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Être coincé dans les embouteillages… quel plaisir

Après une chute spectaculaire en territoire négatif en avril, les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI) remontent ce mois-ci, grâce au retour des automobilistes sur la route.
Mai 2020

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. 

Nietzsche

Après une chute spectaculaire en territoire négatif en avril, les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI) remontent ce mois-ci, grâce au retour des automobilistes sur la route (graphique 1). Les prix du baril de WTI sont en voie de connaître leur meilleur mois de l’histoire, passant de 20,50 $ à 30,00 $ le baril, un gain de 66 % au 20 mai. Les réductions marquées de la production, notamment par les producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis, ont également contribué à ralentir l’accumulation des stocks.

Graphique 1 : Les automobilistes de Toronto reprennent la route

Graphique 1 : Les automobilistes de Toronto reprennent la route

Source : Apple, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 20 mai 2020)

Le président Trump ravive les tensions avec la Chine

Après avoir été reléguées au second plan dernièrement par les préoccupations des investisseurs, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine sont revenues sous les feux de la rampe. En effet, après avoir signé l’entente de « phase 1 », les tensions n’avaient pas vraiment disparu, et la COVID-19 a soulevé des questions de longue date en ce qui concerne la conduite de la politique chinoise. L’inaccomplissement des achats prévus dans le cadre de la « phase 1 », qui de toute façon sont assujettis aux forces du marché dans l’accord, n’est pas le problème à l’heure actuelle. Nous pensons que la récente escalade fait ressortir la progression de l’attitude bipartisane contre la Chine aux États-Unis et la détérioration des relations avec les autres pays (source : Politico)[i].

De plus, la COVID-19 a renforcé les priorités des États-Unis en matière de protectionnisme et de sécurité économique, et a accéléré les tendances amorcées avant la crise du coronavirus vers le découplage et la relocalisation. Les États-Unis ont mis en place des restrictions contre Huawei et proposé, dans le même temps, une loi visant à radier les sociétés chinoises des bourses américaines et à instaurer des sanctions en cas de violation des droits de la personne. Lors de sa dernière provocation, l’administration américaine a émis une critique générale des politiques économiques et militaires de la Chine, allant du vol de propriété intellectuelle au protectionnisme en passant par les droits de la personne.

Les pays producteurs de produits de base comme le Canada et les actifs asiatiques corrélés au risque sont les plus exposés, ce qui limite l’ampleur de la faiblesse du dollar américain et met en péril notre surpondération des marchés émergents. Cependant, cette fois-ci, nous sommes moins préoccupés par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Nous pensons que, tant que les droits de douane ne seront pas remis en place, les marchés continueront de faire fi de ces durs propos. Les actions asiatiques (graphique 2) pourraient être moins exposées en raison de la reprise de la croissance en Chine, soutenue par les dépenses d’infrastructures. L’élection présidentielle et la faiblesse de l’économie inciteront également Trump à éviter les mesures sans risque comme les tarifs douaniers et à adopter à la place une posture plus ferme. Cela dit, nous croyons résolument que les tensions vont perdurer et qu’il est possible que d’autres barrières non tarifaires soient mises en place. Finalement, il apparaît que le protectionnisme et la relocalisation font partie des tendances antérieures à la crise (tout comme la perturbation des technologies de l’information et l’apocalypse du commerce de détail) que la pandémie a accélérées.

Graphique 2 : Les guerres commerciales des États-Unis ont amené l’Asie à sous-performer, mais cela devrait changer en 2020

Graphique 2 : Les guerres commerciales des États-Unis ont amené l’Asie  à sous-performer, mais cela devrait changer en 2020

Source : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 20 mai 2020)

Revue du portefeuille : Garder le cap

Après avoir été très actifs au cours des dernières semaines en raison de la situation en dents de scie engendrée par la COVID-19, nos portefeuilles n’ont subi aucun changement majeur la semaine dernière. Les perspectives demeurent assombries par le virus, mais nous regardons de plus en plus au-delà de 2020 et de 2021 lorsque nous évaluons les occasions de placement. Nous nous attendons toujours à ce que les prochains communiqués sur l’économie montrent une contraction spectaculaire du PIB au deuxième trimestre, mais il ne s’agit en rien d’une nouveauté. Il semble que le pire est maintenant derrière nous et que la résilience des investisseurs s’est renforcée en raison des événements des dernières semaines.

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