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MAST Répartition de l’actif perspectives « Le seul moyen d’éviter les erreurs …»

Le positionnement est resté le même en juillet; notre surpondération des actions par rapport aux obligations reste modeste et reflète l’incertitude commerciale persistante tout en attendant l’assouplissement de la politique des banques centrales dans le but de prolonger le cycle.
August 2019
  • La politique de la Réserve fédérale (la Fed) et les tensions commerciales ont déçu les investisseurs, mais l’intervention des banques centrales mondiales continuera de favoriser les actions.
  • Les données manufacturières mondiales font état d’un ralentissement, mais nous pensons que les consommateurs américains resteront un pilier de la croissance en raison de la vigueur du marché de l’emploi et de leurs bilans solides.
  • Nous maintenons une légère surpondération des actions, en privilégiant les actions américaines et canadiennes plutôt que celles de la région EAEO. Nous continuons de penser que le Canada est mieux placé pour surmonter l’incertitude provoquée par la guerre commerciale.
  • Nous nous attendons encore à voir la Banque du Canada maintenir les taux inchangés cette année, mais les guerres commerciales et les cours du marché pousseront la Fed à intervenir de nouveau. Une certaine convergence des politiques monétaires entre le Canada et les États-Unis devrait aider le huard à décoller d’ici la fin de l’année.

 

Le duo Powell-Trump détient la clé des hausses boursières

Les investisseurs ont subi la douche froide des « rajustements de milieu de cycle » du président de la Fed, Jerome Powell, puis ils ont reçu le seau d’eau glacée du président Trump quand il a mis en place de « magnifiques » tarifs au début du mois. Les actions ont chuté et les taux des obligations d’État ont touché de nouveaux creux. Le plus important pour nos perspectives de placement de 12 à 18 mois et pour les investisseurs à long terme, c’est que le ralentissement de la croissance mondiale ne devrait pas déboucher sur une récession l’année prochaine et que les banques centrales continueront de soutenir les perspectives économiques au moyen d’une politique expansionniste destinée à essayer de relancer le cycle.

 

Il y a toujours du vent au sommet

Le mois dernier, les actions mondiales ont à peine progressé (indice MSCI Monde tous pays, 0,2 %), mais les États-Unis sont restés en tête du peloton, puisque l’indice S&P 500 a augmenté de 1,4 % en atteignant de nouveaux sommets. Les actions du Nasdaq 100 se sont redressées (2,4 %), ce qui a porté leurs impressionnants gains depuis le début de l’année à 24,7 %. Le mois dernier, les actions canadiennes (0,3 %) et européennes (indice MSCI Europe, 0,2 %) ont fait du surplace, tandis que celles des marchés émergents (indice MSCI ME, -1,7 %) rencontraient des difficultés à cause des inquiétudes entourant l’affaiblissement de la demande mondiale et la résilience du dollar américain. Enfin, l’indice japonais Nikkei a progressé (1,2 %), surtout soutenu par le ton expansionniste de la Banque du Japon.

Les preuves de plus en plus nombreuses qui montrent que le ralentissement de la croissance est plus important que prévu en Europe ont pesé sur les taux de rendements de la dette publique mondiale. Cependant, les obligations d’État à 10 ans aux États-Unis et au Canada ont reculé à leurs plus bas niveaux depuis 2016 après la reprise de la saga de la guerre commerciale au début du mois. Les remarques de Jerome Powell sur le « rajustement de milieu de cycle » ont été mal accueillies par les investisseurs. Ils y ont vu la hausse des risques d’erreur de la politique monétaire de la Fed qui ne verrait pas le besoin de réduire les taux, ce qui a pesé sur la courbe des taux à 2 et à 10 ans qui ont perdu 10 pb le mois dernier. La reprise de vitesse régulière de l’économie canadienne n’a pas suffi à pousser le huard à la hausse (-0,75 %) en juillet; il est cependant demeuré la monnaie la plus performante du G10 et le dollar américain est resté vigoureux.

 

Facteurs liés aux actions : la qualité est importante en période d’incertitude

La dispersion a été faible dans les marchés boursiers mondiaux et il en est de même pour les facteurs liés aux actions. Le facteur de qualité (1,7 %) s’est encore bien comporté en juillet, tout comme celui de la croissance (1,0 %) et du momentum (1,0 %). Par ailleurs, le facteur de dividendes élevés a légèrement reculé (-0,6 %). Depuis le début de l’année, un simple portefeuille équipondéré fondé sur des facteurs a dépassé l’indice de référence de 230 pb. Nous continuons de nous attendre à ce que les actions à grande capitalisation fassent mieux que celles à petite capitalisation. En effet, les marges bénéficiaires des sociétés à petite capitalisation sont menacées par la vigueur des marchés du travail, qui accentue les tensions salariales, et par le resserrement des normes d’octroi de prêts, qui ont pour résultat une détérioration de la disponibilité du crédit.

Le mois de juillet a été un autre mois positif pour les actions canadiennes à faible volatilité (symbole : ZLB, 1,6 %), soit le septième gain mensuel d’affilée. Depuis le début de l’année, les actions à faible volatilité devancent les actions de l’ensemble du marché (symbole : ZCN) d’environ 150 pb (16,5 % contre 18,0 %). Nous aimons détenir des actions canadiennes à faible volatilité à des fins stratégiques et tactiques.

 

La dette assortie d’un taux négatif monte en flèche

Étant donné la baisse rapide des taux de rendement mondiaux depuis le mois d’octobre dernier, la dette mondiale assortie de taux d’intérêt négatifs est montée en flèche, en passant de 6 000 milliards de dollars à un montant stupéfiant de 15 000 milliards de dollars (Graphique 1). Pour les investisseurs, il est de plus en plus difficile d’obtenir des taux de rendement positifs à partir d’actifs à revenu fixe. Les politiques de taux d’intérêt négatifs devraient s’étendre et nous croyons que les investisseurs seront forcés de réduire leurs placements en titres à revenu fixe en faveur d’actions et d’autres actifs à risque.

Graphique 1 : La dette mondiale assortie de taux négatifs a atteint 15 000 milliards de dollars

Le seul moyen d’éviter les erreurs - Graphique 1 La dette mondiale assortie de taux négatifs a atteint 15 000 milliards de dollars

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg

Trump : « Écraser la Chine sous les taxes »

« L’apaisement » des tensions commerciales aura été de courte durée en raison de la hausse surprise des tarifs par le président Trump, qui a imposé une taxe de 10 %, avec une entrée en vigueur le 1er septembre, sur 300 milliards de dollars environ d’importations chinoises restantes avant de retarder leur implémentation pour la moitié des bien. La Chine a répliqué en bloquant les importations agricoles américaines, puisqu’elle considère que les agriculteurs font partie de la base électorale de Trump et en dévaluant sa devise, ce qui a fortement déplu au président Trump. Toutefois un accord semble peu probable avant les élections présidentielles.

Nous estimons que l’effet cumulé des tarifs contrebalancera les mesures de relance budgétaires américaines et que la dernière série de tarifs retranchera environ 0,1 à 0,2 % à la croissance du PIB. Cependant, nous nous attendons à ce que les consommateurs américains résistent, étant donné leurs bilans solides, le faible taux de chômage, la forte hausse des salaires et la faiblesse des taux d’intérêt. Une récente pointe dans les demandes de refinancement montre que les consommateurs américains devraient bientôt se rendre compte des avantages que présentent des taux hypothécaires beaucoup plus bas.

 

Devrions-nous nous inquiéter d’un ralentissement des dépenses en immobilisations?

Il sera important de surveiller la progression de l’emploi et l’investissement des entreprises aux États-Unis. Cependant, au cours des dernières années, le cycle des dépenses en immobilisations a été un indicateur médiocre en matière de croissance de l’emploi (Graphique 2). Cette médiocrité s’explique en partie par le fait qu’en pourcentage du PIB, le secteur manufacturier américain est passé de 25 % environ pendant les années 1950 à moins de 12 % aujourd’hui, tandis que le secteur des services a régulièrement augmenté.

Graphique 2 : Les cycles des dépenses en immobilisations sont un indicateur médiocre en matière de croissance de l’emploi après la crise

Le seul moyen d’éviter les erreurs - Graphique 2 Les cycles des dépenses en immobilisations sont un indicateur médiocre en matière

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Haver

En examinant les 20 plus importantes sociétés de l’indice S&P 500, qui représentent 35 % de la capitalisation boursière de l’indice, nous remarquons que seules 3 ont une capacité de production, toutes les autres étant totalement axées sur les services. Nous pensons donc que les répercussions d’un ralentissement cyclique des dépenses en immobilisations devraient être moins inquiétantes que lors des cycles précédents, surtout à l’égard du marché du travail et du rendement du marché boursier. Au Canada, nous continuons de nous attendre à une solide croissance de l’emploi puisque la pénurie de main-d’oeuvre limitera les risques de baisse des créations d’emplois.

 

Perspectives de la Fed : « Ce que nous constatons, c’est un manque de communication »

Les communications sur la politique monétaire du FOMC sont en général bien rédigées, mais les investisseurs ont loin d’avoir apprécié les commentaires du président Powell. Après son moment sur les « taux loin d’être neutres » et celui sur une inflation passagère, les dernières remarques du président Powell sur « l’apaisement » des tensions commerciales sont bien mal tombées, puisque le lendemain Trump annonçait des tarifs sur la Chine.

Les investisseurs à long terme devraient ignorer le langage utilisé par la Fed et plutôt se concentrer sur les attentes du marché, qui n’a pas pris au mot la Réserve fédérale. De plus, il devient de plus en plus évident que la Fed devra aller plus loin que la baisse « préventive » effectuée au mois de juillet. Les investisseurs en actions devraient considérer le récent effondrement des taux de rendement et la possibilité de mesures d’assouplissement monétaire comme étant des facteurs fondamentalement favorables aux actions (Graphique 3).

Graphique 3 : Les actions profitent généralement des baisses de taux préventives

Le seul moyen d’éviter les erreurs - Graphique 3 Les actions profitent généralement des baisses de taux préventives

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg

Coup de chaleur estival sur le marché de l’habitation canadien

Compte tenu de la forte croissance démographique et de l’emploi, ainsi que du recul des taux hypothécaires, il n’est pas étonnant que le marché canadien de l’habitation s’échauffe et que les principales régions métropolitaines enregistrent une solide hausse de la construction, des reventes et des prix. L’activité de revente est un indicateur clé à surveiller et la moyenne mobile des ventes sur 6 mois est en hausse (Graphique 4).

Graphique 4 : Au Canada, les ventes de maisons s’envolent en raison de la faiblesse des taux et de la demande refoulée

Le seul moyen d’éviter les erreurs - Graphique 4 Au Canada les ventes de maisons s’envolent en raison de la faiblesse des taux et de la demande refoulée

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Haver

Perspectives et positionnement : Demeurer en territoire connu jusqu’à ce que le brouillard se lève

Le positionnement est resté le même en juillet; notre surpondération des actions par rapport aux obligations reste modeste et reflète l’incertitude commerciale persistante tout en attendant l’assouplissement de la politique des banques centrales dans le but de prolonger le cycle. Nous privilégions les actions américaines et canadiennes tout en sous-pondérant la région EAEO, où nous pensons que la hausse est plus limitée en raison du manque de croissance économique et de la persistance de l’incertitude commerciale.

Le maintien d’une duration plus courte a été une décision difficile à prendre cette année à cause de la baisse continuelle des taux de rendement des obligations d’État. Le taux des obligations du gouvernement canadien à 10 ans a perdu près de 150 pb depuis le sommet d’octobre et il est maintenant 50 pb inférieur au taux de financement à un jour. Nous pensons que les banques centrales mondiales doperont la liquidité des marchés, mais nous ne pensons pas que la Banque du Canada est pressée de se joindre à cette politique d’assouplissement monétaire; elle souhaite probablement éviter de voir les ménages se précipiter sur une consommation financée par emprunt.

Le mois dernier, nous n’avons pas modifié notre point de vue sur les titres de créance, mais dans un scénario où les actions ont du mal à atteindre de nouveaux sommets et évoluent dans une fourchette restreinte, ils pourraient devenir intéressants pour maximiser le taux et le portage. La dette à taux de rendement positif est relativement rare et devrait soutenir les titres de créance canadiens et américains.

Enfin, l’économie canadienne devrait se comporter mieux que prévu jusqu’en fin d’année, ce qui devrait aider le gouverneur Poloz à conserver une marge de manoeuvre pour quelques baisses de taux de la Fed. Une certaine convergence politique entre le Canada et les États-Unis devrait pousser le huard à la hausse, à 0,78 $ d’ici la fin de l’année.

Ce commentaire a été préparé par l’équipe Solutions multiactifs de BMO Gestion mondiale d’actifs et est fourni à titre informatif seulement. Il représente son évaluation des marchés au moment de la publication. Ces opinions pourraient être modifiées sans préavis selon l’évolution des marchés. L’information aux présentes ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements doivent être évalués en fonction des objectifs de chaque investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs.

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives. Concernant les déclarations prospectives, l’investisseur doit examiner attentivement les éléments de risque décrits dans la version la plus récente du prospectus simplifié.

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