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Placements non traditionnels liquides : occasions et risques

Un actif assorti d’un taux de rendement attendu positif et d’une faible corrélation avec les placements existants peut renforcer les résultats à long terme d’un portefeuille, au moyen principalement de la réduction de la volatilité.
Septembre 2020

Cet été, la valeur des titres de créance assortis de taux négatifs a dépassé les 15 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale; pour générer un rendement, les investisseurs regardent donc au-delà des catégories d’actif traditionnelles et des stratégies en positions acheteur seulement. Un actif assorti d’un taux de rendement attendu positif et d’une faible corrélation avec les placements existants peut renforcer les résultats à long terme d’un portefeuille, au moyen principalement de la réduction de la volatilité. Cette approche peut s’avérer difficile à mettre en œuvre dans un monde de plus en plus interdépendant et corrélé, au sein duquel les liquidités abondent, les investisseurs étant en quête de rendement. Cependant, un bassin grandissant de stratégies non traditionnelles liquides a vu le jour pour répondre à la demande des investisseurs en matière de nouvelles sources de rendement et de diversification. Dans ce numéro de notre série de mini-forums, nous présentons les occasions et les risques associés à ces stratégies.

La quête de diversification : occasions liées aux placements non traditionnels liquides

Les placements non traditionnels liquides visent à offrir les caractéristiques de risque et de rendement des placements non traditionnels, comme les fonds de couverture, au moyen d’instruments très liquides et principalement négociés en bourse, ce qui permet aux investisseurs de profiter de sources de rendement non traditionnelles. Par exemple, les investisseurs peuvent prendre des positions vendeur sur des actions ou une duration obligataire dans le but de tirer parti de la baisse des marchés boursiers ou de la hausse des taux d’intérêt. Les placements non traditionnels liquides comprennent un éventail de styles de placement ayant une corrélation faible à négative avec les placements traditionnels sur l’ensemble des marchés financiers. C’est ce qui les rend intéressants aux yeux de ceux qui visent la diversification de leur portefeuille.

Les primes de risque non traditionnelles en pratique

Primes de Risque Académiques

  • Portage : Rendement atttendu positif si rien ne change; achat/vente de titres à haut/bas rendement
  • Valeur : Achat de titres sous évalués, vente de titres surévalués
  • Tendance : Achat/vente de titres en tendance haussière/baissière
  • Qualité : Achat/vente de titres de bonne/mauvaise qualité
  • Volatilité : Vente de volatilité implicite versus réalisée; vendre de l’assurance

Stratégies de Primes Opportunistes

  • Portage Alternatif : Arbitrage de tritres pris en pension, de dividende, ou primes de liquidité
  • Valeur Alternatif : Arbitrage des déséquilibres de flux transactionnels
  • Négotiation Systématique : Stratégies à fréquences élevées

Stratégies de Protection

  • Protection : Rendement linéaire avec prouits dérives standards
  • Protection Evénements Rares : Rendement à convexité grâce aux stratégies par options

Sources : Société Générale, BMO Gestion mondiale d’actifs

Les primes basées sur la littérature sont des stratégies bien documentées qui s’appuient sur une vaste documentation spécialisée. Dans l’ensemble, elles peuvent être mises en œuvre et gérées assez facilement. Elles s’appuient en grande partie sur une approche factorielle, qui vise à récolter les primes de risque ayant une faible corrélation à long terme avec les actions ou les obligations. Les stratégies opportunistes impliquent généralement une mise en œuvre plus complexe sur le plan de la gestion de portefeuille et de la négociation. Par exemple, une stratégie à taux de rotation élevée qui vise à profiter des tendances intrajournalières nécessiterait une infrastructure de négociation plus robuste. Enfin, les stratégies de couverture mettent l’accent sur les occasions de rendement qui présentent un degré élevé d’asymétrie et une convexité positive en cas de dégringolade des marchés boursiers. Ces stratégies peuvent également nécessiter un degré élevé d’expertise et une infrastructure poussée, puisque les plus complexes et, potentiellement, les plus rentables sont exécutées au moyen d’options.

Volatilité des actions : repérer le rendement dans un champ de mines

L’exemple suivant illustre les dangers potentiels d’une approche simple de cette dynamique. Depuis longtemps, les investisseurs qui veulent améliorer le rendement de leur portefeuille ont recours à des stratégies fondées sur les options. À titre d’exemple, mentionnons les stratégies de tunnel plus prudentes et la vente d’options de vente sur actions, qui comportent de façon inhérente plus de risques pour les investisseurs. La prime de risque de volatilité découle du fait qu’un plus grand nombre d’acheteurs souhaitent se procurer une protection contre le risque de baisse par rapport à un nombre limité de vendeurs d’options de vente prêts à absorber le risque de baisse des actions. La prime de volatilité des actions est restée relativement stable au cours des 20 dernières années, la demande de protection contre les pertes demeurant une caractéristique persistante du marché. Cependant, les fluctuations de la prime de volatilité peuvent être fortes et rapides et nuire aux vendeurs.  

Un investisseur pourrait chercher à vendre des contrats à terme standardisés sur le VIX à un mois une telle stratégie de vente et de détention s’expose à des périodes de baisse très prononcées. Par ailleurs, les investisseurs qui achètent simplement des stratégies volatiles chaque mois pour se protéger contre le risque de baisse peuvent subir une perte de capital lente, mais certaine, puisque la structure d’échéance de la volatilité est généralement à la hausse et qu’elle comporte un portage négatif élevé. Les investisseurs qui négocient de telles stratégies se dirigent vers deux issues tout aussi désagréables : une mort subite par crise cardiaque en vendant la volatilité ou une mort lente, mais certaine, en achetant la volatilité.

Rendements tirés de la vente de contrats à terme standardisés sur le VIX à un mois pour récolter la prime de risque de volatilité

Returns from selling one-month VIX futures to harvest volatility risk premium

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, au 20 août 2020.Le rendement passé n’est pas indicatif du rendement futur.

L’apprentissage machine : un nouvel espoir

Les placements axés sur la prime de risque offrent une diversification aux investisseurs, mais les rendements faiblement corrélés n’ont pas été démontrés. Au cours des dernières années, les stratégies diversifiées fondées sur la prime de risque ont connu des périodes de rendement décevant et ont subi un autre coup dur pendant la tempête de la COVID-19, sans profiter du rebond en forme de V des actions. Les gestionnaires d’actifs non traditionnels axés sur les stratégies d’actions systématiques ont connu une période pénible encore plus longue, en partie attribuable à la sous-performance persistante du facteur valeur. Cependant, certains gestionnaires s’adaptent à ce contexte de marché difficile en recourant de plus en plus à l’apprentissage machine et aux mégadonnées pour générer de l’alpha. Nous pensons que les investisseurs profiteront à l’avenir de ces façons de s’adapter et d’innover.

Primes de risque des produits non traditionnels multiples

Multi-alternative risk premia - chart image

Sources : Société Générale, Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs, au 20 août 2020. Le rendement passé n’est pas indicatif du rendement futur.

Couverture des risques extrêmes : optimisation des rendements lorsque la peur se manifeste

Pour les investisseurs craintifs qui sont ébranlés par les gazouillis de Trump qui secouent les marchés, par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et, plus récemment, par la COVID-19, une stratégie prisée qui consiste à investir dans des stratégies conçues pour dégager un rendement positif maximal (convexité) lorsque les marchés boursiers dégringolent. Les stratégies de couverture des risques extrêmes tirent parti des corrections du marché, mais elles doivent être mises en œuvre avec soin, car les coûts d’achat d’une protection contre les pertes peuvent facilement gruger les profits tirés de l’utilisation de la portion acheteur seulement d’un portefeuille. L’utilisation de la couverture contre les risques extrêmes aide les investisseurs à mieux gérer le risque sans l’éliminer totalement ou sans avoir à prédire les mouvements du marché, des méthodes qui font en sorte que l’on rate trop souvent les envolées soudaines des actions.

Les fonds équilibrés de demain comprendront vraisemblablement des placements non traditionnels liquides

La tendance à long terme de baisse des taux d’intérêt se rapproche de sa limite, puisque les taux d’intérêt mondiaux ont convergé vers le taux plancher de zéro ou sont carrément en dessous. Les investisseurs ayant une répartition 60/40 sont de plus en plus susceptibles d’utiliser les placements non traditionnels liquides pour compenser la perte de rendement de la composante à revenu fixe de leur portefeuille équilibré.

La mise en œuvre de placements non traditionnels liquides a été facilitée par la modernisation de la réglementation sur les placements dans la plupart des territoires. Ce qui n’était auparavant accessible qu’aux investisseurs fortunés devient progressivement à la portée des investisseurs individuels, mais les stratégies à fort effet de levier demeureront probablement l’exception.

L’univers des placements non traditionnels liquides englobe de nombreuses occasions stratégiques et tactiques. Pour un investisseur à long terme plus traditionnel, la meilleure approche est probablement un volet non traditionnel robuste et diversifié conçu pour compléter un portefeuille d’actions et d’obligations de base. Un tel portefeuille est susceptible de mieux résister aux conjonctures de marché difficiles à venir.

Divulgations

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives. Concernant les déclarations prospectives, l’investisseur doit examiner attentivement les éléments de risque décrits dans la version la plus récente du prospectus simplifié.

Le présent document est fourni à titre informatif seulement. L’information contenue dans le présent document ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements doivent être évalués en fonction des objectifs de chaque investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels.

BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc., BMO Investissements Inc., BMO Asset Management Corp., BMO Asset Management Limited et les sociétés de gestion de placements spécialisées de BMO.

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