Multiactif

Répartition de l’actif – perspectives – Moins d’incertitude, mais encore beaucoup de craintes

Décembre 2019
  • La thèse d’une reprise apparaît graduellement, alors que l’optimisme à l’égard du commerce reste élevé, ce qui favorise l’atteinte de sommets records pour les actions. Nous prévoyons que la conjoncture macroéconomique restera favorable pour les actifs à risque au début de l’année 2020.
  • La croissance mondiale se stabilise et, dans un contexte de détente commerciale et de politique monétaire expansionniste, le mini-cycle devrait redémarrer d’ici l’été prochain. Au besoin, les banques centrales pourraient accentuer leur détente monétaire en 2020 et soutenir davantage le cycle.
  • Les perspectives de l’économie canadienne demeurent modestes, mais les ménages devraient continuer de figurer parmi les principaux facteurs de croissance, en raison notamment de la vigueur du marché de l’habitation. Nous nous attendons aussi à ce que les ménages américains contribuent à la poursuite de l’expansion.
  • Les tensions commerciales devraient persister en 2020, dans une certaine mesure, mais leur apaisement rassurera les banques centrales et redonnera confiance aux entreprises; en outre, les baisses de taux d’intérêt devraient être moins prononcées au cours des prochains mois. Selon nous, la politique monétaire de la Banque du Canada sera davantage arrimée à celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) l’an prochain.
L’incertitude suscite toujours le doute, et le doute provoque la peur.

Oscar Munoz

Moins d’incertitude, mais encore beaucoup de craintes

Une fois n’est pas coutume : le mois de novembre s’est déroulé sans trop de tensions commerciales, et les indicateurs macroéconomiques donnaient de plus en plus à penser que la croissance des économies américaine, européenne et chinoise avait atteint son creux. La croissance de l’économie américaine a encore une fois dépassé les attentes, s’établissant à 2,1 % au troisième trimestre, et la croissance du quatrième trimestre se dirige vers un taux de 1,5 %, alors que la croissance canadienne a ralenti à 1,3 %. Cette croissance, sans être spectaculaire, a suffi à faire taire les sombres prédictions d’une récession. En Europe, l’économie allemande a évité de justesse une récession technique, mais la croissance demeure en berne sur l’ensemble du continent, et de plus en plus de voix s’élèvent – en vain jusqu’à présent – pour réclamer des mesures de relance budgétaire (source : Euractiv). Les marchés boursiers ont fortement progressé cette année, mais les investisseurs restent craintifs et continuent d’alimenter la demande d’obligations d’État, qui font figure de valeurs refuges.

Les actions atteignent de nouveaux sommets en novembre

Grâce à l’optimisme lié au commerce, les actions mondiales ont atteint de nouveaux sommets en novembre (hausse de 2,5 % de l’indice MSCI Monde tous pays), en particulier les actions américaines (gain de 3,6 % de l’indice S&P 500). Pour sa part, l’indice NASDAQ 100 s’est adjugé 4,1 % en raison de bénéfices supérieurs aux attentes, ce qui porte à 34,1 % son rendement depuis le début de l’année. Les actions européennes (hausse de 2,5 % de l’indice MSCI Europe) et japonaises (hausse de 1,6 % de l’indice Nikkei) ont tiré de l’arrière, car les bénéfices ont déçu et les prévisions de croissance ne se sont toujours pas améliorées sensiblement par rapport aux solides perspectives à l’égard des États-Unis. Les marchés boursiers des pays émergents restent anémiques et ont légèrement reculé (indice MSCI Marchés émergents en baisse de 0,2 %), étant donné que les craintes liées à la croissance persistent en Chine et dans d’autres pays; l’indice n’a récolté qu’un maigre rendement de 7,7 %
depuis le début de l’année. Enfin, le marché boursier canadien a connu un bon mois (progression de 3,6 % de l’indice S&P/TSX), car le secteur de l’énergie, qui avait glissé de 10 % le mois précédent,
a remonté de 7 %.

Après un mois d’octobre tumultueux, le regain d’appétit pour le risque en novembre a contribué à une légère augmentation des taux des obligations d’État canadiennes et américaines, en hausse de 5 points de base (pb) et de 8 pb, respectivement. Le dollar américain s’est apprécié de près d’un pour cent à la faveur d’indicateurs macroéconomiques meilleurs que prévu, notamment un solide rapport sur l’emploi (source : CNBC). En revanche, le huard a reculé de 0,9 %, car les investisseurs ont momentanément cessé de croire que la Banque du Canada pourrait rester encore plus longtemps sur la touche.

Facteurs liés aux actions : l’espoir d’une relance en fin de cycle pèse sur les titres défensifs

Une attitude défensive en ce qui concerne les facteurs liés aux actions a donné de piètres résultats : ainsi, les actions mondiales à faible volatilité ont tiré de l’arrière (+0,6 %) pour un deuxième mois d’affilée, tandis que les actions à dividende élevé (+1,5 %) et de valeur (+1,7 %) ont aussi été distancées par l’ensemble du marché (indice MSCI Monde tous pays en hausse de 2,5 %). Pour un onzième mois au cours de la dernière année, les actions de valeur ont inscrit des rendements inférieurs à ceux des actions de croissance (+3,1 %). Depuis le début de l’année, les actions de valeur (+16,5 %) ont été sensiblement à la traîne de l’ensemble du marché (+22,9 %), alors que les actions de croissance (+28,2 %) l’ont surpassé en raison de l’espoir d’une relance suscité par la baisse des taux d’intérêt (figure 1). Fait intéressant, les investisseurs prudents sont ceux qui ont été le mieux récompensés depuis le début de l’année grâce au facteur de qualité (+29,8 %), car l’anxiété liée à la fin du cycle exige qu’on fasse preuve d’un optimisme prudent.

Figure 1 : Rendements depuis le début de l’année; les actions de valeur restent aux prises avec des difficultés

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg.

Au Canada, le FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité (symbole : ZLB, +4,1 %) est reparti
à la hausse et a surpassé le FNB BMO S&P/TSX composé plafonné (symbole : ZCN, +3,7 %) après un dur mois d’octobre pour les actions canadiennes à faible volatilité.

Guerres commerciales : en attendant M. Trump

Le président Trump devra se dépêcher d’accumuler des victoires en vue de sa campagne électorale et de consolider les attentes d’une reprise. Au début de décembre, la « patience » de M. Trump a surpris, celui-ci se montrant peu pressé de conclure un accord avec la Chine (source : CNBC); en revanche, il a menacé d’imposer des tarifs douaniers sur les biens importés d’Europe et a rétabli les tarifs sur l’acier provenant du Brésil et de l’Argentine. Il s’agit vraisemblablement de mesures tactiques qui ne laissent pas présager une nouvelle interruption des pourparlers avec la Chine.

Étant donné que toutes les parties engagées dans les négociations ressentent l’effet néfaste de l’incertitude en matière commerciale, qui ébranle la confiance des entreprises, nous continuons de prévoir un apaisement des tensions commerciales en 2020. Les progrès entourant la ratification de l’ACEUM s’accélèrent (source : CNBC), ce qui représente une bonne nouvelle pour le Canada.

Actions canadiennes : les secteurs cycliques pourraient poursuivre leur croissance

La rotation des secteurs boursiers est en grande partie attribuable aux événements macroéconomiques qui exercent une influence sur les attentes de croissance et les taux d’intérêt. Le secteur procyclique des services financiers et le secteur défensif des services aux collectivités représentent un bon exemple de cette relation (figure 2). Puisque les prévisions de croissance et les attentes du marché à l’égard d’un assouplissement monétaire des banques centrales ont atteint un plancher, notre scénario de base positif pour les perspectives table sur des rendements supérieurs du secteur financier canadien au cours des prochains mois. La forte demande de prêts hypothécaires, soutenue par les taux d’intérêt peu élevés, la robustesse du marché de l’emploi et la demande de logements, favorisera les services financiers et rendra moins attrayant le secteur des services aux collectivités.

Figure 2 : La rotation sectorielle est causée par les taux d’intérêt

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg.

La Fed conservera une attitude attentiste dans un avenir prévisible, à moins d’une nouvelle escalade des guerres commerciales et d’un ralentissement de la croissance

Les baisses de taux décrétées par la Fed ont contribué à raviver la confiance des consommateurs et à rehausser les prévisions de croissance, grâce notamment au regain d’activité sur le marché de l’habitation, mais l’orientation de la politique monétaire est étroitement liée à la façon dont l’incertitude commerciale pourrait entraver la confiance des entreprises et les décisions d’investissement. La croissance du PIB américain au quatrième trimestre devrait établir un plancher pour le cycle en cours (figure 3). Les premiers signes de stabilisation de la croissance en Allemagne et en Chine, ainsi que des signes de reprise aux États-Unis, où les dépenses de consommation demeurent robustes, permettront probablement à la Fed de gagner du temps avant que le marché ne la contraigne à commander une nouvelle baisse des taux. Ce qui importe le plus pour les investisseurs et la répartition de l’actif, c’est le fait que la Fed reste prête à assouplir davantage sa politique monétaire en cas de faiblesse inattendue de l’économie, ce qui contribue à limiter les risques baissiers liés aux actions, selon nous.

Figure 3 : Les craintes d’inflation s’estompent et les prévisions de croissance prennent du mieux

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg.

Banque du Canada : en tandem avec la Fed

En décembre, dans le communiqué annonçant sa décision en matière de politique monétaire (source : Banque du Canada), la Banque du Canada a adopté un ton plus confiant à l’égard de la résilience des perspectives de l’économie canadienne. Après avoir accusé un retard par rapport à la Fed depuis quelques années, nous prévoyons que la politique monétaire de notre banque centrale sera davantage arrimée à celle de son homologue américaine en 2020. Puisque le crédit à la consommation et les prêts hypothécaires servant à financer l’achat de logements représentent le principal canal de transmission de la politique monétaire canadienne, le Canada a déjà importé une bonne part de la détente opérée par la Fed; ainsi, les coûts de financement des prêts hypothécaires à 5 ans ont diminué d’environ 100 pb sans que la Banque du Canada n’ait eu à décréter la moindre baisse de taux. Comme on pouvait s’y attendre, le marché immobilier canadien recommence à donner des signes de surchauffe
(source : The Globe and Mail).

Perspectives et positionnement : optimistes, nous voyons le verre à moitié plein

L’intensification de l’incertitude causée par la politique commerciale a représenté l’un des principaux thèmes de placement cette année; toutefois, la réaction synchronisée des banques centrales, en particulier de la Fed, a indubitablement favorisé les actifs à risque et entraîné l’expansion des ratios cours/bénéfices des actions. Notre opinion, selon laquelle les banques centrales continueront de s’attaquer aux risques baissiers et que la croissance a touché son creux dans l’ensemble de l’Europe, en Amérique du Nord et en Chine, nous a incités à accroître modestement la surpondération des actions par rapport aux obligations. Nous avons aussi opté pour une duration un peu plus longue, car nous croyons que les risques liés à la trajectoire des taux d’intérêt resteront orientés à la baisse, étant donné que les banques centrales cherchent à prolonger le cycle et à remplir leurs mandats en ce qui concerne l’inflation et la croissance.

Du point de vue des régions, nous avons éliminé la surpondération des actions canadiennes par rapport à l’indice MSCI EAEO, car nous sommes davantage optimistes à l’égard de l’économie mondiale, mais nous conservons la surpondération des actions américaines par rapport à ce même indice étant donné que, selon nous, le marché boursier des États-Unis conservera la tête du peloton. Enfin, nous croyons que le huard aura de la difficulté à sortir de sa fourchette de 0,74 $ US à 0,77 $ US au cours des prochains mois, car les perspectives économiques au Canada et aux États-Unis convergent vers une croissance légèrement inférieure à la tendance.

L’équipe Solutions multiactifs vous souhaite de joyeuses Fêtes.

 

Les rendements du fonds ZLB pour la période terminée le 29 novembre 2019 sont les suivants :
sur un an : 19,73 %; 3 ans : 10,77 %; 5 ans : 9,85 %; depuis sa création, le 21 octobre 2011 : 13,78 %.

Les rendements du fonds ZCN pour la période terminée le 29 novembre 2019 sont les suivants :
sur un an : 15,66 %; 3 ans : 7,29 %; 5 ans : 6,05 %; depuis sa création, le 29 mai 2009 : 7,08 %.

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