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Répartition de l’actif – perspectives – Février 2020 : Les craintes d’une pandémie entravent la reprise boursière

Nous prévoyons toujours que les dommages économiques causés par le virus seront de courte durée et que les bénéfices se redresseront en 2020; en conséquence, nous maintenons notre légère surpondération des actions par rapport aux obligations et nous les couvrons par une légère surpondération de la duration.
Février 2020
  • Les tensions au Moyen-Orient et les craintes liées au coronavirus ont entravé la reprise du marché boursier en janvier, mais nous pensons que les répercussions sur l’économie et le marché seront de courte durée, car une pandémie mondiale sera évitée. Les actions européennes et des marchés émergents sont celles qui ont le plus souffert des craintes liées au virus.
  • Les perspectives demeurent plus incertaines à l’extérieur de l’Amérique du Nord, et les répercussions positives de l’accord commercial de phase 1 seront retardées. La croissance proche de la tendance confirme les perspectives économiques d’un atterrissage en douceur aux États-Unis. La hausse des bénéfices des sociétés a été surprenante, notamment aux États-Unis, jetant les fondations d’une reprise en 2020, soutenue par l’accord de phase 1 et la politique monétaire expansionniste.
  • Les perspectives économiques au Canada pourraient rester suffisamment faibles pour justifier des baisses de taux d’une Banque du Canada réticente. Le Canada a besoin d’une politique budgétaire plus favorable à la croissance, et non d’un crédit moins cher.
  • Nos perspectives globales à moyen terme restent les mêmes, car le coronavirus ne devrait pas se propager à l’échelle mondiale, restant principalement un événement du premier trimestre (T1) limité à la Chine. Nous continuons de surpondérer les actions par rapport aux obligations et de les couvrir avec la duration. Nous continuons de prévoir que les actions américaines surpasseront celles de la région EAEO. Les actions de l’énergie pourraient s’avérer être un gouffre financier pour les investisseurs.

Si vous avez peur d’échouer, alors vous allez probablement échouer.

– Kobe Bryant

Les craintes d’une pandémie entravent la reprise boursière

À un mois seulement du début de l’année, la résilience des investisseurs continue d’être mise à l’épreuve. Au tout début de l’année, les investisseurs ont dû faire face à l’assassinat, par les États-Unis, du général le plus haut gradé de l’Iran. Heureusement, la désescalade a été rapide. Le problème majeur qui subsiste encore a été l’épidémie de coronavirus en Chine, qui a paralysé près d’un cinquième de l’économie après la mise en œuvre de mesures d’isolation extrêmes. De nombreux experts ont fait le rapprochement entre la situation créée par le coronavirus et le repli boursier dû à la crise du SRAS en 2002-2003.  Cependant, nous pensons que les marchés étaient probablement plus préoccupés par la guerre en Irak, et en 2002, l’économie américaine montrait des signes d’essoufflement et un taux de chômage croissant. La conjoncture est plus solide; les États-Unis enregistrent une croissance supérieure à la tendance et le taux de chômage est plus faible que jamais. En revanche, la Chine représente une part beaucoup plus importante du produit intérieur brut (PIB) mondial et des marchés boursiers qu’en 2002. Se fier aux pandémies antérieures pour déterminer une marche à suivre potentielle pour les investisseurs pourrait donc s’avérer peu utile.

Pour la Chine, l’épidémie virale retarde les effets positifs de l’accord de phase 1 et pourrait entraîner de très mauvaises données économiques pour le premier trimestre. Cependant, ce qui importe le plus pour les investisseurs, ce n’est pas tant les épisodes de panique liés à une pandémie qui ont des effets temporaires sur l’économie et les marchés, mais plutôt les forces plus puissantes des politiques budgétaires et monétaires, qui resteront favorables en 2020. Pour les investisseurs à long terme, le défi est d’éviter de se laisser distraire par ces interférences imprévisibles. Pour nous, cela veut dire surveiller de près notre scénario de référence qui consiste en une amélioration progressive des données fondamentales et un redressement des bénéfices en 2020. Selon nous, l’incidence sera réduite et nous pensons qu’une pandémie mondiale sera évitée. Nous surveillons toutefois de près l’épidémie.

Certains événements clés soutiennent notre scénario de référence optimiste. Tout d’abord, le Royaume-Uni a finalement quitté l’Union européenne, alors que la ratification de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) se rapproche. La croissance du PIB réel aux États-Unis, qui s’élevait à 2,1 % au quatrième trimestre, a surpris à la hausse, alors que les bénéfices aux États-Unis ont surpassé les attentes d’environ 2 % et que les perspectives sont positives.

Les bénéfices prévisionnels indiquent que les actions nord-américaines resteront en terrain positif en janvier

Les actions mondiales (indice MSCI Monde tous pays) ont connu une fin de mois cahoteuse, perdant 1,1 % en janvier, tirées vers le bas par les faibles résultats de l’Europe et de l’Asie. Après un quatrième trimestre au ralenti, les actions canadiennes ont surpassé la majorité des principaux marchés en janvier (S&P TSX, +1,7 %). Lorsque l’Asie ou l’Europe sont en difficulté, les actions canadiennes ont tendance à profiter de leurs liens étroits avec les États-Unis. Les actions américaines ont fait du surplace (S&P 500, 0,0 %) le mois dernier, mais les bénéfices exceptionnels des sociétés à très grande capitalisation ont stimulé les actions de l’indice Nasdaq-100, fortement pondéré en sociétés technologiques, qui a enregistré un gain de 3 %. Les craintes relatives au coronavirus ont secoué les actions européennes (MSCI Europe, -1,3 %) et les bénéfices prévisionnels restent faibles. Les actions des marchés émergents ont chuté (MSCI Marchés émergents, -4,7 %), car les mesures drastiques pour contenir le virus ont nui à la croissance économique prévisionnelle de la Chine.

Les taux des obligations d’État mondiales se sont effondrés en janvier, après avoir été stimulés par un regain d’optimisme en fin d’année. Au Canada, le taux des obligations d’État à 10 ans a clôturé le mois à 1,27 %, en baisse de 43 pdb, ce qui reste supérieur au creux de 1,09 % atteint en août 2019. Même si ce repli peut être partiellement attribué à la nouvelle politique expansionniste du gouverneur Poloz (source : Bloomberg), il est principalement dû aux inquiétudes géopolitiques et aux préoccupations liées aux coronavirus. Le huard a fait l’objet d’un test de gravité (-1,9 %) le mois dernier, car la Banque du Canada a revu à la hausse les probabilités d’un assouplissement et les investisseurs se sont précipités vers les actifs refuges. Le dollar américain (DXY) est resté la vedette, enregistrant un gain de 1,0 %, la majorité des principales devises ayant perdu du terrain. Enfin, les prix du pétrole WTI ont chuté de 15,6 % en janvier et d’environ 20 % par rapport au sommet atteint après la crise en Iran.

Facteurs liés aux actions : Le ralentissement causé par le virus est (encore plus) une mauvaise nouvelle pour les actions de valeur

Les facteurs liés aux actions ont affiché des rendements inégaux en janvier, reflétant la dispersion régionale. Les actions de valeur (-3,4 %) ont souffert de deux coups durs; d’une part, l’incertitude liée à la croissance mondiale et, d’autre part, les solides bénéfices des sociétés technologiques, qui ont permis aux actions de croissance (+1,2 %) d’enregistrer un gain. Les titres à faible volatilité (+2,0 %) et à momentum (+2,3 %) ont été encore plus performants, alors que les titres à dividendes élevés (-2,8 %) ont perdu du terrain, les investisseurs ayant privilégié les secteurs de croissance.

Au Canada, le FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité (symbole : ZLB, 3,5 %)* s’est redressé et a surpassé le FINB BMO S&P/TSX composé plafonné (symbole : ZCN, +1,7 %)*. Bien que des événements comme le coronavirus soient imprévisibles, nous restons convaincus que les actions canadiennes à faible volatilité peuvent aider à traverser cette période d’incertitude des marchés et à réduire le risque cyclique du secteur de l’énergie.

Actions canadiennes de l’énergie : Que devons-nous faire pour qu’elles retrouvent leur attrait?

Les actions mondiales et canadiennes du secteur de l’énergie ont inscrit un rendement positif en 2019, mais sont restées à la traîne des indices de référence boursiers malgré une hausse de 35 % des prix du pétrole. Depuis 2004, le secteur de l’énergie canadien a rarement enregistré des rendements supérieurs, à l’exception des épisodes de hausse de 50 % des prix du pétrole (graphique 1). Ce rendement inférieur a été tellement prolongé qu’il est difficile d’identifier les catalyseurs d’un revirement. Bien que la taxe sur le carbone et la surabondance de l’offre soient des facteurs négatifs pour le secteur, les résultats inférieurs sont nettement antérieurs à ces facteurs. L’argent bon marché a encouragé les investissements des sociétés d’extraction, créant ainsi une offre excédentaire, qui a forcé les membres de l’OPEP+ à tenter de stimuler artificiellement les prix en restreignant l’offre, mais sans grand succès. La tendance à investir en fonction des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et la décarburation signifient que les investisseurs à long terme sont moins attirés par le secteur. La demande de pétrole devrait atteindre un sommet avant la fin de la décennie. Enfin, en raison de la nature extrêmement volatile du cycle énergétique, les investisseurs axés sur la qualité ou les titres à faible risque ne chercheront pas à acquérir des titres du secteur. C’est pourquoi nous demeurons sceptiques quant à la capacité du secteur à enregistrer un rendement supérieur de façon soutenue et pensons que les investisseurs devraient faire preuve de prudence à l’égard de ces risques lorsqu’ils envisagent de surpondérer le secteur. Il pourrait s’agir d’un gouffre financier.

Graphique 1 : Déclin persistant du rendement relatif du secteur canadien de l’énergie

Répartition de l’actif – perspectives – Février 2019 - Graphique 1 - Déclin persistant du rendement relatif du secteur canadien de l’énergie

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg

Politique de la Fed : Faire preuve de patience pendant que les craintes liées aux virus s’estompent

Le marché a augmenté les probabilités que la Fed réduise ses taux en 2020 en raison des craintes liées au coronavirus. Par ailleurs, les récentes communications de la Fed ont indiqué un changement de politique en faveur d’une inflation moyenne, ce qui renforce nos perspectives de taux d’intérêt « plus bas pendant plus longtemps ». Même si l’incidence du coronavirus sur la croissance de la Chine devrait être importante, quoique de courte durée, celle sur la croissance mondiale et américaine devrait être modeste. Ce qui signifie que la Fed peut faire preuve de patience. Cependant, les probabilités de réductions préventives sont relativement faibles étant donné l’absence d’inflation et les chances d’une croissance inférieure à la tendance en juin. Une ou deux autres réductions de taux pourraient être nécessaires pour s’assurer de prolonger le cycle. Les réductions de la production de Boeing entraîneront une baisse de près de 0,5 % du PIB américain au premier trimestre (graphique 2), mais les indices de l’activité manufacturière montrent enfin des signes d’expansion (source : Bloomberg).

Graphique 2 : Atterrissage en douceur aux États-Unis et difficultés au Canada

Répartition de l’actif – perspectives – Février 2019 - Graphique 2 - Atterrissage en douceur aux États-Unis et difficultés au Canada

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg.

Perspectives canadiennes : Persistance d’une économie à deux vitesses

Notre scénario de référence pour l’économie canadienne est un scénario de difficultés, mais selon la région ou le secteur d’emploi, la perception de la croissance peut varier. La division est plus évidente lorsque l’on analyse les données sur l’emploi. L’emploi dans le secteur des services est resté inébranlable au cours des dernières années, tandis que l’emploi lié à la production de biens a eu du mal à gagner du terrain depuis 2014 (graphique 3). Le phénomène est identique lorsque l’on compare l’emploi dans les principales zones métropolitaines du Canada à celui dans les régions non urbaines. Bien que la croissance économique ait été faible récemment, nous continuons de penser qu’une économie fortement endettée nécessite des mesures budgétaires de relance plutôt que des réductions de taux. Toutefois, la reprise de la croissance pourrait être trop lente au cours des prochains mois et le gouverneur Poloz pourrait être réticent à l’idée de réduire les taux avant de quitter la Banque en juin.

Graphique 3 : Un marché de l’emploi inébranlable dans le secteur des services

Répartition de l’actif – perspectives – Février 2019 - Graphique 3 - Un marché de l’emploi inébranlable dans le secteur des services

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg.

Perspectives et positionnement : Regarder au-delà du coronavirus

Nous prévoyons toujours que les dommages économiques causés par le virus seront de courte durée et que les bénéfices se redresseront en 2020; en conséquence, nous maintenons notre légère surpondération des actions par rapport aux obligations et nous les couvrons par une légère surpondération de la duration. Au niveau géographique, nous continuons de surpondérer les actions américaines par rapport aux actions de la région EAEO. Nous continuons également de préférer les obligations de sociétés de qualité supérieure aux titres de créance à rendement élevé plus risqués.

Le huard a perdu une partie de sa vigueur exceptionnelle, se rapprochant maintenant de 0,75 $. La possibilité que la Banque du Canada réduise ses taux, alors que la Fed et d’autres grandes banques centrales feront une pause, signifie que le huard devrait continuer de s’affaiblir. Cependant, il ne devrait pas atteindre 0,73 $ ce trimestre, à moins d’une détérioration surprise des perspectives canadiennes et d’une baisse du prix du pétrole sous la barre des 45 $.

À court terme, il sera essentiel d’obtenir la confirmation que le coronavirus est largement confiné dans la province chinoise de Hubei, mais nous prévoyons des perturbations temporaires des chaînes d’approvisionnement mondiales, suivies d’une forte reprise en V de la Chine.

Divulgations

* Le rendement du fonds ZLB pour la période terminée le 31 janvier 2020 se présente comme suit : 18,79 % (1 an); 10,69 % (3 ans); 8,69 % (5 ans); et 13,72 % depuis la création (le 21 octobre 2011).

* Le rendement du fonds ZCN pour la période terminée le 31 janvier 2020 se présente comme suit : 14,95 % (1 an); 7,17 % (3 ans); 6,50 % (5 ans); 7,19 % (10 ans); et 7,18 % depuis la création (le 29 mai 2009).

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