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Demers : Ce que 2020 nous a appris à propos de 2021

L’année 2020 étant désormais chose du passé, Fred Demers propose une rétrospective des 12 derniers mois – y compris une analyse des stratégies, secteurs et lignes de tendance qui ont le plus (ou le moins) profité aux investisseurs institutionnels.
Janvier 2021

Fred Demers

Directeur général, Solutions d’investissement multiactif

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L’année 2020 étant désormais chose du passé, Fred Demers propose une rétrospective des 12 derniers mois – y compris une analyse des stratégies, secteurs et lignes de tendance qui ont le plus (ou le moins) profité aux investisseurs institutionnels.

En ayant une bonne perspective historique, nous pouvons mieux comprendre le passé et le présent et, par conséquent, avoir une vision claire de l’avenir. 

Carlos Slim

La vision à long terme fait ses preuves

Il ne fait aucun doute que 2020 restera gravée dans l’histoire comme une année de crise et de bouleversement. Du coût humain dévastateur aux ravages économiques grandissants, cette période en aura été une de changement radical que de nombreux investisseurs sont impatients de mettre derrière eux, particulièrement alors que les vaccins contre la COVID-19 sont distribués à plus large échelle. Aussi inédite cette année fût-elle, nous pensons qu’une rétrospective s’impose afin de déterminer quelles ont été nos bonnes décisions, et si nous devons apporter des changements pour faire face à la prochaine année.

Par exemple, 2020 a donné une belle leçon aux adeptes de la vision à court terme. Les placements qui cadraient avec des tendances à long terme, comme le passage du commerce de détail traditionnel au commerce électronique ou l’augmentation des services de santé destinés aux populations vieillissantes, ont nettement profité des perturbations causées par la COVID-19. Plus particulièrement, la pandémie a activé ces moteurs de croissance à long terme, créant une reprise inégale sur le marché caractérisée par de grands écarts de rendement entre les secteurs. Bien que les indices aient généralement clôturé l’année sur une note positive, les gestionnaires actifs ont dû avoir recours à une thèse bien étayée pour réaliser une surperformance dans le volet d’actions du portefeuille.

La force durable des actions américaines

Notre thèse la mieux étayée de la dernière décennie a sans doute été celle qui, du point de vue géographique, privilégie les actions américaines. Cette préférence a porté ses fruits en 2020, car les sociétés américaines ont continué de dominer au chapitre de la croissance au Canada, en Europe et sur les marchés émergents. À l’heure où les vaccins annoncent la fin de l’ère pandémique, l’attention pourrait à nouveau se tourner vers les valorisations, certains analystes affirmant que les ratios cours-bénéfice sont « trop élevés ». Dans l’immédiat, nous ne voyons toutefois aucune raison de tirer la sonnette d’alarme. Nos prévisions à long terme montrent que, relativement à des variables clés – comme la croissance, les taux d’intérêt, l’inflation et les attentes inflationnistes –, le marché boursier américain dans son ensemble est raisonnablement évalué.

Nous avons également tiré parti de notre exposition au dollar américain, qui a bondi par rapport au huard lorsque les investisseurs ont paniqué l’année dernière et se sont rués vers des valeurs refuges bien connues. Les actifs non risqués ont fait des gains notables en février et en mars. Par contre, une fois la volatilité atténuée, le dollar canadien a emboîté le pas aux autres devises et a repris une partie du terrain perdu – une tendance susceptible de se poursuivre à mesure que la situation économique se normalise et que les prix des matières premières se redressent.

Nous croyons que cette préférence pour les titres américains restera une source de valeur, quoique moins importante que prévu. Au cours des 10 dernières années, la croissance moyenne du PIB a avoisiné 2,5 % par année, alors que celle-ci se rapprochait de 3,5 % durant la décennie précédant la grande crise financière. Ce recul est préoccupant. En outre, il convient de noter que la population vieillissante du pays est en partie responsable du ralentissement de la croissance et qu’elle force les sociétés, privées d’une expansion interne, à conquérir de nouvelles parts de marché. La croissance économique étant au ralenti, nous prévoyons que les titres de ces entreprises généreront un alpha inférieur.

Parallèlement, nous avons été fort impressionnés par la façon dont les pays des marchés émergents ont géré leurs plans d’intervention liés à la COVID-19. La Chine, en particulier, a réussi tellement rapidement à contenir le virus que ce dernier n’a pas été si dommageable pour son économie; celle-ci a même enregistré une croissance de 2,3 % en 2020. Cette bonne tenue concorde bien avec notre surpondération des marchés émergents, où nous avons réinvesti l’année dernière lorsqu’on a rouvert les voies de circulation et que les échanges commerciaux ont repris dans le Sud-est asiatique. Par ailleurs, nous n’avons toujours pas été témoins d’une évolution aussi favorable de la situation en Europe, laquelle continue de faire face à d’importants obstacles liés à la faiblesse de la demande, au Brexit, et à une nouvelle souche endémique du virus.

La domination de la « nouvelle économie » se poursuivra

La transition aux secteurs de la « nouvelle économie » est une autre tendance qui s’est accélérée durant la crise. Ces derniers englobent non seulement les nouvelles sociétés technologiques, mais aussi celles qui pourraient bénéficier des changements structurels dans notre façon de travailler, de magasiner et de vivre. Les exemples évidents sont Amazon, Shopify et Zoom, soit des entreprises qui ont énormément profité de la nouvelle dynamique du travail à la maison. Leurs gains ont certes été plus importants que prévu, mais le monde avait déjà commencé à se tourner vers le commerce électronique et à délaisser le commerce de détail traditionnel. Les mesures de confinement n’ont qu’accéléré le processus.

D’un autre côté, nous sommes conscients que certains secteurs de la « vieille économie » sont susceptibles de ne jamais revenir aux niveaux d’antan. Nous investissons habituellement dans les secteurs en difficulté, sachant que ceux-ci se redresseront au fil du cycle, mais l’application répétée de mesures de confinement a eu des conséquences néfastes sur l’économie. Certains dommages sont permanents et ne pourront vraisemblablement pas être réparés. Par exemple, même si nous sommes convaincus que le secteur des voyages et du tourisme amorcera une phrase de reprise cette année, certains joueurs ont déjà dû fermer leurs portes. Par conséquent, même si l’activité économique globale renouera sans doute avec les normes historiques, nous estimons que l’écart fondamental entre les secteurs de la nouvelle et de la vieille économie s’est irréversiblement creusé.

Pour revenir à la question des prix, nous faisons preuve d’une plus grande prudence à l’égard des valorisations depuis mars. La reprise amorcée après le deuxième trimestre nous a conduits vers une reprise de mi-cycle beaucoup plus rapidement que prévu. Les gestionnaires actifs doivent désormais faire preuve de circonspection quant aux titres à surpondérer. En fait, comme nous sommes toujours à des mois d’une normalisation complète et que de nombreux secteurs pourraient avoir besoin du soutien de l’État pour faciliter leur transition au monde post-COVID, mon équipe surveille de près la résilience des bénéfices afin de s’assurer que nous ne payons pas des actifs trop cher.

Une intervention accrue des banques centrales à prévoir

L’intervention des banques centrales – un thème dont nous avons traité longuement – est l’autre tendance importance qui influe sur les prix des actifs. Les autorités monétaires ont pris des mesures assez décisives pour assurer la liquidité au pic de la crise, abaissant les taux à près de zéro et injectant massivement des fonds dans les actifs financiers. Alors qu’on prévoit une augmentation des déficits budgétaires cette année, les banques centrales – non seulement au Canada, mais également aux États-Unis, en Europe et en Australie – devront continuer d’acheter des actifs et de monétiser énergiquement la dette publique.

Songez-y : lorsqu’on pense aux politiques qui soutiennent les prix des actifs, l’attention se porte habituellement sur les mesures prises par la Banque du Canada (BdC) et la Réserve fédérale américaine (Fed). Toutefois, comme les gouvernements cherchent à mettre en œuvre des mesures de relance et à ramener les taux de chômage aux niveaux antérieurs à la COVID-19, ils devront aussi intervenir sur plan fiscal. La réalité est telle que les dépenses du secteur public seront extraordinairement élevées et que leur influence sur les prix des actifs pourrait être plus grande qu’à tout autre moment durant la dernière décennie. De ce fait, nous nous attendons à ce que les autorités monétaires et fiscales travaillent de concert pour appliquer une « politique synchronisée ».

Il y a 20 ans, les marchés auraient réagi négativement à des dépenses aussi exorbitantes. Aujourd’hui par contre, on juge que la lutte contre la pandémie est comparable à un temps de guerre et donc, que le gouvernement a des motifs valables pour recourir à une politique fiscale expansionniste au besoin. Certains investisseurs sont peut-être en désaccord avec cette façon de voir les choses, mais encore là, les banques centrales détiennent actuellement une part immense de la dette publique. Qu’il s’agisse de la BCE en Europe, de la Fed aux États-Unis ou de la BdC au Canada, elles peuvent atténuer l’anxiété à l’égard des déficits structurels comme bon leur semble. C’est un pacte faustien, dont les répercussions prendront des années à se faire sentir, et les investisseurs devraient y adhérer puisque les planches à billets constituent un arsenal illimité.

La prudence à l’égard des titres à revenu fixe

Fait intéressant, les actions n’expliquent pas à elles seules la bonne performance des portefeuilles 60/40 en 2020 – les titres à revenu fixe ont eux aussi connu une croissance. Cela a été particulièrement vrai au Canada, où les autorités monétaires se sont donné une marge de manœuvre plus large que dans n’importe quel autre marché développé. En Europe et au Japon, par exemple, les obligations d’État avaient chuté sous la limite inférieure du zéro avant même que la pandémie ne frappe; elles disposaient donc d’une marge très limitée pour réduire les taux d’intérêt lorsque la crise a éclaté.  À l’inverse, le BdC avait beaucoup plus de latitude pour manœuvrer. À mesure que les taux d’intérêt se sont effondrés sur l’ensemble de la courbe, nous avons observé une nette appréciation du capital. En outre, les actifs à revenu fixe ont rempli leur rôle lorsque les marchés ont plongé en février et en mars, fournissant une diversification par rapport aux actions et servant de protection contre la volatilité du portefeuille.

Conclusion

Étant donné que les événements passés sont de mauvais indicateurs du rendement futur, il est peu probable que le monde vive la même crise deux fois de suite. La grande crise financière ne ressemble en rien à la bulle technologique, et la pandémie de coronavirus n’a rien à voir avec la crise des prêts hypothécaires à haut risque ou des titres garantis par des créances. Mais même si l’histoire ne se répète pas, elle rime. Donc, plutôt que de chercher à oublier l’année 2020, inspirons-nous des paroles du célèbre philosophe, George Santayana : « ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. »

 

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