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Les craintes entourant la pandémie de COVID-19 causent des problèmes aux actions

Cette semaine, les investisseurs ont été effrayés par la forte hausse des nouveaux cas de COVID-19 en dehors de la Chine, surtout en Corée du Sud et en Italie, ce qui a provoqué un fort recul sur les marchés boursiers et une chute libre des taux des obligations d’État.
Février 2020
  • Les cas de COVID-19 ont atteint leur sommet en Chine et la situation semble sous contrôle dans la province de Hubei. L’activité économique reprend lentement. Cependant, la nouvelle de la propagation du virus à l’extérieur de la Chine, notamment en Corée du Sud et en Italie, a provoqué des ventes massives d’actions ces derniers jours.
  • Des mesures monétaires et budgétaires ont été annoncées, mais nous en attendons d’autres, notamment de la part de la Fed et de la BdC, dès les mois de mars ou d’avril. Les prochaines semaines seront importantes pour voir si beaucoup plus de cas d’infection sont confirmés en Europe et en Amérique du Nord. Si des mesures de confinement draconiennes sont prises, l’incidence sur la croissance et les bénéfices sera plus importante tout en restant largement temporaire.
  • Nous surveillons la situation de près, mais nous maintenons nos principales préférences en matière de portefeuille en privilégiant légèrement les actions par rapport aux titres à revenu fixe, avec une légère surpondération de la duration. Nous surpondérons tactiquement les actions des marchés émergents; nous nous attendons à ce que les mesures de relance budgétaire et monétaire compensent le ralentissement temporaire provoqué par le coronavirus et aident à assurer une forte reprise de l’économie et des bénéfices plus tard en 2020 et au-delà, alors que les effets positifs de l’accord de phase 1 se font encore sentir.

Les craintes entourant la pandémie de COVID-19 causent des problèmes aux actions

Cette semaine, les investisseurs ont été effrayés par la forte hausse des nouveaux cas de COVID-19 en dehors de la Chine, surtout en Corée du Sud et en Italie, ce qui a provoqué un fort recul sur les marchés boursiers et une chute libre des taux des obligations d’État. Par ailleurs, la propagation du virus en Chine semble avoir atteint un sommet autour du 5 février (figure 1), ce qui contribue à la reprise graduelle de la vie quotidienne et de l’activité économique. L’incidence sur les marchés boursiers mondiaux a été relativement similaire dans toutes les régions après une forte réaction négative contre les actions des marchés émergents et les prix des produits de base à la fin du mois de janvier. L’avertissement des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis (Source : Bloomberg) a augmenté l’anxiété; les entreprises sonnent de plus en plus l’alarme au sujet de l’incidence de la perturbation sur leurs revenus du premier trimestre et elles réduisent leurs prévisions.

Figure 1 : Nouveaux cas de COVID-19 en Chine

Les craintes entourant la pandémie de COVID-19 causent des problèmes aux actions - Nouveaux cas de COVID-19 en Chine

Source : Rapports de situation sur le COVID-19 – Organisation mondiale de la santé (OMS).

Nous surveillons de près les mesures de l’activité économique en Chine, de la vente de maisons à la consommation de charbon (figures 2 et 3). Les prévisions consensuelles s’attendent à un redressement de l’économie chinoise d’ici la fin de mars en dehors de la province de Hubei, et à la fin du mois d’avril pour le Hubei.

Figure 2 : Ventes de maisons en Chine

Les craintes entourant la pandémie de COVID-19 causent des problèmes aux actions - Ventes de maisons en Chine

Sources : CEIC, Wind et Barclays Research.  Données en date du 21 février.

Figure 3 : Consommation de charbon des centrales électriques en Chine (10 000 tonnes/j)

Les craintes entourant la pandémie de COVID-19 causent des problèmes aux actions - Consommation de charbon des centrales électriques en Chine

Sources : CEIC, Wind et Barclays Research.  Données en date du 21 février.

Les prochaines semaines seront importantes pour voir si beaucoup plus de cas d’infection sont confirmés en Europe et si le virus se propage en Amérique du Nord au-delà de quelques cas isolés. Si des mesures de restriction draconiennes – comme le confinement et la mise en quarantaine de masse – sont prises, ce qui aura pour effet d’intensifier l’impact sur la confiance, le choc sur la croissance pourrait être plus important, tout en restant largement temporaire. Il est difficile d’estimer les effets négatifs que le virus aura sur la croissance économique et les bénéfices à l’échelle mondiale. Cependant, nous nous attendons avec optimisme à un processus de rebond marqué débutant au printemps et se poursuivant pendant l’été, si la planète ne plonge pas dans l’autoquarantaine.

Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs?

La crainte d’une pandémie est un événement de risque très inhabituel et incertain que les investisseurs doivent analyser. Au début de 2020, notre positionnement reflétait une vision prudemment optimiste du monde, avec une légère surpondération des actions par rapport aux titres à revenu fixe et la persistance de notre préférence pour les actions américaines, segment dans lequel la croissance et les bénéfices restent plus robustes. Pour couvrir ce point de vue modérément haussier, nous avons également une légère surpondération de la duration des titres à revenu fixe, puisque nous pensons que la barre est haute pour les banques centrales qui souhaitent supprimer leur politique monétaire conciliante. Enfin, notre surpondération des actions à faible volatilité nous aide également à naviguer avec plus de confiance dans des marchés turbulents.

À court terme, nous nous attendons à ce que la politique monétaire continue de soutenir les conditions financières de manière importante. Les marchés des titres à revenu fixe prennent de plus en plus compte des réductions de taux supplémentaires de la part de la Fed, qui garde un avantage considérable sur le plan des taux par rapport à la plupart des économies développées. Après être restée sur la touche, la Banque du Canada devra se joindre cette année aux banques centrales qui adoptent des mesures d’assouplissement, même si le ralentissement de la croissance du Canada n’a en grande partie rien à voir avec le coronavirus. Les taux pourraient être réduits dès mars ou avril si la confiance des entreprises et des consommateurs indique un ralentissement de la croissance au cours des prochains mois ou si les marchés boursiers continuent de reculer.

En raison de l’évolution des nouveaux faits concernant le virus et de son incidence sur l’économie mondiale et les bénéfices, nous maintenons nos principales préférences en matière de portefeuille, car nous pensons que la récente réaction du marché est exagérée du point de vue d’un horizon de placement de 3 à 6 mois. La perturbation de la chaîne d’approvisionnement provoquée par les mesures de confinement retarde clairement nos attentes en ce qui concerne la reprise de la croissance chinoise après l’accord de phase 1, mais la réponse budgétaire et monétaire à venir contribuera à faire en sorte que le ralentissement provoqué par le coronavirus soit de courte durée et suivi d’un solide rebond en forme de V. C’est pourquoi nous profitons de l’occasion pour surpondérer tactiquement les actions des marchés émergents et pour sous-pondérer les actions canadiennes, qui devraient moins profiter de la reprise de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale.

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