Pyrford Pyrspectives: T4 2020

L’optimisme est soudainement omniprésent. Selon les experts, la « grande reprise » est amorcée et les marchés boursiers jubilent, mais nous conservons notre prudence habituelle.
Janvier 2021

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Permettez-nous de nous éloigner brièvement de nos discussions habituelles sur l’économie et les marchés et de nous intéresser à un boom de type canin engendré par la COVID-19. Qui aurait cru qu’un jour nous allions parler de chiens dans Pyrspectives? Pendant les diverses étapes de confinement, d’assouplissement, de reconfinement, etc., votre correspondant a soudainement réalisé que le nombre de chiens qu’il rencontrait habituellement lors de ses exercices quotidiens semblait avoir doublé voire même triplé. Et, aux yeux d’une personne n’ayant pas de chien, il semblait que la plupart d’entre eux étaient très semblables, affichant un air prononcé d’« ours en peluche ». Il n’a fallu que de courtes recherches pour découvrir que son observation s’expliquait par une explosion du nombre de chiens de type « oodle ». Il semble que le fait d’être coincé à la maison pendant de longues périodes ait incité de nombreuses personnes à acquérir un compagnon canin.

Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas le terme « oodle », expliquons-le. Un « oodle » est un croisement entre un chien de race pure et un caniche (poodle en anglais). On les appelle souvent des chiens « hybrides ». Ils sont généralement assez petits, mais leur taille peut varier sensiblement en fonction de la taille du caniche, soit toy, nain ou moyen. Ils sont populaires, car ils sont de nature affectueuse, perdent peu de poils et sont relativement faciles à dresser – c’est du moins ce que nous disent leurs enthousiastes propriétaires.

Combien existe-t-il d’espèces de « oodle »? Nous avons commencé à compter, mais avons abandonné à 50. Voici quelques exemples :

Cockapoo (apparu il y a plusieurs dizaines d’années, il serait le premier chien de type « oodle ») – Croisement d’un cocker et d’un caniche (poodle en anglais).

Goldendoodle/Groodle – Golden retriever et caniche.

Labradoodle – Labrador retriever et caniche – apparemment le chien le plus populaire aux États-Unis depuis plus de 20 ans.

Cavapoo/Cavadoodle/Cavoodle – Cavalier King Charles Spaniel
et caniche.

Maltipoo – Bichon maltais et caniche

Schnoodle/Schoodle – Schnauzer nain et caniche.

Bernedoodle – Bouvier bernois et caniche.

Peekapoo – Pékinois et caniche. À n’en pas douter le plus joli nom de ces chiens de type « oodle ».

Aussiedoodle – Berger australien et caniche

Nous pensons que vous avez maintenant saisi l’idée. Peut-être que bon nombre d’entre vous en possèdent un. Mais le fait est que, comme un certain président élu des États-Unis se plaît à le dire, les prix ont monté en flèche en raison de la pandémie. Le marché libre est à l’œuvre : une importante demande, une offre restreinte et des prix qui ne vont que dans une direction. On paie désormais des milliers de dollars pour un « oddle » et certains des éleveurs les plus réputés demandent même des sommes à cinq chiffres. Si un éleveur a un chien ou des chiens capables de produire chacun de 8 à 10 petits, nous vous laissons faire les calculs. C’est toute une industrie. L’une des conséquences malheureuses, mais inévitables, est une hausse du nombre de vols de chiens et la prospérité d’une industrie artisanale de faux documents relatifs au pedigree. Suivez les fonds.

Mais tout cela nous amène à l’évidente question : d’où vient l’argent pour financer ces coûteux « oddles »?

Nous pouvons répondre à cette question. Il y a plusieurs aspects à considérer : en 2020, les vacances de toutes sortes ont été annulées. Pendant plusieurs mois, il était impossible de se rendre au restaurant, dans les salles de sport et les pubs, d’assister à des événements sportifs, d’aller dans des théâtres, des cinémas ou des boîtes de nuit, d’effectuer ses déplacements quotidiens ou encore d’acheter son café du matin. Et, lorsqu’on pouvait s’y adonner, ces activités étaient assujetties à des restrictions. Simultanément, les gouvernements du monde entier ont trouvé toutes sortes de façons novatrices d’acheminer des fonds vers leurs citoyens, camouflant ainsi les dommages économiques réels causés par les nombreuses restrictions, et accumulant dans le même temps une effarante dette publique. Mais il en a résulté une hausse extraordinaire des taux d’épargne des ménages, des dépôts bancaires et, par conséquent, de l’argent disponible pour acheter un « oodle »!

Bien entendu, nous avons observé de nombreux autres booms attribuables à la COVID-19 : équipement d’exercice à domicile, matériel informatique, commerce de détail et communication en ligne, améliorations résidentielles, machines à café, services de diffusion en continu par Internet, fabricants de masques, services de livraison, propriétés hors des villes, etc. Malheureusement, de nombreuses dépressions ont aussi été causées par la COVID-19, notamment dans les secteurs de l’hébergement, des divertissements, des restaurants, des agences de voyages, des croisiéristes, de l’hôtellerie, de la gestion d’événements, des centres commerciaux, des compagnies aériennes, des bureaux municipaux, des transports en commun ou encore des services de taxi.

Durant toutes ces années où nous avons eu à l’œil les données économiques, nous n’avons jamais vu autant de statistiques chaotiques que l’année dernière. La science économique n’est pas chose facile. Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner toutes les prévisions sur 12 mois produites chaque année et de les comparer aux résultats. Toute similitude est habituellement une coïncidence. Mais essayer de prévoir ce qui se passera dans l’économie mondiale s’apparente maintenant plus que jamais à un jeu de hasard. L’optimisme est soudainement omniprésent. Selon les experts, la « grande reprise » est amorcée et les marchés boursiers jubilent, mais nous conservons notre prudence habituelle. Les aides gouvernementales diminueront et bon nombre d’entre elles prendront fin en 2021. Elles ont été d’une ampleur sans précédent – un terme surutilisé mais dans ce cas-ci, tout à fait approprié.

Examinons quelques statistiques. Aux États-Unis, le Bureau of Economic Analysis (BEA) se plaît à annualiser les données trimestrielles sur le PIB lorsqu’elles sont publiées. Ainsi, lorsque l’estimation du PIB des États-Unis pour le troisième trimestre a été annoncée, le BEA a clamé une hausse annualisée de 33,1 %! On obtient ce résultat en multipliant la hausse trimestrielle réelle par quatre. Simple, mais pas vraiment significatif. Néanmoins, c’est bel et bien le chiffre de 33,1 % qui a fait les manchettes. Au deuxième trimestre, la baisse annualisée a été de 31,4 %. Encore une fois, la variation d’un trimestre à l’autre a été multipliée par quatre. Par rapport à l’année précédente, le PIB du deuxième trimestre a reculé de 9,0 % et celui du troisième trimestre, de 2,9 %. Ce sont en quelque sorte les statistiques les plus pertinentes.

Ce qui a plus d’importance encore, c’est le résultat de l’intégralité de l’année 2020 au cours de laquelle, selon une prévision très récente de l’OCDE, le PIB réel devrait afficher une baisse de 3,7 %. En 2021, l’OCDE prévoit une hausse de 3,2 %, ce qui signifie que d’ici la fin de l’année, le PIB des États-Unis n’aura toujours pas retrouvé le niveau atteint à la fin de 2019. Autrement dit, deux années de croissance potentielle de la production auront été perdues en raison des mesures de confinement; on voit mal le marché boursier grimper à un sommet record. Et ce n’est pas comme si toute l’incertitude avait été éliminée et que les « faiblesses » économiques étaient soudainement comblées. De nombreuses entreprises se sont effondrées, et ne se remettront pas. Les moyens de subsistance ont été anéantis. Nous avons examiné les prévisions de l’OCDE pour d’autres pays et avons constaté que, dans un grand nombre de cas, la production ne devrait pas revenir au niveau de 2019 avant 2023. C’est notamment le cas du Royaume-Uni, de la zone euro et du Japon. Et puis il y a le virus. En aura-t-on réellement bientôt fini avec lui?

L’année 2020 sera donc une année exceptionnelle, une exception que nous ne souhaitons pas voir se répéter. Les prévisions à partir de maintenant, au mieux, sont floues. Il y a beaucoup à réparer avant que des progrès significatifs et durables puissent être réalisés. Mais pour en revenir à notre « oodle », nous pensons qu’au cours de la prochaine année ou des deux prochaines années, beaucoup de chiens non désirés seront disponibles. Nous espérons avoir tort, mais il s’agit probablement d’une conséquence inévitable d’une bulle canine extraordinaire. Toutes les bulles éclatent.

Dette et croissance

Comme les gouvernements n’ont pas d’argent à eux, ils le confisquent (par voie fiscale) ou l’empruntent, à leurs citoyens et aux citoyens d’autres pays. Il n’y a pas de mal à procéder de la sorte, puisqu’ils ont ainsi les moyens de mettre en œuvre des mesures budgétaires adéquates pour stimuler l’économie au besoin – quoique ces dernières ont plutôt tendance à stimuler l’activité économique future.

Cette pratique ne devient préoccupante que lorsqu’une économie ne peut pas prospérer sans injections de capital régulières, car l’auge de l’État se voit alors envahie par ceux qui viennent s’y gaver. Voilà où en est le monde à l’heure actuelle. Même avant la pandémie, les ratios dette publique/PIB augmentaient constamment dans presque tous les pays avancés. Aujourd’hui, ils ont atteint ou dépassé des sommets qui n’avaient été observés qu’au cours de la Seconde Guerre.

Si nous nous concentrons sur la plus grande économie du monde, les États-Unis, et que nous examinons l’évolution de la dette publique et du PIB depuis la fin de la crise financière mondiale de 2008-2009, nous constatons que la croissance de la production n’a jamais dépassé la croissance de la dette publique. La croissance du PIB réel a dépassé les 3 % une seule année (2015), alors que sur quatre de ces onze années, cette croissance n’a pas atteint 2 % (y compris, évidemment, en 2020). Nous pensons que la plupart des observateurs occasionnels de l’économie américaine croient qu’une croissance de 3 % ou plus est habituelle. Or, c’est loin d’être le cas. Ce qui est courant, c’est que la dette publique dépasse une croissance médiocre du PIB. Le célèbre multiplicateur keynésien n’est pas brisé, il est plutôt accablé par le montant de la dette.

La dette publique américaine a en fait diminué en pourcentage du PIB entre 1995 et 2001, mais qu’elle a ensuite amorcé une hausse constante. En 2008, ce ratio a dépassé le sommet de 65 % atteint en 1995, puis a grimpé à 103 % en 2014. Au début de 2019, il a augmenté de façon exponentielle. Aujourd’hui, la dette représente environ 130 % du PIB (environ 27,5 billions de dollars américains).

Le dernier sujet brûlant dans le monde économique suggère que les déficits et la dette n’ont tout simplement pas d’importance. Les gouvernements (de connivence avec leurs banques centrales « indépendantes ») peuvent continuer à « imprimer » et à injecter de l’argent de toutes sortes de façons astucieuses. Tant que les machines à imprimer sont disponibles, pourquoi y aurait-il un problème? Eh bien, si une grande partie de votre dette est libellée dans la devise d’un autre pays, cela peut poser problème. Vous ne pouvez pas imprimer leur monnaie, de sorte qu’au fur et à mesure que vous faites tourner votre planche à billets, la valeur de votre monnaie est vouée à chuter et l’inflation, à augmenter. Cela s’est déjà produit à maintes reprises. L’Argentine constitue un excellent exemple actuel. Le taux d’inflation annuel y dépasse 30 % et la devise est en train de plonger.

Mais qu’arrive-t-il si la dette publique est largement libellée dans la monnaie de l’emprunteur (comme dans le cas des États-Unis)? Indépendamment du fait que la croissance ralentit à mesure que le capital emprunté augmente dans le système, l’économie intérieure devient vulnérable à l’effritement de la confiance des investisseurs étrangers (tant à l’égard de la monnaie que de la dette). Une perte de confiance à l’égard du dollar américain entraînerait une très forte hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. Ce serait une situation regrettable pour une économie qui croule déjà sous les dettes, tant publiques que privées. La Chine et le Japon sont les principaux détenteurs étrangers d’obligations du Trésor américain – espérons que leur confiance perdurera.

Pour reprendre un vieux principe, il est beaucoup plus logique de vivre selon ses moyens. Mais nous pensons que l’endettement a atteint un point tel que cela est désormais impossible. Nous doutons que la nouvelle administration américaine change la trajectoire de la dette. La croissance devrait simplement s’enrailler; si les États-Unis peuvent atteindre un taux moyen annualisé de 2 % au cours de la prochaine décennie, cela devrait être considéré comme une victoire. Cependant, le marché s’attend à plus.

Le point sur la COVID-19

Dans nos précédentes Pyrspectives, nous avons examiné les nouveaux cas quotidiens d’infections à l’échelle mondiale et avons indiqué qu’ils semblaient se stabiliser autour d’une moyenne mobile sur 7 jours de 300 000. Nous avions tort. La moyenne mobile sur 7 jours est désormais d’environ 600 000 (voir le graphique). Nous ne prédirons plus une « stabilisation », mais nous espérons, comme tout le monde, que les diverses initiatives de vaccination auront les résultats escomptés.

Ce qui nous intrigue, c’est qu’un certain nombre de pays dont la population est importante s’en sont sortis presque indemnes. Saviez-vous, par exemple, que le Cambodge (16,8 millions d’habitants) n’a enregistré aucun décès lié à la COVID-19? Seulement 362 cas y ont été enregistrés depuis le début de la pandémie. Laos (7,3 millions d’habitants) – aucun décès. Mongolie (3,3 millions d’habitants) – aucun décès. Burundi (12,0 millions d’habitants) – 1 décès. Taïwan (23,8 millions d’habitants) – 7 décès. Vietnam (97,7 millions d’habitants) – 35 décès. Thaïlande (69,9 millions d’habitants) – 60 décès. Singapour (5,9 millions d’habitants) – 29 décès. Tanzanie (60,5 millions d’habitants) – 21 décès (données exactes à la mi-décembre provenantde Worldometer).

Le pays qui compte le plus de cas et dont on entend le plus parler est les États-Unis, mais pour ce qui est du nombre de décès par habitant, il se classe au 12e rang à l’échelle mondiale derrière (dans l’ordre) : San Marino, la Belgique, le Pérou, l’Italie, la Bosnie-Herzégovine, la Slovénie, la Macédoine du Nord, l’Espagne, Andorre, le Monténégro et le Royaume-Uni.

Même si l’on tient compte des statistiques étranges, il est évident que la Grande Asie s’est beaucoup mieux tirée d’affaire que l’Europe et les Amériques. La Chine, qui serait le pays où le virus a vu le jour, a enregistré « seulement » 4 634 décès liés à la COVID-19 sur une population de 1,44 milliard de personnes (3 par million).

Nous ne sommes pas en mesure de répondre à la question évidente : pourquoi le nombre de cas et le taux de mortalité lié au virus sont-ils si asymétriques sur le plan géographique? Avant que la prochaine pandémie ne survienne et ne paralyse l’économie mondiale, c’est le genre de question à laquelle on doit trouver une réponse définitive.

Bitcoin

C’est reparti. Nous avons beaucoup écrit sur le bitcoin lors de la dernière grande flambée en 2017. Il y a maintenant une forte impression de déjà-vu.

S’agit-il d’une autre bulle? L’analyse fondamentale est-elle pertinente? Votre correspondant a récemment entendu de plus en plus de conversations sur le bitcoin et a rencontré de nombreuses personnes qui ont investi leur argent durement gagné dans cette monnaie. Mais toutes ont beaucoup de difficulté à expliquer pourquoi elles y ont investi autrement que « parce que la tendance est à la hausse ». C’est ce que l’on appelle le syndrome lié à la peur de manquer quelque chose. Cependant, il semble maintenant que certaines grandes sociétés de placement se positionnent aussi sur le bitcoin.

Nous admirons la technologie de la chaîne de blocs derrière le bitcoin, mais son utilisation est maintenant généralisée dans un nombre croissant d’applications. Et, bien entendu, il existe désormais de nombreuses cryptomonnaies. L’offre de bitcoins est limitée, plafonnée à 21 millions. Environ 18,6 millions bitcoins ont déjà été « minés » numériquement. L’offre est fondée sur un « algorithme de diminution de l’offre », ce qui signifie apparemment que le dernier bitcoin ne sera pas miné avant 120 ans. Nous ne serons peut-être plus là pour le voir.

Que faire alors du bictcoin? Nous comprenons qu’il contourne clairement la surveillance et le contrôle des autorités, le système bancaire et, sans aucun doute, le système fiscal. Les paiements pour toutes sortes de choses se font partout dans le monde en utilisant cette monnaie ainsi que d’autres cryptomonnaies. Mais comment déterminer une valeur fondamentale? Cette monnaie vaut-elle 5 000 $, 20 000 $ ou 100 000 $? Malheureusement, il nous est impossible de répondre à cette question.

Tesla

Dans Pyrspectives, nous nous prononçons rarement sur les actions individuelles, mais Tesla nous force à renoncer à une pratique de longue date, et ce n’est pas la première fois.

À moins que vous n’ayez vécu dans une caverne, vous êtes sans doute au courant que Tesla est sur le point d’être admise dans l’indice S&P 500 (le 21 décembre). Pour faire place à cette nouvelle venue du secteur automobile, Apartment Investment & Management Co. (Aimco) quitte le vénérable indice. Tesla deviendra instantanément le sixième titre en importance de l’indice (en se fondant sur la capitalisation boursière) et le plus important jamais introduit. Sa capitalisation boursière (plus de 600 G$ désormais) est supérieure à la valeur combinée des cinq autres plus grands constructeurs automobiles au monde. Les billions de dollars investis dans les fonds indiciels et les « fonds à gestion active qui s’apparentent à ces derniers » génèrent collectivement une énorme demande pour le titre. Au début de 2020, le cours de l’action était de 86 $, et il se situe maintenant autour de 650 $, il a donc été multiplié par plus de sept. Ce n’est pas si mal pour une période de 12 mois.

Elon Musk a développé un culte, et ses admirateurs le pensent incapable de commettre une erreur. La montée en flèche du cours de ses actions a fait grimper son patrimoine personnel, lequel le place presque en tête des plus grandes fortunes mondiales. Cela ne veut pas dire que les Tesla ne sont pas de bonnes voitures (elles le sont de toute évidence), mais il n’est pas facile d’essayer de déterminer le juste prix de l’action lorsque l’arithmétique des placements est difficile à saisir. En Allemagne, les investisseurs ont toujours qualifié certaines actions de « fantaisistes ».  Ils considèrent que c’est une bonne chose. Nous pensons que Tesla entre dans cette catégorie.

Il ne sert à rien de parler de Tesla du point de vue des placements conventionnels, à moins de supposer que M. Musk a la capacité de transformer l’un des fabricants automobiles dont le volume est le plus faible au monde en l’un des plus importants, tout en affichant des marges bénéficiaires enviables. Et, en battant dans le même temps l’Allemagne, la Chine et les autres fabricants qui se sont lancés avec enthousiasme dans le secteur de l’automobile électrique. À cet égard, nous n’émettons aucun jugement.

Il ne fait aucun doute que les voitures électriques sont là pour bon. Même le gouvernement britannique a annoncé qu’il interdirait la vente de nouvelles voitures alimentées par des carburants traditionnels à partir de 2030. Il s’agit d’un échéancier extrêmement serré. Il alimente la crédibilité « écologique » du gouvernement, même si cet aspect particulier de la révolution « verte » ne nous semble être qu’une ruse élaborée. Mais, ma foi, cela fonctionne!

Brexit

Quatre ans après le référendum, nous pensions être en mesure de faire une déclaration claire sur le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), mais ce n’est pas le cas au moment où nous écrivons ces lignes. Les pourparlers se poursuivent sur la possibilité d’un accord, ce qui tient le marché en haleine.

Nous n’avons jamais considéré qu’un Brexit « sans accord » serait une potentielle catastrophe. Si la Grande-Bretagne doit quitter l’UE, elle doit le faire d’une manière qui distingue nettement sa future relation avec l’Europe de celle que ces deux entités entretenaient par le passé. Il ne sert à rien de signer un accord qui garantit que la bureaucratie de l’UE conserve un contrôle étendu sur de nombreux aspects de l’économie britannique. La souveraineté est la question centrale.

Lorsque vous lirez ce document, nous devrions savoir ce qu’il en adviendra. Nous avons hâte d’avoir une certaine certitude afin d’en discuter la prochaine fois.

Le mot de la fin

Au cours des derniers mois, les taux de rendement de plusieurs obligations d’État de référence à 10 ans ont légèrement augmenté (États-Unis, Canada, Australie, Royaume-Uni et Nouvelle-Zélande), contrairement à ceux du Japon, de l’Allemagne, de la France, de la Suisse, de l’Italie et du Portugal. Le premier groupe indique que la croissance économique semble se raffermir un peu plus rapidement que prévu (de pair avec l’inflation?), alors que le second groupe suggère tout le contraire. En fait, les taux de rendement du deuxième groupe ont légèrement baissé sur trois mois.

Que faut-il en penser? Malgré quelques discussions effervescentes sur le marché, nous aurions probablement tort de nous emballer. De notre point de vue, il est important de souligner que tous les taux de rendement restent dérisoires. Tous sont inférieurs à 1 % et, dans le cas de la Suisse, de l’Allemagne, de la France et du Portugal, inférieurs à zéro, alors que le taux des obligations d’État japonaises à 10 ans tourne autour de zéro.

Voilà, en bref, le dilemme en matière de placement. Pourquoi acheter des obligations à long terme qui ne rapportent presque rien ou même moins que rien? Une telle pratique anéantit la justification et la viabilité des caisses de retraite. Mais achetez-vous des actions dont le rendement en dividendes est bien inférieur aux moyennes à long terme et dont les ratios cours/bénéfices sont nettement supérieurs aux moyennes à long terme?

Il est important de comprendre que les moyennes peuvent dissimuler beaucoup de choses. Par exemple, plus de la moitié du gain de la valeur marchande de l’indice S&P 500 cette année est attribuable au secteur des technologies de l’information. De nombreuses actions n’appartenant pas à ce secteur ont dépéri. Les États-Unis dominent le marché des technologies de l’information à l’échelle mondiale, mais d’autres régions du monde présentent aussi des distorsions importantes.

Le secteur des technologies de l’information fait-il l’objet d’une bulle? Peut-être. Cela s’est produit il y a 20 ans, mais nous avons toujours à l’esprit la grande bulle technologique. Aux États-Unis, l’indice Nasdaq, à forte teneur technologique, a progressé de plus de 500 % sur cinq ans, jusqu’en mars 2000, puis a reculé de 77 % au cours des deux années et demie suivantes. Pendant un certain temps, il semblait que tout le monde se jetait frénétiquement sur tout titre lié de quelque façon que ce soit à la « nouvelle » technologie appelée l’Internet. Nous observons aujourd’hui la même ferveur. La cupidité et la crainte, soit la description classique d’un marché boursier. Lorsque, ce mois-ci, DoorDash (un service de livraison de nourriture) a fait son entrée sur le marché américain, son prix a monté en flèche pour s’établir à 86 %, surpassant le prix de son premier appel public à l’épargne (PAPE). À l’heure actuelle, il se négocie « seulement » à 55 % au-dessus du prix du PAPE. Airbnb y a également fait son entrée ce mois-ci et se négocie actuellement à plus du double du prix du PAPE. Ce ne sont pas de petites sociétés.

La capitalisation boursière actuelle de DoorDash est d’environ 50 G$ et celle d’Airbnb, de près de 80 G$. Dans ces conditions, elles éclipsent de nombreuses sociétés prospères dans des secteurs similaires qui existent depuis de nombreuses années. Ni l’une ni l’autre des sociétés n’est rentable. Il semble que l’économie numérique dévore graduellement l’ancienne économie. Mais, comme il y a 20 ans, le cours des actions et la rentabilité n’évoluent pas toujours dans la même direction. Jusqu’à ce que ce soit le cas. Soyez très prudent.

Les largesses des gouvernements et le fait que les banques centrales aient fait tourner les planches à billets ont soutenu et stimulé les marchés des actifs. Il s’agit, bien entendu, d’une politique délibérée. Il devient de plus en plus difficile de trouver de la valeur, mais cela est toujours possible. Inévitablement, ce sera dans des secteurs qui n’ont actuellement pas la cote. Cela peut prendre un certain temps, mais la roue tourne toujours.

Et finalement, les élections américaines. Nous ne l’avons pas mentionné, car il n’y a rien d’éclairant à ajouter aux innombrables mots déjà éclaboussés sur les ondes. Et, bien entendu, nous sommes résolument non partisans. Ou alors, nous aimerions que vous le croyiez.

Donc, pour l’instant, nous en resterons là. Joyeuses Fêtes à tous nos lecteurs patients. Que 2021 ne ressemble en rien à 2020.

Divulgations

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