Les élections présidentielles aux États-Unis se rapprochent, mais les risques d’une nuit difficile se sont atténués.

Je connais suffisamment le monde pour avoir presque perdu la capacité d’être vraiment surpris par quoi que ce soit. 

Charles Dickens

Même si elle demeure élevée, l’incertitude entourant les élections s’est atténuée. Pour les investisseurs, la contestation des élections, qui auraient fait traîner en longueur l’annonce des résultats pendant des semaines, représentait l’un des principaux risques. Les risques que cela se produise ont diminué. Les résultats des sondages et des paris se sont encore creusés en faveur de Joe Biden et les électeurs ont envoyé leurs bulletins de vote par la poste plus tôt que prévu, ce qui signifie qu’une plus grande partie de ces bulletins seront comptés à l’avance (Graphique 1). Les mesures implicites de la volatilité des marchés à venir, comme l’indice VIX, se sont également normalisées, notamment celles de la volatilité après les élections. Les votes par la poste peuvent encore retarder les résultats des élections, mais les résultats des sondages et des paris montrent que M. Biden profite d’une avance importante; les risques que les résultats ne puissent pas être annoncés ou soient contestés sont donc considérablement réduits.

Graphique 1 : Les probabilités de victoire aux élections présidentielles augmentent en faveur de M. Biden

Graphique 1 : Les probabilités de victoire aux élections présidentielles augmentent en faveur de M. Biden

Sources : Bloomberg, PredictIt, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 15 octobre 2020)

L’autre risque est un balayage démocrate, en raison du programme du parti qui prévoit une hausse de l’impôt des sociétés et une réglementation accrue pouvant réduire de plusieurs points de pourcentage le bénéfice par action (BPA) de l’indice S&P 500. Ce risque a augmenté (Graphique 2). Pourtant, à notre avis, le résultat le probable de la politique fiscale se limitera à une hausse de 21 % à 25 % du taux d’imposition des sociétés, soit un taux inférieur au taux proposé de 28 %. Un scénario de balayage entraînerait aussi des mesures de relance budgétaires plus importantes et une réduction de l’incertitude en matière de politique commerciale, compensant ainsi les effets négatifs de la fiscalité et du fardeau réglementaire. De plus, les rendements boursiers ont généralement profité des vagues démocrates, atteignant 9 % en moyenne depuis les années 1950.

Graphique 2 : L’écart en faveur des démocrates s’est aussi creusé au Sénat

Graphique 2 : L’écart en faveur des démocrates s’est aussi creusé au Sénat

Sources : Bloomberg, PredictIt, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 15 octobre 2020)

Les répercussions d’un changement à Washington

En ce qui concerne les secteurs, les répercussions d’un scénario de balayage sont un peu plus claires.  Les investissements dans les infrastructures et les initiatives vertes seraient une priorité clé, ce qui avantagerait les matières premières et l’industrie au détriment de l’industrie pétrolière et gazière.  Les secteurs des services financiers et de la consommation discrétionnaire courent des risques plus importants en cas de hausse de l’impôt des sociétés, tandis que le secteur des services publics est celui qui en souffrirait le moins. La surveillance réglementaire antitrust fait en sorte que les secteurs des TI et des services de communication sont plus exposés, mais d’après nous, leur rendement ne risque pas de pâtir de cette surveillance. En fait, certaines initiatives peuvent générer des occasions de création de valeur. D’après nous, les répercussions sur les actions canadiennes sont légèrement positives, puisque la compétitivité relative des sociétés canadiennes profiterait des changements de politique; en outre, les liens commerciaux feraient en sorte que le renforcement de l’élan budgétaire américain avantagerait la demande canadienne.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous considérons qu’une victoire de M. Biden ou un balayage démocrate auraient un effet négatif sur le dollar américain et positif sur les actions des marchés émergents (MÉ), surtout à travers le relâchement des tensions dans le cadre de la guerre commerciale. Cependant, nous reconnaissons qu’il est difficile de cerner les résultats des élections et leurs conséquences en matière de politiques. Compte tenu des cours actuels du marché, le risque aujourd’hui est que M. Trump soit réélu, ce qui pourrait renforcer le dollar. Mais en même temps, un balayage démocrate n’est pas totalement pris en compte. Globalement, il serait préférable de faire preuve de plus de prudence à l’égard des élections de novembre, même si d’après nous, une aversion pour le risque est une conséquence peu probable.

Les petites entreprises s’en sortent mieux que prévu

Nous avons déjà noté que la confiance des consommateurs américains et canadiens, bien que toujours inférieure à ses niveaux d’avant la COVID-19, a bien résisté à la hausse du nombre de cas de virus et aux nouvelles restrictions. Pendant ce temps, la confiance des petites entreprises aux États-Unis et au Canada s’est entièrement redressée, sans être déstabilisée par de nouvelles restrictions, comme le montrent les enquêtes de NFIB et de la FCEI (Graphique 3). Depuis le creux de la crise, le soutien budgétaire et l’amélioration de l’économie ont permis d’améliorer nettement leurs revenus et leurs positions de trésorerie. Aux États-Unis, le programme Paycheck Protection (PPP) a efficacement répondu aux besoins de liquidité à court terme et les prêts-subventions ont limité les faillites, qui restent moins nombreuses par rapport à celles des grandes entreprises. En outre, les demandes de nouvelles entreprises ont bondi. C’est important, puisque les petites entreprises comptent pour le quart de la totalité des emplois, alors que les petites et moyennes entreprises (PME) en représentent la moitié. Cependant, la route sera cahoteuse à l’avenir, car les petites entreprises sont confrontées à des normes d’octroi de prêts plus strictes, qui, par rapport aux grandes entreprises, ont déjà limité leur utilisation des marges de crédit. Un soutien ciblé supplémentaire sera nécessaire.

Graphique 3 : Confiance des petites entreprises à l’égard d’une reprise en V

Graphique 3 : Confiance des petites entreprises à l’égard d’une reprise en V

Sources : Bloomberg, FCEI, NFIB, BMO Gestion mondiale d’actifs (en date de septembre 2020)

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