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Se préparer à de mauvais bénéfices, pas obligatoirement à de mauvaises nouvelles

La période de publication des bénéfices a débuté la semaine dernière et, sans surprise, de nombreuses sociétés font face à une forte contraction de leurs revenus et de leurs bénéfices en raison de la COVID.
Juillet 2020

Votre réussite en matière de placement dépendra en partie de votre personnalité et de votre instinct, et en partie de votre capacité à réaliser, au plus haut de l’euphorie et au plus profond du désespoir, que tout passe. 

Jack Bogle

La période de publication des bénéfices a débuté la semaine dernière et, sans surprise, de nombreuses sociétés font face à une forte contraction de leurs revenus et de leurs bénéfices en raison de la COVID. Cependant, les investisseurs ne seront probablement pas intimidés sauf si nous recevons de mauvaises surprises à propos des géants technologiques qui ont été les moteurs du rendement des actions après la COVID.

En ce qui concerne l’ensemble des régions, les prévisions des analystes ont montré que le Canada et la région EAEO (Europe, Australasie et Extrême-Orient) avaient subi les plus fortes baisses, tandis que les actions américaines et des marchés émergents se sont relativement mieux comportées (graphique 1). Cette dynamique relative des prévisions de bénéfices a évolué dans le même sens que notre positionnement relativement positif privilégiant les États-Unis et les marchés émergents, alors que nous sous-pondérons le Canada et la région EAEO en raison des prévisions de dommages plus importants provoqués par la COVID sur l’économie et les bénéfices. Nous nous attendons à ce que cette tendance se maintienne jusqu’à la fin de l’année, car la normalisation économique s’avère inégale dans les régions où le leadership technologique américain se poursuit.

Graphique 1 : Les prévisions de bénéfices se sont stabilisées après une forte chute

Graphique 1 : Les prévisions de bénéfices se sont stabilisées après une forte chute

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 15 juillet 2020)

Jusqu’où la dichotomie entre les actions et les obligations peut-elle aller?

Les cours boursiers se sont redressés beaucoup plus vite que l’économie, mais les taux des obligations du Trésor américain sont demeurés bien ancrés. De nombreux investisseurs ne sont toujours pas convaincus de la durabilité de l’actuelle reprise du marché, qui est conjuguée aux achats des banques centrales; la demande pour les obligations d’État refuges a donc été forte. La divergence entre les cours boursiers et les taux des obligations du Trésor persiste depuis le mois d’avril (graphique 2) et pourrait se poursuivre jusqu’à ce que les investisseurs soient plus fermement convaincus que les dommages économiques à long terme sont minimes. Jusqu’à ce que nous voyons le taux de chômage se diriger clairement en dessous de la barre des 6 % à 7 % aux États-Unis et au Canada, nous pensons que les banques centrales seront enclines à annoncer un statu quo sur les perspectives des taux d’intérêt. Les taux directeurs pourraient donc rester au plus bas au moins jusqu’en 2022.

Graphique 2 : La Fed ancre les taux de rendement à long terme et laisse les actions décoller

Graphique 2 : La Fed ancre les taux de rendement à long terme et laisse les actions décoller

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 15 juillet 2020)

Le gouverneur Macklem façonne la politique monétaire lors de sa première décision politique

La semaine dernière, le gouverneur Macklem a rendu sa première décision en matière de politique monétaire; il a profité de l’occasion pour modifier la communication de la Banque du Canada (BdC) sur sa politique en donnant aux investisseurs des indications claires concernant les futurs taux d’intérêt et les perspectives en matière de politique monétaire : « Si nous devons en faire plus, nous le ferons. » La politique monétaire de la BdC, conjuguée au fait que nous prévoyons que le Canada se redressera plus lentement que prévu après la COVID et le choc du prix du pétrole, nous incite à maintenir la surpondération de la duration des taux d’intérêt (graphique 3).

Graphique 3 : Découplage des taux d’intérêt canadiens à 30 ans et des obligations du Trésor américain à 30 ans

Graphique 3 : Découplage des taux d’intérêt canadiens à 30 ans et des obligations du Trésor américain à 30 ans

Sources : Bloomberg, BMO Gestion mondiale d’actifs (au 15 juillet 2020)

Revue du portefeuille : Un été calme après un printemps orageux

Après avoir affronté la tempête de la COVID pendant quelques mois tumultueux et avoir piloté nos portefeuilles de façon à profiter prudemment de la longue route vers la normalisation économique, nous n’avons apporté aucun changement au cours des dernières semaines, puisque les données économiques et les marchés évoluent en grande partie comme nous l’avions prévu.

Divulgations

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives. Concernant les déclarations prospectives, l’investisseur doit examiner attentivement les éléments de risque décrits dans la version la plus récente du prospectus simplifié.

Le présent article est fourni à titre informatif. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements doivent être évalués en fonction des objectifs de chaque investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels.

BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc., BMO Investissements Inc., BMO Asset Management Corp., BMO Asset Management Limited et les sociétés de gestion de placements spécialisées de BMO.

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