Les possibilités de placement durables dans le monde d’après la pandémie

Alors que la pandémie de coronavirus refaçonne les marchés et les économies sous-jacentes, comment les investisseurs devraient-ils gérer le risque de catastrophe, compte tenu de la nécessité d’une croissance plus forte?
Août 2020
Nick Henderson

Nick Henderson

Directeur général et directeur de portefeuille, Fonds d’actions mondiales responsables

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Alors que la pandémie de coronavirus refaçonne les marchés et les économies sous-jacentes, comment les investisseurs devraient-ils gérer le risque de catastrophe, compte tenu de la nécessité d’une croissance plus forte? Selon le chevronné gestionnaire de portefeuille Nick Henderson, la réponse repose sur le développement durable – une approche qui gagne rapidement en popularité parce qu’elle favorise en soi la qualité, la robustesse et la plus-value en capital à long terme.

Un des bons côtés du chaos

Pendant des décennies, les partisans de l’investissement responsable ont lutté contre les perceptions erronées voulant que leurs stratégies nuisent au rendement. Or, la recherche a amplement prouvé le contraire : les données montrent en fait que les entreprises ayant une note ESG plus élevée engendrent généralement de meilleurs rendements corrigés du risque à long terme. Pourtant, malgré les preuves qui s’accumulent, des investisseurs continuent de croire que le fait de prioriser les critères de durabilité comporte un coût inévitable.

La réaction du marché à la COVID-19 a mis en évidence ce mythe. À la fin de mars, l’indice MSCI Monde était en baisse de 4 % sur une période mobile de 12 mois, tandis que la stratégie Actions mondiales à perspectives durables de BMO progressait de 2,5 %.1 La stratégie a inscrit un rendement supérieur durant le repli et a également surpassé l’indice de référence à long terme.

Ce que de plus en plus d’investisseurs commencent à reconnaître, c’est que les « possibilités de placement durables » correspondent en réalité à un certain type d’entreprise : les entreprises en croissance de grande qualité qui sont positionnées pour tirer avantage des changements structurels à long terme au sein de l’économie. En tant que gestionnaire de portefeuille de la stratégie, je crois fondamentalement que celle-ci peut se mesurer à n’importe quel autre fonds d’actions mondiales; c’est pourquoi nous comparons notre rendement à l’indice mondial général plutôt qu’à un indice composé propre aux facteurs ESG.

Rendement annualisé de la stratégie par rapport à l’indice de référence ($ CA, avant déduction des frais)

Annualized return of the strategy compared to the benchmark

Source : BMO Gestion mondiale d’actifs, au 31 mars 2020. Indice de référence : indice MSCI Monde. Date de création de la stratégie Actions mondiales à perspectives durables de BMO : 28/04/2016.

Nos critères d’inclusion et d’exclusion

Cela dit, la stratégie vise à déterminer, en vue d’y investir, les entreprises qui se préoccupent – ou qui peuvent être convaincues de se préoccuper – d’un ou de plusieurs des nombreux enjeux liés au développement durable dans le monde. Bien que notre approche soit généralement positive, nous commençons par des exclusions. La première étape du rétrécissement de l’univers de placement consiste à éviter les sociétés dont les pratiques commerciales sont dommageables ou contraires au développement durable, comme les fabricants de tabac, d’alcool et d’armes, ainsi que les entreprises de :

  • prospection, traitement, raffinage ou distribution de charbon, de pétrole ou de gaz;
  • production ou transport d’électricité à l’aide de combustibles fossiles;
  • transport de gaz naturel liquéfié.
Une fois terminée l’étape des exclusions, nous mettons en application une philosophie à deux volets, le placement et l’amélioration. Au moyen d’un processus de placement rigoureux et d’une grande fiabilité, nous choisissons les sociétés qui apportent une contribution positive à la société et à l’environnement, et ce, tout en conservant une situation financière saine. En collaboration étroite avec l’équipe Investissement responsable de BMO, nous recherchons des avantages concurrentiels, des facteurs de croissance à long terme, des caractéristiques de durabilité et une équipe de gestion qui a fait ses preuves et est apte à remplir ses obligations. À partir d’un groupe d’environ 5 000 actions, nous dressons une liste de surveillance de 80 à 100 titres et investissons uniquement dans un portefeuille de 30 à 50 titres soigneusement pondéré en fonction du risque. 

Notre philosophie nous conduit également à conserver ces placements à long terme, en faisant confiance à la croissance à taux composé des bénéfices pour obtenir un profil de rendement plus attrayant au fil du temps. Même en période de volatilité extrême, nous ne dérogeons pas à nos principes. La récente faiblesse du marché a créé des occasions dont nous avons profité pour prendre position dans des sociétés de grande qualité ayant des valorisations plus attrayantes, mais nous le faisons avec rigueur et nous nous attendons à ce que le taux de rotation de notre portefeuille reste dans une fourchette de 20 % à 30 % par an.

Au cours des derniers mois, le marché s’est rééquilibré au profit de secteurs que notre stratégie surpondérait déjà, comme la santé. Bon nombre de nos titres ont profité de cette rotation, mais il est important de noter que ce ne sont pas les secousses provoquées à court terme par le coronavirus qui ont dicté nos choix. Dans le secteur de la santé, nous observons des facteurs favorables à long terme comme le vieillissement de la population, l’obésité et l’insuffisance des finances publiques. Nous voyons dans ces tendances une occasion d’investir et, surtout, nous croyons que le secteur privé peut se faire une place et innover dans ce domaine.

Pensez à Thermo Fisher Scientific, un fabricant d’instruments médicaux pour les laboratoires nord-américains, qui a commencé à travailler à des outils de diagnostic afin de réduire la durée des tests de dépistage du coronavirus. Ou encore à CSL, une autre entreprise en portefeuille, qui prélève des échantillons de plasma sanguin auprès de patients atteints de la COVID-19 pour aider à la mise au point de traitements ou éventuellement d’un vaccin. Même l’une de nos positions dans le secteur du gaz industriel, Linde, trouve des moyens de faire sa part, en continuant de fournir aux hôpitaux l’oxygène nécessaire au traitement des patients infectés. Dans l’ensemble de la stratégie, la surpondération de la santé et la sélection d’actions reposant sur de fortes convictions ont produit des résultats positifs.

Coup d’œil de plus près sur le « G » des facteurs ESG

Notre philosophie comporte un volet amélioration parce que nous croyons dans le rôle actif que les actionnaires peuvent jouer. Nous considérons qu’il est de notre devoir de nouer le dialogue avec les sociétés dans lesquelles nous investissons pour favoriser un changement positif. En tant qu’actionnaires, nous discutons de façon proactive des risques émergents qui sont liés aux changements climatiques, à l’urbanisation, aux infrastructures, à l’agriculture et à l’égalité entre les sexes – n’importe quel défi relatif au développement durable que l’entreprise peut relever pour améliorer sa structure de gouvernance.

Par exemple, nous avons obtenu d’excellents résultats avec Hoya Corp., un fabricant japonais de verre avec lequel nous discutons depuis le début de 2019. Après de longues discussions avec la société, elle a fini par reconnaître que sa chaîne d’approvisionnement assurée par une tierce partie était en quelque sorte un angle mort pour elle. En l’espace de quelques mois, la société a créé un comité sur les facteurs ESG afin d’accroître la transparence des conditions de travail et des autres questions de durabilité au sein de son organisation. Il s’agissait d’une véritable expérience de collaboration qui a permis à la société de s’acquitter de sa responsabilité sociale, tout en gérant les risques de baisse liés à la sécurité au travail et à toute mesure corrective qui aurait pu être requise.

Si nous examinons les quatre derniers mois en particulier, je dirais que Microsoft se démarque. La société tire des bénéfices prévisibles de ses produits à revenus récurrents, son équipe de direction a fait ses preuves et elle dispose de réserves abondantes pour les temps difficiles. Comme les investisseurs ont grandement besoin d’être rassurés actuellement, des sociétés comme Microsoft apportent une certaine tranquillité d’esprit. Un exemple moins connu est Descartes Systems, une société canadienne de technologie qui jouit d’un immense potentiel de croissance. Elle travaille avec des entreprises de logistique pour optimiser les itinéraires des véhicules de livraison, réduire le temps passé sur la route, économiser du carburant et réduire ainsi les émissions de carbone. C’est une entreprise bien gérée dans laquelle nous pouvons avoir confiance en ces temps extrêmement tumultueux.

Pour faire contrepoids à notre processus de placement, toutefois, nous restons prudents à l’égard des éventuels « pièges du développement durable ». Nous n’avons pas pour règle de poursuivre des objectifs environnementaux, sociaux ou de gouvernance à n’importe quel prix, sans tenir compte de la dynamique concurrentielle au sein du secteur d’activité, des barrières à l’entrée et d’autres facteurs de ce genre. Nous nous efforçons plutôt de discerner les entreprises qui ont leur destin en main, ce qui explique peut-être pourquoi la stratégie a mieux fait que le marché durant le repli en mars et depuis lors également.

Un changement profond dans les attitudes des entreprises

Au sein des entreprises, on connaît de mieux en mieux les risques financiers extrêmes associés aux changements climatiques et on y est de plus en plus sensibilisé. Les entreprises découvrent les répercussions potentielles et, dans plusieurs secteurs d’activité et régions, des sociétés de premier ordre commencent à prendre des mesures plus radicales.

En Allemagne, SAP s’est engagée à aligner sa stratégie d’affaires sur une hausse maximale de 1,5 °C de la température mondiale. Par ailleurs, VF Corp., la propriétaire de Timberland, de The North Face et d’autres marques, a annoncé qu’elle adopterait des cibles d’émissions fondées sur les données scientifiques conformément à l’Accord de Paris sur le climat, tandis que Microsoft a déclaré qu’elle atteindrait la neutralité carbone d’ici à 2030. Objectif encore plus ambitieux, Microsoft a annoncé son intention d’éliminer ses émissions de carbone à vie d’ici à 2050, en compensant son empreinte accumulée depuis sa fondation en 1975. Sachant que la technologie nécessaire pour atteindre cet objectif n’existe pas à l’heure actuelle, la société s’est également engagée à consacrer une partie de ses activités de recherche et de développement à cette tâche.

La COVID-19 soulève également d’intéressants nouveaux défis. Les consommateurs ont délaissé les emballages à base de plastique, mais les ventes de pain, de charcuterie et de fromage préemballés ont augmenté de 54 % en avril par rapport à l’année précédente, la peur de la contamination ayant entraîné un renversement du comportement des consommateurs. Les consommateurs se sentaient naturellement plus en sécurité lorsqu’ils achetaient des aliments déjà emballés plutôt qu’en vrac, tout comme ils avaient raison d’acheter une plus grande quantité d’équipement de protection individuelle jetable. Les inconvénients sont cependant évidents. Chaque année, huit millions de tonnes de plastique à usage unique se retrouvent dans nos océans, et l’on estime qu’en 2050, l’océan pourrait contenir plus de plastique que de poissons.

Smurfit Kappa Group, une entreprise irlandaise du secteur des emballages en papier, tente de résoudre ce problème en proposant des solutions de rechange viables. Malgré le pas en arrière auquel on assiste maintenant à cause de la peur de la contamination, nous pensons que les perspectives de croissance de la société à long terme sont très bonnes. Les clients ont montré qu’ils étaient prêts à délaisser le plastique, et cette tendance est considérée comme étant bénéfique à long terme non seulement pour la santé de la vie marine, mais aussi pour les actionnaires de Smurfit Kappa.

Un bon conseil

Un autre facteur qui favorise les possibilités de placement durables est la composition du milieu des placements, qui a fondamentalement changé. Les actionnaires plus jeunes souhaitent aligner leurs engagements financiers sur leurs valeurs personnelles et cela a entraîné une croissance importante du nombre et de la variété des stratégies offertes par les canaux pour investisseurs institutionnels et particuliers.

Bien que nous soyons naturellement très favorables à cette progression de l’investissement responsable, une certaine prudence est également de mise. Les investisseurs institutionnels doivent se méfier de l’écoblanchiment, phénomène qui consiste, pour un gestionnaire de fonds, à se découvrir une sensibilité pour les facteurs ESG, sans nécessairement adopter les meilleures pratiques du secteur. Pour exercer une véritable influence, il faut un tiers de confiance qui possède l’expérience et les ressources intellectuelles nécessaires pour évaluer correctement les placements.

Mes collègues et moi sommes chanceux d’avoir accès à l’équipe Investissement responsable de BMO, un groupe de 19 professionnels qui ont des connaissances spécialisées sur l’ensemble des enjeux ESG. En nous appuyant sur leur expertise, ainsi que sur notre propre analyse rigoureuse des sociétés, nous pouvons avoir la certitude extraordinaire que notre portefeuille est un portefeuille d’actions diversifié de 30 à 50 titres, incluant certaines des meilleures sociétés au monde qui s’attaquent aux problèmes de durabilité à long terme, et nous sommes ravis que Morningstar ait décerné cinq « globes » du développement durable au fonds[1] Nous savons que notre participation à la hausse sera élevée durant les périodes favorables et nous savons aussi que, pendant les périodes d’incertitude comme celle amorcée en mars, nos placements seront positionnés de manière à produire des résultats supérieurs dans le futur.

Pour en savoir plus sur l’engagement ferme de BMO Gestion mondiale d’actifs à l’égard des placements ESG – notamment son approche IR consciencieuse et son vaste éventail de fonds ESG à gestion active –, veuillez communiquer avec votre représentant régional – Investisseurs institutionnels, BMO Gestion d’actifs.

Divulgations

Ne pas diffuser à l’extérieur du Canada.

Certains des produits et services offerts sous le nom BMO Gestion mondiale d’actifs sont conçus spécifiquement pour différentes catégories d’investisseurs issus d’un certain nombre de pays et de régions, et peuvent ne pas être accessibles à tous les investisseurs. Les produits et les services sont offerts seulement aux investisseurs des pays et des régions où les lois et règlements applicables l’autorisent.

La présente communication constitue une source générale d’information. Elle n’est pas conçue comme une source de conseils juridiques, fiscaux ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements particuliers ou les stratégies de négociation doivent être évalués en fonction de la situation de chaque investisseur. Il est recommandé aux particuliers de demander l’avis de professionnels compétents au sujet d’un placement précis. Le rendement passé ne garantit pas le rendement futur.

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives. Concernant les déclarations prospectives, l’investisseur doit examiner attentivement les éléments de risque décrits dans la version la plus récente du prospectus simplifié.

Les placements dans les fonds d’investissement peuvent être assortis de commissions, de commissions de suivi, de frais de gestion et d’autres frais. Veuillez lire l’aperçu du fonds ou le prospectus du fonds avant d’investir. Les fonds d’investissement ne sont pas garantis, leur valeur fluctue fréquemment et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur.

Les fonds d’investissement BMO sont offerts par BMO Investissements Inc., un cabinet de services financiers et une entité distincte de la Banque de Montréal.

BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc., BMO Investissements Inc., BMO Asset Management Corp., BMO Asset Management Limited et les sociétés de gestion de placements spécialisées de BMO.

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