L’assouplissement quantitatif : des banques centrales gargantuesques qui monétisent les mesures de relance budgétaires

J’ai lu dans les journaux d’aujourd’hui que le Congrès veut remplacer le dollar par une pièce de monnaie. C’est déjà fait. Ça s’appelle un nickel.

Jay Leno

Les mesures monétaires et budgétaires ont pour mission de sauver l’économie et la confiance, mais leur coût est élevé. Les émissions de titres de créance émis par le gouvernement fédéral du Canada et les dix provinces augmentent rapidement. Par conséquent, la Banque du Canada (BdC) a fortement élargi son bilan en absorbant une grande partie des émissions de titres de créance afin d’éviter une situation désordonnée sur le marché obligataire. Au cours des dernières semaines, la BdC a ajouté environ 320 milliards de dollars à son bilan, tandis que la Réserve fédérale américaine a ajouté 2 900 milliards de dollars. La semaine dernière, nous avons appris que le déficit du gouvernement fédéral atteindrait 260 milliards de dollars en raison des mesures annoncées le 30 avril (Source : Global News)[1]. Nous ne serions pas surpris de voir le déficit dépasser les 300 milliards de dollars, ce qui représenterait environ 8 000 $ par habitant.

Graphique 1 : Les bilans des banques centrales montent en flèche et (beaucoup) plus reste à venir

Graphique 1 : Les bilans des banques centrales montent en flèche et (beaucoup) plus reste à venir

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (27 mai 2020)

Le huard : en hausse, mais alimenté par l’humeur à l’égard du risque à l’échelle mondiale

Le huard a légèrement augmenté depuis le début du mois, mais nous préférons toujours que la majeure partie de nos positions de change restent non couvertes par rapport aux fluctuations des monnaies dans nos portefeuilles. Nous sommes optimistes à l’égard des actions, mais nous demeurons prudents et nous continuons de considérer que nos actifs américains agiront comme un frein à la volatilité si la confiance des investisseurs devait de nouveau être ébranlée par une crise d’inquiétude liée à la COVID, auquel cas nous pourrions nous attendre à un recul du huard.

Revue du portefeuille no 1 : Augmentation des actions américaines et réduction des actions canadiennes

La semaine dernière, nous avons étoffé notre surpondération des actions américaines tout en réduisant davantage notre exposition aux actions canadiennes de base dans nos portefeuilles de FNB. Les perspectives à court terme des actions mondiales semblent attrayantes, mais nous pensons que le Canada pourrait tirer de l’arrière par rapport aux États-Unis à moyen terme. À mesure que le risque de COVID est de plus en plus contenu et moins redouté, nous pensons que les données fondamentales finiront par influer sur le prix des actifs de façon plus sensée. Au cours des 12 à 18 prochains mois, nous pensons que l’économie et le marché boursier canadiens seront affaiblis par rapport à ceux d’autres grandes économies, en particulier les États-Unis.

Tout d’abord, les actions canadiennes dégageaient un rendement inférieur bien avant que la COVID ne frappe et que le secteur pétrolier ne connaisse des difficultés. Après une courte période de surperformance au milieu de 2019, alors que la guerre commerciale faisait rage, les actions canadiennes ont perdu de leur vigueur et ont enregistré des résultats inférieurs à ceux de la plupart des autres régions au quatrième trimestre de 2019. Les espoirs entourant une inflexion de la croissance mondiale se sont intensifiés au cours de cette période, tandis que l’économie intérieure semblait de plus en plus mal en point en raison de l’affaiblissement des dépenses en immobilisations des entreprises, des exportations et des dépenses de consommation. Alors que l’économie mondiale se remet du choc des pertes d’emploi provoqué par le virus, les consommateurs canadiens sont très vulnérables à cause de la faiblesse record des taux d’épargne, de la dette historiquement élevée et des ratios de service de la dette. La reprise économique au Canada sera donc plus lente, ce qui pèsera sur la croissance des bénéfices, car environ 40 % des revenus sont attribuables au marché intérieur, contre plus de 55 % pour les sociétés de l’indice S&P 500. Nous continuons de préférer une sous-pondération des actions canadiennes par rapport à celles des États-Unis et des marchés émergents d’Asie, même si les actions canadiennes se sont bien comportées depuis avril (graphique 2).

Graphique 2 : Les actions américaines dominent, mais les actions canadiennes, étonnamment, ne sont pas très en retard

Graphique 2 : Les actions américaines dominent, mais les actions canadiennes, étonnamment, ne sont pas très en retard

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (27 mai 2020)

Revue du portefeuille no 2

Nous avons également ajouté un gestionnaire de titres à revenu fixe à rendement élevé à gestion active dans notre famille de portefeuilles CatégorieSélect, que nous avons financé en réduisant nos positions à rendement élevé ayant un coefficient bêta de 1. Les banques centrales achètent activement des obligations de sociétés et le niveau de risque se stabilise, mais nous croyons que la vague de faillites est un contexte de marché idéal pour les gestionnaires actifs pour ajouter de la valeur dans le segment des obligations à rendement élevé.

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