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De la reprise à la croissance

La pénurie de l’offre alimente les craintes d’inflation, mais, compte tenu de l’embellie du commerce mondial, cette pénurie est selon nous essentiellement le résultat…
Juin 2021

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  • La pénurie de l’offre alimente les craintes d’inflation, mais, compte tenu de l’embellie du commerce mondial, cette pénurie est selon nous essentiellement le résultat de la frénésie de consommation des ménages américains.
  • La croissance mondiale devrait rester élevée jusqu’en 2022, et les actifs à risque, dont le huard, devraient dans ces conditions gagner du terrain : la reprise économique étant plus rapide que prévu, la Banque du Canada (BdC) devrait en effet devancer ses hausses de taux et les mettre en œuvre avant la Fed. Nous continuons de miser sur la relance mondiale en surpondérant les actions par rapport aux titres à revenu fixe plutôt que de jouer sur les devises.
  • Le positionnement de notre portefeuille reste inchangé ce mois-ci. Les dernières données sur les bénéfices et l’économie vont dans le sens de notre thèse de placement à moyen terme : les actions mondiales devraient connaître une progression généralisée à mesure que la pandémie s’estompera. Nous anticipons toutefois de courts épisodes de volatilité sur les marchés lors de la publication de certains rapports économiques sensibles (emploi, inflation).
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La transformation numérique s’est accélérée, tout comme l’équipement des maisons. Cela mène à une situation où la demande surpasse l’offre

Cristiano Amon, président de Qualcomm, conférence téléphonique sur les résultats du premier trimestre de 2021.

Le président de la Fed, Jerome Powell, se demandait si « les gens avaient l’impression qu’ils pouvaient en toute sécurité reprendre des activités rassemblant des foules importantes » et il a eu une réponse sans équivoque lors du Memorial Day des États-Unis : 135 000 personnes sont venues assister aux 500 miles d’Indianapolis. La vie se normalise rapidement aux États-Unis, et le Canada suit de près. Maintenant que la pandémie recule, les investisseurs ont beaucoup moins à craindre, en dehors du risque de surchauffe de l’économie et de la résurgence de l’inflation qui pourrait en découler.

Les actions mondiales ont gagné du terrain en mai, les indicateurs économiques américains à haute fréquence continuant de prédire une accélération de la croissance (source : Bloomberg). La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel s’est établie à 6,4 % au premier trimestre aux États-Unis et à 5,6 % au Canada, l’activité économique étant repassée au-dessus de son niveau d’avant la COVID-19. Le marché du travail aux États-Unis a toutefois encore bien du chemin à faire pour récupérer tous les emplois perdus; la politique devrait donc rester expansionniste et s’accompagner de taux d’intérêt faibles et d’importants déficits budgétaires.

En Europe, l’heure est enfin à la reprise à la faveur de la réouverture de l’économie; c’est particulièrement vrai au Royaume-Uni, dont l’impressionnante campagne de vaccination contribue au retour à la normale. Si les économies occidentales font des progrès dans leur lutte contre la pandémie, de nombreuses économies d’Asie du Sud-Est ont récemment été confrontées à une nouvelle flambée de cas, ce qui risque d’entraver légèrement la croissance au début de l’été. Nous nous attendons toutefois à ce que la croissance mondiale se synchronise au deuxième semestre de 2021 et en 2022; si elle risque de culminer avant l’automne, elle devrait néanmoins rester largement supérieure à la normale.

Marchés mondiaux : Les actions mondiales continuent de gagner du terrain

Les actions mondiales (indice MSCI Monde tous pays, +1,6 %) se sont inscrites en hausse pour un quatrième mois de suite, sous l’effet de l’accélération et de l’élargissement de la reprise post-pandémie. La plupart des grands marchés boursiers ont progressé en mai, à commencer par celui du Canada (S&P/TSX, +3,4 %), favorisé par l’avance affichée par les secteurs de l’énergie et des services financiers le mois dernier. En Europe (Eurostoxx, +2,3 %), les indices les plus malmenés de 2020 ont tiré leur épingle du jeu (+4,0 % pour le CAC 40 en France et +5,2 % pour le MIB en Italie), l’activité économique commençant enfin à se redresser après une longue période de fermetures. Les actions américaines ont fait moins bien (S&P 500, +0,7 %) que les marchés mondiaux, les sociétés technologiques à mégacapitalisation ayant légèrement reculé en mai (Nasdaq 100, -1,2 %) et les actions à petite capitalisation (Russell 2000, +0,2 %) ayant fait du surplace. Les marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, +2,3 %) ont légèrement tiré leur épingle du jeu, malgré les difficultés rencontrées par les actions chinoises (indice MSCI Chine, +0,5 %) en raison du resserrement de la surveillance du pouvoir politique sur les grandes sociétés technologiques. Enfin, les actions japonaises (Nikkei, +0,2 %) sont restées stables, le pays étant confronté à une nouvelle flambée de cas de COVID-19 et la hausse des prix des produits de base pesant sur la monnaie.

Les taux d’intérêt à long terme sont restés globalement inchangés en mai en Amérique du Nord, bien qu’une certaine nervosité ait été observée sur les marchés des titres à revenu fixe autour de la date de publication des principaux indicateurs américains, comme ceux de l’emploi et de l’inflation. Le taux de l’obligation du Canada à 10 ans a reculé de 6 points de base (pdb) en avril et terminé le mois à 1,49 %.
Le prix du pétrole est passé de 63,58 $ à 66,32 $ le baril à la faveur de la réouverture de l’économie. Après la flambée des derniers mois, les prix du bois d’œuvre ont légèrement fléchi pour s’établir à 1 309 $ par millier de pied-planches, ce qui reste largement supérieur aux prix d’environ 400 $ affichés en 2019. Le regain d’optimisme observé à l’échelle mondiale a pesé sur le dollar américain (DXY, -1,6 %). Le huard a par ailleurs profité du recul généralisé du dollar américain et gagné 1,9 %. Enfin, l’indice de volatilité VIX est descendu à son plus bas niveau (16,8 %) depuis décembre 2019, les incertitudes entourant les perspectives s’étant dissipées.

Facteurs boursiers mondiaux : La rotation des styles se prolonge sous l’effet de l’accroissement de l’optimisme

Les rendements boursiers par style sont restés très similaires, la réouverture des économies ayant un effet positif sur l’ensemble du marché boursier en 2021. La volatilité boursière est par ailleurs redescendue à un niveau moins grave et les taux d’intérêt se maintiennent dans une fourchette étroite. Les retardataires de 2020, comme les titres de valeur (+3,1 %) et les titres à dividendes élevés (+2,9 %) ont de nouveau tiré leur épingle du jeu en mai, tandis que les titres les plus performants de 2020 (croissance, 0,0 %; momentum, -1,2 %) ont accusé du retard le mois dernier; les autres principaux styles d’actions ont pour leur part enregistré des rendements similaires à ceux de l’indice de référence général des actions mondiales (Indice MSCI Monde tous pays, +1,6 %). Tant que l’optimisme à l’égard de la croissance continuera d’augmenter, les rendements affichés par certains styles d’actions pourraient continuer à progresser.

Sur le marché boursier canadien, les actions à faible volatilité (FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité, symbole : ZLB, +2,8 %)* ont fait légèrement fait moins bien que l’indice S&P/TSX (FINB BMO S&P/TSX composé plafonné, symbole : ZCN, +3,6 %)**, les segments très cycliques (énergie et banques) ayant fait mieux que le reste du marché

Vitesse à la faveur d’un resserrement des taux de la BdC

Après avoir été malmené au plus fort de la pandémie, le huard est la monnaie la plus performante par rapport au dollar américain cette année. Depuis des décennies, les deux éléments qui ont le plus d’influence sur la valeur du dollar canadien sont les prix du pétrole et le différentiel de taux d’intérêt avec les États-Unis, représenté par les billets à deux ans : lorsque les prix du pétrole ou les taux d’intérêt relatifs augmentent, le dollar canadien devient plus attrayant par rapport au dollar américain. Compte tenu du niveau actuel des prix du pétrole et des taux d’intérêt, nos modèles indiquent que le dollar canadien se situe à sa juste valeur.

Si le huard semble se situer à sa juste valeur et afficher des rendements en phase avec le mouvement de relance mondiale, nos prévisions de croissance mondiale synchronisée (laquelle devrait se traduire par une nouvelle hausse des actions et des prix des produits de base) et de recul du dollar américain supposent des perspectives prometteuses pour le huard. De plus, compte tenu du rythme plus rapide que prévu de la reprise économique au Canada, la Banque du Canada devrait devancer ses hausses de taux, peut-être même au début de 2022, tandis que la Fed pourrait attendre plus longtemps, ce qui devrait avantager le huard.

Depuis l’été dernier, nous nous attendons à ce que les actions progressent davantage et plus durablement que le dollar canadien et, entre avril 2020 et mai de cette année, les actions mondiales (indice MSCI Monde tous pays) ont grimpé de 61 %, alors que le huard n’a progressé que de 17 %. Nous continuons de miser sur la relance mondiale en surpondérant les actions par rapport aux titres à revenu fixe plutôt que de jouer sur les devises. Nos prévisions positives à l’égard du dollar canadien sont toutefois une des raisons pour lesquelles nous surpondérons les actions canadiennes par rapport aux actions EAEO (Europe, Australasie et Extrême-Orient), dont les monnaies devraient continuer à subir les effets de la hausse des prix des produits de base.

La numérisation et la frénésie de consommation aux États-Unis à l’origine de pénuries d’approvisionnement

L’offre reste déficitaire, ce qui continue d’alimenter les craintes d’inflation. La situation est à notre avis essentiellement due à la consommation aux États-Unis, et plus particulièrement à la demande accumulée et à l’effet de richesse induit par les mesures de relance et la hausse des prix des maisons et des actions. Lorsque les ménages américains ont de l’argent à dépenser, les importations ont tendance à redécoller, ce qui stimule le commerce mondial. La flambée des importations américaines s’est poursuivie jusqu’en mars, notamment dans les secteurs des biens de consommation et des biens d’équipement, et a contribué à la hausse des échanges commerciaux mondiaux. Les données sur les exportations asiatiques traduisent une forte demande dans le secteur de l’électronique, des produits de consommation aux produits industriels; le phénomène est particulièrement marqué dans le secteur des semi-conducteurs, dans lequel l’offre est régulièrement déficitaire et qui est sujet à de fortes variations de prix (source : The Economist). Compte tenu de l’essor du commerce mondial et de la vigueur de la demande aux États-Unis, il semble que la pénurie de l’offre soit le résultat d’une forte demande plutôt que de perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Le port de Los Angeles, par lequel transitent 40 % des conteneurs mondiaux, a connu une forte hausse des arrivées de conteneurs au premier trimestre sous l’effet de la réouverture du marché américain et des mesures de relance. Nous pensons que l’engorgement des chaînes d’approvisionnement s’atténuera cette année, à mesure que la vaccination progressera et que l’économie mondiale rouvrira, mais qu’il pourrait se prolonger jusqu’en 2022, dans la mesure où les dépenses en immobilisations prennent des années à se mettre en place, même si elles sont planifiées, notamment dans des secteurs comme celui des semi-conducteurs. D’ailleurs, les États-Unis, l’Asie et même l’Europe prennent des mesures pour accroître les dépenses en immobilisations dans le secteur des technologies (180 milliards de dollars pour les dépenses en technologie dans le cadre du plan Biden, 100 milliards de dollars prévus par Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) (source : Bloomberg), fortes augmentations annuelles des dépenses de recherche et développement (R et D) en Chine). La difficulté de l’offre à répondre à la forte demande s’explique également par d’autres éléments temporaires comme la constitution préventive de stocks par les sociétés chinoises en réponse aux sanctions américaines et aux perturbations liées aux conditions météorologiques.

Plus important encore, nous estimons que les pénuries sont temporaires, dans la mesure où les dépenses de consommation devraient redescendre à des niveaux plus normaux plus tard cette année, à mesure que les effets de richesse s’estomperont et que les prestations d’assurance-chômage cesseront après septembre. Cela devrait entraîner une diminution des achats de biens, notamment de biens coûteux comme les voitures. Le retour généralisé au bureau devrait également se traduire par une diminution des achats de produits électroniques, de maisons et d’autres produits nécessaires au télétravail dont la demande avait explosé pendant la pandémie. Les pressions sur les prix des facteurs de production liées à la pénurie de l’offre devraient donc également s’estomper, ce qui permettra de limiter les répercussions de coûts sur les prix à la consommation (déjà faibles au départ) (voir notre dernier article, source : BMO Gestion mondiale d’actifs).

Perspectives et positionnement : garder le cap sur la reprise

Le positionnement de notre portefeuille reste inchangé ce mois-ci, dans la mesure où les dernières données sur les bénéfices et l’économie vont dans le sens de notre thèse de placement à moyen terme : les actions mondiales devraient connaître une progression généralisée à mesure que la pandémie s’estompera. Nous anticipons de courts épisodes de volatilité sur les marchés lors de la publication de certains rapports économiques sensibles (emploi, inflation) susceptibles d’avoir une incidence sur l’orientation de la politique de la Fed, mais nous pensons que cette dernière continuera de se contenter d’ajuster les perspectives de sa politique afin d’éviter de provoquer une crise.

Divulgations

* Au 31 mai 2021, le FNB ZLB affichait un rendement de 28,41 % sur 1 an; de 11,42 % sur 3 ans; de 9,71 % sur 5 ans; et de 13,04 % depuis sa création (le 21 octobre 2011).

** Au 31 mai 2021, le FNB ZCN affichait un rendement de 33,82 % sur 1 an; de 10,53 % sur 3 ans; de 10,30 % sur 5 ans; de 6,71 % sur 10 ans; et de 7,91 % depuis sa création (le 29 mai 2009).

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