Le président Trump qui contracte la COVID-19, la politique américaine et l’anxiété d’une deuxième vague tempèrent l’euphorie, et non l’optimisme

  • Nous sommes d’avis que les marchés boursiers seront plus volatils qu’en temps normal à l’approche des élections, mais les actions demeurent attrayantes par rapport aux obligations au-delà d’un horizon de trois à six mois.
  • L’incertitude liée aux élections est forte, mais l’avance grandissante de M. Biden sur M. Trump devrait calmer la situation, car elle permettra aux participants sur le marché de recentrer leur attention sur la reprise économique et la pandémie.
  • Nous mettons à jour nos perspectives à l’égard des actions des marchés émergents. Selon nous, ces derniers profiteront d’événements à court et à long terme, comme l’évolution de la pandémie et la relance commerciale dans la foulée de la crise de la COVID-19, compte tenu de leur exposition à l’Asie et du poids important de la technologie au sein de leur univers.
  • Le positionnement du portefeuille a été stable. Nous surpondérons légèrement les actions par rapport aux obligations et préférons les marchés américains et émergents à ceux de l’Europe, de l’Australasie et du Moyen-Orient (EAEO) et du Canada. Nous préconisons légèrement la duration obligataire et privilégions les titres de catégorie investissement par rapport aux obligations à rendement élevé.

Une des choses extraordinaires des événements humains, c’est que l’impensable devient pensable. 

Salman Rushdie

Les actions mondiales ont inscrit un rendement décevant en septembre, mais les nouvelles macroéconomiques ont confirmé que la reprise était bien entamée et que le terrain perdu serait récupéré relativement rapidement. Cependant, la résurgence du virus en Europe et en Amérique du Nord, conjuguée à la crainte d’une élection présidentielle chaotique aux États-Unis et à la difficulté de faire adopter une autre série de mesures d’aide budgétaire avant l’élection, sont autant d’éléments qui ont refroidi l’euphorie des investisseurs. L’activité sur le marché du logement, la surprise la plus positive de cette récession imputable à la COVID-19, qui sous-tend jusqu’à présent la reprise alimentée par le consommateur, a continué de causer des surprises positives au Canada et aux États-Unis.

Les investisseurs ont été préoccupés par une éventuelle contestation des élections américaines, mais l’avance grandissante de Joe Biden sur Donald Trump a atténué cette possibilité, même si le fait que le président Trump ait contracté la COVID-19 alimente quelque peu l’incertitude. Toutefois, la diminution des risques liés à une contestation des élections devrait permettre aux investisseurs de recentrer leur attention sur la reprise économique et la pandémie. Enfin, nous ne croyons pas qu’un balayage démocrate aurait une incidence aussi négative que le craignent certains, notamment sur le plan fiscal. En effet, nous doutons que le taux d’imposition des sociétés puisse atteindre 28 %, 25 % nous semblant plus probable.

Les actions mondiales rencontrent un obstacle, mais les facteurs fondamentaux demeurent intacts.

Le mois de septembre a mis fin à cinq mois consécutifs de rendements positifs pour les actions mondiales, qui ont inscrit une contre-performance (indice MSCI Monde tous pays, -3,2 %). Les titres du Nasdaq 100 (­5,7 %) ont enregistré les pires rendements et les actions de sociétés technologiques à mégacapitalisation ont plombé l’indice S&P 500 (-3,8 %). Les actions européennes ont également reculé dans l’ensemble, mais dans une moindre mesure (Euro Stoxx 50, -2,3 %; indice DAX en Allemagne -1,4 %; indice FTSE 100 au Royaume-Uni, -1,5 %), même si la région a eu à composer avec une flambée de cas de COVID-19. Les actions canadiennes (-2,1 %) ont légèrement surpassé les actions mondiales, malgré une baisse de 11,7 % pour le secteur de l’énergie. Les marchés émergents (MSCI ME, -1,6 %) se sont légèrement repliés en raison du recul des sociétés chinoises. Enfin, les actions japonaises (indice Nikkei, +0,8 %) ont été un des rares points positifs le mois dernier, les investisseurs ayant été rassurés par le fait que le premier ministre nouvellement élu, Yoshihide Suga, adopterait des politiques expansionnistes.

Les taux des obligations d’État à long terme ont fluctué dans une fourchette étroite en septembre, mais ils ont baissé en raison de l’anxiété liée à une deuxième vague. Le taux de l’obligation du Canada à 10 ans a peu varié (de 0,62 % à 0,56 %). La reprise de la demande de pétrole semblant s’essouffler et l’excès de l’offre persistant, les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI) ont reculé (-5,6 %) pour s’établir à 40,20 $ le baril et, sans d’autres réductions de production, nous pensons que les prix auront de la difficulté à dépasser la barre des 45 $ en 2020. Le cours de l’or a connu un mois mouvementé (-4,2 %); la pression exercée sur les actifs à risque a profité au billet vert (DXY, +1,9 %) en raison de la ruée vers les valeurs sûres. Le huard est retombé à 0,75 $, un recul comparable à celui des autres grandes monnaies. Enfin, l’indice de volatilité VIX a atteint un sommet de 33,6 % au début du mois et continue de refléter l’anxiété plus élevée qu’en temps normal des investisseurs à l’approche des élections aux États-Unis, le point culminant étant prévu au moment de l’élection.

Facteurs liés aux actions : synchronisation

Le rendement relatif des facteurs liés aux actions mondiales a été calme le mois dernier. La croissance (­3,3 %), le momentum (-3,2 %) et la valeur (-3,1 %) ont été les facteurs les plus faibles, tandis que la qualité (-2,5 %) et la faible volatilité (-1,6 %) ont affiché une légère avance.

Au Canada, le rendement des facteurs boursiers a été plus mouvementé, les secteurs de la Bourse de Toronto ayant affiché une plus grande dispersion en septembre. Alors que le FINB BMO S&P/TSX composé plafonné (symbole : ZCN, -2.1 %)* a enregistré un rendement négatif au cours du mois, le facteur de faible volatilité (FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité, symbole : ZLB, +1,1 %)** a inscrit un rendement supérieur dans une bonne mesure. Cette surperformance est en grande partie attribuable au rendement négatif du secteur de l’énergie (FINB BMO équipondéré pétrole et gaz, symbole : ZEO, -13,9 %)*** et des banques (FINB BMO équipondéré S&P/TSX banques, symbole : ZEB, ­4,8 %)****.

Bien que les prix du pétrole aient été atones dernièrement, les actions du secteur de l’énergie semblent bien plus touchées que ce que reflètent les prix du pétrole. Selon nous, la situation découle possiblement de la fatigue des investisseurs, le secteur ayant perdu des milliards de dollars, combinée à la crainte qu’une victoire de M. Biden nuise au secteur, sans compter la tendance de désinvestissement graduel issue de l’importance accrue accordée aux facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Graphique 1 : Les sociétés énergétiques souffrent bien plus que ne le reflètent les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI)

Graphique 1 : Les sociétés énergétiques souffrent bien plus que ne le reflètent les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI)

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 2 octobre 2020)

Perspectives à l’égard des ME : répondre à la frénésie de consommation des économies développées

Une des raisons pour lesquelles nous avons surpondéré les actions des marchés émergents depuis l’épidémie de COVID-19 réside dans le fait que non seulement ces pays sont les premiers arrivés et les premiers sortis en ce qui a trait à la première vague, mais ils sont mieux outillés pour faire face aux éclosions subséquentes. Rappelons que les trois principaux pays de l’indice MSCI Marchés émergents, la Chine, Taïwan et la Corée du Sud, représentent 63 % de l’indice et sont aussi les plus performants cette année. Les stratégies visant à tester, tracer et isoler appliquées dans ces pays ont donné lieu à des mesures de confinement moins strictes et un endiguement rapide. En Chine, cela a permis une reprise en forme de V plus prononcée et plus rapide et a laissé moins de séquelles sur l’économie. Les mesures de relance budgétaire ciblant les investissements dans les infrastructures en Chine ont aussi contribué. Globalement, un pari à l’égard des actions de l’indice MSCI Marchés émergents est un pari à l’égard des actions d’Asie, qui continuent de dégager des rendements supérieurs en partie grâce à une meilleure maîtrise de la COVID-19.

Nous voyons aussi d’un bon œil les marchés émergents en raison de la pondération plus élevée du secteur des TI, un des principaux bénéficiaires de la COVID-19 et du thème persistant des perturbations technologiques, qui a contribué au rendement supérieur des marchés émergents asiatiques (voir le graphique 2). Nous croyons que la tendance haussière des bénéfices du secteur, les bilans de meilleure qualité et l’adoption de nouvelles technologies accélérée par la COVID-19 continueront de propulser ce secteur. Rappelons que le segment des semi-conducteurs a été le seul à l’échelle mondiale à enregistrer un gain positif en septembre (0,8 %), malgré les tensions commerciales persistantes et le contexte d’aversion pour le risque.

Graphique 2 : Les indices boursiers dont la part du secteur des TI est plus importante ont affiché un meilleur rendement en 2020

Graphique 2 : Les indices boursiers dont la part du secteur des TI est plus importante ont affiché un meilleur rendement en 2020

Sources : BMO Gestion mondiale d’actifs, Bloomberg (au 1er octobre 2020)

La dépréciation du dollar américain favorise également les actifs des marchés émergents. Le déclin de l’avantage des États-Unis sur le plan des taux de rendement réels ouvre la voie à un affaiblissement supplémentaire du dollar américain, tandis que les reprises économiques (la phase du cycle dans laquelle nous nous trouvons actuellement) nuisent généralement au dollar américain et favorisent les mouvements de fonds sur les marchés émergents. Enfin, nous croyons que le résultat de l’élection américaine, pour laquelle M. Biden est toujours le favori, pèsera également sur le dollar américain. Une victoire de M. Biden, en particulier un balayage démocrate, pourrait avoir une incidence négative sur le dollar américain, car elle réduirait les tensions commerciales et l’incertitude entourant les politiques mondiales, qui ont renforcé le dollar depuis 2018.

Pour ces raisons, les actions des marchés émergents constituent un actif tactique et stratégique attrayant qui profite des événements à court et à long terme. De plus, même si la première vague de COVID-19 est derrière nous, nous pensons que les actions des marchés émergents constituent toujours une bonne option. La cadence de l’économie fait en sorte que l’on se dirige vers une solide reprise au deuxième semestre, la Chine menant le bal, et les banques centrales des marchés émergents ont encore de la marge de manœuvre pour réduire leurs taux, contrairement aux pays développés. La découverte d’un vaccin contre la COVID-19 aurait des répercussions mitigées sur les marchés émergents, car cela déclencherait une rotation vers les secteurs les plus malmenés, comme les segments cycliques, les titres de valeur ou l’Europe. Toutefois, l’incertitude liée à la COVID-19 devrait persister même si les essais cliniques s’avèrent fructueux pour un vaccin donné, car son efficacité et son déploiement restent des inconnues. Nous voyons d’un bon œil l’exposition à des régions qui réussissent à cohabiter de façon efficace avec le virus. Mais même dans le cas d’un éventuel retour à la normale dans la foulée d’un vaccin, nous préférerons toujours le segment des marchés émergents, qui profitera de la domination soutenue du secteur des technologies, de la normalisation de la croissance mondiale et de la dépréciation du dollar américain, plus que d’autres régions comme l’Europe, qui doit composer avec des obstacles à la croissance structurelle et dont le leadership sur le plan technologique est déficient.

 

 

Perspectives et positionnement : des hauts et des bas

Le positionnement de nos portefeuilles est stable et demeure très légèrement axé sur un cycle d’appétence pour le risque. Au-delà des élections aux États-Unis, nous pensons que le brouillard se dissipera suffisamment pour justifier un raffermissement de la position en actions, mais nous n’y sommes pas encore. La conjoncture positive émanant des mesures de relance budgétaires et monétaires reste intacte, mais la résurgence du virus et le bruit entourant les élections freineront sans doute l’optimisme à court terme à l’égard des actions. Notre légère surpondération des actions par rapport aux obligations demeure inchangée, tout comme notre surpondération des actions américaines et des marchés émergents, qui est financée par la sous-pondération des actions du Canada et de la région EAEO. Dans le même ordre d’idées, nous continuons de privilégier les obligations de sociétés de catégorie investissement par rapport aux obligations à rendement élevé plus risquées, tandis que la duration obligataire demeure attrayante au Canada. Enfin, nous sommes d’avis que le huard présente un potentiel d’appréciation limité à moyen terme en raison de l’anxiété persistante des marchés, des prix déprimés du pétrole et du ralentissement de la croissance économique qui est de plus en plus tributaire du secteur du logement et des mesures de soutien budgétaire.

Divulgations

* Le rendement du fonds ZCN pour la période terminée le 30 septembre 2020 se présente comme suit : 0,07 % (1 an); 3,48 % (3 ans); 7,14 % (5 ans); 5,50 % (10 ans); et 6,30 % depuis la création (le 29 mai 2009).

** Le rendement du fonds ZLB pour la période terminée le 30 septembre 2020 se présente comme suit : ­3,70 % (1 an); 5,58 % (3 ans); 7,06 % (5 ans); et 11,70 % depuis la création (le 21 octobre 2011).

*** Le rendement du fonds ZEO pour la période terminée le 30 septembre 2020 se présente comme suit : -37,40 % (1 an); -21,19 % (3 ans); -10,69 % (5 ans); -8,95 % (10 ans); et -8,50 % depuis la création (le 20 octobre 2009).

**** Le rendement du fonds ZEB pour la période terminée le 30 septembre 2020 se présente comme suit : -11,05 % (1 an); 0,01 % (3 ans); 7,05 % (5 ans); 7,94 % (10 ans); et 8,54 % depuis la création (le 20 octobre 2009).

 

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