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Hausse historique des mises à pied : au mois d’avril, nous avons touché le fond

La mise à l’arrêt de l’économie a pesé lourdement sur le marché de l’emploi au Canada et aux États-Unis
Mai 2020

Il est maintenant clair qu’une fois l’urgence passée, le monde ne sera plus le même… Au bout du compte, nous assisterons à une accélération soutenue de la transition vers les services numériques, dont témoigne notamment une augmentation du travail, de l’éducation, de la médecine, du magasinage et du divertissement en ligne. Ces changements seront importants et durables. 

Sunar Pichai, chef de la direction d’Alphabet

La mise à l’arrêt de l’économie a pesé lourdement sur le marché de l’emploi au Canada et aux États-Unis (graphique 1). En mars et avril, environ 3 millions d’emplois ont été perdus au Canada et plus de 20 millions aux États-Unis. Toutefois, avec la relance des activités commerciales ce mois-ci, les statistiques de mai sur l’emploi devraient faire état du début d’une longue reprise. La bonne nouvelle, c’est que l’économie semble être sortie de son profond creux. Le Canada bénéficiera du fait que, avant la destruction économique causée par le virus, près d’un demi-million d’emplois étaient vacants (un sommet record). La reprise sera très inégale d’un secteur à l’autre, les sociétés des secteurs de l’énergie, du divertissement et du transport aérien seront sans doute à la traine dans un contexte de reprise économique globale. La liste des entreprises qui feront faillite en raison du coronavirus augmentera probablement au cours des prochains mois, et ce, alors même que l’économie redémarre graduellement aux États-Unis (source : Forbes)[i] et au Canada (source : Retail Insider)[ii].

Graphique 1 : Deux mois de pertes d’emplois épouvantables

Graphique 1 : Deux mois de pertes d’emplois épouvantables

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (14 mai 2020)

Hausse de la concentration sur le marché : La COVID-19 s’acharne sur les plus faibles

La récession provoquée par la COVID-19 a amplifié l’écart qui sépare les perturbateurs numériques oligopolistiques du reste du marché, dans un contexte où la mise à l’arrêt de l’économie est particulièrement nuisible aux entreprises plus faibles. Les six principales sociétés technologiques américaines (Netflix, Google [et Alphabet], Amazon, Apple, Microsoft et Facebook) représentent maintenant un peu plus de 25 % de l’indice S&P 500. La pandémie de coronavirus a créé une occasion unique pour ces géants de la technologie de bousculer complètement la façon dont nous socialisons, apprenons, travaillons, magasinons et obtenons des soins de santé, ce qui leur permet d’accroître leur part de marché. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant de voir leur pondération dans l’indice S&P 500 augmenter fortement (graphique 2). Le virus a rapproché de l’obsolescence de nombreuses choses du quotidien, et nous croyons que les investisseurs qui s’attendent à une performance supérieure de secteurs et de sociétés moins capables de s’adapter et de survivre au monde post-COVID devraient faire preuve de prudence.

Graphique 2 : Pondération des sociétés FAANGM dans l’indice S&P 500

Graphique 2 : Pondération des sociétés FAANGM dans l’indice S&P 500

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (14 mai 2020)

Revue du portefeuille : La volatilité des marchés appelle à la diversification

Aucun changement important n’a été apporté à nos portefeuilles phares la semaine dernière. Cependant, la volatilité des marchés en 2020 a été un excellent rappel pour les investisseurs de la nécessité de construire des portefeuilles diversifiés. Lorsque les actifs à risque sont en difficulté, ils semblent tous éprouver des ennuis en même temps, puisqu’ils deviennent parfaitement corrélés les uns aux autres. Dans le contexte récent de volatilité des marchés, il a été difficile de trouver une catégorie d’actif qui n’a pas subi de vente massive. Cependant, malgré leurs taux de rendement très faibles, les obligations d’État sont demeurées des solutions de diversification efficaces pour les investisseurs des fonds équilibrés. Bien que les attentes de rendement des investisseurs en titres à revenu fixe ont diminué de façon constante au fil des ans, les actifs à revenu fixe de grande qualité continuent d’offrir, dans le cadre de solutions équilibrées, des avantages sur le plan de la diversification. En outre, leurs prix tendent toujours à augmenter lorsque les cours boursiers baissent.

Divulgations

[1] https://www.forbes.com/sites/hanktucker/2020/05/03/coronavirus-bankruptcy-tracker-these-ajor-companies-are-failing-amid-the-shutdown/#5b2e2a903425

[2] https://www.retail-insider.com/retail-insider/2020/5/retail-in-canada-to-change-forever-amid-restructuring-bankruptcies-and-permanent-store-closings

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