Actions mondiales et internationales

Inflation: effets de base et capacité excédentaire

La perspective d’une hausse de l’inflation est toujours un des sujets de l’heure chez les investisseurs et les instances.
Février 2021

La perspective d’une hausse de l’inflation est toujours un des sujets de l’heure chez les investisseurs et les instances. Ce mois-ci, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré devant le Congrès que le risque d’inflation s’atténuait. Il a par ailleurs affirmé que des « effets de base » feraient probablement bondir l’inflation au cours des prochains mois. Autrement dit, la variation annuelle du taux d’inflation pourrait sembler élevée en raison du taux anormalement bas enregistré l’an dernier, après le début de la pandémie. Abstraction faite des effets de base, les pressions inflationnistes semblent être temporaires. Aux États-Unis, l’indice ISM manufacturier – prix payés est passé à 82,1, son plus haut niveau depuis 2011. Les fabricants continuent de pâtir de la montée en flèche des prix des matières premières et des problèmes d’approvisionnement pour divers intrants, notamment les semiconducteurs. Du côté de l’Europe, l’inflation a augmenté de 0,9 % en janvier, sa progression la plus importante depuis le début de la pandémie et son bond le plus appréciable en dix ans. Les fabricants européens doivent composer avec une nette hausse des coûts d’expédition attribuable au prix des conteneurs, qui a plus que quadruplé depuis depuis la fin de l’année dernière.

Nous sommes toujours d’avis que les pressions inflationnistes actuelles sont temporaires et qu’il n’y aura pas d’inflation soutenue avant que la capacité excédentaire dans l’économie mondiale ne soit en grande partie utilisée. Cela dit, le déploiement des vaccins dans les pays développés permet leur réouverture graduelle. Ces facteurs temporaires pourraient donc porter l’inflation à des niveaux qui n’ont pas été observés depuis bon nombre d’années. Au début du mois, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a prédit que l’inflation en Allemagne passerait la barre des 3 % en 2021. Pour les marchés financiers, à court terme, les prévisions d’inflation importent sans doute plus que l’inflation concrètement observée dans l’économie réelle. Ce mois-ci, le taux de rendement des obligations à 10 ans du Trésor américain a atteint 1,55 % et le taux d’inflation neutre (10 ans) aux États-Unis s’établissait à 2,24 %, soit leur plus haut niveau en un an et en six ans, respectivement.

Signes d’une reprise inégale

Si l’on observe l’évolution de la reprise économique, on constate que les États-Unis ont connu une croissance robuste des dépenses de consommation au début de 2021. Les ventes au détail ont progressé de 5,3 % de décembre à janvier, et de 7,4 % par rapport à il y a un an. Les ménages ont été encouragés par l’approbation de nouvelles mesures de relance à la fin décembre, lesquelles prévoient la distribution d’une deuxième série de chèques de 600 $ et une bonification de l’assurance-emploi. Bien que la répartition inégale des revenus ait fait couler beaucoup d’encre dans la foulée du choc initial, des données récentes donnent à penser que les ménages moins fortunés ont contribué à la hausse fulgurante des dépenses en janvier. Les dépenses de consommation des personnes à faible revenu avaient augmenté de 8 % à la fin du moins. En revanche, celles des particuliers à revenu élevé avaient diminué de 5,9 %. Malgré ce bref rebond, l’économie américaine conserve de graves séquelles du choc initial. Le déploiement de mesures de relance budgétaires supplémentaires a été en grande partie motivé par l’état du marché de l’emploi. M. Powell a remarqué devant le Congrès que le taux de chômage actuel est très peu indicatif de la détérioration du marché du travail,  car le nombre de personnes qui y participent a connu son plus important repli sur 12 mois depuis au moins 1948. Si l’on tient compte des millions de particuliers qui se sont retirés de la population active en raison de la pandémie, M. Powell estime que le vrai taux de chômage s’approche plutôt de 10 %.

La reprise dans la zone euro a été inégale. Le secteur des services a été malmené durement par les mesures de confinement toujours en vigueur. L’indice Markit des directeurs d’achats du secteur des services s’est de nouveau contracté en février pour s’établir à 44,7. Cette performance a été en partie compensée par celle du secteur manufacturier, qui continue de profiter de la demande extérieure, notamment celle en provenance de Chine. L’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier a atteint 57,7, soit son plus haut niveau en trois ans. Néanmoins, les données sur le PIB publiées au début du mois confirment que la zone euro a connu une récession à double creux, la croissance ayant reculé de 0,7 % au quatrième trimestre de l’année dernière après un gain de 12,5 % au troisième. Bon nombre d’observateurs constatent l’épargne accumulée par les ménages en zone euro l’année dernière et comptent sur la libération de leur demande refoulée pour stimuler la croissance une fois les confinements levés. Toutefois, l’importance de cette demande dépendra des sommes que les ménages décideront de conserver par prudence. Pour l’heure, les prévisions de chômage en Europe sont plus élevées que le taux de chômage actuel, qui a été abaissé grâce à des programmes d’emploi de courte durée. En raison de la conjoncture, les ménages vont vraisemblablement se montrer prudents jusqu’à ce que les emplois semblent plus assurés.

Parmi les grandes économies, le Royaume-Uni a connu la deuxième plus importante contraction du PIB (-9,9 %) en 2020, derrière l’Espagne. Or, contrairement à la zone euro, il a évité une récession à double creux, ayant inscrit une croissance de 1 % au quatrième trimestre de l’année dernière. Un vent d’optimisme semble souffler sur le secteur des services, où l’indice des directeurs d’achats est passé de 39,5 à 49,7 en février. Le déploiement des vaccins a jusqu’à présent réussi à réduire les taux d’hospitalisation, ce qui fait en sorte qu’une levée partielle des restrictions est maintenant attendue au début avril. Les progrès soutenus de la campagne de vaccination donnent à penser que le pire est passé au Royaume-Uni. La livre sterling s’est appréciée sous l’effet de cet optimisme, atteignant au cours du mois un sommet de trois ans par rapport au dollar.

Persistance des opérations misant sur une reflation

Les taux de rendement ont retenu l’attention du marché en février, en raison de l’augmentation de ceux des obligations à 10 ans. Cette hausse corrobore le fait que les marchés financiers anticipent une reprise économique. Les prévisions de croissance économique et de bénéfices des sociétés sont revues à la hausse. Les cours boursiers et les prix des matières premières ont monté en flèche ces derniers mois sous l’effet de l’optimisme des investisseurs.

Les taux obligataires ont atteint des creux historiques en raison des importants programmes d’achat mis en œuvre par les banques centrales pour tenter de soutenir les marchés et l’économie. La progression des cours boursiers en 2020 a été en grande partie attribuable aux injections de liquidités et à la faiblesse des taux obligataires. Il n’est donc pas surprenant que tout renversement de ces tendances accroisse la volatilité des marchés.

L’augmentation des taux de rendement au cours des trois derniers mois a incité les investisseurs à se détourner des actions axées sur

le momentum pour jeter leur dévolu sur les actions de valeur à caractère cyclique. Les titres des secteurs de l’énergie, des services financiers et du voyage ont été préférés aux actions axées sur le momentum, comme celles du secteur des technologies. Les sociétés technologiques sont des placements à « duration longue », ce qui veut dire que leurs bénéfices sont pondérés sur de plus longues périodes en comparaison à ceux de la plupart des autres entreprises. Par conséquent, un taux de rendement élevé fait diminuer la valeur actualisée de ces bénéfices de façon plus appréciable qu’un faible taux.

Le retour aux placements dans les secteurs cycliques témoigne du fait que les investisseurs croient que la fin de la pandémie approche. Il souligne aussi qu’ils sont d’avis que l’augmentation des taux obligataires sera lente et relativement contenue. Ces deux hypothèses seront mises à l’épreuve en cours d’année. Une chose est certaine : les banques centrales n’ont pas l’intention de relever leurs taux ou d’alléger toute pression inflationniste, surtout à cause de la volatilité occasionnée par leurs tentatives précédentes de réduire leurs mesures de soutien. L’inflation contribuera à alléger le fardeau de la dette assumée par les gouvernements pendant la pandémie, un fait dont les banques centrales sont tout à fait conscientes.

Divulgations

Dépôt réglementaire de documents

Le présent document est fourni à titre informatif seulement. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements doivent être évalués en fonction des objectifs de chaque investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels. BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc., BMO Investissements Inc., BMO Asset Management Corp., BMO Asset Management Limited et les sociétés de gestion spécialisées de BMO.

MD/MC Marque de commerce déposée/marque de commerce de la Banque de Montréal, utilisée sous licence.

Le présent document est diffusé aux fins de marketing et d’information seulement; au Royaume-Uni, à l’intention des clients professionnels par Pyrford International Ltd, qui est autorisée et réglementée par la Financial Conduct Authority; dans l’Union européenne, à l’intention des clients professionnels par BMO Asset Management Netherlands B.V., qui est réglementée par la Dutch Authority for the Financial Markets (AFM); en Suisse, à l’intention des investisseurs non qualifiés par BMO Global Asset Management (Swiss) GmbH, qui est autorisée et réglementée par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA); à Hong Kong, à l’intention des clients professionnels par BMO Global Asset Management (Asia) Ltd, qui est autorisée et réglementée par la Securities and Futures Commission; en Australie, à l’intention des investisseurs sur les marchés de gros par BMO Global Asset Management (Asia) Ltd, qui est autorisée et réglementée par la Securities and Futures Commission à Hong Kong et est exemptée en vertu de la loi sur les sociétés de l’obligation de détenir un permis pour les services financiers qu’elle offre aux investisseurs sur les marchés de gros en Australie; aux États-Unis, à l’intention des investisseurs institutionnels par BMO Asset Management Corp, conseiller en placement inscrit auprès de la SEC.

Pyrford International Ltd est autorisée et réglementée par la Financial Conduct Authority et figure au registre des services financiers sous le numéro 122137. Aux États-Unis, Pyrford est inscrite en tant que conseiller en placement auprès de la Securities and Exchange Commission. En Australie, Pyrford est exemptée de l’obligation de détenir un permis de services financiers en vertu de la loi sur les sociétés à l’égard des services financiers qu’elle offre aux investisseurs institutionnels en Australie. Au Canada, Pyrford est inscrite en tant que gestionnaire de portefeuille en Alberta, en Colombie-Britannique, au Manitoba, en Ontario et au Québec. Pyrford est une filiale en propriété exclusive de BMO Groupe financier, société cotée à la Bourse de Toronto (sous le symbole BMO).

BMO Gestion mondiale d’actifs est une société membre de BMO Groupe financier, une marque de service de la Banque de Montréal (BMO). Certains des produits et services offerts sous le nom de BMO Gestion mondiale d’actifs sont conçus spécialement pour différentes catégories d’investisseurs dans un certain nombre de pays et de régions. Ces produits et services ne sont offerts qu’aux investisseurs établis dans ces pays et régions, conformément aux lois et règlements pertinents.

BMO Gestion de patrimoine est le nom sous lequel BMO Harris Bank N.A. et certaines de ses sociétés affiliées offrent divers services bancaires, ainsi que divers produits et services de placement, de conseil en placement, de fiducie, de titres, d’assurance et de courtage. Les produits et services ne sont pas tous offerts dans chaque État ou territoire américain. Les titres et les produits d’assurance offerts NE SONT PAS ASSURÉS PAR LA FDIC, NE SONT PAS GARANTIS PAR LA BANQUE, NE CONSTITUENT PAS UN DÉPÔT ET PEUVENT PERDRE DE LA VALEUR.

Divulgation des risques

Le présent document est une publication de nature commerciale et un outil de promotion financière. Il n’a pas été préparé conformément à des exigences juridiques visant à favoriser l’indépendance des recherches sur les placements et n’est assujetti à aucune interdiction de conclure des opérations avant la diffusion de recherches sur les placements.

Les placements et les stratégies de placement dont il est question ne conviennent pas, et ne s’appliquent pas, à tout le monde. Tous les placements comportent des risques et sont exposés à la perte de capital. De plus, l’obtention d’un rendement positif n’est garantie pendant aucune période. Le rendement passé n’est pas garant du rendement futur. Les rendements indiqués dans le document peuvent ne pas être dans la monnaie du pays de résidence de l’investisseur. Les rendements réels peuvent augmenter ou diminuer sous l’effet des fluctuations des changes. Les dividendes ne sont pas garantis et sont susceptibles de changer ou de ne pas être versés. Il n’est pas possible d’investir dans un indice.

Le contenu de ce document est présenté à titre d’information générale et ne se veut pas une analyse complète de tous les faits importants relatifs à une entreprise, un secteur d’activité ou un titre. Les opinions qui y sont exprimées correspondent à notre compréhension en date d’aujourd’hui et sont susceptibles d’évoluer. L’information a été obtenue de sources jugées fiables, mais nous ne pouvons en garantir l’exactitude. Le contenu peut comporter des énoncés prospectifs et les investisseurs sont priés de ne pas se fier indûment à ces énoncés, car les résultats prévus peuvent être nettement différents des résultats réels en raison de divers risques et incertitudes.

Le présent document ne constitue pas un conseil en placement ni une approbation en faveur d’un placement donné. Il ne tient pas compte des objectifs de placement spécifiques, de la situation financière, ni des besoins particuliers de toute personne susceptible d’en recevoir un exemplaire. L’investisseur doit s’informer de l’opportunité d’investir dans les titres ou les stratégies de placement qui sont abordés ou recommandés dans le présent exposé, et il doit savoir que les résultats annoncés peuvent ne pas se concrétiser. Les conditions et les tendances des marchés peuvent fluctuer. La valeur d’un placement et le revenu associé à un placement peuvent augmenter ou diminuer. L’investisseur peut donc récupérer moins que sa mise initiale. L’investissement étranger comporte des risques particuliers en raison de facteurs comme une volatilité accrue, des fluctuations de change et des incertitudes politiques.

Articles sur des sujets connexes

No posts matching your criteria