Décarbonisation – Zéro ou fiasco?

Pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, il faut que l’économie mondiale parvienne à la neutralité nette en carbone vers le milieu du siècle. Cela représente une transformation radicale dans les domaines de l’alimentation, de l’énergie et du transport. Quelles sont nos chances d’y arriver?

En 2019, il a été difficile de ne pas remarquer les changements climatiques. En plus de la grève mondiale pour le climat et du Sommet action climat des Nations Unies en septembre, un grand nombre de pays et d’entreprises se sont engagés à adopter un parcours zero carbone net. Le Royaume-Uni, la France et la Suède font partie des pays qui se sont fixé cet objectif. En parallèle, de grandes sociétés comme Amazon.com, Daimler et Duke Energy, l’une des plus grandes entreprises d’électricité aux États-Unis, ont annoncé leurs engagements pour un avenir zéro carbone net.

Que signifie l’expression zéro carbone net? En termes simples, pour que les températures moyennes mondiales se stabilisent, il faut que les émissions nettes de gaz à effet de serre attribuables à l’activité humaine soient ramenées à zéro, et que toutes les émissions soient compensées par l’élimination de carbone. Plus tôt cela se produira, plus la hausse finale des températures sera limitée. Selon les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique, l’objectif de zéro émission nette d’ici 2070 devrait limiter l’augmentation à 2 degrés Celsius, mais pour atteindre la cible plus ambitieuse de 1,5 degré, il faudrait que le monde soit carboneutre d’ici 2050. Si le budget carbone n’est pas respecté, cela se traduira par des hausses de température plus élevées et plus marquées, ainsi que par des répercussions physiques plus graves pour les gens et pour la planète.

C’est peut-être dans le secteur de la production d’électricité qu’il sera le plus facile d’atteindre l’objectif de zéro émission nette. Il existe des solutions de rechange au charbon et au gaz, et même si, dans le passé, les producteurs comptaient sur des subventions, la baisse du coût des énergies renouvelables a été si spectaculaire qu’elles constituent souvent l’option la plus économique, même en l’absence de toute subvention. Dans le cadre des dernières enchères d’énergie éolienne offshore au Royaume-Uni, certains prix ont chuté sous les 40 livres/MWh (mégawattheure), soit moins de la moitié du prix promis pour l’énergie produite par la centrale nucléaire la plus récente de ce pays.

L’énergie renouvelable représente déjà près des trois quarts de la nouvelle capacité nette d’électricité à l’échelle mondiale, chaque année, mais cet investissement devra prendre une autre ampleur pour éliminer le carbone de ce secteur. Quelque 200 GW (gigawatts) sont installés chaque année, mais il faudra probablement porter ce chiffre à 500 ou 600 GW pour atteindre l’objectif de zéro émission nette en 2050. Par ailleurs, il faut s’attaquer au problème de l’intermittence, en combinant plusieurs sources d’énergie renouvelable, le stockage de l’énergie et de l’énergie de base sans carbone, comme l’énergie nucléaire.

Les ajouts d’énergies renouvelables doivent s’accélérer pour que les cibles soient atteintes.

Croissance annuelle des énergies renouvelables nécessaire pour atteindre l’objectif de zéro émission nette (Gw)

Les ajouts d’énergies renouvelables doivent s’accélérer pour que les cibles soient atteintes.

Source : UBSe en date de septembre 2019.

Il semble donc possible de résoudre la question de l’électricité dans l’équation du carbone. Cependant, l’électricité ne représente qu’environ un quart des émissions de gaz à effet de serre mondiales, et la décarbonisation des autres activités semble nettement plus compliquée.

Le secteur du transport est beaucoup moins avancé dans le processus. Les véhicules électriques représentent bien moins de 1 % du parc automobile, et il reste encore beaucoup à faire pour les render plus abordables et pour installer des infrastructures de recharge, dont certaines nécessiteront des investissements publics. En outre, l’adoption massive des véhicules électriques exercera une pression supplémentaire sur la production d’électricité et augmentera le besoin de sources d’énergie sans émissions.

Forum mondial des placements, Londres, 2019

Certains des principaux facteurs déterminants à moyen terme de nos économies et marchés seront abordés lors du Forum mondial des placements de BMO.

Il faudra par ailleurs nous attaquer à notre dépendance au gaz naturel pour le chauffage et la cuisine. Même si les solutions de rechange sont nombreuses, leur adaptation au parc de logements existants sera une tâche colossale. Des progrès sont réalisés au chapitre des émissions de la production de matériaux comme l’acier, et ArcelorMittal est assez convaincue que des solutions seront trouvées pour que ses activités européennes soient carboneutres d’ici 2050. C’est peut-être dans la production alimentaire que la tâche est la plus ardue. Elle ne représente que 15 % des émissions mondiales, mais peu de solutions sont en vue. Il faudra que le passage aux protéines non carnées s’accélère de façon marquée pour faire une différence.

Qu’en est-il de la possibilité d’éliminer du carbone de l’atmosphère, que l’on appelle les « émissions négatives »? Presque toutes les analyses sur la façon d’atteindre un monde zéro carbone supposent une certaine forme de captage et de stockage du carbone. Encore une fois, le problème, c’est l’échelle. Un programme de reboisement massif aurait une forte incidence, mais compte tenu de la croissance de la population mondiale à nourrir, les pressions liées à l’utilisation des terres restreindront cette approche.

Différentes solutions technologiques sont en cours de développement, et certaines sont plus avancées que d’autres. Des projets pilotes ont démontré que les systèmes qui permettent de retirer le dioxide de carbone des centrales au charbon ou au gaz et de l’enfouir peuvent fonctionner, même s’il reste des problèmes de coûts et d’acceptabilité sociale.

Le changement au cours de la dernière décennie, et même au cours des dernières années, a été extrêmement rapide, et les engagements audacieux des entreprises et des gouvernements ont contribué à donner aux investisseurs la confiance nécessaire pour investir dans les innovations. Le monde réussira-t-il à être carboneutre, ou allons-nous rater cet objectif? Quoi qu’il arrive, d’importants changements sont à venir dans nos systèmes de production d’énergie et dans nos modes de vie.

Le rendement passé n’est pas indicatif du rendement futur. Les fluctuations des marchés boursiers et des monnaies laissent supposer que les placements et les revenus qui en sont tires peuvent aussi bien prendre de la valeur qu’en perdre, et il est possible que l’investisseur ne récupère pas les sommes investies. Les appels téléphoniques peuvent être enregistrés.

Les renseignements fournis dans le présent document ne constituent pas une sollicitation ni une offre relative à l’achat ou à la vente des titres, et ils ne doivent pas non plus être considérés comme des conseils de placement. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs.

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