Les choses se précisent, mais la lutte est serrée

Connaître les résultats le soir des élections était peut-être trop en demander. Aux petites heures du 4 novembre, les résultats d’États clés, notamment la Géorgie, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, n’étaient pas encore connus. D’autres États font aussi partie de cette catégorie, mais penchaient plus clairement dans une direction (p. ex., la Caroline du Nord pour Trump et le Nevada pour Biden). Dans les quatre États clés restants, le résultat dépend des comtés, ruraux ou urbains, ayant le plus grand nombre de votes à comptabiliser et de l’avancée du dépouillement des bulletins de vote envoyés par la poste. Dans des États comme la Pennsylvanie, par exemple, le nombre de bulletins de vote envoyés par la poste demandés par des démocrates inscrits était trois fois plus élevé que pour les républicains inscrits.[1]

Les résultats peuvent très rapidement changer, comme le montre l’évaporation de l’importante avance de Trump au Wisconsin lorsque Milwaukee a annoncé le compte de ses votes tôt hier matin. Pour compliquer les choses, le décompte des bulletins de vote envoyés par la poste en Pennsylvanie devrait se faire sur plusieurs jours et a déjà pris du retard selon les rapports. Un ou plus de ces États restants pourrait recompter les voix ou faire l’objet de recours en justice. Les contrats à terme standardisés sur actions, ainsi que les marchés des paris outre-mer, ont fluctué tard dans la soirée et aux petites heures de la matinée, preuve que la course est serrée.

Les autres résultats électoraux que nous suivons de près semblent plus clairs : le Sénat semble rester sous contrôle républicain. La vague bleue qui, selon certains, allait balayer le Sénat n’a tout simplement pas déferlé. Ce développement resserre les résultats possibles à Biden plus Sénat républicain ou au statu quo Trump plus Sénat républicain. Dans le scénario de statu quo, bien que Trump n’ait pas présenté de projets précis pour un second mandat, nous pouvons nous attendre aux mêmes politiques : déréglementation, politique commerciale très ferme avec la Chine (qui pourrait aussi s’étendre à l’Europe), et un soutien appuyé à des mesures de relance budgétaire.

Quant à l’autre scénario, présidence de Biden plus Sénat républicain, nous pouvons nous attendre à une impasse sur les grandes mesures politiques. Le Sénat républicain mettrait un frein aux propositions de hausse des impôts de Biden, puisqu’il est probable que les Sénateurs américains n’appuieraient que faiblement le projet fiscal de Biden. De la même manière, son énorme programme de dépenses, soit 5 000 milliards de dollars sur 10 ans, se réduira probablement comme peau de chagrin face à un Sénat contrôlé par les républicains. Et il ne faut pas oublier non plus le programme de relance lié à la COVID-19 qui est toujours en cours de négociation; il pourrait finalement être beaucoup plus proche des 500 milliards de dollars favorisés par les sénateurs républicains que des 2 000 milliards minimum proposés par la Chambre des représentants démocrate.

Malgré le coup d’arrêt imposé aux législations de grande envergure, une possible présidence de Biden apporterait malgré tout des changements. Une réglementation environnementale plus stricte pourrait avoir des répercussions sur une foule d’industries et accélérer le développement de l’énergie renouvelable. Pour le secteur financier, on peut s’attendre à des lignes directrices plus exigeantes en matière de gestion des risques. Une application plus sévère de la législation antitrust pourrait aussi ralentir les activités de fusion et acquisition dans l’ensemble de l’économie, et une surveillance accrue du secteur des technologies annulera probablement certains des facteurs à long terme favorisant les titres technologiques à grande capitalisation. Cependant, ces considérations concernent principalement des secteurs et ne posent pas de problèmes pour l’ensemble du marché.

Une victoire de Biden déboucherait presque certainement sur une réduction des tensions en matière de politique commerciale. Nous pensons que le Canada et l’Europe en profiteraient par rapport à l’approche attendue en cas de deuxième administration Trump. On s’attend généralement à ce que les relations commerciales avec la Chine restent très conflictuelles pendant une présidence de Biden. Cela sera peut-être le cas à court terme, mais nous croyons que les frictions sino-américaines s’atténueront graduellement sous cette administration et que l’attention se tournera vers les engagements écologiques plutôt que vers des mesures supplémentaires destinées à restreindre la croissance de la Chine. Globalement, nous considérons qu’une présidence de Biden appuie les actifs et les investissements chinois et qu’une présidence de Trump est un obstacle pour ces mêmes investissements. À court terme, une présidence de Biden peut aussi décevoir les marchés qui semblent avoir pris en compte d’importants espoirs en matière de dépenses budgétaires.

Puisque le Sénat républicain freinera les grandes initiatives de dépenses, aucun résultat des élections présidentielles ne devrait déboucher sur une forte hausse des taux d’intérêt à long terme alimentés par une croissance économique à court terme. Les tendances à long terme, comme la réduction de l’intensité en capital, l’innovation technologique et le vieillissement de la population limiteront aussi les conséquences de dépenses budgétaires additionnelles. Cela dit, en cas de présidence Trump plus Sénat républicain, nous devrions nous attendre à des mesures budgétaires potentiellement plus importantes et à une reprise cyclique un peu plus vigoureuse que dans un scénario Biden plus Sénat républicain. Il est aussi plus probable que Trump passe un programme de répit financier relatif à la COVID-19 pendant la période de transition du Congrès. Globalement, le scénario d’une présidence Trump débouche sur un profil de croissance plus favorable, une hausse modeste des taux d’intérêt et un contexte plus intéressant pour le risque lié aux capitaux propres.

Dans les deux scénarios, nous recommandons de sous-pondérer les titres à revenu fixe de base étant donné la faiblesse des taux, ce qui contribue aussi au soutien continu des actions. Il est intéressant de noter que les marchés boursiers sont restés relativement calmes, malgré l’incertitude entourant les résultats des élections. Les pressions à la hausse sur les taux d’intérêt sont moins importantes; par conséquent, la sous-performance de la croissance par rapport à la valeur pourrait se poursuivre, surtout quand certaines parties du monde limitent encore fortement la mobilité à cause du virus. Enfin, il est bon de souligner que les États-Unis se portent bien, et que, quel que soit le résultat final, nous restons optimistes à l’égard de la mise au point d’un vaccin qui stimulera la croissance économique plus tard en 2021.

Divulgations

[1] Associated Press, 13 octobre 2020

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