Actions mondiales et internationales

Inflation temporaire ou soutenue?

C’est la question qui continue de surplomber les marchés.
Juin 2021

C’est la question qui continue de surplomber les marchés. Les banques centrales ont tenu obstinément à défendre la première option. Par exemple, Richard Clarida, de la Réserve fédérale, a souligné les facteurs temporaires, comme les effets de base et les goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement, qui expliquent la récente hausse de l’inflation. Il s’attend à ce que l’inflation revienne à 2 % en 2022 et en 2023. Cependant, ces données tiennent peu compte de la demande. Les énergiques mesures budgétaires aux États-Unis ont entraîné une hausse du revenu disponible, qui est encore 12 % supérieur aux niveaux d’avant la pandémie. Les sommes d’argent économisées dans les dépôts de détail (M2) sont approximativement 20 % plus importantes que l’an dernier. Ces facteurs expliquent sans doute pourquoi les pressions inflationnistes aux États-Unis sont beaucoup plus fortes que dans le reste des pays développés, qui font également face à des pénuries d’offre et à des effets de base exagérés. Les plus récentes données ont fait état d’une croissance de 4,2 % de l’IPC aux États-Unis, contre seulement 1,6 % dans l’Union européenne (UE), 1,5 % au Royaume-Uni, -0,4 % au Japon, 3,2 % au Canada et 1,1 % en Australie.

Bien entendu, les discussions sur la réduction des mesures de relance se poursuivront à mesure que l’économie se redressera. La Banque du Canada a été la première grande banque centrale à annoncer une réduction de son programme d’achat d’obligations, qui est passé de 4 G$ CA à 3 G$ CA par semaine. La Banque d’Angleterre a ensuite réduit ses achats hebdomadaires d’obligations d’État, les faisant passer de 4,4 G£ à 3,4 G£. Le programme d’achat d’obligations de la Banque d’Angleterre de 150 G£ devrait prendre fin d’ici la fin de 2021. Toutefois, la Fed et la Banque centrale européenne n’ont signalé aucun changement au rythme de l’expansion de leur bilan. La Fed achète actuellement 80 milliards de dollars d’obligations du Trésor par mois et ne prévoit pas de réduire la cadence avant la deuxième moitié de 2022.

Des programmes de mises à pied temporaires faussent les données du marché du travail

L’argument voulant que l’inflation soit temporaire est raisonnable, étant donné que l’inflation soutenue n’a eu lieu dans le passé que lorsque la majeure partie de l’excédent de capacité de l’économie s’est érodé. À première vue, il semble qu’il reste une bonne marge de manœuvre avant que l’économie ne soit confrontée à des contraintes d’approvisionnement. Aux États-Unis, environ 6 millions de personnes de moins occupent un emploi par rapport aux niveaux prépandémiques. En Europe et au Royaume-Uni, des millions de personnes demeurent mises à pied. Il est donc étrange que des pénuries de main-d’œuvre soient signalées dans les pays développés. Alors que les secteurs des services commencent à rouvrir, les employeurs cherchent à embaucher à un rythme record.

Toutefois, jusqu’à présent, l’offre de main-d’œuvre n’a pas été en mesure de répondre à cette hausse de la demande. Les offres d’emploi aux États-Unis ont atteint un sommet record de 8,1 millions en mai, mais les emplois non agricoles au début du mois n’ont augmenté que de 266 000, ce qui est bien inférieur aux 978 000 emplois prévus. En Allemagne, en France et en Italie, les postes vacants sont maintenant supérieurs au niveau d’avant la pandémie. Les économistes et les politiciens ont présenté quelques raisons pouvant expliquer la pénurie de main-d’œuvre. Tout d’abord, les généreuses mesures aux États-Unis ont probablement dissuadé les chômeurs de recommencer à chercher du travail. En guise de réponse, au moins 24 États ont prévu de supprimer le programme de prestations supplémentaires du gouvernement fédéral, qui verse actuellement 300 $ de plus par semaine aux chômeurs. De la même manière, en Europe, les programmes de mises à pied provisoires pourraient empêcher les travailleurs de rompre leurs liens avec leur employeur actuel et de changer d’emploi. Le Royaume-Uni a connu un exode des citoyens de l’UE et d’autres travailleurs internationaux après le début de la pandémie, ce qui exacerbe la pénurie. Si les pénuries sont bel et bien le résultat des mesures de soutien budgétaire relatives à la pandémie, elles devraient bientôt se résorber, car ces programmes seront graduellement réduits d’ici la fin de l’année. Cependant, le nombre de travailleurs ayant définitivement quitté le marché du travail à cause de la pandémie reste à confirmer. Une contraction importante de la main-d’œuvre pourrait créer les conditions propices à une pression à la hausse sur les salaires et, au bout du compte, à une inflation soutenue.

La reprise au Japon a stagné et accuse maintenant un retard par rapport au reste des économies avancées. Les données les plus récentes sur l’indice des directeurs d’achats pour le mois de mai en témoignent. L’indice composé des directeurs d’achats est passé à 63,5 aux États-Unis, à 62 au Royaume-Uni, à 58 en Australie, à 60 au Canada et à 57 dans l’UE, ce qui signale une expansion dans les secteurs de la fabrication et des services. Le Japon, cependant, a vu l’indice se contracter, passant de 50,1 à 48,1. Cela correspond aux derniers chiffres sur le PIB pour le premier trimestre, qui montrent une croissance négative de 1,3 %. Le principal facteur ayant contribué à ce recul a été la consommation des particuliers dans le secteur des services, qui a reculé de 2,6 % au dernier trimestre, alors que le pays luttait contre sa quatrième vague d’infections.

Le Japon fait partie d’un petit nombre de pays asiatiques (Malaisie, Thaïlande, Népal) qui ont atteint des sommets de nouveaux cas quotidiens en mai. L’état d’urgence actuel, qui a été déclaré au début de l’année, devrait se terminer à la fin de mai. Ces prévisions reposent sur l’avancement du taux de vaccination. Le Japon n’a commencé à vacciner sa population âgée qu’au début du mois et a maintenant vacciné 6 % de sa population totale. Malheureusement, ce retard a accentué l’incertitude entourant les Jeux olympiques de 2021. De nombreux commanditaires réclament maintenant l’annulation des Jeux, ce qui porterait un autre coup dur à l’effort de redressement post-COVID.

Une meilleure valeur hors des États-Unis?

Les marchés boursiers ont progressé malgré les inquiétudes liées à l’inflation, qui ont entraîné un décrochage des actions plus tôt au cours du mois. Depuis les ventes massives d’il y a un an, les actions ont dépassé les niveaux d’avant la crise. Par conséquent, les valorisations boursières sont élevées, et de nombreux investisseurs se demandent si la reprise se poursuivra.

Étant donné les valorisations élevées, la tendance à la hausse repose principalement sur la croissance soutenue des bénéfices. L’épargne élevée des ménages, les mesures de relance budgétaire robustes et l’optimisme à l’égard de la réouverture complète des économies confortent l’opinion selon laquelle les bénéfices resteront solides en 2021 et en 2022. Cependant, une grande partie de cette croissance semble prise en compte dans les valorisations aux États-Unis, mais moins à l’extérieur des États-Unis en raison du retard dans le déploiement des campagnes de vaccination.

Plus récemment, l’attention des investisseurs s’est portée vers la zone euro, stimulée par l’émergence d’une récession à double creux provoquée par la pandémie et par le déploiement par les États membres de vaccins contre le coronavirus, après un début tardif imputable à la pénurie d’approvisionnement et à la faible participation du public. Les perspectives haussières reposent sur l’hypothèse que l’économie de la zone euro commencera à se redresser plus rapidement au cours des prochains mois, à mesure que la reprise après la pandémie s’accélérera.

Pour le moment, les inquiétudes liées à la réduction des mesures de relance ont été apaisées, car les dirigeants de la Fed ont insisté à maintes reprises pour dire qu’ils passeront outre ce qu’ils considèrent comme une hausse passagère de l’inflation et qu’ils continueront à soutenir la reprise aux États-Unis. En effet, la crainte d’un choc des taux d’intérêt en 2021 s’est dissipée dernièrement. L’apaisement offert par les banques centrales sur les marchés obligataires a atténué les craintes et aidé l’indice de référence des obligations du Trésor américain à 10 ans à terminer le mois à 1,58 %, soit 7 pdb de moins qu’à la fin du mois précédent. La durée de cette période d’apaisement reste à déterminer. Les actions surévaluées, les obligations à long terme et les économies très endettées demeurent les plus à risque d’être affectées par un choc des taux d’intérêt.

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