Marchés émergents

Les « investisseurs brillants » se tournent-ils vers les marchés émergents?

Dans le but d’améliorer la qualité de la diversification dans les portefeuilles de placement institutionnel, Rishikesh Patel, directeur de portefeuille, LGM Investments de BMO, plaide en faveur de l’ajout d’une exposition à des titres à faible volatilité des marchés émergents, ou de son augmentation.
Avril 2019

Rishikesh Patel

Gestionnaire de portefeuille, LGM Investments Limited

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Dans le but d’améliorer la qualité de la diversification dans les portefeuilles de placement institutionnel, Rishikesh Patel, directeur de portefeuille, LGM Investments de BMO, plaide en faveur de l’ajout d’une exposition à des titres à faible volatilité des marchés émergents, ou de son augmentation.

 

Le monde migre vers les ME

Au cours des dernières années, le statu quo des marchés boursiers internationaux – qui considéraient que les pays émergents ne représentent que 10 % des parts de marché mondiales,¹ même s’ils contribuent plus de 60 % de la production économique mondiale² – a lentement commencé à se désagréger. Les mouvements de capitaux ont commencé à se déplacer, puisqu’un nombre croissant d’investisseurs institutionnels ont commencé à admettre qu’une exposition insuffisante aux ME peut mener, et mènera presque certainement, à des occasions manquées en matière de surperformance.

Dans le cadre de ce repositionnement, les indices ont eu moins tendance à sous-pondérer les sociétés établies dans les pays émergents sous prétexte d’un manque de transparence, d’institutions indépendantes ou de volonté de se conformer aux normes réglementaires étrangères. Même au sein de l’univers des marchés émergents, le besoin de mieux refléter les réalités du commerce mondial a conduit l’indice MSCI Marchés émergents à ajouter 250 émetteurs d’actions chinoises de catégorie A dans sa construction indicielle entre juillet et octobre 2018, bien qu’avec une pondération de 5 %.³ Au fur et à mesure de l’augmentation de la pondération des actions chinoises de catégorie A au sein de l’indice MSCI pendant l’année et de l’ajustement des marchés à la représentation proportionnelle, le fossé avec la contribution des ME à l’économie mondiale pourrait être comblé par les flux de capitaux.

Le choix de vos places au sein des pays des marchés émergents

MSCI définit 24 pays comme ME, tous différents en taille, compétences et potentiel économique; il peut donc être difficile de trouver une répartition qui correspond au profil de risque de chaque investisseur. Pour l’instant, la Chine occupe presque un tiers de l’indice MSCI Marchés émergents; cependant, la pondération des actions chinoises de catégorie A aura passé de 5 % à 20 % d’ici la fin de l’année, puisque 254 actions à grande capitalisation et 168 actions à moyenne capitalisation auront été ajoutées.⁴ Le résultat net : un fonds indiciel passif pourrait avoir une exposition de 45 % à des actions chinoises (en supposant une inclusion complète); on peut donc s’interroger sur la prudence de voir presque la moitié d’un portefeuille de marchés émergents axé sur la croissance investie dans un seul pays.

Pour mieux comprendre pourquoi il vaut mieux être proactif dans le choix de vos placements au sein des ME, réfléchissez aux réalités opposées de l’Inde et de la Chine, qui représentent à elles deux un tiers de la population mondiale et plus de 40 % de l’univers de placement dans les ME.² La Chine a une économie fermée qui compte de nombreux champions nationaux, comme Alibaba, Tencent et Baidu, alors que l’Inde s’appuie sur de fortes institutions démocratiques, qui comptent de multiples partis politiques et un système judiciaire indépendant, afin de créer un environnement intéressant pour les grandes marques mondiales (p. ex. Unilever, Nestlé, Colgate et Siemens). La volonté de reconnaître ce qui différencie chaque pays, d’incorporer ces différences dans votre processus de placement et d’adopter une approche active en matière de répartition de l’actif est le secret de l’évaluation des risques sectoriels et macroéconomiques dans chaque pays.

 

Perspective à court terme

Même si l’économie mondiale a semblé entrer dans la dernière partie d’un cycle à la fin de 2018, le marché haussier s’est prolongé en janvier lorsque le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé que les taux d’intérêt ne suivaient pas une politique préétablie de normalisation, laquelle pouvait être interrompue si les conditions économiques le nécessitaient. Cette annonce a provoqué une poussée d’adrénaline chez les investisseurs, étant donné que la Fed avait auparavant prévu de multiples hausses en 2019 et au-delà. Après la disparition des attentes sur les hausses cette année et une seule prévue en 2020, il est compréhensible de voir les investisseurs réagir avec enthousiasme dans les ME et dans les marchés développés.

De plus, les États-Unis et la Chine s’approchent d’une résolution bilatérale du conflit commercial, ce qui revigorerait les économies des deux pays en levant l’équivalent de 250 milliards de dollars de tarifs sur les importations chinoises et donc en aidant à repousser la transition vers les dernières étapes du cycle économique. Certains investisseurs travaillent peut-être déjà en fonction de cette thèse de placement, si l’on en croit les mouvements de fonds canadiens et américains vers les ME, qui ont augmenté de 308 millions de dollars et de 24 milliards de dollars, respectivement, depuis le début de l’année.⁵

Pour en revenir à la suspension de la hausse des taux, les pays qui ont émis des titres de créance en dollars américains sont particulièrement sensibles aux changements de politique de la Fed en matière de taux directeur, surtout s’ils affichent un « double déficit » sur le plan budgétaire interne et sur le plan de la balance des paiements courante. Une légère augmentation peut avoir des répercussions sur les marchés financiers mondiaux, en augmentant et en s’amplifiant jusqu’à assécher les liquidités et hausser les coûts d’emprunt de la nation débitrice. Dans ce cas, l’inverse est tout aussi vrai, parce que la décision de la Fed de prolonger le cycle a un effet positif sur les perspectives des marchés émergents.

Perspective à plus long terme

Pour la plupart des investisseurs institutionnels ayant un horizon de placement qui dépasse largement une année, la volatilité peut être une alliée. Par exemple, lorsque le peso et le marché boursier mexicains ont dégringolé le lendemain de la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines de 2016, ce recul a de fait été un Vendredi noir pour les directeurs de portefeuille ayant une approche à long terme du placement. Les mêmes titres se sont négociés avec un rabais de 20 %, ce qui veut dire que l’aptitude à résister à l’impulsion du moment s’est traduite directement par un meilleur rendement.

Cependant, comme on l’a dit précédemment, il peut être dangereux de traiter les ME comme un bloc de monnaies et de pays homogène. La Turquie est un exemple parfait de la vulnérabilité au risque de taux d’intérêt, puisque c’est une économie dépendante des importations où sont installées de nombreuses banques et sociétés dont la dette est libellée en euros ou en dollars américains. Sans revenu en dollars suffisant pour honorer ces obligations, le pays allait tôt ou tard devoir faire face à ses créditeurs internationaux, tout comme l’Indonésie, qui était aussi dépendante d’événements dans les marchés développés parce que ses marchés de titres de créance ont besoin de fonds externes pour rester financés. L’existence d’un double déficit est un problème persistent – des Tigres asiatiques dans les années 1990 (Hong Kong, Singapour, Corée du Sud, Taïwan), aux pays européens en difficulté en 2013 (Portugal, Italie, Grèce et Espagne), aux cinq économies « fragiles » plus récemment (Turquie, Afrique du Sud, Inde, Indonésie et Brésil) – et il ne montre aucun signe de résolution.

Cependant, que ce soit grâce au secteur chinois de la technologie ou au secteur indien des services, les économies des ME progressent dans la chaîne de valeur grâce au lien de corrélation directe avec la hausse du revenu par habitant, ce qu’une majorité des économistes auraient précisément prédit, étant donné les circonstances. C’est un cas d’école de développement économique, et les conséquences sont particulièrement évidentes en Chine, dont le produit intérieur brut (PIB) devrait dépasser celui des États-Unis dans quelques années, parallèlement au nombre de sociétés, de milliardaires et de doctorats dans le domaine des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).⁶ La Chine lance même un défi à la présence des États-Unis dans le monde en investissant dans la construction et l’exploitation de 42 ports dans 34 pays, dans le cadre de son projet « Une ceinture, une route ».

Les chiffres sont aussi très parlants pour l’ensemble des marchés émergents : Environ 86 % de la population mondiale vit dans un pays considéré comme un marché émergent ou frontalier,¹ et dans ces pays, la population est généralement plus jeune. Environ 60 % du PIB mondial est produit dans les pays des marchés émergents,¹ et pourtant leur part de la capitalisation boursière mondiale n’est que de 10 %.² Cependant, au fur et à mesure que le revenu par habitant des pays des marchés émergents passe de son niveau actuel, entre 5 000 $ à 6 000 $ (moins pour les pays fortement peuplés), et se rapproche des 50 000 $ des économies avancées,² une augmentation correspondante de la consommation nationale comblera probablement le fossé, ce qui profitera aux sociétés – et aux investisseurs – qui font affaire dans ces régions.

L’importance de l’envergure mondiale et de l’expertise locale

Bien qu’une pondération indicielle plus importante soit une évolution globalement positive pour la Chine, le besoin de stratégie active dirigée par une équipe de placement mondiale n’a jamais été plus fort. Après tout, les indices parlent du passé, c’est pourquoi les sociétés, les pays et les secteurs qui ont déjà enregistré de bons résultats ont tendance à dominer l’indice, alors que l’investissement – dans sa forme la plus pure – se projette dans l’avenir. Une partie de notre processus consiste à disperser dans le monde une équipe de placement expérimentée : ses membres parlent les langues locales, rendent visite en personne aux équipes de direction et recueillent des renseignements pour des décisions de répartition de l’actif raisonnées. Étant donné le nombre peu élevé de sociétés des ME qui rédigent des rapports trimestriels bilingues, cette stratégie a pour but de découvrir des occasions de placement intéressantes qui ajoutent de la variété à votre portefeuille de placement.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez visiter notre site Web ou communiquer avec votre représentant local – Investisseurs institutionnels.

Avis juridique

  1. « GDP Based on PPP, Share of World », DataMapper, Fonds monétaire international.
  2. Indice MSCI Marchés émergents.
  3. Almost 250 China-listed shares added to MSCI Emerging Market index », Reuters, 15 mai 2018.
  4. « MSCI will increase the weight of China A shares in MSCI Indexes, MSCI », 28 février 2019.
  5. Financière Banque Nationale et Bloomberg.
  6. June Lui, BMO Gestion mondiale d’actifs, « BMO Catégorie Chine élargie. »

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