La mondialisation tire-t-elle à sa fin?

Les 25 dernières années ont été l’ère de la mondialisation. Ce phénomène, engendré par la naissance d’Internet et l’émergence de multinationales géantes de la technologie, a entraîné une expansion sans précédent des flux commerciaux et financiers. Mais pour beaucoup, le mot « mondialisation » est devenu un mot à éviter. Le monde est-il sur le point de se replier sur lui-même une nouvelle fois?

La mondialisation est la pierre angulaire de la croissance mondiale depuis le début du nouveau millénaire. Facilitée par la privatization et la déréglementation du marché du travail, elle a, entre autres, favorisé l’expansion rapide des pays émergents et maintenu le prix des biens à un faible niveau grâce à l’externalisation de la production vers les pays à faible coût.

Mais la mondialisation est-elle victime de son propre succès? En raison du rythme de la transformation économique et, dans une certaine mesure, sociale, des politiciens tant de gauche que de droite s’y attaquent. À gauche, la colère contre le capitalisme et la montée des inégalités : les multinationales anonymes exploitent les travailleurs et évitent de payer leurs impôts. Et à droite, la montée du populisme s’oppose à la centralisation des pouvoirs au détriment des intérêts nationaux.

D’autres s’inquiètent d’un monde où les frontières disparaissent. Dans le cas de la controverse entourant la société Huawei, par exemple, le fait de confier de grandes quantités de données personnelles à une entreprise technologique appartenant à un État est considéré, à juste titre, comme un risque de sécurité.

Graphique 1 : Il est rare que le commerce mondial décline quand il n’y a pas de récession : la baisse récente est donc inhabituelle.

Il est rare que le commerce mondial décline quand il n’y a pas de récession : la baisse récente est donc inhabituelle.

Source : Bloomberg, CPB Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis, au 25 septembre. Année de référence 2010 = 100. Données désaisonnalisées.

La remise en question de la mondialisation s’est intensifiée dans la foulée de la crise financière mondiale, et elle est accélérée par l’abandon par les États-Unis de leur leadership planétaire. La montée de la Chine, de l’Inde et d’autres pays émergents très peuplés a fait baisser la part des États-Unis dans le produit intérieur brut (PIB) mondial. L’administration américaine ne désire pas être le chef de file mondial dans des dossiers comme les changements climatiques et, en fait, voit moins les avantages du maintien d’alliances mondiales. Le récent retour en force des barrières commerciales et du protectionnisme illustre très clairement son attitude plus insulaire.

Les États-Unis ne sont donc plus disposés à faire appliquer les règles mondiales, et les États-nations se mettent à conclure des ententes régionales. Les pays asiatiques, par exemple, sont en train de resserrer leurs liens commerciaux en réponse à la décision de la Chine d’opter pour un modèle économique plus introspectif.

Tout passage de la mondialisation à la régionalisation présentera vraisemblablement des risques économiques et politiques croissants. Les États-nations pourraient se tourner vers le plus grand pays d’influence de leur sphère et se retirer quelque peu du système mondial dirigé par les États-Unis. Et si des pays décident de corriger ce qu’ils considèrent comme des déséquilibres, ou même de régler de vieux griefs avec leurs voisins, le risque de conflits régionaux augmentera.

Forum mondial des placements , Londres , 2019

Certains des principaux facteurs déterminants à moyen terme de nos économies et marchés seront abordés lors du Forum mondial des placements de BMO.

La crise financière mondiale a été le déclencheur de l’abandon du capitalisme et de la mondialisation à tout prix en tant qu’idéaux économiques. L’immense changement des modes de production engendré par l’arrivée de la Chine dans le système économique moderne a laissé de nombreuses personnes perplexes et effrayées par la vitesse des changements. Le protectionnisme est en hausse et la croissance du commerce mondial est au point mort.

La durabilité, la redistribution et le régionalisme sont les nouvelles priorités. Nous ne nous attendons pas à ce que le système de production mondial se mette en marche arrière, mais nous prévoyons que le rythme de la progression demeurera lent. La prochaine décennie sera marquée par la consolidation et un changement de priorités. La mondialisation est là pour de bon, mais l’ère de la croissance effrénée est derrière nous.

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