Investissement responsable

Repenser la mobilité

La façon dont nous nous déplaçons n’est pas durable. Quelles entreprises mènent la recherche de solutions?
Mai 2021

Harry Waight

analyste, Actions mondiales

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La façon dont nous nous déplaçons n’est pas durable. Découvrez les entreprises qui, selon nous, favorisent la transition vers des modes de transport plus durables.

L’envie et la nécessité de voyager sont universelles. Les gens se rendent au travail, se rendent à l’école, rendent visite à des amis et explorent de nouvelles régions du monde. Beaucoup de ces déplacements sont cependant effectués d’une manière qui nuit à la santé humaine et à celle de l’environnement.

 

  • 95 % de l’énergie consommée par les transports, dans le monde entier, provient toujours de combustibles fossiles, qui émettent du CO2 dans l’atmosphère et contribuent ainsi au réchauffement de la planète.1
  • Les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas la seule histoire. Il pourrait y avoir jusqu’à 5 millions de décès à l’échelle mondiale causés par la pollution de l’air et les modes de transport malsains jouent également un rôle à cet égard.2

 

Ces problèmes s’aggraveront si nous ne mettons pas l’accent sur la mobilité durable. Même si les taux de natalité ont commencé à diminuer, l’Organisation des Nations Unies (ONU) s’attend à ce que la population mondiale augmente de près de 2 milliards de personnes au cours des 30 prochaines années, pour atteindre 9,7 milliards en 2050.3 Pour mettre les choses en contexte, ce n’est qu’en 1930 que la population humaine mondiale a atteint 2 milliards de personnes. On s’attend maintenant à ce que l’augmentation de la population, qui a pris plus de 100 000 ans depuis l’apparition des premiers humains modernes, se reproduise en 30 ans. Nous vivons à une époque de changement accéléré. Pendant ce temps, le monde s’enrichit et s’urbanise davantage (l’ONU s’attend à ce que 68 % des gens vivront dans les villes d’ici 2050, une hausse par rapport à 55 % en 2018).4

La population mondiale, qui grandit et s’enrichit, réclamera encore plus de mobilité. L’ONU estime que le parc automobile mondial pourrait tripler d’ici 20505. Dans ces conditions, comment pouvons-nous nous assurer que ce degré de mobilité est durable?

Véhicules électriques

Une partie de la réponse est l’électrification des véhicules. Les transports sont responsables de 24 % des émissions directes de CO2 provenant de la combustion des carburants6. Fonctionnant à l’électricité, les véhicules électriques contournent ce problème.

La pandémie de la COVID-19 et les confinements subséquents ont contribué à accélérer de nombreuses tendances structurelles; l’électrification du secteur de l’automobile en est certainement une. Nous semblons avoir atteint un point de bascule :

  • Bien que les ventes mondiales de véhicules neufs aient chuté de 30 % en 2020, les ventes de véhicules électriques ont bondi.
  • En Europe, les volumes de véhicules électriques ont bondi de 45 % en douze mois.

 

Depuis le début de l’année, le processus d’électrification s’est encore accéléré, ces véhicules comptant pour 16 % des ventes de nouveaux véhicules en novembre; cela aurait été absolument impensable il y a quelques années7.

La réglementation joue un rôle important à cet égard, car les gouvernements se font concurrence pour mettre en place des plans de retrait graduel de plus en plus ambitieux pour les véhicules à combustibles fossiles (connus sous le nom de véhicules à moteur à combustion interne (MCI)). La Chine, le Japon, le Royaume-Uni, la Corée du Sud, l’Islande, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Slovénie, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal et le Canada sont les pays qui se proposent d’interdire la vente de véhicules à moteur à combustion interne. En novembre dernier, Boris Johnson a annoncé que le Royaume-Uni rapprocherait de plus de dix ans, à 2030, l’entrée en vigueur de l’interdiction de mise en marché de nouvelles voitures à essence et au diesel. La rumeur veut que le Japon, bastion du secteur automobile mondial, vise l’élimination graduelle des nouveaux véhicules MCI dès 2035, un échéancier ambitieux qui a soulevé l’ire de plusieurs géants de l’automobile dans le pays.

Ce contexte réglementaire favorable s’ajoute aux remarquables travaux d’ingénierie et de chimie liés à la technologie des batteries, qui ont fait baisser le coût des batteries par kilowattheure d’environ 90 % au cours de la décennie.8 Ailleurs, les infrastructures de recharge sont construites rapidement, les fourchettes sur une seule charge augmentent considérablement et les subventions pour les voitures électriques sont déployées. En résumé, nous sommes maintenant dans une situation où, d’ici quelques années, il sera probablement plus économique et plus propre de conduire une voiture électrique.

 

 

Rechercher des occasions de placement durable

Le parcours désormais légendaire de Tesla en 2020 est peut-être la manifestation la plus frappante de l’enthousiasme à l’égard des véhicules électriques, mais il existe d’autres façons, peut-être plus subtiles, d’investir dans ce domaine.

Murata est un fabricant japonais de composants électroniques et le leader mondial de la fabrication de composants de condensateurs céramiques multicouches (CCM), qui sont essentiels au stockage de la charge électrique et au contrôle du courant dans un circuit. Dans le secteur de l’automobile, Murata détient une part de marché mondial de 65 % des CCM, une position dominante soutenue par le fait que ses composants sont très fiables et durables et qu’ils peuvent fonctionner sous les types de chaleur et de stress élevés qui se produisent dans un véhicule. Murata soumet ses CCM à une simulation de crise de 200 °C, des conditions plus strictes que celles de tout concurrent.

Les appareils électroniques d’un véhicule électrique sont beaucoup plus sophistiqués que ceux d’un véhicule MCI et le nombre de CCM par véhicule est donc plus élevé. Au sein du groupe motopropulseur lui-même, on estime qu’un véhicule électrique a 3 000 CCM, comparativement à près de 600 dans un véhicule MCI de base. La technologie d’automatisation moderne s’étend sur 1 000 CCM supplémentaires. On estime qu’une Tesla haut de gamme, avec des capacités de premier plan en matière d’électronique et d’automatisation, possède jusqu’à 20 000 CCM.

Étant donné que de nombreux experts du secteur demandent maintenant que le taux de pénétration des véhicules électriques atteigne 30 à 40 % des ventes de nouveaux véhicules d’ici 2030, nous parlons d’un marché potentiel massivement élargi pour une entreprise comme Murata, qui détient une part dominante du marché mondial et un avantage concurrentiel solide. À notre avis, il s’agit de types d’entreprises qui, sans la même reconnaissance que Tesla, n’en sont tout de même pas moins bien placées pour tirer parti et faciliter l’une des grandes transitions de notre vie en matière de mobilité durable.

Nous croyons qu’une autre façon potentielle de favoriser la transition vers la mobilité durable est de préconiser les matériaux. Umicore est un groupe mondial de technologie et de recyclage des matériaux. Il s’agit d’un fournisseur de premier plan de matériaux favorisant la mobilité propre dans l’ensemble des organes de transmission pour véhicules.

  • Il fournit des matériaux cathodiques pour les batteries aux véhicules entièrement électriques, ainsi qu’aux véhicules hybrides rechargeables
  • Il fournit des matériaux électrocatalyseurs et cathodiques de batteries aux piles à combustible.
  • Il fournit des catalyseurs de contrôle des émissions aux véhicules MCI.

 

Umicore est le chef de file du marché en matière de fourniture de matériaux cathodiques utilisés dans les batteries au lithium-ion, et ses matériaux ont une incidence directe sur le rapport coût/rendement, la vitesse de charge et la sécurité. Alors que la demande de batteries au lithium-ion de haute qualité et hautement performantes augmentera considérablement au cours des prochaines décennies, nous croyons qu’Umicore pourrait être un facilitateur clé grâce à ses matériaux hautement performants. 

N’oublions pas l’humble vélo

En plus d’être futuriste, la mobilité durable pourrait cependant bien nécessiter un retour à certains modes de transport beaucoup plus anciens. L’humble vélo a évolué au début du XIXe siècle, et un baron allemand du nom de Karl von Drais a créé le premier modèle à deux roues orientables en 1817.

Le vélo a connu une grande renaissance en 2020, alors que les familles confinées à la maison se sont tournées vers des activités extérieures saines et que les banlieusards qui craignaient les confinements restreints des trains et des autobus ont opté pour le vélo. Au Royaume-Uni, il y a eu plus d’un million de nouveaux cyclistes sur la route en 2020, les milles parcourus entre avril et juin, au plus fort du confinement, ont augmenté de 250 % par rapport au niveau d’avant la pandémie de COVID-19, et les ventes au détail ont augmenté de 60 % sur 12 mois à compter de mars. Il s’agit de niveaux de croissance sans précédent pour l’industrie du vélo dans les temps modernes. Plus de 300 villes dans le monde ont considérablement augmenté leur nombre de pistes cyclables au cours de la dernière année, ce qui devrait contribuer à faire de ce boom du vélo une réalité.

Nous croyons que Shimano est un moyen potentiel de revenir au vélo. Il s’agit du titan mondial incontesté de l’industrie des composantes de vélos, qui contrôle près de 80 % des engrenages et des freins du marché, une position dominante semblable à celle de Google sur le marché de la recherche. Le Japon a une longue tradition de pièces de métal de calibre mondial, y compris des forgerons en fer qui ont fabriqué certaines des plus grandes épées jamais fabriquées pour la classe guerrière japonaise des samouraïs. Shimano compte 100 ans d’expérience dans ce domaine et produit des engrenages de métal et freins de qualité impeccable sur son grand campus d’Osaka, en utilisant ses processus de forgeage à froid brevetés, qu’elle perfectionne depuis 1962, ainsi que du forgeage thermique à 500 °C, pour transformer des tiges de tôle de métal brut en composantes solides de précision. Il y a un perfectionnisme dans l’ADN de Shimano, ce qui a contribué à faire de ses composantes la valeur par défaut de l’industrie du vélo, ce qui, à notre avis, lui permet d’être en excellente position pour contribuer à cette forme particulière de mobilité durable et d’en tirer profit.

En conclusion

Les consommateurs et les organismes de réglementation s’unissent afin de comprendre que si le monde doit demeurer mobile, il devra le faire d’une manière plus propre et plus durable. Pour ce faire, d’excellentes entreprises feront des choses novatrices, et nous voulons veiller à investir au cœur de celles-ci.

Divulgations

1 Programme des Nations Unies pour l’environnement

2 Our World in Data, 2019 (article en anglais seulement)

3 Organisation des Nations Unies, 2019.

4 Organisation des Nations Unies, 2018 (article en anglais seulement).

5 Programme des Nations Unies pour l’environnement

6 Agence internationale de l’énergie, 2020.

7 Fleet Europe, 2021 (article en anglais seulement)

8 Bloomberg, 2020 (article en anglais seulement).

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives.

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