Au revoir, 2020 : le moment est venu d’une piqûre dans le bras

  • L’hiver de la COVID-19 est sombre et froid, mais le déploiement de la vaccination est en cours et les mesures budgétaires sont toujours en place. Les récents événements économiques et politiques nous confortent dans notre choix des actions par rapport aux obligations en décembre.
  • En raison de la nature inhabituelle du cycle provoqué par la COVID-19, nous continuons de croire que les investisseurs ont tout intérêt à surpondérer les actions mondiales afin de tirer parti de la relance commerciale plutôt que de sélectionner des secteurs.
  • En ce qui concerne les facteurs liés aux actions, nous pensons que les actions à faible capitalisation sont les mieux placées pour profiter des mesures de relance budgétaires, notamment aux États-Unis. À notre avis, en l’absence du traditionnel envol des dépenses en immobilisations, qui génère de l’inflation, les actions de valeur pourraient rester dans leur piège de valeur.
  • À l’échelle régionale, nous continuons de favoriser les actions américaines et des marchés émergents par rapport aux actions canadiennes et européennes, de l’Australasie et du Moyen-Orient (EAEO) afin de tirer parti d’une relance menée par les États-Unis et la Chine, tout en surpondérant les obligations de sociétés de qualité par rapport aux obligations d’État à faible rendement.

Le meilleur reste à venir.

Frank Sinatra

Alors même où nous tournions la page de 2020, les vaccins contre la COVID-19 commençaient
à être distribués tandis que les mesures de relance budgétaires inondent l’économie de liquidités, notamment au Canada et aux États-Unis. La pandémie s’est aggravée, mais il est probable que près de la moitié de la population sera vaccinée d’ici l’été. Ce contexte ancre notre optimisme à l’égard des actions sur une période de 6 à 12 mois. L’agitation autour de la mutation du virus devrait probablement s’accroître au cours des prochains mois, mais on peut s’y attendre et il est peu probable que cette variante rende les vaccins inefficaces, même si certains points d’interrogation demeurent. Pendant ce temps, les faucons budgétaires sont aux abonnés absents et les politiciens semblent leurrés par le mirage de l’argent gratuit à court terme. Les indicateurs macroéconomiques à venir devraient montrer un recul de l’élan de la croissance, mais il est peu probable que la confiance des investisseurs soit ébranlée, puisque l’accent reste mis sur le déploiement des vaccins et sur un vigoureux élan de la croissance au deuxième semestre de 2021 et en 2022.

Marchés mondiaux : fin solide pour une année folle

Les actions mondiales (MSCI Monde tous pays, +4,7 %) ont clôturé l’année 2020 en force, surtout sous l’impulsion des actions des marchés émergents et des États-Unis. En décembre, les actions des marchés émergents (MSCI ME, +7,4 %) ont ajouté à leur solide rendement en 2020 (+18,3 %), puisque les économies de la Chine et de l’Asie du Sud-Est sont rapidement sorties des confinements provoqués par la COVID-19 au printemps dernier et ont pu augmenter leurs exportations vers des économies occidentales en pleine frénésie de consommation. Aux États-Unis, les actions à faible capitalisation (Russell 2000, +8,7 %) ont mené la reprise au deuxième semestre de 2020 et ont enregistré leur meilleur rendement trimestriel (+31,4 %); en effet, on s’attend à ce que les mesures de relance budgétaires énergiques soutiennent l’ensemble de l’activité économique et les petites entreprises particulièrement. Après avoir subi une forte contraction des bénéfices pendant la crise de la pandémie, les petites entreprises ont profité du rebond généralisé de la demande des ménages et des mesures de relance budgétaires.

Le Nasdaq 100, à forte teneur technologique, a clôturé une année brillante (+48,9 %) et a progressé en décembre (+5,1 %), car sa capacité d’augmenter les revenus numériques malgré la hausse des cas de COVID-19 reste intéressante. En ce qui concerne l’indice S&P 500 (+3,8 %), l’ajout de Tesla place l’indice encore plus dans le territoire de la nouvelle économie qui est en croissance. Les actions européennes (Euro Stoxx 50, +1,8 %) ont été à la traîne après leurs gains exceptionnels de 18 % en novembre, mais elles ont néanmoins terminé l’année en territoire négatif (-3,2 %), les dommages économiques causés par la COVID-19 frappant une région déjà affaiblie. Enfin, l’indice S&P/TSX au Canada a tiré de l’arrière en décembre (+1,7 %) en ajoutant à un modeste gain pour l’année (+5,6 %). À noter que le champion canadien de la technologie, Shopify, a contribué à lui seul à hauteur d’environ 4 points de pourcentage à ce gain.

Rendement en 2020

  • UK FTSE 100: -11.55%
  • France CAC 40: -4.96%
  • Italy MIB: -3.31%
  • Eurostoxx: -3.20%
  • Hang Seng: -0.46%
  • German DAX: 3.55%
  • Swiss Market: 4.35%
  • MSCI EUROPE: 5.38%
  • Canada S&P TSX: 5.60%
  • MSCI World: 16.82%
  • Japan Nikkei 225: 18.25%
  • MSCI EM: 18.30%
  • S&P 500: 18.40%
  • Russell 2000: 19.96%
  • Nasdaq 100: 48.88%

Sources : Bloomberg et BMO Gestion mondiale d’actifs (au 31 décembre 2020)

Les taux d’intérêt à long terme restent bien ancrés et le taux de rendement des obligations canadiennes à 10 ans a été stable, clôturant le mois à 0,68 % (contre 0,67 %), le monde ayant clôturé l’année 2020 avec un impressionnant 18 000 milliards de dollars de titres de créance à rendement négatif, contre 11 300 milliards de dollars en 2019. Le prix du pétrole est passé de 45,34 $ à 48,52 $ en raison de l’optimisme à l’égard des vaccins, mais il a tout de même clôturé l’année 2020 en baisse de 20 %. Le billet vert (indice du dollar américain, -2,5 %) a reculé en décembre, le thème de la relance mondiale continuant de faire grimper la plupart des devises par rapport au dollar. Le huard a profité de ce coup de pouce et a clôturé l’année à un surprenant 0,78 $. Malgré les gains respectables des actions américaines, l’indice de volatilité VIX a légèrement augmenté, passant de 20,6 % à 22,8 %, car d’autres baisses boursières inquiètent toujours un peu les investisseurs, la crise sanitaire étant en cours. Cependant, l’indice VIX est bien en deçà du sommet qu’il a atteint pendant la pandémie, à 82,7 %.

Facteurs liés aux actions : des fractures provoquées par la pandémie au sein des facteurs boursiers mondiaux en 2020

La surperformance des actions de valeur s’est poursuivie en décembre, les actions de croissance mondiale (+5,1 %) ayant dominé les actions de valeur (+4,2 %) pour terminer 2020 avec un écart appréciable d’environ 29 points de pourcentage en 2020, soit l’écart de rendement annuel le plus important depuis la création des données en 2000. Le mois dernier, le momentum (+5,1 %) a été le seul autre facteur boursier mondial à surpasser les actions mondiales (indice MSCI Monde tous pays, +4,7 %). Les actions à faible volatilité (+2,1 %), le facteur le plus faible en 2020 (+0,6 %), ont continué de tirer de l’arrière, les investisseurs favorisant les actions à bêta élevé pour profiter de la relance.

La renaissance de la vague bleue a ravivé l’espoir d’une rotation entre le facteur croissance et le facteur valeur, mais nous continuons de penser qu’au sein de l’univers des facteurs boursiers, les petites capitalisations sont les mieux placées pour tirer parti du déploiement du vaccin et des mesures de relance budgétaires. La comparaison du rendement des actions à faible capitalisation (+19,9 %) et des actions de valeur (+2,7 %) en 2020 montre déjà une grande divergence, ce qui donne à penser que ces deux facteurs ne sont pas les mêmes que certains l’ont cru à la suite de la mise au point de vaccins efficaces. Les deux types d’actions sont exposés à des facteurs macroéconomiques similaires (taux plus élevés et croissance économique), les titres de valeur pourraient donc être touchés plus durement que prévu par les pièges de valeur, sauf si une bonne vieille hausse des dépenses en immobilisations, ayant des répercussions sur l’inflation, devait avoir lieu.

Le rendement des actions canadiennes à faible volatilité (FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité, symbole : ZLB, -0,9 %)* a reflété celui des actions mondiales et a été à la traîne du FINB BMO S&P/TSX composé plafonné (symbole : ZCN, +5,5)** en décembre. Pour nous, une des grandes surprises du marché en 2020 a été de voir les actions à faible volatilité souffrir autant que les indices généraux pendant la crise de la COVID-19; en effet, plusieurs composantes à faible volatilité étaient très exposées aux mesures de confinement imposées à différents secteurs, comme le commerce de détail, les banques ou les FPI.

Réflexions sur 2020 : une année exceptionnelle

L’indice du dollar américain (DXY) a clôturé l’année 2020 en baisse de 7 %, reflétant la forte appréciation des monnaies du G10, en particulier le dollar australien et l’euro. Mais le parcours était loin d’être facile. En mars, le dollar américain a atteint un sommet de trois ans et a été le seul véritable actif refuge
(c’est-à-dire dont la valeur était en hausse) pendant la vente massive provoquée par la COVID-19. Même si nous nous attendons toujours à ce que la dépréciation du dollar américain se poursuive en 2021, nous devons garder à l’esprit qu’il reste une valeur refuge en cas de reprise plus difficile que prévu. Tout compte fait, la mise en œuvre de la vaccination, la réouverture de l’économie, les niveaux sans précédent de mesures de relance à l’échelle mondiale, conjugués à un régime commercial plus favorable aux États-Unis, suggèrent une faiblesse supplémentaire du dollar américain. Les derniers résultats de la course au Sénat en Géorgie laissent entrevoir une victoire des démocrates, ce qui vient étayer ce point de vue. Le huard a étonnamment été la monnaie la moins performante du G10, n’ayant progressé que de 2,1 % en 2020. Selon nous, cette faiblesse pourrait refléter les futurs défis de croissance structurelle liés à l’endettement des ménages et au secteur de l’énergie.

2020, une année en montagnes russes épiques pour le rendement des actifs

  • WTI: -54.65%  en mars 2020; -33.2% dans l’année civile 2020
  • Dollar US: 0.9% en mars 2020; -6.7% dans l’année civile 2020
  • Titres à revenu fixe américains: -0.6% en mars 2020; 7.5% dans l’année civile 2020
  • S&P 500: -12.4% en mars 2020: 16.3% dans l’année civile 2020
  • Or: -0.5% en mars 2020; 25.1% dans l’année civile 2020
  • Nasdaq: -10.1% en mars 2020; 43.6% dans l’année civile 2020

Sources : Bloomberg et BMO Gestion mondiale d’actifs (au 31 décembre 2020)

Les banques centrales ont tiré des leçons de leurs erreurs passées lors des crises précédentes et elles se sont engagées à adopter des mesures rapides et extraordinaires lorsque les économies ont commencé à s’effondrer au premier trimestre, ce qui nous a incités à surpondérer la duration des taux d’intérêt. Les mesures d’urgence et les filets de sécurité ont efficacement rétabli la liquidité et ont permis aux titres à revenu fixe de remplir leur rôle d’amortisseurs dans les portefeuilles équilibrés et aux sociétés d’emprunter, au besoin. Les banques centrales ont également sabré les taux d’intérêt et intensifié les achats d’actifs dans le cadre de mesures d’assouplissement quantitatif, faisant baisser les coûts d’emprunt des entreprises et des ménages. Le taux des obligations américaines à 10 ans s’établissait à 0,91 % à la fin de 2020, soit 10 points de base de moins qu’un an auparavant, soit la meilleure année pour les obligations du Trésor américain depuis 2011. En outre, dans le cadre de sa politique monétaire, la Fed a également choisi de maintenir plus longtemps des taux d’intérêt bas en établissant qu’elle ne les relèverait que lorsque l’inflation dépassera 2 %.

La faiblesse des taux a des répercussions importantes sur le marché. Les mesures de relance monétaires ont protégé les entreprises et les ménages en réduisant les coûts d’emprunt et ont entraîné une hausse des valorisations des actifs réels comme l’habitation, les métaux précieux et les actions. De plus, l’argent gratuit représente une des principales raisons pour lesquelles les valorisations des actions à long terme, comme les actions de croissance, devraient rester bien soutenues en 2021. La baisse des taux réels (soit les taux d’intérêt moins l’inflation), également favorisée par des mesures de relance budgétaires plus importantes, a largement contribué au gain de 25 % de l’or en 2020.

Les mesures de la Fed et de la Banque du Canada à l’égard des obligations de sociétés, malgré un intérêt limité, ont été particulièrement efficaces; en effet, leur simple existence a contribué à éliminer les tensions sur les marchés des titres à revenu fixe et a permis par la suite aux émissions de titres de créance de grimper, les émissions brutes d’obligations de sociétés de qualité ayant été les plus importantes en 2020. Le rétablissement rapide de la liquidité et l’engagement des banques centrales à acheter des titres de créance de sociétés nous ont permis de tirer parti des perturbations du marché et de surpondérer les titres de créance de sociétés de qualité. Les obligations américaines de qualité ont inscrit un rendement de 9,9 % en 2020, et les obligations à rendement élevé n’étaient pas loin derrière, à 7,1 %. Selon nous, même si les écarts de taux des obligations de sociétés semblent entièrement pris en compte, la quête de rendement sera soutenue par la reprise alimentée par la distribution des vaccins et par la détermination des banques centrales à réaliser leur mandat en matière d’inflation et d’emploi.

Perspectives et positionnement : positionné en vue de la hausse, pas pour le repli

Nous avons augmenté notre surpondération des actions par rapport aux obligations en décembre dernier, et les événements récents nous confortent dans notre appréciation des actions par rapport aux obligations. Nous préférons toujours les actions américaines et des marchés émergents aux actions canadiennes et de la région EAEO, car les facteurs à l’origine du rendement supérieur des États-Unis et des marchés émergents demeurent et mènent la reprise économique. Notre position favorable au risque nous amène aussi à surpondérer les obligations de sociétés de qualité plutôt que les obligations fédérales, et nous nous protégeons contre les surprises baissières en surpondérant légèrement la duration. D’autres mesures de relance budgétaires devraient maintenir une certaine pression à la hausse sur les taux d’intérêt, mais nous pensons que les actions en profiteront davantage, les banques centrales ne pouvant pas laisser les taux d’intérêt monter trop haut à long terme, même si la Fed pourrait laisser les taux tester un peu la résilience des actions avant de paraître préoccupée par les conditions financières.

Divulgations

* Le rendement du ZLB pour la période terminée le 31 décembre 2020 se présente comme suit : 1,64 % (1 an); 6,36 % (3 ans); 8,60 % (5 ans); et 12,05 % depuis la création (le 21 octobre 2011).

** Le rendement du ZCN pour la période terminée le 31 décembre 2020 se présente comme suit : 5.75 % (1 an); 5,76 % (3 ans); 9,32 % (5 ans); 5,56 % (10 ans); et 6,95 % depuis la création (le 29 mai 2009).

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