Investissement responsable

Quelle a été l’incidence des 100 premiers jours de Biden sur les priorités environnementales, sociales et de gouvernance (ESG)?

Découvrez l’effet qu’ont eu les 100 premiers jours du mandat du président Joe Biden sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Mai 2021

David Sneyd

Vice-président et analyste - Questions ESG

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Rosa van dem Beemt

Vice-présidente et analyste, investissement responsable

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Vicki Bakhshi

directrice principale, chef de la gouvernance et de l’investissement durable à BMO Gestion mondiale d’actifs (EMOA)

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Après quatre ans de la stratégie effrontée « l’Amérique d’abord » du président Trump, nombreux sont ceux qui ont accueilli l’arrivée de Joe Biden à la présidence – un internationaliste reconnu pour ses efforts de collaboration – comme un retour à la normale. Mais en 2020, lorsqu’une pandémie mondiale a mis en lumière des inégalités et amené la société à s’interroger sur ses priorités, un programme habituel n’aurait pas suffi, peu importe le caractère « normal » du candidat. À l’approche de son élection, Joe Biden a promis de s’attaquer à bon nombre des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Et maintenant, 100 jours après les débuts de son administration, une question se pose : qu’est-ce qui a été fait?

Le « E » – Du climatoscepticisme à l’action pour le climat

L’annonce par le président Biden d’une cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52 % d’ici 2030 fait passer les États-Unis de l’un des pays développés les moins ambitieux en matière de changements climatiques à l’un des plus ambitieux. L’année de référence 2005 signifie que la cible est un peu moins ambitieuse qu’elle ne le semble au départ, mais qu’elle se compare avantageusement aux cibles d’autres grands blocs économiques, comme l’Union européenne.

De manière plus importante encore, le président Biden tient sa promesse électorale visant à faire en sorte que les États-Unis jouent de nouveau un rôle clé dans les négociations internationales sur le climat. Après avoir réintégré l’Accord de Paris au début de son administration, Joe Biden a organisé la semaine dernière un sommet sur le climat rassemblant 40 leaders mondiaux, ce qui a ravivé l’ambition de certains autres pays, notamment le Japon et le Canada. Les États-Unis se sont également engagés à exercer des pressions sur les pays retardataires, comme la Russie.

Une surveillance étroite sera désormais exercée pour concrétiser cette ambition. La révocation de l’approbation présidentielle pour le projet controversé de pipeline Keystone XL a été un signe précurseur de changement, et le plan d’infrastructure récemment annoncé constituait une étape importante, car il prévoit 174 milliards de dollars destinés à stimuler le marché des véhicules électriques. L’administration Biden s’est également affairée à remanier l’appareil fédéral afin d’intégrer systématiquement les changements climatiques dans la prise de décisions : tous les services de direction et organismes ont reçu l’ordre d’examiner et de prendre des mesures pour corriger tout règlement fédéral mis en place par l’administration précédente qui était nuisible à l’environnement ou qui n’était pas étayé par les meilleures données scientifiques disponibles.

Des choix difficiles attendent l’administration Biden et, comme sa marge au Congrès est faible, certaines de ses mesures les plus controversées, comme la taxe sur le carbone, seront probablement difficiles à faire adopter. Cependant, les réalisations observées durant les 100 premiers jours de la présidence de Joe Biden sont audacieuses et contrastent fortement avec les politiques climatiques de l’administration précédente.

Le « S » – Faire avancer l’équité raciale

Dans la foulée des manifestations entourant le meurtre de George Floyd et la montée du mouvement Black Lives Matter, la lutte contre l’injustice raciale était au sommet des priorités de Biden. Au-delà de la rhétorique, nous avons pu constater cet engagement dans son plan de dépenses en infrastructures Build Back Better (« Reconstruire mieux »), qui vise à lutter contre les inégalités raciales dans divers domaines, comme le logement, le transport, l’emploi et les soins de santé.

Le plan prévoit notamment l’élargissement des options de logement abordable afin qu’il soit plus facile pour les personnes de couleur d’acheter une maison, l’élimination des lois sur le zonage d’exclusion et la refonte du système de logements sociaux. La proposition comprend un investissement de 400 milliards de dollars dans les soins pour les personnes âgées et handicapées afin de créer des emplois, ainsi que l’augmentation des salaires et des avantages sociaux pour les travailleurs du secteur des soins, qui sont majoritairement des femmes de couleur. En outre, le département de la Justice des États-Unis a été empêché de renouveler les contrats signés avec des prisons privées, dans le but de lutter contre l’incarcération de masse, qui touche de manière disproportionnée les minorités ethniques.

En ce qui concerne les droits des Autochtones, Joe Biden a annoncé que son administration s’engageait à honorer la souveraineté des gouvernements autochtones, ou des gouvernements tribaux, et à assurer la consultation sur les politiques qui les touchent. En plus de l’annulation du pipeline Keystone XL, auquel des groupes autochtones s’opposaient depuis longtemps en raison des répercussions qu’il pourrait avoir sur leurs terres, le projet de loi du plan de sauvetage américain a permis d’acheminer 31 milliards de dollars directement aux nations tribales, qui ont été durement touchées par la pandémie et qui ont toujours été sous-financées.

Le « G » – Changer les attitudes à l’égard de la réglementation des valeurs mobilières

En plus de l’arrivée de la nouvelle administration, le président de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, Jay Clayton (nommé par le président Trump), a quitté son poste, et la majorité des cinq commissaires sont passés du rouge au bleu. Gary Gensler, nommé par Joe Biden, est un régulateur bien connu qui a déjà présidé la Commodity Futures Trading Commission et qui devrait mettre fin à quatre années d’assouplissement des règles sous la présidence de Clayton.

Cela a entraîné des changements importants dans le programme de la SEC, qui a déjà parlé beaucoup plus positivement du secteur de l’investissement responsable et de l’utilisation du vote par procuration pour promouvoir un meilleur rendement à l’égard des enjeux ESG. Par exemple, un nouveau rôle de tsar du climat a été créé et les entreprises sont encouragées à divulguer plus efficacement aux investisseurs les risques liés au climat. En outre, il a été rapporté de manière anecdotique que le personnel de la SEC, qui est en mesure d’empêcher les propositions des actionnaires liées aux enjeux ESG de figurer à l’ordre du jour des réunions d’entreprise, a fait place à un plus grand nombre de propositions depuis le récent changement de ton au sommet.

En conclusion

Certaines administrations arrivent sans faire de bruit, d’autres avec grand fracas. Il ne fait aucun doute que l’administration du président Biden fait partie de la deuxième catégorie et que sa philosophie politique va fondamentalement à l’encontre de celle de son prédécesseur. Ses 100 premiers jours ont été marqués non seulement par des décisions politiques importantes, mais aussi par un changement de culture. Les entreprises doivent maintenant savoir s’adapter aux nouvelles priorités ESG, qui s’harmonisent en grande partie avec ce que les investisseurs demandaient déjà (et ce que de nombreux États avaient mis en œuvre depuis longtemps). Inévitablement, la réponse à des enjeux profondément ancrés comme l’égalité raciale nécessite beaucoup plus qu’un seul cycle politique, mais les 100 premiers jours au pouvoir du président Biden indiquent clairement une intention de faire bouger les choses.

Divulgations

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives.

Cette communication est fournie à titre informatif seulement. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements particuliers ou les stratégies de négociation doivent être évalués en fonction de la situation de l’investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels.

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