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Transformation des mégadonnées et de l’énergie propre

À mesure que la demande informatique augmente, le besoin d’énergie propre se multiplie également.
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janvier 2022
Graham Takata

Graham Takata

Directeur Changement Climatique, Investissement Responsable

ESG: Environnementale

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  • De nouvelles applications d’IA, d’apprentissage machine et de « mégadonnées » se développent rapidement, ce qui crée de nouvelles exigences en matière de calcul et de puissance sur notre chemin vers la carboneutralité.
  • La relation étroite entre l’efficacité énergétique et l’efficacité des centres de données donne lieu à des engagements volontaires de la part des fournisseurs de services infonuagiques pour une utilisation complète de l’énergie propre d’ici 2030.
  • En considérant l’énergie propre comme un élément essentiel de la conception et de l’expansion des centres de données, les fournisseurs de services infonuagiques peuvent fournir des protections supplémentaires contre les risques climatiques.
  • Les investisseurs peuvent soutenir la création de valeur à long terme et atténuer les risques liés à la transition énergétique en faisant appel à des sociétés de TIC pour établir des exigences en matière d’énergie propre en vue de la croissance actuelle et future.

En 1965, Gordon Moore avait prédit que le nombre de transistors sur un circuit intégré doublerait tous les deux ans, et par déduction, la puissance de calcul doublerait également. À partir de l’année où M. Moore a cofondé Intel Corporation, en 1968, et pendant les 50 années qui ont suivi, cette observation, maintenant appelée « loi de Moore », s’est avérée.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA), l’apprentissage machine et les applications de mégadonnées créent une renaissance dans la technologie de l’information et des communications (TIC). L’IA est utilisée pour la découverte de médicaments, les algorithmes d’apprentissage profond sont utilisés pour alimenter les assistants vocaux, et les réseaux 5G facilitent l’avenir des voitures autonomes. Les demandes informatiques pour ces nouvelles applications ont augmenté à un rythme sans précédent. Selon OpenAI, une société de San Francisco, la quantité de puissance informatique consommée par les modèles d’intelligence artificielle a maintenant fracassé la loi de Moore, doublant tous les 3,4 mois.

Source: OpenAI

Nouvelles demandes et tendances

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le trafic Internet mondial a augmenté de 40 % en 2020 et a été multiplié par 15 depuis 2010, et on s’attend à ce qu’il continue à croître avec l’expansion des applications à large bande passante, comme les services de diffusion en continu. Les réseaux de radio 5G permettront l’expansion de l’« Internet des objets », en permettant la mise en place d’un million d’appareils connectés par kilomètre carré et en offrant les vitesses de transfert de données élevées et la faible latence nécessaires pour les véhicules autonomes et la télémédecine.

L’augmentation de la demande informatique a été largement compensée par l’amélioration de l’efficacité énergétique du matériel, car l’augmentation de la densité des puces est synonyme d’efficacité énergétique. Entre 2015 et 2020, une triple augmentation de la charge de travail des centres de données n’a nécessité que 14 % de plus d’énergie. Les premières indications suggèrent que les nouvelles technologies énergivores, comme l’infrastructure du réseau 5G qui nécessite actuellement trois fois plus d’énergie que la 4G classique, verront une amélioration similaire en matière de consommation d’énergie.

Cependant, l’efficacité énergétique seule ne suffira pas à faire face à l’adoption généralisée de ces nouvelles technologies dans la demande énergétique future. Prenons l’exemple de la récente popularité des cryptomonnaies : La consommation d’énergie de l’exploitation minière du bitcoin a augmenté pour atteindre, selon les estimations, 103,7 TWh en 2021, soit plus que la production annuelle d’électricité en Alberta et en Saskatchewan réunies. Si la consommation d’énergie du bitcoin est très élevée, l’industrie des cryptomonnaies est consciente des préoccupations des investisseurs institutionnels. Ethereum, par exemple, est en train de passer d’une preuve de travail à une preuve de participation pour réduire (entre autres choses) la demande d’énergie.

Source : Indice de consommation d’énergie du bitcoin de la Cambridge Centre for Alternative Finance

Même si les analystes ne s’entendent pas sur la façon dont la prochaine génération de l’IA, de la chaîne de blocs ou d’applications encore à créer évoluera, il est évident que l’efficacité énergétique et l’énergie propre seront essentielles pour répondre à nos exigences informatiques et à notre objectif d’un avenir carboneutre.

Bien que la décarbonisation du secteur de la TIC soit plus facile que celle des secteurs moins plus difficiles comme le pétrole et le gaz, le transport ou les services industriels, un grand défi commun reste à relever : l’AIE indique que pour atteindre la cible de carboneutralité mondiale d’ici 2050, la capacité mondiale d’énergie renouvelable doit être supérieure de 80 % au taux de croissance actuel d’ici 2026, et la capacité solaire et éolienne devra à elle seule doubler au cours des cinq prochaines années.

Cinq tendances énergétiques à surveiller :

Énergie propre d’ici 2030

L’augmentation de la disponibilité et de l’abordabilité des sources d’énergie propre, ainsi que de la demande croissante des clients pour des services neutres en carbone, et les mesures réglementaires potentielles incitent le secteur de la TIC à s’engager volontairement à produire de l’énergie propre à 100 % d’ici 2030.

Les organismes de réglementation gouvernementaux ont envisagé d’établir des exigences réglementaires en matière d’efficacité de l’utilisation de l’électricité dans les centres de données et d’énergie propre. Au sein de l’UE, un projet de réglementation a suffi à inspirer la formation de la Climate Neutral Data Centre Alliance, une initiative dirigée par l’industrie qui vise une énergie propre entièrement alimentée d’ici 2030. Microsoft s’est engagée à 100 % d’énergie propre d’ici 2025 et à atteindre un niveau de carboneutralité d’ici 2030, avec l’objectif supplémentaire de réduire ses émissions de carbone pour effacer ses émissions passées d’ici 2050.

Services infonuagiques et champ d’application 3

Les fournisseurs de services infonuagiques sont de plus en plus motivés à adopter des politiques d’énergie propre pour soutenir les volontés de carboneutralité de leurs clients. Bien que les émissions provenant de centres de données détenus ou situés au même endroit soient facilement saisies dans le cadre des champs d’application 1 et 2 de l’empreinte carbone d’une entreprise, un service infonuagique externe est considéré comme une divulgation volontaire dans le cadre du champ d’application 3 en vertu du Protocole des gaz à effet de serre (GES). Ces émissions peuvent représenter une part importante de l’empreinte d’une entreprise, ce qui pourrait nuire à son affirmation de carboneutralité si elle ne les divulgue pas. Certains fournisseurs de services infonuagiques offrent à leurs clients des relevés de carbone indiquant leur part d’émissions en fonction de leur utilisation, laissant à l’entreprise le soin de déterminer si les émissions sont importantes ou non.

Les récents pics de demande pour les services infonuagiques ont considérablement augmenté les émissions de carbone du secteur de la TIC dans le champ d’application 3. Dans son rapport sur la durabilité de 2021, Microsoft a reconnu les défis liés à la réduction globale des émissions de carbone, faisant état d’une hausse de 23 % de la production de carbone en raison d’une forte augmentation des émissions du champ d’application 3, en particulier en raison de la croissance de son secteur des services infonuagiques et de l’augmentation des ventes et de l’utilisation de ses appareils. À titre de référence : Les émissions du champ d’application 3 représentent plus de 97 % des émissions de carbone de Microsoft, une tendance qui est commune au sein du secteur. Étant donné que le champ d’application 3 est le plus sous-évalué dans tous les secteurs, y compris la TIC, il est essentiel pour les investisseurs qui cherchent à surveiller et à réduire adéquatement leur propre empreinte carbone dans leurs portefeuilles d’encourager la déclaration du champ d’application 3 et la réduction des émissions du champ d’application 3.

En 2021, nous avons recommandé aux Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) que la déclaration des champs d’application 1 et 2 et des émissions importantes du champ d’application 3 soit obligatoire pour tous les émetteurs assujettis au Canada, conformément à la méthodologie du Protocole des GES*.

*Avis de consultation des ACVM sur le projet de Règlement 51-107 sur l’information liée aux questions climatiques

Conventions d’achat d’énergie

Grâce à des conventions d’achat d’énergie prospectives, les entreprises peuvent obtenir de l’énergie propre directement d’un fournisseur avant la mise au point de la nouvelle génération. En plus de réduire les risques liés aux coûts et à l’offre, ces conventions aident à financer le développement de nouvelles sources de production d’énergie propre.

Centre de données en tant que RED

Les ressources énergétiques distribuées (RED) sont des ressources productrices d’électricité, comme les parcs éoliens ou les « charges contrôlables », y compris les systèmes de stockage. Alors que les réseaux électriques se modernisent rapidement afin d’accueillir de nouveaux fournisseurs d’électricité distribuée, les centres de données peuvent jouer un rôle de « charge contrôlable » dans l’équilibrage du réseau et l’optimisation des bâtiments en partageant une infrastructure d’alimentation électrique ininterrompue avec les colocataires ou en servant de tampon au système de distribution électrique local. Dans un rapport de BloombergNEF, d’Eaton et de Statkraft, on a constaté que les centres de données sont « une ressource largement inexploitée pour soutenir le réseau et l’intégration des énergies renouvelables ».

Exposition au Nord

Les sociétés de services infonuagiques déménagent leurs centres de données à l’échelle mondiale dans des régions comme la Suède, le Danemark et la Norvège, où l’abondance de l’hydroélectricité et les températures fraîches procurent à la fois une énergie propre bon marché et des coûts de refroidissement réduits. La construction de centres de données arctiques réduit davantage les exigences de refroidissement et accroît l’efficacité énergétique.

Au Canada, le développement des centres de données a été concentré dans les zones urbaines où l’infrastructure à haute vitesse existe déjà. Cependant, alors que le Canada cherche à offrir un accès Internet haute vitesse à tous les Canadiens d’ici 2030 grâce à de nouvelles dépenses de quatre milliards de dollars en infrastructures, la croissance potentielle des centres de données dans le Nord du Canada, conjuguée à l’engagement du Canada à l’égard des changements climatiques dans le cadre de l’Accord de Paris, pourrait faire du Canada une source d’énergie propre attrayante sur la scène mondiale.

Ce que les investisseurs peuvent faire

BMO Gestion mondiale d’actifs comprend que les changements climatiques présentent un risque existentiel pour notre environnement, notre économie et notre société.

La mesure et l’atténuation des risques liés aux changements climatiques sont essentielles à notre rôle de gestionnaire d’actifs. En tant que membre actif de Climate Action 100+ et signataire fondateur de l’initiative Net Zero Asset Managers et de Engagement climatique Canada, BMO Gestion mondiale d’actifs a un objectif de zéro émission nette de carbone pour tous les actifs sous gestion d’ici 2050.

La transformation du secteur de l’énergie vers des sources d’énergie propres est essentielle à l’atteinte d’un avenir carboneutre et est l’un de nos principaux domaines d’intérêt pour la lutte contre les changements climatiques. Les entreprises du secteur de la TIC peuvent créer un avantage concurrentiel et atténuer les risques liés au climat en s’engageant à produire de l’énergie propre, en priorisant le matériel et les infrastructures à faible consommation d’énergie et en harmonisant le développement avec de nouvelles sources de production d’énergie propre.

Les propriétaires d’actifs et les investisseurs devraient tenir compte des éléments suivants lorsqu’ils font appel à des sociétés émettrices :

  • La société est-elle alignée sur le principe de la carboneutralité ou a-t-elle pris des engagements en ce sens?
  • La société s’est-elle engagée à produire une énergie propre ambitieuse et comparable à celle de ses pairs du secteur?
  • La société a-t-elle pris un engagement de carboneutralité d’ici 2050, conformément à l’Accord de Paris?
  • La société a-t-elle un plan de décarbonisation pour soutenir ses engagements? Le plan tient-il compte de la transition de la consommation d’énergie existante vers des sources propres et de l’obtention d’une énergie propre en croissance?
  • La société divulgue-t-elle ses émissions du champ d’application 3 et quels plans a-t-elle mis en place pour y remédier?
  • La société tient-elle compte de l’efficacité énergétique et de l’efficacité d’utilisation minimale de l’énergie dans ses approvisionnements technologiques?
  • Au-delà de l’énergie, la société s’est-elle penchée sur les risques liés au climat, comme le cycle de vie des technologies et la capacité à gérer les déchets électroniques?
  • La société a-t-elle dévoilé et démontré des progrès importants en matière de conservation de l’énergie et de gestion des risques climatiques?

Au sujet de l’équipe Investissement responsable de BMO Gestion mondiale d’actifs

L’équipe Investissement responsable de BMO Gestion mondiale d’actifs gère et développe le leadership éclairé en matière d’investissement responsable (IR) de la société, publiant régulièrement des analyses approfondies sur divers sujets d’actualité ayant trait à des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Elle collabore avec les équipes de placement en ce qui concerne l’évolution des enjeux ESG actuels, offre un soutien continu quant à l’intégration des facteurs ESG, utilise une approche progressive dans les activités de gérance et supervise les initiatives ESG et les engagements de BMO Gestion mondiale d’actifs en matière d’investissement responsable.

Avis jurisdique

BMO Gestion mondiale d’actifs est une marque de commerce qui englobe BMO Gestion d’actifs inc. et BMO Investissements Inc.

Tout énoncé qui repose nécessairement sur des événements futurs peut être une déclaration prospective. Les déclarations prospectives ne sont pas des garanties de rendement. Elles comportent des risques, des éléments d’incertitude et des hypothèses. Bien que ces déclarations soient fondées sur des hypothèses considérées comme raisonnables, rien ne garantit que les résultats réels ne seront pas sensiblement différents des résultats attendus. L’investisseur est prié de ne pas se fier indûment aux déclarations prospectives.

Le présent document est fourni à titre informatif seulement. L’information qui s’y trouve ne constitue pas une source de conseils fiscaux, juridiques ou de placement et ne doit pas être considérée comme telle. Les placements particuliers ou les stratégies de négociation doivent être évalués en fonction de la situation de l’investisseur. Il est préférable, en toute circonstance, d’obtenir l’avis de professionnels.

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