Marché et économie

Perspectives pour 2021 : La grande normalisation

Même si 2020 a été une année marquée par de nombreux défis, nous sommes optimistes quant à 2021 et nous nous attendons à une amélioration des conditions et des perspectives économiques.
Décembre 2020

Lorsqu’il s’agira de tourner la page de l’année 2020, nombreux seront ceux dans le monde qui souhaiteront jusqu’à l’oublier. Il s’agit d’une réaction compréhensible après une pandémie mondiale et les nombreuses difficultés qui l’ont accompagnée, le nombre élevé de décès n’étant pas le moindre. Même s’ils ne sont pas aussi importants que le coût humain, les coûts économiques de la COVID-19 ont également été élevés. Avec le recul, le virus a rendu obsolètes de nombreuses prévisions pour 2020 dans les premiers mois de l’année. Malgré tout, quelques-unes de nos prévisions clés se sont révélées exactes. Selon nous, la politique monétaire et budgétaire expansionniste se poursuivrait et nous avons soutenu qu’une période politique américaine litigieuse s’achèverait sans bouleversement majeur sur les marchés. Même si 2020 a été une année marquée par de nombreux défis, nous sommes optimistes quant à 2021 et nous nous attendons à une amélioration des conditions et des perspectives économiques.

La vaccination devrait donner un coup de pouce aux actions

L’année 2020 se termine sur une note optimiste puisque la vaccination contre la COVID-19 commence dans plusieurs pays. La chronologie de la mise au point du vaccin a tout simplement été extraordinaire, plusieurs entreprises ayant été capables de mettre au point un vaccin, d’effectuer des essais, de recevoir l’approbation réglementaire et d’amorcer la distribution dans un délai d’un an. La vaccination devrait être rapide au cours de la première moitié de l’année, ce qui préparera le terrain pour une reprise vigoureuse de la croissance en 2021. Le secteur malmené des services devrait être le principal bénéficiaire de ce retour à la normale, puisque l’économie en personne reviendra à la vie dans le monde d’après la pandémie.

D’ici à la mi-année, certains secteurs, comme les voyages et le tourisme, devraient se heurter à des contraintes de capacité, quand les congés longtemps repoussés et les autres dépenses se matérialiseront enfin. Le retour à la normale et les changements dans les dépenses de consommation entraîneront également une demande accrue de main-d’œuvre, les entreprises qui auront besoin de main-d’œuvre embauchant des travailleurs qui réintégreront le marché du travail. D’ici la fin de 2021, les taux de chômage au Canada et aux États-Unis ne correspondront peut-être pas à leurs niveaux d’avant la pandémie, de 5,4 % et de 3,5 % respectivement, mais nous nous attendons à ce qu’ils soient nettement inférieurs à leurs taux courants de 8,5 % et de 6,7 %, en raison d’une croissance vigoureuse. L’explosion de la dette, qui a aidé les économies à traverser les paralysies économiques, persistera plusieurs années, mais selon nous, une forte croissance économique et de faibles taux d’intérêt devraient réduire ses effets à long terme au minimum.

Le soutien politique se poursuivra

En réponse à la pandémie, des mesures budgétaires et monétaires sans précédent ont été prises à l’échelle mondiale en 2020. Les banques centrales mondiales ont lancé plusieurs initiatives : réduction des taux d’intérêt, élaboration de nouveaux outils de politique monétaire et stimulation de l’achat d’actifs. Par ailleurs, les autorités budgétaires ont soutenu énergiquement leurs économies nationales. Le soutien budgétaire et monétaire combiné s’est avéré crucial pour les économies et les marchés financiers mondiaux.

Ces leviers de soutien demeureront en place et, dans certains cas, seront développés au cours de 2021. Aux États-Unis, par exemple, nous nous attendons à un soutien financier supplémentaire de la part du gouvernement fédéral, avec des mesures de relance supplémentaires de près de 1 000 milliards de dollars (soit 5 % du PIB). Au Canada, d’autres mesures de relance fédérales représentant 6 % du PIB ont été adoptées. Selon nous, l’économie mondiale devrait se remettre de ses niveaux récessifs de 2020, mais les banques centrales du monde entier resteront accommodantes pour l’année à venir et au-delà. En raison d’un taux de chômage toujours élevé, d’une croissance économique potentiellement inégale et d’une inflation faible (même si elle est à la hausse), les banques centrales conserveront probablement une politique expansionniste afin de permettre à la croissance économique de s’enraciner. Même si les taux d’intérêt restent à leur limite inférieure ou presque, les banques centrales disposent encore d’outils qui les aideront à favoriser la reprise.

Compte tenu du maintien de la politique monétaire et du budgétaire expansionniste, nous prévoyons une légère hausse des taux d’intérêt mondiaux à long terme, jusqu’à ce que la capacité excédentaire de l’économie soit absorbée et que l’inflation augmente légèrement. Parallèlement, les taux d’intérêt à court terme devraient demeurer ancrés à leurs niveaux actuels et les banques centrales mondiales maintenir le statu quo l’année prochaine. Les courbes de rendement mondiales devraient donc s’accentuer légèrement en 2021. Cependant, étant donné que les taux absolus restent historiquement bas, les actions et l’ensemble des marchés risqués à l’échelle mondiale devraient tirer profit de ce contexte.

Perspectives des actions : Les risques macroéconomiques diminuent et les bénéfices s’améliorent

Nous restons optimistes à l’égard des actions à moyen terme puisque nous nous attendons à une reprise économique suscitée par la vaccination et à la revitalisation des bénéfices des sociétés mondiales en 2021. Les bénéfices aux États-Unis ont été négatifs tout au long de 2020, mais le momentum est devenu nettement positif au troisième trimestre et un pourcentage record des sociétés de l’indice S&P 500 a déclaré des bénéfices supérieurs aux attentes.

Au quatrième trimestre de 2020, les actions à valeur ajoutée et les actions à faible capitalisation se sont redressées, alors qu’elles avaient fortement tiré de l’arrière par rapport à leurs homologues de croissance et à grande capitalisation au cours des dernières années. Malgré cette inversion à court terme, nous considérons que des tendances à long terme sont à l’œuvre et nous conservons une position relativement neutre à l’égard de la valeur par rapport à la croissance, tout en surpondérant les actions à faible capitalisation par rapport aux actions à faible volatilité en tant que facteur de reflation.

Nous sommes passés à une surpondération des actions des marchés émergents au début de 2020, en raison de la façon dont la Chine a géré la COVID-19. Au cours des prochaines années, nous nous attendons à ce que les marchés émergents profitent encore d’un assouplissement graduel de la politique commerciale et de l’affaiblissement du dollar américain. Si nécessaire, les banques centrales des marchés émergents seront probablement en mesure de stimuler les économies au moyen d’une réduction des taux d’intérêt, compte tenu des perspectives d’inflation modérées, surtout si leurs devises continuent de se renforcer par rapport au dollar américain.

Perspectives aux États-Unis : Conservation du leadership en matière de croissance

Nous nous attendons à ce que l’économie et les marchés financiers américains affichent de bons résultats en raison de la mise au point d’un vaccin et de la politique budgétaire et monétaire dont nous avons discuté plus haut. Dans les expansions passées, la hausse des taux d’intérêt par la Fed, qui visait à limiter les pressions inflationnistes, a souvent nui. Cependant, en août 2020, la Fed a annoncé une nouvelle approche « ciblant une inflation moyenne » qui renonce non seulement au resserrement préventif visant à limiter les pressions inflationnistes, mais permet en fait à l’inflation de dépasser la cible « pendant un certain temps ». Cette politique pourrait jouer un rôle de premier plan en 2021 et par la suite, car une Fed accommodante soutient les actifs à risque. Pour le moment, la question principale est de savoir si les valorisations des marchés boursiers sont « trop élevées ». Il est important de comprendre que de nombreuses variables importantes, soit la croissance, les taux d’intérêt, l’inflation, l’appétit pour le risque et les changements structurels qui ont pu se produire sur le marché, ne sont pas prises en compte lors de la comparaison des ratios cours-bénéfice dans le temps. Notre modélisation de l’évaluation à long terme, qui tient compte de ces facteurs, indique que le cours des actions est raisonnable aux niveaux actuels.

Perspectives des prix de l’énergie : Une faible reprise à long terme face à une vague verte

Malgré une certaine reprise après les annonces de vaccins, les prix du pétrole demeurent l’un des pires actifs de l’année, avec un recul d’environ 25 %, la demande s’étant effondrée alors que les stocks augmentaient. Les paralysies provoquées par la COVID ont été un obstacle majeur. Cependant, les pays membres de l’OPEP+ rationnaient l’offre de pétrole brut pour empêcher que les prix continuent de chuter, le monde étant déjà aux prises avec une offre excédentaire. Au fur et à mesure de la normalisation de la vie et de l’activité économique jusqu’en 2022, la demande de pétrole devrait rebondir, mais plus lentement que l’ensemble de l’économie. Il est probable que la demande ne sera entièrement rétablie qu’en 2022 ou plus tard.

Toutefois, la COVID-19 laissera aussi une empreinte permanente sur les comportements, qu’il s’agisse des voyages d’affaires, du travail à domicile ou des préférences écologiques en faveur d’une réglementation plus stricte sur les combustibles fossiles ou les véhicules électriques. Notamment, les inquiétudes quant à l’atteinte d’un sommet pétrolier au cours de la prochaine décennie n’ont fait qu’augmenter, et de plus en plus de sociétés et d’analystes fondent leurs estimations sur le moment où ce sommet sera atteint. Cela aura des répercussions négatives sur les dépenses en immobilisations et la croissance des entreprises dans le secteur de l’énergie traditionnelle, alors que les initiatives à intensité carbonique moindre devraient s’accélérer.

Perspectives canadiennes : Atténuation du marasme économique par la dette

L’économie canadienne s’est redressée rapidement au cours des derniers mois, mais une partie de cette vigueur est surtout due à une hausse épique de la dette, ce qui fait du Canada le pays dont les mesures budgétaires sont les plus vigoureuses par rapport à celle des autres pays, en pourcentage du PIB. Il n’est pas surprenant que la récession ait été relativement modérée pour l’ensemble de l’économie, avec des mesures de près de 400 milliards de dollars (soit près de 20 % du PIB) pour l’exercice 2020-2021, les provinces ajoutant environ 100 milliards de dollars. Le mirage de l’argent gratuit à Ottawa signifie que le déficit fédéral dépassera facilement les 150 G$ pour l’exercice 2021-2022, car l’économie continue de bénéficier d’une assistance vigoureuse en plus des importants programmes de soutien des salaires et du revenu.

Nous prévoyons que la performance économique du Canada restera à la traîne derrière celle des États-Unis et de la reprise mondiale, cette thèse s’appuyant sur la détérioration à long terme des prix du pétrole. Au Canada, les investissements dans l’énergie traditionnelle, qui ont atteint un sommet en 2014, poursuivront probablement leur recul. Dans les prochaines années, les projets d’infrastructure et d’énergie verte s’accéléreront puisque le Canada mettra l’accent sur des secteurs à intensité carbonique moindre. Cependant, nous pensons que cela ne compensera pas suffisamment la perte des investissements du secteur énergétique traditionnel, les projets verts étant moins susceptibles d’attirer les capitaux étrangers que le boom pétrolier.

Notre troisième préoccupation concerne la dépendance excessive de l’économie à l’égard de l’investissement dans le secteur de l’habitation. À 9 % du PIB, les investissements dans le secteur de l’habitation ont dépassé pour la première fois les investissements des entreprises (8 % du PIB). Selon nous, le marché de l’habitation profitera de coups de pouce supplémentaires lorsque l’immigration reprendra en 2021, mais nous pensons que le manque d’ampleur des facteurs de croissance pose certains défis en matière de croissance soutenue. En 2020, notre positionnement a reflété nos préoccupations macroéconomiques et nous avons sous-pondéré les actions canadiennes pendant la majeure partie de l’année, avec une légère surpondération de la duration des taux d’intérêt.

Perspectives européennes : Vous vous préparez à une autre déception en série?

Nous nous attendons à une importante normalisation en 2021; or, ce sont les régions et les secteurs qui ont le plus souffert de la pandémie qui pourraient avoir le plus à gagner. Par conséquent, l’Europe devrait enregistrer une hausse marquée : par rapport à la Chine ou aux États-Unis, elle a subi une perte beaucoup plus importante en termes de PIB et de bénéfices des sociétés. Cependant, nous avons sous-pondéré les actions EAEO parce que la croissance de la région a été régulièrement décevante. La surpondération de l’Europe implique également un pari sectoriel, car son secteur technologique est beaucoup plus petit et son secteur financier est plus développé. Par conséquent, notre stratégie consiste à être prêt à surpondérer l’Europe, mais seulement après avoir constaté des signes évidents de rendement supérieur de l’économie et des bénéfices.

Prévisions des marchés émergents : Miser sur la route de la soie

Les pays des marchés émergents semblent sur le point de profiter d’une reprise économique mondiale en 2021, les taux de croissance étant encore supérieurs à ceux des marchés développés. Les dépenses budgétaires alimentées par la dette et la politique monétaire expansionniste devraient permettre d’atteindre cette croissance, bien qu’indirectement, les économies développées disposant de plus de souplesse concernant les deux formes de mesures de relance. Nous constatons déjà des améliorations macroéconomiques dans les secteurs du commerce et de la fabrication, en particulier en Asie de l’Est, et elles devraient se poursuivent, notamment dans les marchés qui n’ont pas été aussi touchés par la COVID-19 en 2020 et qui sont fortement axés sur la technologie (p. ex., la Chine, la Corée du Sud et Taïwan).

Placements ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) : Le monde change, rapidement

La COVID-19 a dominé l’actualité financière tout au long de l’année, mais nous notons aussi que l’investissement responsable a continué de gagner du terrain dans l’industrie, en mettant l’accent sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et sur l’élaboration de stratégies pouvant avoir une incidence positive dans le monde. Nous sommes persuadés que ces tendances s’épanouiront et nous sommes déterminés à élargir notre éventail de solutions ESG pour les clients de BMO.

Positionnement

Après une année 2020 difficile, nous sommes persuadés que 2021 sera bien meilleure, même s’il faudra peut-être quelques mois pour mettre en place les éléments nécessaires à une reprise importante. En matière de positionnement, une politique expansionniste et un rétablissement axé sur la vaccination devraient soutenir les actifs à risque. Par conséquent, nous surpondérons actuellement les actions et sous-pondérons les titres à revenu fixe, et nous continuons de préférer les actions américaines et celles des marchés émergents par rapport aux actions des marchés canadiens et de l’EAEO.

Divulgations

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les « déclarations prospectives » peuvent se caractériser par l’emploi de termes tels que « pouvoir », « devoir », « s’attendre à », « prévoir », « projeter », « anticiper », « estimer », « avoir l’intention de », « continuer » ou « croire » (ou leur forme négative) ainsi que par l’emploi de variantes de ces termes ou de termes semblables. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives.

Ce rapport a été préparé par l’équipe Solutions multiactifs de BMO Gestion mondiale d’actifs et est fourni à titre informatif seulement. Il présente son évaluation des marchés au moment de la publication. Ces opinions pourraient être modifiées sans préavis selon l’évolution des marchés. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements doivent être évalués en fonction des objectifs de chaque investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs.

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