Les titres technologiques maintiennent leur domination et les aspirations de la Fed à l’égard de l’inflation restent les mêmes

  • Les actions ont progressé en août, alors que les taux obligataires augmentaient et que le dollar américain continuait de se déprécier. Les États-Unis ont gardé leur position de chef de file, puisque les titres technologiques et de croissance enregistrent toujours un rendement supérieur.
  • Les actions européennes et canadiennes sont restées à la traîne malgré le meilleur rendement des secteurs cycliques. Le rendement des marchés émergents (ME) a reculé en raison des guerres technologiques. Les probabilités de victoire républicaine aux élections se sont améliorées; jusqu’en novembre, les sondages pourraient provoquer une volatilité accrue des marchés.
  • Même après une remontée impressionnante cette année, les titres de créance de sociétés demeurent attrayants selon nous. Les achats de titres de créance peuvent encore augmenter et les mesures prises par la Réserve fédérale (Fed) continuent de produire leurs effets. Cependant, la qualité reste importante, la reprise économique demeurant exposée à des risques de baisse.
  • Nous surpondérons toujours légèrement les actions par rapport aux obligations et continuons de préférer les marchés américains et émergents à l’Europe, à l’Australasie, au Moyen-Orient (EAEO) et au Canada, parce que nous croyons que ces marchés enregistreront toujours de bons résultats après le développement d’un vaccin. En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous apprécions la duration des obligations; cependant, nous surveillons de près les données publiées et nous privilégions les obligations de catégorie investissement plutôt que les obligations à rendement élevé.

Un homme convaincu en dominera une centaine qui n’ont que des opinions. 

Winston Churchill

La reprise économique est à mi-chemin, mais nous avons déjà une bonne idée des changements sociaux durables que génère la pandémie : non seulement le monde de l’après-COVID-19 sera numérique, mais le changement se mettra en place plus rapidement. Lorsque des licornes technologiques pesant plusieurs milliards peuvent surgir en quelques années, les investisseurs n’ont que peu de temps pour évaluer le potentiel de revenus à long terme d’une idée. TikTok, la plateforme médiatique vieille de quatre ans qui a amusé les enfants pendant le confinement provoqué par la COVID-19, et que le président Trump tente de faire passer sous propriété américaine, vaut probablement plus de 50 G$, car les sociétés technologiques à mégacapitalisation font tout pour acheter des parts de ByteDance. Saviez-vous à Noël dernier que TikTok existait?

Il est difficile d’être enthousiasmé par la récente évolution de la politique monétaire de la Fed, selon laquelle « après des périodes d’inflation obstinément inférieure à 2 %, une politique monétaire appropriée visera probablement une inflation modérément supérieure à 2 % pendant un certain temps ». Devant un discours aussi vague, les investisseurs risquent d’être perplexes, sauf si la Fed explique formellement ce qu’elle entend par « modérément » et « un certain temps ». En octobre 2018, l’incident à propos des « taux loin d’être neutres » a notablement effrayé les investisseurs et nous pensons que la Fed ne restera pas longtemps dans le flou : les marchés exigeront d’avoir des réponses. Mais, au bout du compte, cela signifie que les taux d’intérêt resteront bas beaucoup plus longtemps, quelle que soit la capacité de la Fed à faire passer l’inflation au-dessus d’une cible qu’elle n’a pas atteinte depuis plus d’une décennie. Cela devrait être un facteur favorable majeur pour les actifs réels comme les actions et l’immobilier ainsi que les produits de base comme l’or.

Domination technologique implacable des États-Unis

Les actions mondiales (indice MSCI Monde tous pays, +6,2 %) ont poursuivi leur remontée spectaculaire depuis la tempête de la COVID-19 en mars. Le leadership des États-Unis est resté intact (indice S&P 500, +7,2 %), principalement alimenté par la solide performance du Nasdaq 100 (+11,2 %) qui a porté son rendement depuis le début de l’année à près de 40 %. Ces résultats contrastent fortement avec les actions européennes (indice Euro Stoxx 50, 3,2 %), dont peu sont technologiques et qui sont restées généralement négatives cette année. La situation était encore pire pour l’indice FTSE 100 du Royaume-Uni, qui a de nouveau été à la traîne ce mois-ci (+1,8 %) et est resté dans le rouge en 2020 (-19,0 %). Les actions canadiennes (indice S&P TSX, +2,3 %) ont également été à la traîne des indices mondiaux, en raison de la piètre performance des secteurs de la santé et de la consommation courante. Enfin, l’intérêt pour les actions des marchés émergents (indice MSCI ME, +2,2 %) a été écorché jusqu’à la fin du mois à cause de la rhétorique anti-Chine de Trump sur les sociétés technologiques de ce pays, notamment en raison de l’affaire TikTok.

Un rebond plus vigoureux que prévu des indicateurs économiques mondiaux et une politique expansionniste de la Fed ont contribué à la remontée des taux d’intérêt à long terme. Conformément à la hausse mondiale, le taux des obligations canadiennes à 10 ans a légèrement augmenté, passant de 0,46 % à 0,62 %. Nous continuons de penser que, pour les taux de rendement à long terme, les risques à moyen terme restent orientés à la baisse, compte tenu de l’incertitude tenace quant à l’importance des dommages économiques persistants causés par la paralysie. L’embellie économique a également contribué à la hausse des prix du pétrole (WTI, +5,8 %) et des actifs à risque. Cependant, contrairement à l’indice S&P 500, qui atteint de nouveaux sommets, les prix du WTI sont en baisse de 43 % pour l’année. Par ailleurs, le prix du pétrole Western Canada Select a clôturé le mois à 31,60 $ le baril, ce qui place l’industrie pétrolière canadienne dans une position difficile. Le billet vert (DXY, -1,3 %) s’est encore déprécié en août, la Fed prenant les mesures les plus énergiques au monde pour stimuler la croissance.

L’euphorie des investisseurs et l’amélioration sur le plan commercial, grâce au raffermissement des prix des produits de base, ont contribué à ramener le huard à 0,77 $ en août, son niveau de fin d’année. Cette hausse semble surprenante, mais elle est en grande partie attribuable à l’évolution générale du dollar américain et à la remontée spectaculaire de l’appétit pour le risque. D’après nous, cela ne prouve pas la vigueur relative de l’économie canadienne, car le huard a tiré de l’arrière par rapport à d’autres grands taux de change croisés en 2020 (graphique 1).

Graphique 1 : Le huard est vigoureux par rapport au dollar américain, mais pas autant par rapport aux autres grands taux de change croisés

Graphique 1 : Le huard est vigoureux par rapport au dollar américain, mais pas autant par rapport aux autres grands taux de change croisés

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 2 septembre 2020)

L’indice de volatilité VIX du CBOE (VIX) est resté supérieur à 20, malgré l’amélioration des bénéfices et des données macroéconomiques ainsi que la solide performance des actions. La remontée boursière qui a suivi la grande crise financière a finalement été qualifiée de plus détestée de l’histoire, les investisseurs se plaignant d’un contexte macroéconomique loin d’être idéal, allant de taux d’intérêt artificiellement bas à des déficits budgétaires perpétuels. Le maintien de l’indice VIX au-dessus de 20 continue de refléter le fait que les investisseurs ne sont pas aveuglément à la recherche d’actions et sont prêts à payer plus cher pour se protéger contre les risques de baisse. Les investisseurs qui se plaignaient après la crise financière se plaignent-ils encore de cette reprise? C’est possible. La conjoncture macroéconomique pourrait être plus favorable, mais la Fed n’est pas sur le point de durcir le ton et la politique budgétaire de parler d’équilibre budgétaire; quant aux actions des sociétés technologiques à mégacapitalisation, elles affichent des bénéfices exceptionnels par rapport au reste du marché.

Facteurs liés aux actions : Il est difficile d’être le meilleur en matière de croissance et le dernier en matière de valeur

La croissance mondiale (+7,9 %) et le momentum (+8,1 %) ont encore une fois mené le bal des actions en août. Les actions à faible volatilité (+2,4 %), à dividendes élevés (+3,3 %) et de valeur (+4,1 %) ont accusé un important retard par rapport aux actions mondiales (+6,2 %). Nous avons résisté à une rotation entre la valeur et la croissance à cause des effets transformateurs durables provoqués par la COVID, mais la volatilité associée aux décisions de répartition sectorielle reste à des sommets cycliques (graphique 2). Les investisseurs devraient s’en souvenir avant de changer de cap : les erreurs peuvent coûter cher.

Graphique 2 : La volatilité relative des facteurs boursiers est en hausse

Graphique 2 : La volatilité relative des facteurs boursiers est en hausse

Sources : MSCI, Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 2 septembre 2020)

Au Canada, le rendement du FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité (symbole : ZLB, +1 %)* a été à la traîne par rapport à celui du FINB BMO S&P/TSX composé plafonné (symbole : ZCN, +2,2 %)**, ce dernier ayant été stimulé par la solide performance des banques et de l’énergie. Le FINB BMO équipondéré pétrole et gaz (symbole : ZEO, +4,6 %)*** a progressé alors que le FINB BMO équipondéré banques (symbole : ZEB, +9,7 %)**** a bondi en raison de bénéfices supérieurs aux attentes.

Commentaires sur les élections américaines – ce qui vient au-devant de la scène

Le mois dernier, l’augmentation des chances de victoire républicaine lors des élections a peut-être contribué à l’euphorie des marchés boursiers. L’avantage de M. Biden s’est resserré à 8 % dans les paris, parallèlement à une augmentation de la cote d’approbation de M. Trump et à une amélioration des données économiques. Cependant, ces données masquent une amélioration limitée ailleurs, puisque les résultats du sondage de FiveThirtyEight ont peu changé, à 7 %, alors que les sondages en ligne et de suivi sont contrastés. Les prévisions comme celles de FiveThirtyEight sont encore à 70 % en faveur d’une victoire de M. Biden. Cela dit, les chances de victoire des démocrates au Sénat ont également reculé, une évolution plus pertinente pour les marchés (graphique 3). Cette baisse effective des probabilités d’une vague démocrate pourrait être liée au recul du nombre de cas de COVID-19 aux États-Unis; nous surveillerons cela de près à l’approche des élections.

Graphique 3 : Les chances d’une élection républicaine se sont améliorées, mais une vague démocrate reste privilégiée

Graphique 3 : Les chances d’une élection républicaine se sont améliorées, mais une vague démocrate reste privilégiée

Sources : Predictlt, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 2 septembre 2020)

Perspectives des titres de créance de sociétés L’incertitude va de pair avec la qualité

À l’instar des actions, la reprise impressionnante des obligations de sociétés a surpris les investisseurs. Les écarts de taux des obligations américaines de catégorie investissement se sont redressés de 245 points de base (pdb) depuis leur sommet de 3,7 % en mars, tandis que les écarts des obligations à rendement élevé se sont resserrés de 625 pdb par rapport à leur sommet de 10,8 %. D’après nos calculs, les écarts actuels laissent entrevoir une croissance positive de 4 % sur 12 mois du produit intérieur brut (PIB) en 2020, par rapport au 1 % sur 12 mois sous-entendu par la courbe des taux des obligations du Trésor et au -5 % sur 12 mois prévu par les économistes. Un tel écart reflète l’ampleur des mesures de soutien budgétaire et des banques centrales. Les achats de la Fed représentent maintenant plus de 30 % du marché obligataire américain, un sommet record en progression de près de 15 points de pourcentage cette année (graphique 4).

Graphique 4 : Énorme soutien des banques centrales pendant une courte période

Graphique 4 : Énorme soutien des banques centrales pendant une courte période

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 2 septembre 2020)

Compte tenu de l’optimisme des investisseurs, est-il encore logique de surpondérer les titres de créance? Nous pensons que oui, car les investisseurs en quête de rendement chercheront un rendement supplémentaire. Les banques centrales peuvent encore augmenter leurs achats (les achats de titres de créance de la Fed demeurent faibles, à moins de 1 %), et les marchés continuent de croire dans la force de frappe de la Fed (la plus grande partie de la remontée s’est produite avant le début des achats). Nous nous attendons à ce que les taux réels restent bas, tandis que les émissions d’obligations pourraient diminuer au cours des prochains mois, car les entreprises épuiseront leurs stocks de liquidités. Les écarts restent également élevés par rapport aux moyennes qui précédaient la COVID-19, surtout si la Fed maintient le statu quo pendant longtemps.

Mais nous pensons que les investisseurs devraient mettre l’accent sur la qualité. Le nombre d’anges déchus (c’est-à-dire les sociétés cotées BBB qui sont déclassées à BB) devrait augmenter jusqu’à la fin de l’année, mais nous nous attendons à ce que le marché l’accepte. Les sociétés cotées BBB représentent la plus grande partie du segment des titres de créance de catégorie investissement et 55 % des achats de titres de créance de la Fed, alors que les titres cotés BB sont les plus nombreux parmi les obligations à rendement élevé; cette situation qui crée une importante zone tampon et une source de demande qui n’existait pas lors des cycles précédents. Les acheteurs de titres à rendement élevé seront également heureux d’avoir accès à des titres de créance de meilleure qualité et à une structure de capital plus importante. Nous continuons de préférer les obligations de catégorie-investissement par rapport aux obligations à rendement élevé, car celles-ci sont plus exposées au risque d’élargissement des écarts à cause de l’incertitude élevée à l’égard de la reprise.

Perspectives et positionnement : Les actions se redressent au-delà de toutes nos espérances

Les perspectives ne sont pas sans risque de baisse. Le maintien du soutien budgétaire est essentiel pour appuyer les consommateurs, car l’incertitude provoquée par la COVID-19 persiste et le chômage demeure élevé. Les retards dans le développement d’un vaccin et la réouverture des écoles pourraient compliquer les choses, et les prochaines élections américaines présentent des risques. La politique monétaire et budgétaire est le plus important facteur favorable pour les actions, qui atteignent de nouveaux sommets presque quotidiennement, alors que le taux de chômage est toujours à deux chiffres. Nous demeurons convaincus que les actions américaines afficheront un rendement supérieur, surtout par rapport au Canada et à l’Europe, tandis que nous croyons que notre légère surpondération des marchés émergents demeure le meilleur moyen de tirer parti d’un scénario de relance mondiale dans lequel le vaccin éliminerait l’incertitude macroéconomique et relancerait la mobilité.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous préférons les obligations de sociétés de catégorie investissement soutenues par les banques centrales aux obligations à rendement élevé plus risquées. La duration des obligations demeure attrayante au Canada, mais nous surveillons de près les indicateurs macroéconomiques à haute fréquence qui signaleraient que la croissance au quatrième trimestre prend la forme d’une reprise en V plutôt qu’en W. Enfin, le huard semble s’apprécier un peu trop. Il n’est pas facile de justifier l’appréciation du huard étant donné la faiblesse des prix de l’énergie et la taille des déficits budgétaires.

Divulgations

* Le rendement du ZLB pour la période terminée le 31 août 2020 se présente comme suit :
-3,57 % (1 an); -5,45 % (3 ans); 5,74 % (5 ans); et 11,68 % depuis la création (au 21 octobre 2011).

** Le rendement du ZCN pour la période terminée le 31 août 2020 se présente comme suit : 3,88 % (1 an); 6,04 % (3 ans); 6,79 % (5 ans); 6,07 % (10 ans) et 6,54 % depuis la création (le 29 mai 2009).

*** Le rendement du ZEO pour la période terminée le 31 août 2020 se présente comme suit :
-24,74 % (1 an);  -14,48 % (3 ans); -9,87 % (5 ans); -7,31 % (10 ans) et -7,29 % depuis la création (le 20 octobre 2009).

**** Le rendement du ZEB pour la période terminée le 31 août 2020 se présente comme suit : 0,03 % (1 an); 3,18 % (3 ans); 8,12 % (5 ans); 8,94 % (10 ans) et 9,09 % depuis la création (le 20 octobre 2009).

 

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