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CA-FR Investisseurs

Les petites banques en grand péril

Faut-il craindre un retour de la crise bancaire de 2008?

14 mars 2023

Ces derniers jours, les organismes de réglementation américains ont pris le contrôle des actifs de la Silicon Valley Bank (SVB), près de 175 milliards de dollars américains, et mis en place des mesures pour contenir la crise, ce qui fait de la défaillance de SVB la plus importante faillite d’une institution depuis la crise financière de 2008. Une autre petite banque américaine (Signature Bank) s’est également effondrée peu de temps après, faisant redouter une contagion et une déstabilisation du système financier américain (Source : Reuters). Cette secousse sismique a été suffisamment violente pour nuire aux banques canadiennes et à leurs homologues à l’échelle mondiale. Contrairement à 2008, où des prêts douteux étaient à l’origine de la crise des prêts à haut risque, les difficultés de SVB et d’autres banques régionales de moindre importance découlent plutôt des traditionnels problèmes liés à la liquidité et aux retraits massifs, amplifiés par une mauvaise gestion, en particulier en ce qui concerne le risque de taux d’intérêt.

Contrairement aux petites banques (selon les actifs), les grandes banques américaines sont soumises à une surveillance étroite de la part des organismes de réglementation. Le bilan des grandes banques doit répondre à des critères stricts, conçus pour les protéger contre une demande soudaine et imprévue de liquidités (c.-à-d. des retraits massifs) en maintenant des ratios de capital élevé en actifs liquides de grande qualité et en ayant des pratiques de gestion du risque adéquates pour que leurs actifs soient accessibles en cas de tension sur les marchés.

Dans l’ensemble, nous pensons que les événements en cours dans les banques régionales américaines constituent une crise de confiance ponctuelle à l’égard du système financier américain plutôt qu’un signe avant-coureur d’une crise bancaire imminente. En réaction aux difficultés des petites banques, les grandes banques américaines ont attiré des milliards de dollars de nouveaux actifs ces derniers jours, les déposants cherchant à placer leur argent dans des institutions bancaires saines et plus réglementées. L’une des leçons importantes de la grande crise financière de 2008-2009 a été de rendre le système bancaire plus résilient face aux tensions macroéconomiques en veillant à ce que les grandes institutions financières puissent les supporter; les récessions sont rares, mais elles se produisent de temps à autre et font partie intégrante du cycle économique. Par ailleurs, il est aussi naturel de voir des entreprises mal gérées faire faillite, mais les marchés sont toujours plus nerveux lorsqu’une institution financière est en difficulté, même si elle est de petite taille. Un épisode semblable de tension sur les marchés s’est produit au Canada en 2017, lorsque Home Capital a subi des retraits massifs, en entraînant l’ensemble du secteur bancaire de la Bourse de Toronto (Source : CBC).

Répercussions sur les perspectives économiques

À notre avis, à moins que d’autres petites banques fassent faillite d’ici l’été, il est peu probable que le contrecoup de l’effondrement de quelques banques régionales provoque un choc économique important. Les petites banques jouent un rôle important dans le financement des petites et moyennes entreprises. Par conséquent, nous nous attendons à ce que la croissance du crédit continue de ralentir jusqu’à l’été, pendant que les petites banques cherchent à renforcer leur bilan avec du capital. Dans l’ensemble, cependant, cela ne modifie pas sensiblement nos perspectives pour l’économie américaine : un ralentissement de l’activité reste généralement attendu en 2023, même s’il ne s’est pas encore traduit par une contraction de l’économie et une hausse du chômage.

En fin de compte, c’est la situation sur le marché de l’emploi qui détermine le cycle économique et la gravité des récessions. Nous pensons que les pénuries de main-d’œuvre perdent progressivement leur caractère cyclique pour devenir plus durables et qu’elles persisteront jusqu’en 2024. Autrement dit, nous ne nous attendons pas à ce que des licenciements de masse frappent l’économie d’une manière qui ferait grimper le taux de chômage de plusieurs points de pourcentage et provoquerait une hausse des défaillances, entraînant ainsi une grave récession. Nous prévoyons toujours une légère récession et entrevoyons même des chances faibles, mais croissantes, que le Canada et les États-Unis l’évitent, même si les deux pays pourraient quand même traverser une période de croissance inférieure à la tendance.

Répercussions sur la politique monétaire et les titres à revenu fixe

La politique monétaire a joué un rôle déterminant sur les marchés financiers au cours des 18 derniers mois et la hausse soudaine du risque systémique qui a ébranlé les marchés nous rappelle à quel point les mesures de la Fed et des banques centrales sont importantes pour les marchés financiers. En ce qui concerne les marchés des titres à revenu fixe, la révision des attentes a eu une incidence particulièrement marquée sur les taux des obligations fédérales à 2 ans des États-Unis et du Canada, la partie de la courbe des rendements la plus sensible à la politique monétaire, et les taux de rendement ont inscrit une baisse cumulative de 129 et 82 points de base, respectivement, entre le 9 et le 15 mars. Non seulement la probabilité de hausses de taux futures a diminué, mais le moment où les taux commenceront à baisser a aussi été avancé à 2023 et pourrait survenir d’ici quelques mois.

Pour les investisseurs qui craignaient de voir les taux directeurs atteindre 6 % en 2023, nous pensons qu’un scénario optimiste sera difficilement réalisable, à cause des tensions financières qui se dessinent dans certains pans de l’économie. La réduction de la probabilité d’un taux directeur de 6 % est une bonne nouvelle pour les investisseurs en titres à revenu fixe, après une année 2022 exceptionnellement difficile. Un élément clé à retenir de la récente réaction du marché obligataire est que les banques centrales devront tôt ou tard normaliser et assouplir leurs politiques. Contrairement aux relèvements de taux procycliques opérés sur fond de ralentissement économique en 2022, la faible croissance économique des prochains trimestres devrait finir par obliger les banques centrales à reprendre leurs mesures contracycliques et à assouplir leurs politiques pour soutenir la croissance. Pour les investisseurs qui détiennent un portefeuille 60/40, cela signifie non seulement que les portefeuilles d’actions sont mieux diversifiés grâce à la protection qu’offrent les taux d’intérêt élevés, mais aussi qu’ils sont peut-être mieux protégés par l’ampleur de la baisse des taux d’intérêt si un ralentissement économique l’exigeait.

Répercussions sur la répartition de l’actif

Les marchés ont été agités lors des récentes séances de négociation et même si les banques régionales, l’épicentre de la crise, restent malmenées ce mois-ci, l’ensemble du marché semble mieux positionné pour traverser cette période d’incertitude, l’économie continuant de bien se comporter, au point de repousser les prévisions de récession vers la fin de 2023 ou même en 2024.

Nous croyons que les grandes banques et institutions financières pourraient représenter une occasion d’achat à court terme, car les marchés réagissent souvent de manière excessive lors d’événements soudains et spectaculaires, qu’il s’agisse d’une pandémie mondiale ou de la chute d’une petite banque. Par contre, selon nous, il faudra un certain temps avant que les marchés cessent de craindre que la Fed ait relevé les taux trop rapidement et trop fortement, et qu’elle ait encore brisé quelque chose. Nos portefeuilles affichent encore un positionnement prudent, étant donné que l’incertitude demeure élevée.

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