Actions mondiales et internationales

Pyrspectives T1 2021

. Depuis le milieu de l’année dernière, la réalité économique est loin d’être « normale ».
Avril 2021

La vaccination est une arme d’une efficacité redoutable contre la COVID-19. Parmi les plus grands pays, les États-Unis et le Royaume-Uni sont en tête pour ce qui est des doses administrées en pourcentage de la population. Le Royaume-Uni, enfin libéré de l’enchevêtrement bureaucratique de l’UE, a maintenant administré une première dose à plus de la moitié de sa population adulte. Très impressionnant. L’Europe dans l’ensemble tire de l’arrière, ce qui provoque des scènes peu édifiantes, quoique prévisibles, de nationalisme vaccinal. Nombreux sont ceux au sein de l’UE qui ne pardonneront jamais au Royaume-Uni d’avoir décidé de quitter le giron et qui continueront à lui mettre des bâtons dans les roues à la moindre occasion. Ce qui ne fait aucun sens, car l’UE a tout à gagner si l’économie britannique se porte bien et vice versa. Parfois, les gens n’agissent pas de façon rationnelle.

 

Les cas de COVID-19 aux États-Unis et au Royaume-Uni sont en forte baisse. Le 12 janvier, la moyenne mobile sur 7 jours aux États-Unis atteignait un sommet effarant de 257 000 cas, alors que le sommet atteint le 8 janvier au Royaume-Uni s’établissait à 61 000 cas. Depuis, le nombre moyen de cas a chuté à environ 63 000 aux États-Unis et à seulement 5 500 au Royaume-Uni.

Nouveaux cas de COVID-19 aux États-Unis et au Royaume-Uni Moyenne mobile sur 7 jours (en milliers)

Nouveaux cas de COVID-19 aux États-Unis et au Royaume-Uni Moyenne mobile sur 7 jours (en milliers)

Source: Refinitiv Datastream

Ce qui est intéressant, c’est que la chute du nombre de nouveaux cas s’est amorcée avant même le début de la campagne de vaccination. C’est donc que les mesures de distanciation sociale et autres restrictions imposées dans les deux pays avaient commencé à porter leurs fruits, ou bien que la situation est attribuable à la fameuse « immunité collective ». En ajoutant la vaccination à cet arsenal, le nombre de nouveaux cas devrait continuer de régresser. Nous pouvons voir la lumière au bout du tunnel.

 

Ne croyez surtout pas que nous faisons preuve de complaisance, nous sommes pleinement conscients que le virus ne disparaitra pas de sitôt. De nouvelles éclosions continueront de survenir, comme en témoigne la récente flambée de cas en France et en Allemagne. Or, tout porte à croire que la situation reviendra graduellement à un semblant de normalité en 2021, tant d’un point de vue social qu’économique.

Comme dans nos précédentes Pyrspectives, nous aimons lever notre chapeau aux pays qui s’en sont sortis extrêmement bien en ce qui a trait aux décès liés à la COVID-19, avec moins de 0,5 décès par million d’habitants ou moins. Pour mettre cette statistique en perspective, le nombre de décès par million d’habitants au Royaume-Uni et aux États-Unis est respectivement d’environ 1 860 et 1 685. Si l’on ne compte que les pays qui ont une population de plus de 7 millions d’habitants, voici ceux qui occupent le haut du pavé : Laos, Cambodge, Tanzanie, Vietnam, Taïwan et Burundi.

Cette performance hors du commun doit faire l’objet d’une enquête de l’Organisation mondiale de la santé. Pourquoi de nombreux pays développés ont-ils échoué là où tant de pays émergents et en développement ont excellé? Comme le disait Winston Churchill : « C’est une devinette enveloppée de mystère, à l’intérieur d’une énigme… »

Myanmar (auparavant Birmanie)

Que de tristesse! Le Myanmar est à nouveau sous le joug de dirigeants militaires depuis le coup d’État du 1er février dernier. En 2015, après des décennies de contrôle militaire répressif, le Myanmar s’est finalement doté d’un semblant de démocratie suite à l’écrasante victoire au parlement d’Aung San Suu Kyi (la « dame ») et de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Cependant, les forces armées ont conservé 25 % des sièges du parlement. Ce qui n’est pas rien. Cette situation a sérieusement entravé la liberté d’expression de la LND. La junte militaire a dorénavant repris le contrôle et tout balayé sur son passage, y compris cette fragile liberté d’expression.

 

Pendant les décennies où l’armée était au pouvoir, l’économie a été réduite à néant et le Myanmar est devenu l’un des pays les plus pauvres et les plus secrets de la planète. Ce n’est qu’à partir de 2010 que certaines mesures de contrôle ont été assouplies et que des réformes ont été graduellement mises en place. Ce qui a (finalement) permis à l’Occident d’avoir un accès limité au pays et d’entrevoir ce qui s’y passe. À la suite des élections de 2015, l’économie s’est métamorphosée grâce à un afflux important de capitaux étrangers et de savoir-faire. En fait, elle est devenue l’une des économies affichant la croissance la plus rapide au monde.

Votre correspondant s’est rendu au Myanmar à deux reprises au cours des dernières années et, dans les deux cas, il en est ressorti impressionné par la résilience, l’esprit d’entreprise et la détermination du peuple à profiter de cette nouvelle liberté. Un peu comme Hong Kong dans ses beaux jours, le dynamisme du pays était contagieux. Les hôtels regorgeaient de spécialistes en placement et autres négociants. Ils pouvaient constater le potentiel du pays, en ressentir les effets. Le tourisme était en plein essor. L’armée était traitée avec mépris.

Nous éprouvons de la sympathie pour les gens de ce pays. Compte tenu des antécédents des dirigeants militaires et de la façon dont ils écrasent les manifestations depuis le 1er février – faisant au passage

plus de 200 morts, un nombre qui ne cesse d’augmenter –, il est difficile de se montrer optimiste. L’Internet et autres moyens de communication ont été en grande partie muselés, de sorte qu’il est de plus en plus difficile de se faire une idée de la situation. Jusqu’à présent, les Nations Unies brillent par leur inaction et beaucoup de pays voisins du Myanmar tergiversent, sans toutefois lever le petit doigt pour régler la situation.

 

Encore une fois, c’est d’une tristesse sans bornes.

Les banques centrales et les marchés

Il ne s’agirait pas d’un véritable numéro de Pyrspectives sans une mise à jour sur les politiques expansionnistes des banques centrales du monde.

Depuis janvier 2020, soit tout de suite après la déclaration de l’état de pandémie, les quatre principales banques centrales (la Réserve fédérale, la Banque du Japon, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne) ont injecté l’équivalent de 9 000 milliards de dollars américains dans l’économie mondiale. C’est grosso modo l’équivalent des économies allemandes et japonaises combinées. Peu importe comment on aborde la question, ça fait beaucoup d’argent. Et c’est sans compter « l’impression de billets » des autres banques centrales du monde.

 

Après un choc initial causé par la pandémie, les marchés boursiers se sont envolés. Quelle surprise! Il est amusant de voir ce qui se passe lorsqu’on est en présence d’une somme aussi importante, surtout lorsque celle-ci ne s’inscrit pas dans une démarche concrète, comme les investissements de capitaux, la production économique et la productivité.

Variation de l’actif inscrit au bilan des banques centrales, en milliers de milliards de dollars américains (Réserve fédérale, Banque du Japon, Banque d’Angleterre, BCE)

Variation de l’actif inscrit au bilan des banques centrales, en milliers de milliards de dollars américains (Réserve fédérale, Banque du Japon, Banque d’Angleterre, BCE)

Source: Refinitiv Datastream

Si nous jetons un coup d’œil au rendement des marchés boursiers depuis la crise économique mondiale de 2008-2009, il est clair que les banques mondiales ont soutenu les marchés pendant une période de piètre tenue économique.

Rendement du marché boursier depuis le 1er juillet 2008

Rendement du marché boursier depuis le 1er juillet 2008

Source: Refinitiv Datastream

Examinons maintenant la croissance économique au cours de la même période.

PIB réel depuis le 1er juillet 2008

Source: Refinitiv Datastream

Voyons le tout en chiffres :

Le Royaume-Uni a enregistré une croissance annualisée du PIB réel de 0,53 % et une croissance du marché boursier (excluant les dividendes) de 2,42 %.

États-Unis : 1,46 % et 8,15 %

Japon : 0,33 % et 5,9 %

Allemagne : 0,78 % et 6,42 %

Canada : 1,24 % et 1,55 %

Australie :2,15 % et 2,26 %

(Remarque : Tous les rendements boursiers sont calculés au 31 décembre 2020 pour correspondre aux données sur le PIB).

Il est intéressant de constater que l’Australie affiche le taux de croissance économique le plus élevé, mais que, à l’exception du Canada, c’est le marché boursier le plus anémique.

 

Ce n’est pas un hasard si les marchés boursiers ont connu un rendement supérieur à celui du contexte économique sous-jacent. Les banques centrales ont veillé au succès de Wall Street et des autres places boursières. Selon l’une des équipes de Pyrford, ce phénomène porte un nom : « déjouer » le système. Le président de la Réserve fédérale américaine a récemment remis en question la responsabilité des banques centrales quant au développement des bulles boursières. Vraiment? Voyons ce qui arrive si on retire ces conditions gagnantes. Lorsque les joueurs de notre club de tennis commencent à discuter d’actions entre les parties, il est évident qu’une bulle est en cours.

Les largesses des banques centrales et des gouvernements se répercuteront-elles sur l’économie réelle? Ce sera inévitablement le

cas à un certain point, mais nous doutons que la croissance rattrape le rythme d’expansion de la dette. Le problème, c’est que chaque dollar de dette supplémentaire produit moins d’un dollar de revenu ou de production. Nous faisons du sur place depuis un certain temps, car la dette actuelle est tout simplement trop élevée. En termes techniques, la vitesse de circulation de la monnaie ralentit.

La COVID-19 a donné aux gouvernements une excellente excuse pour gonfler leurs déficits et porter les niveaux d’endettement à de nouveaux sommets. En politique, l’objectif est de rester au pouvoir le plus longtemps possible, et il n’y a rien de mieux que de dépenser de l’argent pour gagner le vote des électeurs.

 

 

Dette publique en % du PIB

General Government Debt as a % of GDP Selected Economies

Source: Refinitiv Datastream

Les déficits des gouvernements et l’accroissement de la dette n’ont suscité que bien peu de critiques. Dès que les vannes sont ouvertes, chacun veut sa part du gâteau et les politiciens ont de la difficulté à fermer le robinet. Le nouveau président des États-Unis vient tout juste d’obtenir l’approbation de son programme de relance s’élevant à environ 9 % du PIB. Le FMI a récemment prévu que le déficit budgétaire des États-Unis atteindrait 11,8 % du PIB en 2021, soit le ratio le plus élevé des pays développés.

 

Votre correspondant est au courant que de nombreuses personnes s’en sont mis plein les poches pendant la pandémie, bien que rien ne justifie qu’ils reçoivent de l’argent des contribuables. Ils sont fiers d’avoir réussi à manipuler le système à leur avantage. C’était un véritable jeu d’enfant. Mais ça ne s’arrête pas là.

Bateaux, voitures et autres objets de luxe

Si l’on vous avait dit que le monde serait aux prises avec une pandémie en 2020 et que la production économique chuterait de façon drastique au point d’atteindre des niveaux similaires à ceux d’une dépression, quelle aurait été votre réaction? Auriez-vous acheté des actions? Probablement pas. Une voiture de luxe? Nous en doutons. Un yacht de luxe? Encore une fois, les chances sont plutôt minces. Des œuvres d’art hors de prix? Non. Des montres haut de gamme? Probablement pas. Une nouvelle maison? Improbable. Des bitcoins? Qui sait? Selon nous, la plupart des gens y ont vu une excellente occasion de faire preuve de prudence. De cacher de l’argent sous le matelas.

 

Or, c’était précisément ce qu’il ne fallait pas faire. La séquence des événements qui allaient s’ensuivre a jeté toutes les conventions par-dessus bord. Après quelques mois de pandémie, la course a repris de plus belle.

Nous surveillons le marché des yachts de luxe (on peut toujours rêver) par l’entremise du site « Boat International ». Pour ceux qui ignorent ce que sont les yachts de luxe, ce sont ceux dont la longueur dépasse les 30 mètres. Ce sont de très gros jouets. Au dernier trimestre de 2020, les ventes de yachts de luxe ont atteint des records. Ce sont 246 yachts de luxe qui ont trouvé preneur au cours des six derniers mois de 2020. Le mois de décembre, pour sa part, a été le plus vigoureux depuis 2009. Allez savoir!

Les véhicules neufs? Ils se vendent comme des petits pains chauds, surtout les plus dispendieux. Les véhicules d’occasion? Les prix montent en flèche. Les caravanes et autos-caravanes neuves? Les listes d’attente sont interminables. Les vélos haut de gamme et les motos? Même histoire. Le prix des maisons est en hausse dans presque tous les pays. Les montres? Essayez de mettre la main sur la nouvelle Submariner de Rolex. Les télévisions, appareils multimédia et gadgets technos de luxe? Ils n’ont jamais été aussi populaires. Quant aux œuvres d’art, les ventes aux enchères se succèdent à un rythme effréné. Les marchés boursiers? Nous avons déjà abordé cette question.

 

Lorsque les futures générations étudieront cette époque extraordinaire, ils risquent d’en avoir pour leur argent. Si vous empêchez les gens de travailler et que vous déposez l’argent des contribuables directement dans leur compte, rien de bien surprenant à ce qu’ils se mettent à dépenser des fortunes en loisirs et babioles hors de prix.

Quel que soit le pays, la plupart des « travailleurs » n’ont que peu ou pas de coussin financier en cas d’imprévu, ce qui signifie qu’ils se retrouveront sans le sou une fois qu’ils auront dépensé cette manne temporaire.

 

Les dépenses se tariront-elles un jour? La bulle éclatera-t-elle? Bien sûr. Une fois que nous aurons atteint cette nouvelle normalité, il y aura des comptes à rendre. Quand cela surviendra-t-il? Bien malin celui qui pourra répondre à cette question.

Bitcoin

Nous avons abordé la question du bitcoin dans d’autres numéros de Pyrspectives, mais comme ce phénomène continue de prendre de l’ampleur, nous nous devons d’en discuter encore un peu. Examinons d’abord un graphique illustrant les plus récentes variations du prix.

Prix du bitcoin ($ US)

Prix du bitcoin ($ US)

Source: Refinitiv Datastream

Si vous aviez investi 10 000 $ US dans le bitcoin au début de 2015, les 31,9 unités que vous auriez acquises vaudraient maintenant 1,8 million de dollars américains. On parle ici d’un rendement annualisé de 130 %. Pas si mauvais. Bien entendu, une volatilité extrême aurait été au rendez-vous tout au long de cette période et l’investisseur moyen se serait débarrassé d’une partie ou de la totalité du placement à un moment ou à un autre.

 

On nous demande régulièrement notre opinion à propos du bitcoin et des cryptomonnaies en général. L’image que nous utilisons est la suivante : c’est un peu comme tenter d’attraper un nuage de fumée; quand vous pensez y être arrivé, il vous glisse entre les doigts. Autrement dit, les données fondamentales sont tellement intangibles qu’elles sont vraisemblablement inexistantes. Le prix du bitcoin continue de monter, emporté par son propre élan. Les taux d’intérêt ne peuvent rivaliser avec le bitcoin. Pour revenir à notre exemple du club de tennis, on entend régulièrement des gens parler du bitcoin alors qu’ils ne seraient pas plus en mesure d’expliquer comment brancher un serveur IBM. S’agit-il de la plus grande bulle de l’histoire sur les marchés? Rien n’est gagné d’avance, mais selon nous elle a de bonnes chances de l’emporter.

Nous sommes surpris que les gens qui redoutent une catastrophe climatique ne s’en soient pas encore pris au bitcoin. Apparemment, la « création » de chaque nouveau bitcoin nécessiterait la même puissance informatique qu’utilise chaque jour un pays comme l’Irlande. La capacité de traitement requise est tout simplement phénoménale.

 

Compte tenu du niveau effarant de la dette publique dans le monde, nous demeurons sceptiques – peut-être encore plus que d’autres – quant au potentiel à long terme des monnaies fiduciaires. Or, nous ne prévoyons pas investir dans le bitcoin pour autant. Nous nous en tiendrons à des principes de placement simples, par exemple opter pour des véhicules qui génèrent des revenus croissants grâce à une activité économique productive. Ça nous convient tout à fait.

Taux obligataires

Comme vous l’avez sans doute remarqué, le rendement des obligations à long terme a récemment augmenté de façon importante, et ce, contrairement aux prévisions de tous les « experts ». Les banques centrales se sont concentrées sur les rendements à court terme, mais elles n’ont pu qu’assister avec consternation à la chute des prix et à la hausse des taux à long terme. Certains ont comparé ce phénomène à la brève débandade des obligations de 1994.

Voyons comment ont évolué les taux obligataires récemment.

Taux de référence des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans

Taux de référence des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans

Source: Refinitiv Datastream

Les taux ont commencé à monter en flèche en février, générant des pertes comptables importantes pour les investisseurs provenant des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie, du Canada et de plusieurs autres pays. Comme d’habitude, l’Allemagne et le Japon ont suivi leur propre rythme.

Source : Cette augmentation des taux semble être attribuable à l’optimisme des pays de l’OCDE engendré par l’arrivée de vaccins contre la COVID-19, mais aussi aux inquiétudes quant à une possible poussée d’inflation découlant du retour à la normale des économies et des sommes massives injectées par les banques centrales.

Le FMI s’attend à une croissance du PIB mondial réel de 5,5 % en 2021 et de 4,2 % en 2022. Les prévisions pour 2021 des six pays figurant dans notre graphique sont les suivantes : États-Unis : 5,1 %; Royaume-Uni : 4,5 %; Canada : 3,6 %; Japon : 3,1 %; Allemagne : 3,5 %; Australie : 3,5 %. Ces taux de croissance (même s’ils sont optimistes) sont-ils compatibles avec les taux dérisoires des obligations à 10 ans? Nous ne croyons pas que ce soit le cas.

Le FMI s’attend à ce que l’inflation des prix à la consommation dans les pays développés s’établisse en moyenne à 1,3 % en 2021 et à 1,5 % en 2022. Comme le FMI n’a pas l’habitude d’être très précis dans ses prévisions, ces chiffres pourraient-ils être complètement erronés? Évidemment, mais pour le moment, personne d’autre n’est en mesure d’avancer des prévisions différentes.

 

Supposons que le taux d’inflation de 1,3 % dans les pays développés pour 2021 est à peu près exact. Est-ce que ce scénario concorde avec un taux de rendement des obligations à long terme inférieur à 1 % dans de nombreux pays et à peine supérieur à 1 % dans d’autres? Non.

 

À notre avis, le marché des obligations à long terme a récemment fait l’objet d’une importante bulle. Au début des années 1980, l’inflation a reculé pendant de nombreuses années. Le choc boursier de 1994 a été la seule exception à cette règle, quoiqu’elle ait été de courte durée. À moins d’une autre dépression, l’inflation n’est plus sur cette pente descendante. En fait, les banques centrales semblent déterminées à ramener le taux d’inflation à environ 2 % (il demeure toutefois difficile d’obtenir une réponse satisfaisante quant aux motifs qui justifient cette cible particulière).

 

Les rendements demeurent très volatils et pourraient reculer, ou encore prendre la direction opposée. Dans un cas comme dans l’autre, nous préférons observer la situation avec un peu de recul.

 

Un brin d’histoire

Il y a quelques années, l’OCDE a publié une estimation de la croissance économique mondiale au cours des 2 000 dernières années. Le tableau est reproduit ci-dessous.

Taux de croissance du PIB réel

(Taux de croissance composé annuel moyen)

0 à 1000 1000 à 1820 1820 à 1998

Europe de l’Ouest

-0,01

0,34

2,13

Australie, Canada, Nouvelle-Zélande et États-Unis

0,05

0,35

3,68

Japon

0,10

0,23

2,75

Amérique latine

0,07

0,14

3,05

Europe de l’Est

0,05

0,29

1,92

Asie (hors Japon)

0,00

0,20

1,84

Afrique

0,07

0,10

1,99

Monde

0,01

0,22

2,21

Source: OECD

Ce qui est frappant, c’est que l’économie mondiale a à peine progressé pendant 18 siècles. Comme les historiens vous le diront, la situation d’une personne à la naissance demeure essentiellement la même tout au long de sa vie, et c’est exactement ce que plusieurs générations successives ont vécu.

Tout a changé avec la révolution industrielle. La croissance s’est propagée aux quatre coins du monde. Le niveau de vie réel a fait des bonds de géant. Et cette amélioration du niveau de vie n’a pas profité qu’à l’élite, elle s’est généralisée.

 

L’innovation technologique a été la clé de ce potentiel de croissance. C’est toujours le cas, l’effet s’amoindrit au fil des ans. Il est probable que nous ne ressentions jamais l’impact décisif qu’ont eu des découvertes comme l’électricité, le moteur à combustion interne, les chemins de fer, le téléphone et les installations sanitaires. Selon certains, l’Internet mérite d’avoir sa place parmi ces grandes découvertes. Bien qu’il s’agisse sans contexte d’une avancée spectaculaire, l’Internet n’a toutefois pas engendré une révolution comparable à l’électricité par exemple.

 

Notre objectif n’est pas de prouver ou de réfuter quoi que ce soit, seulement de rappeler aux râleurs du monde entier que les conditions n’ont jamais été aussi favorables. Ce n’est peut-être pas le message qu’ils souhaitent entendre, mais il n’en est pas moins vrai. Tout est une question de perspective.

Le lithium

Que vous soyez d’accord ou non avec la révolution de la voiture électrique, il est évident que la production mondiale va monter en flèche au cours de la prochaine décennie. Cela signifie que les besoins en piles et en lithium, une des principales composantes de ces piles, sont également appelés à atteindre des sommets inégalés.

 

Dans un document publié en 2020 par la CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation), un organisme australien, il est évoqué que le monde devra produire plus de lithium que jamais d’ici la fin de la présente décennie pour répondre à la demande de véhicules électriques. Les réserves mondiales de lithium dont nous connaissons l’existence seront épuisées d’ici 2040. Cependant, comme l’indique la CSIRO, d’autres réserves seront vraisemblablement découvertes d’ici là. Il n’est donc pas surprenant qu’Elon Musk, pour ne nommer que lui, fasse des pieds et des mains pour garantir l’approvisionnement en lithium.

 

Parmi les autres ingrédients essentiels, mentionnons le graphite, le nickel, le manganèse, le cobalt, le cuivre, l’aluminium et l’acier. Le futur de l’industrie minière mondiale semble prometteur. Les conditions gagnantes pour une révolution verte sont-elles réunies?

Le mot de la fin

Les marchés et les prévisionnistes (p. ex., FMI, OCDE) s’attendent tous deux à une forte croissance économique, et pourtant… nous avons nos réserves. Depuis le milieu de l’année dernière, la réalité économique est loin d’être « normale ». L’économie mondiale repose sur des bases artificielles, comme des subventions, des cadeaux de toutes sortes et des moratoires sur le remboursement de la dette, pour n’en nommer que quelques-uns. Que restera-t-il de tout ça lorsque ces mesures se seront graduellement taries? Des gouvernements aux prises avec un taux d’endettement extrêmement élevé et une croissance économique similaire à celle des dix dernières années, en d’autres termes moribonde. La COVID-19 et les restrictions qui en découlent auront vraisemblablement eu pour effet de changer les comportements, probablement de façon permanente, mais nous ne croyons pas que cela signifie que la croissance économique moyenne sera supérieure à ce qu’elle était avant le début de la pandémie. Pendant ce temps, les marchés boursiers pulvérisent des records, les cryptomonnaies soulèvent les passions et les taux d’intérêt sont démesurément faibles.

 

Ces derniers ont d’ailleurs eu une influence néfaste sur la répartition efficiente des ressources limitées. Si la valeur de l’argent ne signifie plus rien, il est facile de prendre des décisions de placement inconsidérées. Ou de payer une somme indécente pour une maison. Il est facile de maintenir en vie des entreprises qui, en d’autres circonstances, n’auraient pas survécu. Il est aussi trop facile de s’endetter jusqu’à atteindre un niveau insoutenable.

La pandémie a contribué à renforcer la perception voulant que les gouvernements serviront toujours de filet de sécurité. Quel que soit le problème, il vous suffit de tendre la main pour recevoir de l’aide, sous forme de nouveaux billets ou d’une quelconque autre façon. Comme si personne n’avait jamais entendu parler du concept de l’autosuffisance. Pour mettre les choses en perspectives, votre correspondant a récemment passé du temps dans le bush australien, où la vie est difficile et où les étendues sont vastes. J’ai eu l’occasion de visiter un élevage de bétail dont la superficie était égale à celle du Pays de Galles. Le fait est que ces agriculteurs travaillent vraiment fort dans toutes sortes de conditions climatiques, mais ils sont toujours heureux, ne se plaignent jamais et ne demandent jamais l’aide du gouvernement. Bien au contraire. Ils veulent s’affranchir du gouvernement. Ils en ont assez de la paperasse et de la bureaucratie. Ils veulent simplement se concentrer sur ce qu’ils ont à faire. Peut- être que certains de nos politiciens devraient passer un peu de temps dans cette région.

 

C’est sur cette note que nous tirons notre révérence jusqu’au prochain trimestre. Le monde a rarement été le théâtre d’autant de démesure et regorgé de rebondissements. Parions que nous continuerons d’avoir une foule de sujets à aborder.

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