le ralentissement et amené les dirigeants du Parti communiste chinois à comprendre que le projet de désendettement, malgré ses avantages potentiels, devait être mis en veilleuse.

 

Une classe moyenne en croissance

La politique prioritaire pour le gouvernement chinois consiste à maintenir la stabilité de l’emploi et la croissance du revenu des ménages. La vigueur de l’expansion économique et de l’urbanisation des dernières décennies a contribué à la réalisation de ces objectifs en faisant grimper le PIB par habitant à environ 9 500 $ US, ouvrant la porte de la classe moyenne à plus de 500 millions de personnes en 2018¹. Cependant, le ratio d’épargne élevé de cette population signifie que son pouvoir d’achat potentiel est énorme.

Ce que vos clients doivent savoir, c’est que, en dépit de problèmes qui découlent d’une guerre commerciale ou des perturbations des chaînes d’approvisionnement, le gouvernement chinois a déjà dressé un plan pour stimuler la consommation nationale à long terme par l’application de baisses d’impôt pour les particuliers et les entreprises. Compte tenu de la force inhérente à l’épargne des ménages, il est possible que ce soutien accroisse les dépenses et délie les cordons de la bourse pour contrebalancer à court terme les menaces extérieures liées aux tarifs douaniers ou aux guerres commerciales.

En fait, tirer parti de la croissance de la consommation au pays est essentiel à l’évolution économique de la Chine… et à notre thèse de placement. Nous croyons que la confiance du consommateur moyen pourrait s’éroder à court terme en raison des menaces de guerre commerciale ou d’un rendement décevant des marchés boursiers. Toutefois, les facteurs de croissance à long terme de la Chine, particulièrement l’augmentation des revenus d’une classe moyenne urbaine de plus en plus ambitieuse, sont toujours en place.

 

Transformation des secteurs manufacturier et technologique

En plus des dépenses personnelles élevées, la Chine profite d’une injection de capitaux, d’une tendance à privilégier la qualité plutôt que la quantité et d’investissements sans précédent dans un secteur technologique de classe mondiale. Pourquoi est-ce important?

Tout d’abord, la dépendance de la Chine aux exportations a chuté substantiellement dans les dernières années. Alors que le pays a pris des mesures pour abandonner ses activités de fabrication de produits bas de gamme, laissant sa place au Cambodge ou au Vietnam, entre autres, ses exportations totales ont dégringolé, passant de 36 % du PIB en 2006-2007 à près de 17 % aujourd’hui². Bien que ces exportations contribuent encore beaucoup à l’économie du pays, il ne fait aucun doute que la consommation nationale, particulièrement dans le secteur des nouvelles technologies, occupe une place plus importante, comme en témoigne la croissance de sociétés comme Tencent, Alibaba et Baidu.

L’abandon de la fabrication de produits bas de gamme est attribuable à la hausse des coûts de main-d’œuvre en Chine. Les générations plus jeunes, nées sous la politique de l’enfant unique, sont de plus en plus instruites et refusent de travailler dans des ateliers de misère. Au cours des dernières années, la plupart des nouveaux emplois ont été créés dans les secteurs des services et des technologies. Cette main-d’œuvre qualifiée, conjuguée aux milliards de dollars investis dans la recherche et le développement de technologies, a permis de mettre à niveau la capacité de fabrication. Le secteur des technologies est en plein essor, et à bien des égards, la Chine est le nouveau Silicon Valley, surtout dans le domaine des applications commerciales. Entre 2003 et 2013, les investissements de la Chine en recherche et développement ont grimpé en moyenne de 19,5 % par année, soit beaucoup plus que ceux des États-Unis³. La Chine continuera à développer son secteur des technologies haut de gamme et favorisera une plus grande participation du secteur privé.

Le parcours économique de la Chine - évolution du PIB

Le parcours économique de la Chine - évolution du PIB

Sources : LGM Investments et Banque mondiale, données au 1er juin 2017. TCAC = Taux de croissance annuel composé

La qualité, priorité de la prochaine décennie
Deux dernières décennies Prochaine décennie
Facteur de croissance – exportations à faible coût Facteur de croissance – consommation nationale de la classe moyenne
Croissance aveugle – la marée montante profite à tous Croissance plus lente – la loi du plus fort
Secteur public dominant – mauvaise affectation du capital généralisée Croissance du secteur privé – meilleur rendement du capital investi
Explosion de la dette depuis 2008 – hausse des risques systémiques Politique prioritaire – atténuation du risque et désendettement
Comptes de capital fermés – choix limité pour les investisseurs Libéralisation – amélioration de l’accès et meilleures options
Immaturité institutionnelle – contrôles et processus décisionnel imprévisibles Meilleur cadre réglementaire – marchés plus ordonnés
Gouvernance et minorités – indifférence ou mépris Mobilisation internationale – adoption de meilleures pratiques internationales

Source : LGM Investments

Perceptions à l’égard du portefeuille

Nous croyons que la Chine, qui représente plus de 17 % du PIB mondial, est sous-représentée dans les portefeuilles mondiaux des investisseurs⁴. Nous sommes également d’avis que le ralentissement de la croissance du pays provoquera une croissance de meilleure qualité, à mesure que les entrepreneurs acquerront une expérience de gestion plus pointue et que la production grimpera dans la chaîne de valeur. Par conséquent, le moment est bien choisi pour accroître l’exposition en Chine en adoptant une véritable approche ascendante et en se concentrant sur les meilleures occasions dans l’économie nationale, au lieu d’utiliser une stratégie d’achat plus traditionnelle fondée sur les solutions indicielles, lesquelles sont principalement constituées de sociétés d’État à faible rendement.

Le fonds BMO Catégorie Chine élargie se concentre sur les sociétés de grande qualité qui génèrent une croissance depuis le marché national. Notre objectif est de repérer les éléments d’actif corrigés du risque qui affichent des flux de trésorerie stables et croissants; c’est pourquoi le fonds privilégie les secteurs de la consommation courante, de la santé, de l’énergie propre et des services financiers, sans détenir de titres de banques chinoises.

BMO Catégorie Chine élargie - série A – Rendement (%)
CAC 1 an 3 ans 5 ans 10 ans Depuis la création
7,80 -1,09 18,97 10,30 11,83 10,83

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, au 28 février 2019.

Une évaluation du risque rigoureuse est essentielle à la réussite de notre sélection d’actions. Nous évaluons les occasions sur le marché national dynamique de la Chine, tout en surveillant attentivement le degré de risque associé aux enjeux comme la gouvernance, les normes comptables et la structure du marché. Nous sommes convaincus que notre fonds est géré dans l’intérêt des actionnaires, puisqu’il a affiché un rendement supérieur à l’indice de référence, avec une volatilité moindre.

¹ Trading Economics, Chine – PIB, 2019.

² China’s Annual Trade Surplus With U.S. Hits Record Despite Trump’s Tariff Offensive, The Wall Street Journal, 13 janvier 2019.

³ National Science Board’s (NSB), Science and Engineering Indicators 2016 (Indicators), janvier 2016.

Trading Economics, Chine – PIB, 2019.

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