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Ce qu’il faut surveiller à la COP27

2 novembre 2022
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Qu’est-ce que la COP27 et pourquoi est-elle importante?

À l’occasion de la 27e Conférence annuelle des Parties (COP27), des représentants gouvernements à l’échelle mondiale, des militants et des chefs d’entreprise luttant contre les changements climatiques feront le point sur les progrès réalisés pour réduire les répercussions des changements climatiques et négocieront d’autres mesures.

La Conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques devient de plus en plus nécessaire chaque année, car les conséquences des changements climatiques augmentent et le temps presse pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C au-dessus des températures préindustrielles. À la COP27, un programme ambitieux s’attaquera aux crises mondiales de l’énergie et de l’inflation qui compliquent davantage l’économie et les politiques sur les progrès climatiques.

Ce que nous surveillons

Le secteur des finances était fortement représenté lors de la COP26 à Glasgow. Nous ne nous attendons pas à un taux de participation aussi élevé à la COP27, mais nous anticipons toujours d’importants développements qui pourraient modifier le contexte climatique mondial. La COP27 devrait porter sur l’augmentation du rythme et de l’ampleur auxquels les gouvernements passent des engagements à l’égard des changements climatiques à la mise en œuvre de ceux-ci, en plus d’appeler les pays développés à respecter et potentiellement à élargir leurs engagements de financement envers les pays en développement.

Trois grandes questions liées à ces thèmes se profilent à l’horizon lors de la COP27 :

Les grands émetteurs s’engageront-ils à atteindre des objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) plus ambitieux?

L’an dernier, un rapport des Nations Unies a révélé que les engagements actuels à l’égard de la lutte contre les émissions de GES ne limiteront pas le réchauffement de la planète à 1,5 °C. On prévoit que les températures moyennes pourraient augmenter de 2,7 degrés d’ici la fin du siècle si la planète maintient la trajectoire actuelle de ses émissions1.
La crise énergétique liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie a même semé le doute quant aux cibles d’émissions existantes. Certains pays, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, réagissent à la pénurie d’énergie en accélérant la mise en œuvre de plans visant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Pourtant, certains de ces mêmes pays ont rouvert leurs centrales au charbon et sont attrayants pour des pays d’Afrique et d’ailleurs à la recherche de nouvelles sources de gaz. Le groupe de réflexion Ember Climate estime que les gouvernements européens dépenseront au moins 50 milliards d’euros cet hiver pour des infrastructures et des fournitures nouvelles ou élargies liées aux combustibles fossiles2.

Par ailleurs, les événements liés à l’invasion de l’Ukraine par la Russie pourraient éloigner davantage les grands émetteurs que sont l’Inde, la Chine et la Russie – qui, historiquement, n’ont pas participé pleinement à la COP – de la table de négociation. Par le passé, la Russie a été un acteur passif parmi les grands émetteurs, et nous ne nous attendons pas à ce que cela change.

Les perspectives pour l’Inde sont contrastées : le pays devrait faire pression pour obtenir un financement plus important pour des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, et le gouvernement Modi s’est récemment engagé à réduire de 45 % l’intensité des émissions associées à son PIB d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005 (l’Inde avait déjà annoncé son intention de réduire l’intensité des émissions de 33 % à 35 %3). Pourtant, la cible relative à son engagement d’atteindre la carboneutralité demeure en 20704, soit deux décennies plus tard que ce qui était prévu par l’Accord de Paris5.
La Chine est la deuxième économie en importance au monde et émet plus de GES que tous les autres pays industrialisés combinés6. Pourtant, le gouvernement Xi continue de classer la Chine comme un pays en développement, lui attribuant un rôle ambigu dans les discussions sur la justice climatique. Bien que l’Union européenne (UE) ait demandé à Beijing d’accélérer ses plans de réduction des émissions, la Chine devrait réitérer ses engagements en apportant des changements minimaux, en conservant comme objectif de plafonner ses émissions de carbone d’ici 2030 et d’atteindre la carboneutralité d’ici 2060.

Ce que nous recherchons: La divulgation des progrès et des obstacles liés aux engagements pris à Glasgow et au renforcement des cibles de réduction des émissions des pays conformément au Pacte climatique de Glasgow.

Les pays développés augmenteront-ils le rythme du financement?

Lors de la COP15 en 2009, les pays développés se sont engagés à fournir un financement annuel de 100 milliards de dollars aux efforts des pays en développement en matière de lutte contre les changements climatiques d’ici 2020. Ils n’ont jamais atteint cet objectif et ont repoussé l’année cible à 2023. Par ailleurs, les pays les plus vulnérables ont reçu peu de financement.

En l’absence de financement, les pays développés, qui profitent depuis longtemps des avantages économiques de la consommation de combustibles fossiles, exigent des pays en développement qu’ils « fassent ce qu’ils disent, et non ce qu’ils font ». La demande est inéquitable et également futile, car les pays en développement n’ont pas les ressources nécessaires pour y répondre. Prenons le cas de l’Afrique : il s’agit du continent le moins développé du monde, mais il ne produit que 4 % des émissions mondiales de GES7. Pourtant, sa population risque de souffrir de façon disproportionnée d’événements météorologiques de plus en plus extrêmes, comme les inondations qui ont récemment déplacé plus de 1,4 million de personnes au Nigeria8.
Le financement pour les pays du Sud est difficile à établir, mais il est essentiel de prendre des mesures. Selon une estimation des Nations Unies en 2019, les investissements mondiaux nécessaires dans les infrastructures s’élèveront à 90 billions de dollars d’ici 20309, ce qui équivaut à peu près au PIB mondial de 96 billions de dollars en 202110.

Ce que nous recherchons: Plus de certitude et de mesures concernant l’octroi d’un financement annuel de 100 milliards de dollars.

Les gouvernements élaboreront-ils un système de financement des pertes et des dommages?

À la COP26, les pays en développement ont réclamé une facilité de financement dont ils avaient grandement besoin pour les pertes et les dommages, en plus de l’engagement annuel de 100 milliards de dollars. Les pays développés ont résisté et ont plutôt lancé le « dialogue de Glasgow » sur les pertes et les dommages, qui devrait durer jusqu’en 2024.

Les événements récents illustrent la nécessité immédiate de financer les pertes et les dommages. Les inondations catastrophiques au Pakistan cette année en sont un exemple parmi tant d’autres : plus de 1 700 personnes ont été tuées, plus de 12 800 personnes ont été blessées, plus de 850 000 maisons ont été détruites et plus de 6 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire11. Le gouvernement du pays estime les dommages totaux à 40 milliards de dollars12. L’absence d’un mécanisme de financement des pertes et des dommages menace de prolonger les souffrances du Pakistan, de retarder les mesures nécessaires de lutte contre les changements climatiques et d’accroître la vulnérabilité aux conditions météorologiques extrêmes futures.
L’inflation élevée à l’échelle mondiale, la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement de la croissance économique menacent la capacité et la volonté des pays développés de fournir le financement nécessaire. Pourtant, les pays développés semblent se mobiliser. En septembre, le Danemark s’est engagé à verser 100 millions de couronnes danoises (environ 13 millions de dollars) pour les pertes et les dommages, et les États-Unis ont récemment exprimé leur soutien à l’égard des mesures réparatrices liées aux changements climatiques13. Nous surveillerons la situation pour voir si la COP27 peut tirer parti de ces mesures avec des engagements plus importants et des plans d’action viables.

Ce que nous recherchons : Un accord sur un mécanisme officiel assorti d’ententes de financement officielles pour faire face aux pertes et aux dommages dans les pays du Sud.

Répercussions pour les investisseurs

La lutte contre les changements climatiques comporte une foule d’objectifs interreliés. Les fonds publics ne suffiront pas à eux seuls; l’investissement privé est nécessaire. L’intérêt de participer activement à la lutte contre la crise climatique est là. Plus de 500 investisseurs institutionnels, y compris BMO Gestion mondiale d’actifs, ont approuvé la Déclaration des investisseurs internationaux sur la crise climatique adressée aux gouvernements en 2022, qui énonçait des propositions de politiques ambitieuses, notamment des plans de transition climatique obligatoires pour les investisseurs14.

Cependant, intégrer le financement privé dans le processus nécessitera de nouvelles façons de penser. Les investisseurs pourraient devoir innover davantage pour contribuer à la viabilité du financement de la lutte contre les changements climatiques. Le secteur de la gestion d’actifs pourrait devoir repenser les catégories d’actif, élaborer de nouveaux mécanismes ou créer de nouvelles façons de mesurer le rendement.

Pourtant, le degré de risque lié au financement de nouvelles solutions climatiques peut être prohibitif pour les investisseurs privés, en particulier ceux qui ont des obligations fiduciaires. Les mécanismes de garantie contre les risques soutenus par le gouvernement pourraient entraîner un afflux de capitaux privés. Nous chercherons à faire des progrès à l’égard de ces structures à la COP27.

La Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ) a uni le secteur financier autour d’une ambition commune, mais après quelques ratés, la voie à suivre est moins claire. La GFANZ, établie avant la COP26 et coprésidée par l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, compte 450 institutions financières représentant collectivement 130 billions de dollars d’actifs sous gestion, qui se sont engagées à atteindre des cibles d’investissement liées aux changements climatiques. Cela comprend BMO Groupe financier, par l’intermédiaire de son adhésion à l’alliance bancaire Net Zéro (NZBA), et BMO Gestion mondiale d’actifs, par l’intermédiaire de son adhésion à l’initiative Net Zero Asset Managers (NZAMI). Au cours des mois qui ont suivi, deux caisses de retraite australiennes se sont retirées du groupe, et au moins trois grandes banques américaines auraient envisagé de quitter le groupe en raison de possibles conflits avec les lois antitrust aux États-Unis15. La COP27 devrait fournir plus de précisions sur l’avenir de la GFANZ et sur sa capacité à tirer parti des investissements privés pour accélérer les progrès climatiques.

La COP27 pourrait être plus modérée que la conférence de l’an dernier à Glasgow, car les participants tentent de faire des progrès à l’égard des enjeux climatiques malgré divers obstacles. Néanmoins, la rencontre de cette année devrait produire d’importants développements qui continueront à tirer parti des mesures de lutte contre les changements climatiques nécessaires pour réaliser de véritables progrès. Nous surveillerons la situation de près pour évaluer la façon dont la COP27 modifie le secteur des placements.

Sources​

Avis juridique

BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc. et BMO Investissements Inc. Les opinions exprimées par le directeur de portefeuille représentent son évaluation des marchés au moment de la publication. Ces opinions peuvent changer en tout temps et sans préavis. Les renseignements fournis dans le présent document ne constituent pas une sollicitation ni une offre relative à l’achat ou à la vente de titres, et ils ne doivent pas non plus être considérés comme des conseils de placement. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs. Cette communication est fournie à titre informatif seulement. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements particuliers ou les stratégies de négociation doivent être évalués en fonction de la situation de l’investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels. Les titres du portefeuille peuvent changer sans préavis et ne représentent qu’un faible pourcentage des titres en portefeuille. Ces renseignements ne constituent pas une recommandation d’achat ou de vente d’un titre particulier. Déclarations prospectives Certains énoncés contenus dans le présent communiqué peuvent constituer des déclarations prospectives, notamment ceux où l’on trouve les expressions « s’attendre à », « prévoir » et des mots et locutions semblables. Les déclarations prospectives ne sont pas des données historiques; elles correspondent plutôt aux prévisions ou aux attentes actuelles de BMO Gestion mondiale d’actifs en ce qui a trait à des résultats ou à des événements futurs. Ces déclarations prospectives sont assujetties à un certain nombre de risques et d’incertitudes qui pourraient faire en sorte que les résultats ou les événements réels différeraient sensiblement des prévisions ou des attentes actuelles. Même si BMO Gestion mondiale d’actifs estime que les hypothèses inhérentes aux déclarations prospectives sont raisonnables, ces dernières ne garantissent en rien les résultats futurs. Nous mettons donc en garde le lecteur de ne pas se fier indûment à ces déclarations en raison du caractère incertain qui leur est inhérent. BMO Gestion mondiale d’actifs ne s’engage d’aucune façon à mettre à jour ou à réviser publiquement ses déclarations ou données prospectives, que ce soit par suite de nouvelles données, d’événements futurs ou d’autres facteurs qui auraient une incidence sur ces données, sauf dans la mesure requise par la loi. MC/MD Marque de commerce/marque de commerce déposée de la Banque de Montréal, utilisée sous licence.

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