Investissement responsable

Voter pour la lutte contre les changements climatiques

Notre politique de vote systématique pour 2020 visait à encourager la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.
Février 2021

Vicki Bakhshi

directrice principale, chef de la gouvernance et de l’investissement durable à BMO Gestion mondiale d’actifs (EMOA)

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Kalina Lazarova

Director, Analyst, Responsible Investment

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Derek Ip

Vice President, Analyst, Responsible Investment

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  • Notre politique de vote systématique pour 2020 visait à encourager la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Nous avons soulevé des préoccupations au moyen de 61 propositions présentées par la direction à l’occasion de 58 rencontres avec des entreprises.
  • Nous nous sommes concentrés sur les secteurs des services financiers, du pétrole et du gaz, des services aux collectivités et des mines, qui revêtent tous une importance systémique pour la croissance économique, mais font face à d’importants défis quant à la définition et à la réduction des émissions de leur chaîne de valeur.
  • Nous continuons, par ailleurs, à appuyer des résolutions raisonnables et réalistes des actionnaires qui incitent les entreprises à prendre des mesures pour contrer les changements climatiques.
  • Les critères que nous avons adoptés pour évaluer les pratiques de gestion des changements climatiques des entreprises vont continuer à évoluer, et 2021 nous permettra de nous concentrer davantage sur d’autres enjeux et d’autres secteurs.

Notre politique de vote

À moins de 12 mois des négociations cruciales de la COP26 sur les changements climatiques, l’objectif ambitieux sera de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 °C au maximum. Pour ce faire, il faudra :

  • Viser l’élimination nette des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050
  • Réduire les émissions de 50 % d’ici 2030

L’urgence de l’action ne fait aucun doute. BMO Gestion mondiale d’actifs a pris l’engagement d’atteindre l’objectif ambitieux de carboneutralité pour ses investissements d’ici 2050, dans le cadre de l’initiative Net Zero Asset Managers.

Dans le cadre de notre approche de gérance, nous travaillons avec d’autres investisseurs pour inciter les entreprises à se conformer à ces objectifs, qui sont énoncés dans notre document Mobilisation à l’égard des changements climatiques : un cadre de travail pour l’avenir. Cependant, le dialogue seul ne suffit pas, en particulier dans les cas où les entreprises ne répondent pas même aux attentes minimales ou résistent à la mobilisation. Nous croyons que la mobilisation de nos droits de vote est un aspect essentiel d’une gérance efficace en matière de changements climatiques.

Nous avons élaboré une politique de vote dans le but de favoriser la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Fait important, cette politique ne se contente pas d’examiner la façon dont nous votons sur les résolutions des actionnaires en matière de changements climatiques; elle porte également sur la façon dont nous exerçons notre droit de vote à l’égard des résolutions présentées par la direction. Pendant la période de vote de 2020, nous avons mis en place un processus systématique qui permet de repérer les entreprises émettrices
qui ont pris du retard dans la gestion des risques climatiques, à la lumière d’un ensemble de critères précis. Lorsque nous avons conclu que ces entreprises étaient à la traîne en matière de lutte contre les changements climatiques, nous avons voté contre les résolutions pertinentes présentées par la direction, notamment au sujet de la réélection des administrateurs.

Notre approche va évoluer à mesure que les meilleures pratiques qui apparaissent seront mieux connues et adoptées dans différents marchés. Nous allons notamment établir des attentes plus strictes à l’égard d’un plus grand nombre d’entreprises et de secteurs.

Voter contre les retardataires en 2020

En 2020, nous avons voulu envoyer un signal fort aux entreprises dans lesquelles nous avons investi dans six
des secteurs les plus importants que l’inaction à l’égard des changements climatiques n’est pas acceptable.
Ces secteurs ont été sélectionnés en fonction des critères suivants :

  • L’ampleur de la transition nécessaire vers une économie à faibles émissions de carbone pour qu’il soit possible de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.
  • Le fait que les attentes des investisseurs à l’égard d’une transition vers de faibles émissions de carbone ont été bien communiquées au sein du secteur, que ce soit dans le cadre de notre mobilisation ou de nos discussions sur le marché.

Les six secteurs couverts en 2020 :

  • Pétrole et gaz
  • Mines et métaux
  • Matières premières
  • Services aux collectivités d’électricité
  • Transport et automobile
  • Institutions financières

Toutes les entreprises visées par nos droits de vote qui atteignent un certain seuil de capitalisation boursière dans ces secteurs ont été évaluées en fonction de normes minimales en matière d’information et de stratégie sur les changements climatiques (voir l’encadré ci-dessous).

En plus de se fier à l’information communiquée par les entreprises dans lesquelles nous investissons, nos normes minimales sont également éclairées par les résultats de l’évaluation de la Transition Pathway Initiative (TPI). Les entreprises dont la cote est inférieure au niveau 2 (qui ne reconnaissent pas explicitement les changements climatiques comme un risque pertinent ou qui ne s’engagent pas à agir à cet égard) ont été automatiquement incluses dans l’évaluation. La TPI vise les entreprises à fortes émissions dans des secteurs économiques réels, qui devraient avoir été bien renseignées sur la lutte contre les changements climatiques au cours des dernières années d’échanges avec les investisseurs. Pour en arriver à notre évaluation d’ensemble définitive, nous avons également tenu compte des observations tirées de nos échanges avec les entreprises.

Notre équipe Investissement responsable a par la suite analysé les divulgations les plus récentes des entreprises de ces catégories afin de déterminer s’il convenait d’exercer notre droit de vote à leur encontre.

Normes minimales de gestion des risques climatiques appliquées durant la période de vote de 2020

Secteurs économiques réels Institutions financières

Divulgation

Publier l’empreinte carbone (champ d’application 1 et champ d’application 2).

Mesures prises par la direction

Établir une cible de réduction et dévoiler le calendrier pour l’atteindre.

Divulgation

Décrire les principaux risques liés aux changements climatiques pour l’entreprise dans le rapport sur la responsabilité sociale, dans les documents financiers annuels ou dans le cadre d’une divulgation adéquate sur des plateformes de tiers (p. ex., CDP ou autre équivalent du groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques).

Évaluation TPI

Entreprises repérées par la Transition Pathway Initiative comme étant sous le niveau 2 et ne reconnaissant donc pas explicitement les changements climatiques comme un risque pertinent ou ne s’engageant pas à prendre les mesures pertinentes.

Mise en oeuvre de notre politique en 2020

Au moment de la rédaction du présent document, nous avions fait part de nos préoccupations par le truchement de 61 propositions présentées par la direction à l’occasion de 58 rencontres avec des entreprises. À cet égard, nous avons voté contre des résolutions présentées par la direction, nous nous sommes abstenus ou nous avons appuyé de telles résolutions, mais en imposant les conditions précises pour le vote de l’an prochain. Ce traitement dynamique s’expliquait par le fait que les entreprises ne répondaient pas à nos attentes, à différents degrés.

Il n’est peut-être pas surprenant de constater que les votes ont été concentrés dans les secteurs des services financiers, du pétrole et du gaz, des services aux collectivités et des mines. Tous ces secteurs revêtent une importance systémique pour la croissance économique, mais font face à d’importants défis quant à la définition et à la réduction des émissions de leur chaîne de valeur. Nous avons ciblé les entreprises qui font preuve de manque d’empressement face aux changements climatiques.

La plupart des entreprises provenaient des deux plus grandes puissances économiques, la Chine et les États-Unis. Nous nous attendons à ce que, compte tenu de la récente promesse de la Chine d’atteindre la carboneutralité d’ici 2060 et du résultat des élections aux États-Unis, qui éclaircit grandement les orientations, un plus grand nombre d’entreprises commencent bientôt à se pencher sur leur impact climatique. Cela signifie aussi que les risques financiers pour les entreprises retardataires seront plus grands, puisque les décideurs de ces deux pays mettront sans doute en oeuvre de nouvelles réglementations pour promouvoir la décarbonisation.

Étant donné que c’est le conseil d’administration qui assume la responsabilité ultime en matière de lutte contre les changements climatiques, nous avons, en 2020, voté contre :

• certains administrateurs
• des rapports financiers et des rapports obligatoires
• d’autres résolutions présentées par la direction

Nous avons également voté contre des dispositions concernant la rémunération des dirigeants de certaines entreprises qui n’ont pas établi de cibles pour favoriser l’amélioration de leurs ambitions climatiques.

Outre les propositions présentées par la direction, nous estimons également que celles qui sont soumises par les actionnaires sont propices à l’amélioration et nous appuyons en général les demandes qui visent à établir des cibles de réduction à long terme conformes aux scénarios de 1,5 °C ou de 2 °C, dont les activités de lobbying sont en harmonie avec les objectifs de l’Accord de Paris et qui améliorent la divulgation de l’information et l’analyse des risques en matière de changements climatiques.

En 2020, nous avons appuyé environ 65 % des résolutions des actionnaires directement liées aux changements climatiques. Chaque résolution a été évaluée en fonction de sa pertinence et de la possibilité de la mettre en application. Nos échanges avec les entreprises ont aussi éclairé nos décisions de vote, surtout lorsqu’ils ont permis de démontrer que les entreprises s’employaient activement à améliorer leur stratégie de lutte contre les changements climatiques. Dans certains cas, même si nous étions d’accord avec l’esprit de ces demandes, nous avons dû nous abstenir ou voter contre les propositions, car les demandes précises de la résolution étaient trop rigides et nous étions d’avis que la direction avait besoin d’une plus grande marge de manoeuvre pour déterminer l’approche de décarbonisation la plus appropriée.

Nous sommes en communication avec les entreprises touchées par notre approche en matière de vote sur les changements climatiques, afin de les aider à mieux comprendre nos raisons et nos attentes. En tant qu’investisseurs, nous nous attendons à ce que les connaissances et les responsabilités appropriées soient définies
au plus haut niveau de l’entreprise. Cela permet aux entreprises de gérer adéquatement leur parcours de décarbonisation et de fournir une information de grande qualité sur les risques liés au climat dans leurs communications annuelles.

Nombre d’entreprises dans chaque pays touchées par notre politique de vote intégré sur les changements climatiques

  • Amérique du Nord – 13
  • Russie – 3
  • Inde – 3
  • Chine – 26
  • Afrique du Sud – 2
  • Australie – 2

Source: BMO GAM, as at 9 December 2020

En adoptant une position de vote ferme, nous renforçons les messages que nous envoyons aux entreprises par notre engagement à l’égard d’un éventail d’enjeux ESG.

Kalina Lazarova, directrice générale, Investissement responsable

Étude de cas : ExxonMobil Corporation

Notre engagement en matière de changements climatiques auprès d’ExxonMobil remonte à 2013 et la communication des risques d’une baisse future de la demande de combustibles fossiles faisait partie de nos demandes initiales. Cette entreprise fait par ailleurs partie des cibles de l’initiative Climate Action 100+ de 52 000 milliards de dollars, à laquelle BMO Gestion mondiale d’actifs a apporté son appui.

Bien qu’ExxonMobil admette publiquement qu’il est nécessaire d’agir à l’égard des changements climatiques et qu’elle ait pris des mesures pour réduire sa propre empreinte opérationnelle, sa stratégie n’est pas à la hauteur des normes que nous attendons maintenant des entreprises. Il n’y a en particulier aucune volonté à long terme conforme à l’Accord de Paris, ni de stratégie pour y arriver. La mobilisation dans le cadre de Climate Action 100+ n’a pas encore suffisamment progressé.

C’est pourquoi, lors de l’assemblée générale annuelle de l’entreprise en mai 2020, nous avons voté contre tous les
administrateurs non-dirigeants, pour la raison que le conseil d’administration n’assurait pas une surveillance suffisante des risques climatiques. C’est la deuxième année que nous avons agi de la sorte, puisque nous avions déjà voté contre les administrateurs non-dirigeants en 2019.

Nos attentes pour 2021

En 2021, nous allons élargir les secteurs couverts par notre approche en matière de vote. Un autre grave problème
nous préoccupe : la déforestation. Nous comptons cibler les entreprises des secteurs économiques situés en aval, par exemple la consommation discrétionnaire et la consommation courante, qui n’ont pas encore reconnu et tenté d’atténuer leur impact sur la foresterie. En 2021, nous nous pencherons également sur le secteur automobile, car ses émissions sont élevées.

En parallèle, nous allons resserrer les critères que nous employons pour évaluer les pratiques de gestion de l’entreprise en matière de changements climatiques, en mettant l’accent sur les actions mesurables. Nous nous
attendons à ce que les entreprises fixent des cibles de réduction ambitieuses et qu’elles dévoilent leur calendrier
pour les atteindre.

Des attentes plus élevées seront appliquées aux entreprises visées par les initiatives Transition Pathway et Climate Action 100+. Les entreprises de ces deux groupes ont été bien mobilisées par les investisseurs participants au cours des trois dernières années et nous nous attendons à ce qu’elles soient en mesure de faire la preuve de leurs capacités en matière de gestion des risques climatiques. L’urgence d’agir ne fait aucun doute, et nous croyons que les investisseurs doivent faire preuve de fermeté dans leur gérance. Lorsque les attentes de base ne sont pas satisfaites et que le dialogue ne permet pas de faire de progrès, l’utilisation du vote des actionnaires est un outil redoutable pour amener le changement.

Le monde est confronté à une crise climatique. Attendre que les gouvernements passent à l’action ne suffit
pas – les investisseurs et les sociétés doivent prendre des mesures audacieuses et ambitieuses.

Vicki Bakhshi, directrice générale, Investissement responsable

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Avis

* https://www.frc.org.uk/getattachment/5aae591d-d9d3-4cf4-814a-d14e156a1d87/Stewardship Code_Final2.pdf, p. 4. L’Investment Association peut en tout temps déterminer qu’elle ne se conforme plus à la définition du FRC.

Les points de vue et opinions sont ceux de BMO Gestion mondiale d’actifs et ne doivent pas être considérés comme des recommandations ou des sollicitations d’achat ou de vente des sociétés éventuellement mentionnées.
Les renseignements, opinions, estimations et prévisions qui figurent dans le présent document sont tirés de sources considérées comme fiables et peuvent changer à tout moment.

BMO Gestion mondiale d’actifs, 2020. Les promotions financières sont publiées aux fins de marketing et d’information au Royaume-Uni par BMO Asset Management Limited, laquelle est autorisée et réglementée par la Financial Conduct Authority; dans les pays de l’Union européenne, par BMO Asset Management Netherlands B.V., laquelle est réglementée par la Dutch Authority for the Financial Markets (AFM); et par BMO Global Asset Management (Swiss) GmbH, qui agit en tant que bureau de représentation de BMO Asset Management Limited en Suisse, laquelle est réglementée par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers suisses (FINMA). Les appels téléphoniques peuvent être enregistrés.
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