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Répartition de l’actif – perspectives – Novembre 2019

Les menaces saisonnières ont eu un effet différent cette année et les actions mondiales ont enregistré un autre gain en octobre, atteignant de nouveaux sommets dans plusieurs marchés.
Novembre 2019
  • La détente commerciale et la politique d’assouplissement de la Fed contribuent à relancer le cycle. Nous n’avons peut-être pas encore atteint le creux de la croissance, mais les arguments en faveur d’une reprise au milieu de l’année 2020 sont encore plus probants. La tâche revient maintenant aux présidents Trump et Xi de conclure un accord de phase 1.
  • La relance commerciale a égratigné les actions canadiennes, qui ont perdu du terrain en octobre en raison de la nature plus défensive de l’indice composé S&P/TSX. Même les actions canadiennes à faible volatilité ont affiché une perte après neuf mois consécutifs de gains.
  • Bien que les investisseurs aient tendance à réagir de façon excessive aux aléas des nouvelles, la fin de l’incertitude commerciale ravivera leur appétit pour le risque. Cependant, si un accord de phase 1 est signé d’ici décembre, les investisseurs pourraient reporter leurs inquiétudes sur les négociations de la phase 2 l’année prochaine.
  • Les accords commerciaux pourraient inciter les banques centrales à mettre un frein à leurs politiques d’assouplissement et confirmer la thèse des rajustements de milieu de cycle liés à l’éloignement de la menace d’une récession. La situation rassurera probablement la Banque du Canada (BdC) au sujet des risques de baisse, réduisant les probabilités qu’elle assouplisse sa politique alors que la Fed maintiendrait le statu quo.
Indéfiniment est notre période de statu quo préférée.

– Warren Buffett

L’assouplissement des banques centrales et la détente commerciale aident à relancer le cycle

Les menaces saisonnières ont eu un effet différent cette année et les actions mondiales ont enregistré un autre gain en octobre, atteignant de nouveaux sommets dans plusieurs marchés. À l’exception, cependant, des actions canadiennes. Les nouvelles ont été plutôt positives : les négociations entre les États-Unis et la Chine devraient aboutir à un accord commercial de phase 1, le Brexit, la Réserve fédérale a réduit ses taux d’intérêt de 25 points de base (pb) pour la troisième fois d’affilée et les bénéfices ont été plus élevés que prévu. Au niveau macroéconomique, à 1,9 %, la croissance du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis au troisième trimestre a été légèrement supérieure aux prévisions, ce qui a rassuré les investisseurs au sujet de la robustesse de la consommation américaine malgré la contraction de l’activité manufacturière. Au Canada et aux États-Unis, les marchés du travail sont restés solides, défiant le pessimisme du marché toujours effrayé par la possibilité d’une récession. Cette année, les rendements boursiers ont rappelé aux investisseurs à long terme que la croissance a été meilleure que prévu en dépit du ralentissement. Encore une fois, nous pouvons nous attendre à ce que les économistes retardent la récession prévue d’une année, soit jusqu’en 2021 (lien).

De la résilience à l’euphorie

Les actions mondiales se sont redressées (MSCI Monde tous pays, +2,6 %) en raison de l’optimisme lié au commerce international, en particulier celles du Japon (Nikkei, +5,4 %) et des marchés émergents (MSCI Marchés émergents, +4,1 %), qui étaient restées très à la traîne cette année. Les actions américaines ont accusé un léger retard sur les actions mondiales (S&P 500, +2,2 %), mais ont atteint de nouveaux sommets, car le secteur technologique (Nasdaq 100) a confirmé son rendement élevé depuis le début de l’année avec un gain de 4,4 % en octobre. En Europe, les rendements ont été contrastés. L’indice FTSE 100 britannique, qui dépend fortement des bénéfices étrangers, a reculé de 1,9 %, car la livre britannique a gagné 5,3 % en raison de l’optimisme lié au Brexit, alors que les actions allemandes ont progressé (DAX, +3,5 %), le marché espérant une stabilisation de la croissance du pays fortement industrialisé. En revanche, les actions canadiennes ont perdu du terrain (S&P TSX, -0,9 %), car leur statut de valeurs sûres s’est dégradé et que les actions de l’énergie ont piqué du nez.

Les taux de rendement des obligations d’État canadiennes et américaines n’ont pas beaucoup changé le mois dernier, après avoir évolué en dents de scie en octobre. Le taux de rendement des obligations à 10 ans du Canada a atteint un plancher de 1,23 % et un sommet de 1,62 % au cours du mois, en raison des changements d’attitude à l’égard du risque. L’optimisme lié au commerce international et la stabilisation des indices PMI à l’échelle mondiale ont donné un coup de pouce à la courbe des rendements des obligations américaines de 2 à 10 ans qui est revenue à son niveau de juillet (figure 1). Les nouvelles positives ont également aidé à relâcher les pressions sur le dollar américain, qui a perdu 2 % alors que le huard a regagné 0,6 %. Les récentes données, cependant, indiquent toujours une croissance prévisionnelle inférieure aux tendances dans la majorité des régions, y compris au Canada. Les taux de rendement des obligations restent donc tributaires d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine.

Figure 1 : Les bonnes nouvelles et l’assouplissement de la Fed contribuent au redressement des courbes des rendements

Facteurs liés aux actions : on ne peut pas toujours gagner

La vague d’optimisme a permis de réduire l’écart des rendements sur l’ensemble des facteurs liés aux actions mondiales, mais l’avance de la croissance (+3,2 %) par rapport à la valeur (+2,2 %) s’est inversée encore une fois et la qualité (+3,8 %) a gagné la course mensuelle. Sans surprise, les actions à faible volatilité (+0,9 %) sont restées à la traîne des titres cycliques qui sont revenus au-devant de la scène.

Au Canada, le FNB BMO d’actions canadiennes à faible volatilité (symbole : ZLB, -2,1 %) a enregistré un rendement mensuel négatif après neuf mois de gains et a été surpassé par le FINB BMO S&P/TSX composé plafonné (symbole : ZCN, -1,0 %). Nous sommes toujours convaincus de la surpondération des actions à faible volatilité canadiennes et nous ne l’avons pas modifiée en dépit de l’optimisme relatif au commerce international. Même si nous restons optimistes quant aux actions, leur évolution devrait rester irrégulière, car les indicateurs économiques restent faibles.

Négociations commerciales prometteuses : célébrons les accords partiels

Les preuves montrant que l’économie des États-Unis n’est pas immunisée contre le frein de l’incertitude commerciale causée par les guerres commerciales s’accumulent (lien). À un an des élections, le président Trump s’appuiera sur ses réalisations économiques, les actions atteignant de nouveaux sommets et le taux de chômage de nouveaux planchers. Même si nous sommes devenus plus pessimistes quant à la signature d’un accord commercial complet cette année après l’escalade du mois d’août, il y a maintenant de fortes chances que les tensions s’apaisent au cours des prochains mois grâce à l’accord partiel de phase 1. Enfin, les relations entre le Canada et la Chine se sont également adoucies avec la levée de l’interdiction d’importer de la viande canadienne (lien).

Brexit : « Lorsque vous arriverez au carrefour, continuez » – Yogi Berra

Grâce à une heureuse tournure des événements, le Brexit a évolué de façon positive après que le premier ministre Boris Johnson eut négocié un nouvel accord du Brexit avec l’Union européenne (UE). La douleur économique croissante causée par l’incertitude latente a probablement été assez aiguë pour pousser les deux parties à trouver un accord. Les probabilités d’un Brexit sans accord ont diminué, même si les obstacles à un accord complet persistent.

Actions canadiennes : trop de bonnes nouvelles rendent les nouvelles banales

Le rendement supérieur des actions canadiennes cette année reflète partiellement leur qualité de placements sûrs face à l’incertitude des guerres commerciales. Tout d’abord, les actions de l’exploitation aurifère, qui représentent environ 6 % de l’indice général, ont profité de l’évolution positive des prix de l’or (figure 2). Plus important encore cependant, l’activité économique canadienne est relativement moins exposée à l’incertitude commerciale et plus étroitement liée à la croissance aux États-Unis. Finalement, les actions canadiennes sont axées sur les actions à faible volatilité qui ont enregistré des rendements supérieurs cette année mais sont restées à la traîne en octobre.

L’ensemble des actions canadiennes ont enregistré des replis en octobre, en particulier les actions de l’énergie, de la consommation et de la santé. C’est pourquoi elles se négocient bien en dessous des actions américaines, alors que les actions internationales ont profité d’un retour à la valeur. Le mois d’octobre montre bien que les actions canadiennes pourraient enregistrer des résultats bien supérieurs si les tensions commerciales s’estompaient. Cela dit, le rendement extraordinaire des titres canadiens doit être mis en perspective, car les actions canadiennes sont restées très à la traîne des actions américaines au cours des dernières années.

Figure 2 : L’or reste un facteur cyclique important du marché boursier canadien

Politique de la Fed : 0 en juin, -3 en octobre

Les récentes réductions de la Fed sont un bon exemple du peu d’information contenue dans les déclarations prospectives des législateurs (lien). Même si le Federal Open Market Committee semblait en avoir fini pour l’année après son communiqué du mois d’octobre, le fait est que le regain d’optimisme à l’égard du commerce et les solides chiffres de l’emploi en octobre (lien) ont probablement évité à la Fed une quatrième baisse consécutive de 25 pb des taux en décembre (figure 3). Même si la croissance du quatrième trimestre pourrait tourner à vide et se situer aux environs de 1 %, la croissance aux États-Unis devrait se redresser et surpasser la tendance à la mi-2020 si l’incertitude relative au commerce international disparaît.

Figure 3 : La trêve de la guerre commerciale réduit le besoin d’assouplissement de la Fed

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs. Banque du Canada : le gouverneur Poloz nous offre une autre frayeur pour Halloween

Au lieu de porter un masque pour Halloween (lien), le gouverneur Poloz a effrayé les investisseurs en octobre en sonnant l’alarme au sujet de l’incidence négative des tensions commerciales mondiales. Notons que quelques heures plus tard, le président Powell a salué l’évolution des négociations commerciales. Étant donné l’échauffement des marchés du logement et du travail, les arguments en faveur d’un assouplissement de la BdC sont peu convaincants, sauf si le gouverneur Poloz pense pouvoir stimuler les exportations en affaiblissant la devise. La dernière fois que la BdC a décidé d’assouplir sa politique pour stimuler la croissance en affaiblissant la devise, les exportations non énergétiques ont marqué un temps d’arrêt alors que la demande mondiale augmentait (figure 4). Les dépenses des ménages financées par l’endettement sont le seul secteur ayant fortement réagi aux réductions des taux, ce qui a entraîné une augmentation historique de l’endettement. Nous ne pensons pas que la BdC souhaite que les ménages renouent avec l’endettement. Enfin, même si la BdC n’a pas modifié ses taux cette année, les Canadiens ont bénéficié, de fait, de l’assouplissement de la Fed, ce qui a permis de réduire les taux hypothécaires.

Figure 4 : Un affaiblissement de la monnaie canadienne soutiendrait-il les exportations non énergétiques cette fois?

Sources : Haver, BMO Gestion mondiale d’actifs.

Perspectives et positionnement : il n’est jamais mauvais de faire preuve de prudence, mais attention au regain d’optimisme

Nous n’avons pas apporté de modification importante à notre positionnement de base en raison de la volatilité des nouvelles. Nous continuons de surpondérer légèrement les actions par rapport aux obligations. Nous avons maintenu la surpondération des actions américaines et canadiennes ainsi que la sous-pondération de la région EAEO, mais les récentes données économiques et sur les bénéfices ont renforcé notre préférence de longue date pour les actions américaines.

Nous prévoyons que le regain d’optimisme à l’égard du commerce sera ébranlé par le recul des données macroéconomiques et que les taux de rendement des obligations d’État évolueront dans une fourchette, jusqu’à ce que la stabilisation de la croissance aux États-Unis et à l’échelle mondiale soit confirmée. Les écarts de taux restent serrés compte tenu du contexte de fin de cycle, mais la quête de rendement persiste.

Enfin, le huard est un peu plus exposé aux craintes de M. Poloz, et même si la croissance économique canadienne devrait rester décevante jusqu’à la fin de l’année, il est difficile de trouver une preuve de la contagion du ralentissement mondial. L’expansion de la relance mondiale du commerce devrait affaiblir le billet vert et profiter au huard, même si ce dernier pourrait rester à la traîne des devises les plus faibles cette année, notamment de l’euro ou d’autres devises liées aux produits de base comme le dollar australien.

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