Marché et économie

Un accord substantiel pour la première phase

Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont progressé récemment, le président Trump affirmant qu’ils étaient parvenus à « un accord substantiel pour la première phase ».
Octobre 2019
  • Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont progressé récemment, le président Trump affirmant qu’ils étaient parvenus à « un accord substantiel pour la première phase ». Du côté de la Chine, par contre, on s’est contenté de dire que des « progrès substantiels ont été réalisés ».
  • Les risques commerciaux ont diminué, mais nous ne nous attendons pas à ce qu’un accord commercial important soit mené à terme de sitôt. Les négociations progressent peut-être, mais la voie vers un accord pourrait être cahoteuse. Nous maintenons une préférence relative pour les actions américaines et canadiennes contrairement aux marchés boursiers plus sensibles au commerce, comme celui de l’Europe continentale.

Mieux valent les mini-accords que « l’imposition excessive de tarifs »

Les grandes lignes d’un accord commercial restreint entre les États-Unis et la Chine ont été annoncées vendredi et elles prévoient le report par les États-Unis de la hausse des tariffs douaniers de 25 % à 30 % sur 250 milliards de dollars de marchandises chinoises, qui était prévue le 15 octobre. En échange, la Chine a accepté d’augmenter ses achats de produits agricoles et de faire de modestes compromis quant à l’accès à ses marchés financiers et à la limitation des vols de propriété intellectuelle. Les hausses tarifaires de décembre n’ont pas été abordées et aucun compromis n’a été fait à l’égard de Huawei.

De l’avis général, les discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine la semaine dernière représentent une étape positive, donnant lieu au moins à un désamorçage temporaire des tensions commerciales. Cependant, la façon dont le président Trump a décrit ce qui avait été convenu à la suite des pourparlers était très différente de ce qui a été rapporté par l’agence de presse chinoise Xinhua. Le président Trump a prétendu que les deux parties étaient parvenus à un « accord substantiel pour la première phase », alors que les rapports de la Chine étaient beaucoup moins engageants, se contentant de dire que « des progrès substantiels ont été réalisés ». Fait important, aucun accord écrit n’a été produit, ce qui a atténué la réaction des marchés à la nouvelle.

La voie menant à un accord

Le président Trump a déclaré qu’il faudrait jusqu’à cinq semaines pour conclure la « première phase » de l’accord, ce qui coïnciderait avec sa rencontre éventuelle avec le président chinois Xi au sommet de l’APEC, qui se tiendra au Chili à la mi-novembre. Lundi, le secrétaire du trésor Mnuchin a déclaré : « Je m’attends à ce qu’il y ait un accord » et il a indiqué qu’il s’attend à ce que le président Trump et le président Xi parachèvent l’accord au sommet de l’APEC. Les points qui devront éventuellement être négociés comprennent a) les monnaies, b) Huawei et c) l’annulation des tarifs douaniers américains sur 156 milliards de dollars de marchandises chinoises, lesquels devraient entrer en vigueur le 15 décembre.

Notre avis

Les risques commerciaux ont diminué, au moins pour le moment. Nous pensons que la trêve commerciale pourrait être prolongée jusqu’au 15 décembre, date d’entrée en vigueur des hausses tarifaires. Toutefois, nous ne prévoyons pas un accord plus vaste sur les grandes questions (c.-à-d. les subventions de l’État et la réforme relative à la propriété intellectuelle) avant les élections de 2020 et nous ne nous attendons pas à ce que le processus menant à un accord à phases multiples se déroule en douceur, mais plutôt à ce qu’il soit possiblement cahoteux. De plus, l’accord ne tiendrait pas compte des tarifs douaniers américains actuels de 25 % mis en place par le président Trump visant des marchandises chinoises de 360 milliards de dollars, ce qui limiterait l’effet de l’accord.

Répercussions sur la répartition de l’actif

Cela dit, la situation actuelle fait en sorte d’éliminer une partie du risque extrême et de soutenir les actions dans l’ensemble. Étant donné que nous ne prévoyons pas d’accord commercial important et que, selon nous, les discussions pourraient se dérouler à bâtons rompus, nous maintenons une légère surpondération prudente des actions par rapport aux titres à revenu fixe. Pour ce qui est des marchés boursiers, nous maintenons également une préférence relative pour les actions américaines et canadiennes contrairement aux marchés boursiers plus sensibles au commerce, comme ceux de l’Europe continentale.

Articles sur des sujets connexes

No posts matching your criteria
Août 2020

Une récession sans pareil

Contrairement aux récessions précédentes, la valeur d’une voiture d’occasion américaine a fortement augmenté cet été, notre vie quotidienne ayant été profondément influencée par la distanciation sociale et la vague soudaine de désurbanisation provoquée par la COVID.

Juillet 2020

Se préparer à de mauvais bénéfices, pas obligatoirement à de mauvaises nouvelles

La période de publication des bénéfices a débuté la semaine dernière et, sans surprise, de nombreuses sociétés font face à une forte contraction de leurs revenus et de leurs bénéfices en raison de la COVID.

juillet 2020

Les actions se remettent plus rapidement que l’économie

Il est improbable que la trajectoire économique se poursuive sans à-coups, en particulier pour le marché du travail aux États-Unis, puisque les gains d’emplois en mai et juin ont représenté seulement le tiers environ des pertes d’emplois de mars et d’avril.

juillet 2020

Les manchettes concernant la deuxième vague rendent les investisseurs plus nerveux que les consommateurs

Depuis la mi-juin, le monde a constaté une hausse des cas de COVID-19 dans certaines villes et certains États américains, ce qui a ravivé la volatilité des marchés.

Juin 2020

Les consommateurs américains accompagnent la reprise en V du marché boursier

La semaine dernière, nous avons enregistré un autre signe fort montrant que l’économie rattrapait son retard sur l’optimisme du marché boursier puisque les ventes au détail aux États-Unis ont rebondi de 18 %, renversant une baisse de 15 % en avril.

Juin 2020

Nous remontons la pente, mais attachez vos ceintures

Un nombre croissant d’indicateurs confirme que le pire de la contraction économique de mars-avril est passé, mais les cours boursiers n’ont pas attendu que l’activité économique et les bénéfices atteignent un creux avant de rebondir.

Juin 2020

Après avoir contemplé le précipice, les investisseurs regardent vers les sommets

Les investisseurs envisagent une normalisation de l’économie et des bénéfices en 2021 et en 2022, ce qui, combiné aux taux d’intérêt proches de zéro, contribue à l’augmentation des ratios prévisionnels.

Juin 2020

Le retour à la normale à l’ère de la COVID

Le nombre de cas et de décès aux États-Unis et au Canada continue de baisser tandis que les entreprises poursuivent leur réouverture, ce qui stimule le récent regain d’appétit pour le risque.

Juin 2020

L’assouplissement quantitatif : des banques centrales gargantuesques qui monétisent les mesures de relance budgétaires

Les mesures monétaires et budgétaires ont pour mission de sauver l’économie et la confiance, mais leur coût est élevé.

Mai 2020

Être coincé dans les embouteillages… quel plaisir

Après une chute spectaculaire en territoire négatif en avril, les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI) remontent ce mois-ci, grâce au retour des automobilistes sur la route.

Mai 2020

Hausse historique des mises à pied : au mois d’avril, nous avons touché le fond

La mise à l’arrêt de l’économie a pesé lourdement sur le marché de l’emploi au Canada et aux États-Unis

Mai 2020

Le prix du pétrole s’éloigne de l’abîme

Après un mois d’avril des plus tumultueux, le prix du pétrole s’est stabilisé à la faveur de la lente reprise de l’activité économique.