Quel avenir pour la Chine?

Les investisseurs institutionnels du monde entier s’interrogent quant à la situation en Chine, premier pays ayant fait face à la COVID-19, et quant aux répercussions sur leurs portefeuilles. June Lui, directrice de portefeuille, LGM Investments de BMO, est sur le terrain et nous donne un compte rendu du contexte économique chinois et de son incidence sur les actions, tout en proposant une stratégie à long terme axée sur la qualité et conçue pour tirer parti des nombreuses occasions de croissance.

Une longueur d’avance

Dans le présent contexte, où les taux de rendement sont incroyablement bas, de nombreux investisseurs institutionnels sont à la recherche d’occasions d’achat. Devraient-ils se tourner vers la Chine? Le premier cas de COVID-19 ayant été documenté en Chine en décembre, le pays – contrairement aux pays occidentaux actuellement au cœur de la crise – se redresse graduellement et reprend le cours normal des choses. La question demeure : à quel rythme l’activité reprend-elle en Chine?

L’indice PMI chinois – un indicateur économique avancé des tendances dans les secteurs de la fabrication et des services – est passé de 50 à 35,7 en février, pour ensuite remonter à 52 en mars, surpassant largement les attentes et pointant vers une stabilisation générale de la situation des entreprises1. À l’exception des données macroéconomiques, et selon nos propres rencontres avec des dirigeants d’entreprise, les usines de la plupart des régions hors Wuhan ont porté leur capacité commerciale à 90 % à la fin de mars, comparativement à 60 %-70 % à la fin de février2. Cependant, même si la capacité est au rendez-vous, la production réelle demeure inférieure à ce qu’elle était avant la crise, car la consommation et la demande ne se sont pas encore entièrement rétablies, en grande partie à cause de l’évolution de la pandémie dans le reste du monde. Malgré les efforts axés sur la croissance intérieure, les exportations comptent toujours pour environ 20 % du produit intérieur brut (PIB) de la Chine, ce qui représente un large pan de son économie. Les entreprises ont repris du poil de la bête en mars vu la demande urgente liée au réapprovisionnement, mais l’avenir reste flou étant donné la situation difficile qui prévaut actuellement hors Chine et qui compliquera l’établissement de prévisions à court terme.

Pour nous, l’élément clé – qui alimente la confiance des Chinois à l’heure actuelle –, est que l’épidémie de COVID-19 semble avoir nettement dépassé son sommet et que la politique et les ressources du gouvernement ne visent plus à maîtriser le virus mais se concentrent de nouveau sur la relance de la croissance du pays.

Bien que l’information sur les entreprises soit encore largement empirique à ce stade, notre équipe LGM de BMO pour la Chine élargie a récemment tenu des « rencontres virtuelles » avec de nombreuses entreprises et la plupart d’entre elles nous ont dit avoir déjà relancé leur production, tel que le suggèrent les données économiques, en attendant une reprise de la demande. Ces entreprises sont convaincues que la situation se rétablira une fois la pandémie passée. Les entreprises prennent également d’autres mesures de précaution, notamment en prévoyant de l’hébergement supplémentaire pour les travailleurs d’usine migrants, en changeant les horaires de travail pour éviter les situations de forte densité et en fournissant plus de produits désinfectants, ce qui augmentera – sans surprise – les frais d’exploitation. Le fonds de roulement de la plupart de ces entreprises souffrira probablement de la hausse des débiteurs, mais les banques chinoises combleront sans doute ce manque à gagner.

Pour nous, l’élément clé – qui alimente la confiance des Chinois à l’heure actuelle –, est que l’épidémie de COVID-19 semble avoir nettement dépassé son sommet et que la politique et les ressources du gouvernement ne visent plus à maîtriser le virus mais se concentrent de nouveau sur la relance de la croissance du pays. Quelle est l’incidence de ces perspectives macroéconomiques sur les actions chinoises?

Actions chinoises : la résilience sera gagnante

Les marchés boursiers chinois ont été étonnamment résilients depuis l’éclosion du virus, n’ayant connu que quelques jours de fortes baisses, après quoi ils se sont redressés. En fait, l’indice composé de Shanghai a été l’un des plus performants à l’échelle mondiale en février, en mars et en avril (voir le graphique ci-dessous), grâce en partie aux progrès réalisés dans la relance des activités économiques, à l’aplatissement de la courbe du virus, et au soutien supplémentaire attendu de l’État, du point de vue tant budgétaire que monétaire. Jusqu’à présent, la Banque populaire de Chine s’est laissé une marge de manœuvre (contrairement à la Réserve fédérale américaine) et a gardé les taux de référence stables, tout en injectant des liquidités supplémentaires par la réduction des réserves obligatoires. On s’attend à ce qu’elle fasse tout en son pouvoir pour empêcher le ralentissement de l’économie, et qu’elle prenne une panoplie de mesures budgétaires afin d’offrir des allègements de paiements et des allègements fiscaux aux entreprises locales, en particulier aux petites entreprises. Aussi les investisseurs, tant institutionnels qu’individuels, ont-ils été actifs sur le marché des actions chinoises, où les volumes négociés sont particulièrement élevés. Bien que l’idée puisse sembler contre-intuitive pour certains, l’épidémie pourrait provoquer une nouvelle vague d’occasions pour les gestionnaires actifs axés sur la valeur fondamentale, surtout dans la foulée d’une croissance qui se stabilise.

L’isolement fait la force : Les actions chinoises restent stables, tandis que celles des autres pays plongent

Whats next for China - Strength in isolation - China stocks hold steady while rest of world tumbles - Chart

Source : Bloomberg, 20 avril 2020.

Notre portefeuille de titres prometteurs : Sociétés de qualité, moins de risque

Pour ce qui est du Fonds Catégorie Chine élargie BMO, nous avons confiance en notre approche ascendante à long terme qui favorise les sociétés de grande qualité dont le modèle d’affaires durable se maintient tout au long du cycle et qui sont dirigées par des équipes de direction chevronnées qui visent la création de valeur à long terme. Grâce à notre expertise dans les marchés émergents et à notre forte présence locale, nous détenons des participations dans des entreprises au bilan excellent (endettement faible et assise financière solide) qui peuvent survivre à quelques mois de perturbations tout en conservant leur avantage concurrentiel et ainsi protéger leurs profits à long terme. Bien que la plupart d’entre elles ne puissent pas éviter les conséquences à court terme de la crise de COVID-19, ces entreprises disposent des fonds nécessaires pour traverser cette période sans précédent et réduire les risques au minimum.

Nous détenons des participations dans des entreprises au bilan excellent (endettement faible et assise financière solide) et qui peuvent survivre à quelques mois de perturbations.

Notons que quelques-unes des entreprises de notre portefeuille ont pu profiter de la situation, notamment Ping An Healthcare and Technology Co Ltd, qui offre des consultations médicales virtuelles appuyées par l’intelligence artificielle, des recommandations d’hôpital et un service de livraison d’ordonnances par l’intermédiaire de son application mobile. Naturellement, compte tenu des mesures d’isolement volontaire mises en place pendant l’épidémie, le nombre de consultations a monté en flèche, l’entreprise comptant plus de 300 millions d’utilisateurs inscrits. En tant que gestionnaire discipliné axé sur le long terme, nous avons réduit notre position dans le titre après qu’il se soit redressé de 100 % depuis le début de l’année et qu’il ait plus que triplé notre coût d’achat, ce qui le rend plutôt cher à notre avis. Nous atténuons également le risque en évitant d’investir dans les banques chinoises, qui subiront inévitablement les répercussions négatives du coronavirus et dont la qualité des actifs était discutable avant l’apparition de la COVID-19 (l’économie est touchée par une hausse considérable de l’endettement depuis 2008). Les banques de Chine ont déjà reçu la directive de ne pas comptabiliser les défaillances imputables au virus en tant que prêts non productifs.

Notre méthode ascendante axée sur la qualité garantit que les entreprises du Fonds Catégorie Chine élargie BMO sortiront encore plus fortes de la crise parce que c’est justement ce type de situation qui provoque la consolidation des marchés – à laquelle les acteurs les plus faibles ne survivent pas. Les entreprises les plus fortes deviennent encore plus fortes en ayant moins de concurrence et elles ont les moyens de regagner l’intérêt et la confiance des consommateurs. Pendant cette période de turbulences, nous avons évalué avec diligence toutes nos entreprises afin de savoir comment leur équipe de direction compose avec cette situation exceptionnelle, et d’évaluer leur aptitude à exercer leur activité lorsqu’elles sont soumises à un certain stress. Bien que nous n’ayons pas apporté de changements de taille à notre portefeuille, le fait que les valorisations soient devenues plus raisonnables (donc plus attrayantes) nous a incités à augmenter nos positions dans des entreprises fondamentalement solides qui, selon nous, sont mal comprises par les investisseurs ou ont été malmenées par des ventes défavorables faites sous le coup de la panique. À titre d’exemple, nous avons augmenté la pondération de China Mobile dans notre portefeuille, car nous prévoyons une forte hausse de la demande de données dans la foulée du déploiement de la 5G cette année; étant donné que le titre de China Mobile se négocie actuellement selon un ratio VE/BAIIA d’environ 2,5 (et que le rendement de ses flux de trésorerie disponibles est de 5 %), il est probablement l’un des moins chers du secteur des télécommunications dans le monde.

Notre méthode ascendante axée sur la qualité garantit que les entreprises du Fonds Catégorie Chine élargie BMO sortiront encore plus fortes de la crise.

À quoi ressemble l’avenir pour la Chine?

Il est essentiel de regarder au-delà de la volatilité à court terme, car l’histoire nous montre que le monde finira par se remettre de la pandémie et que l’économie chinoise sera relancée. Pour les investisseurs à long terme, la Chine présente une abondance d’occasions : ce marché est le terrain de chasse idéal pour augmenter son exposition aux entreprises affichant une croissance à un coût raisonnable, en particulier dans les secteurs tributaires des tendances nationales, notamment les soins de santé et la protection de l’environnement. Avant la COVID-19, les actions américaines étaient surévaluées; les actions chinoises, pour leur part, restent un moyen intéressant – et efficace – de diversifier les portefeuilles et d’en rehausser la qualité.

Ratio cours/bénéfice des principaux marchés – La Chine offre la meilleure valeur pour la croissance

Whats next for China - Price to earnings ratio of major markets - China offers the best value for growth - French

Source : Bloomberg, 20 avril 2020.

Pour les investisseurs à long terme, la Chine présente une abondance d’occasions : ce marché est le terrain de chasse idéal pour augmenter son exposition aux entreprises affichant une croissance à un coût raisonnable.

L’inclusion récente de 472 actions chinoises de catégorie A de sociétés à grande ou moyenne capitalisation dans l’indice MSCI Marchés émergents signifie que les actions chinoises représenteront une plus grande part des marchés mondiaux. Par conséquent, les gestionnaires d’actifs et les actionnaires du monde entier devront sérieusement réfléchir à la façon d’accroître leur exposition aux titres chinois. Le pays, qui compte pour près de 20 % du PIB mondial et constitue le deuxième marché boursier en importance dans le monde, était nettement sous-représenté dans les portefeuilles d’investisseurs mondiaux. Bien qu’une pondération indicielle plus importante soit une évolution globalement positive pour la Chine, le besoin de stratégie active dirigée par une équipe de placement mondiale n’a jamais été plus fort. Bon nombre d’investisseurs reproduisent tout simplement la composition de l’indice de référence dans leur portefeuille, mais les indices de référence ont été lents à reconnaître les occasions offertes par le marché chinois. Les indices sont un reflet du passé; c’est pourquoi les entreprises, les pays et les secteurs qui ont déjà enregistré de bons résultats ont tendance à les dominer, alors que l’investissement – dans sa forme la plus pure – est orienté vers l’avenir.

Une partie de notre processus exhaustif consiste à avoir une équipe de placement chevronnée sur le terrain qui parle les langues locales et qui recueille des renseignements de première main afin de prendre des décisions judicieuses en matière de répartition de l’actif. Après tout, la Chine est toujours un marché émergent qui comporte des risques inhérents, du manque de transparence aux problèmes de gouvernance d’entreprise. Il est donc essentiel que les institutions fassent preuve de flair lorsque vient le temps de choisir des gestionnaires compétents : LGM Investments de BMO met l’accent sur des méthodes ascendantes axées sur la qualité et la génération d’alpha à long terme; elle possède l’expertise nécessaire pour dénicher des occasions de placement intéressantes qui peuvent survivre tout au long du cycle et ajouter une véritable diversité à vos portefeuilles mondiaux.

Divulgations

1 Chine – PMI manufacturier, Investing.com  

2 Mise à jour de BMO Catégorie Chine élargie, BMO Gestion mondiale d’actifs, mars 2020.

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